Ahimsa, dans la pratique quotidienne du yoga

Voici la suite et la fin de l’article de lundi sur ce thème de la non-violence. Partie pour écrire un seul article, je me suis retrouvée à rédiger une série entière. Ainsi, je me suis rendu compte que ce sujet aux multiples facettes me passionne… Ici, nous nous intéressons à la pratique. Quelle place tient Ahimsa dans mon yoga? Le yoga comporte une part d’effort, une part de non-effort. Quelle attitude adopter? quelle progression rechercher?

Ahimsa, l’attitude indispensable sur la durée

Certains yogis occidentaux, soucieux de tradition et de perfection prennent le chemin de l’ascèse, une ascèse extrême (à l’instar de l’aspirant yogi décrit plus haut). Je dis extrême car ils ne tiennent pour la plupart pas sur la durée. Mieux vaut une pratique de moyenne intensité maintenue tout au long de la vie, plutôt que 4-5 ans de pratique intense… puis l’abandon pur et simple. Ahimsa n’a pas été suffisamment mis en pratique.

D’un autre côté, beaucoup de gens font du yoga par confort, et aussi pour progresser sur leur chemin intérieur, mais ils ne prennent pas la peine de s’investir. C’est un peu ce qu’Ysé Tardan-Masquelier appelle dans un de ses ouvrages le yoga « plan-plan ». Une habitude saine parmi d’autres. On pratique un yoga doux, respectueux du corps, … On se croit dans Ahimsa.

Mais le véritable Ahimsa n’a rien de « plan-plan ». C’est un état de vigilance intégral et constant. Ahimsa se développe en regard et en reflet des autres Yama (règles en société) et Niyama (règles personnelles) (voir article à ce sujet). Au départ, les progrès en yoga se font intérieurement.

Par exemple, dans la pratique du yoga, il n’y a pas de progrès intérieur s’il n’y a pas d’honnêteté envers soi-même (Satya), ni de persévérance (Tapas).

L’honnêteté par rapport à soi-même, c’est entre autre accepter de voir ses limites et de travailler pour les reculer (si la santé le permet). Par exemple, dans la posture de l’Arc (Dhanurasana), si je me rends compte qu’il m’est difficile de monter les pieds dans la posture, je ne cherche pas à compenser en les écartant: c’est plus facile … mais on cambre et on abîme à la longue le bas du dos. Au contraire, je travaille mes points faibles: la souplesse globale du dos, les épaules et l’étirement de la chaîne musculaire avant (y compris les quadriceps, l’avant des cuisses).

Dhanurasana, la posture de l'arc
Dhanurasana, la posture de l’Arc

La persévérance (Tapas, l’ascèse), c’est être régulier sur la durée, pendant 10, 20, 30, 40 ans… La persévérance, c’est adapter son hygiène de vie et son alimentation, parce que cela influe sur la pratique du yoga. C’est aussi compléter son cours hebdomadaire par un peu de pratique à la maison, par des lectures sur le yoga, c’est chercher à comprendre le yoga au-delà du cours de yoga et des postures. Cela ne vient pas forcément tout de suite. Mais au bout de10 ans ou plus, c’est sûr! on a envie d’aller un peu plus en profondeur!

Prendre conscience de la violence en soi

Et enfin, Ahimsa en yoga, passe bien évidemment par l’apaisement de la violence en soi – une Lapalissade qui mérite tout de même d’être exprimée -. La violence en soi, ce sont les tensions intérieures. L’évacuation de la violence passe par l’évacuation du stress. Le stress nous fait tricher envers nous-même et envers le monde, le stress fausse le jeu et voile notre vraie nature.

  • Le stress est l’oubli de soi (dans le sens de notre nature véritable ou âme) pour faire face au monde.
  • Le yoga participe à la dissolution des tensions que nous nous créons dans notre relation au monde extérieur. Il a pour but notre rencontre avec nous-même, pour finalement pouvoir renouer avec notre vraie nature, et ultimement, nous y fondre.

Première partie de cet article: >>Ahimsa (la non-violence), dans la pratique du yoga (1/2)<<

Bonne semaine
Namaste