C’est un sujet peu abordé… et pourtant. Il nous touche. Vibhatsa englobe la simple répulsion devant un aliment, le dégoût ressenti dans la dépression, la dépendance… et même quelque chose qui rappelle la nuit noire de l’âme, dont on parle parfois sur le chemin de la transformation profonde de soi. A la fin de ce post vous trouverez une fiche de pratique de yoga (pdf). Ci-dessous, ce sont des informations complémentaires à l’article du Journal du Yoga, numéro 215 (paru le 5 avril 2020), dixième et dernier article de la série sur les Nava Rasa, les 9 états intérieurs ou émotions.

Selon la vision ayurvédique, Vibhatsa est une émotion, un état intérieur, un Rasa « tamasique », lié à l’élément Eau et au Dosha Kapha. La dépression, l’insatisfaction, la vulgarité et l’auto-apitoiement sont des formes dérivées (sous-Rasa) du Dégoût.

Jeune femme sur un muret - solitude, tristesse, dégoût

Comme cela est dit dans l’article du Journal du Yoga, le Dégoût se manifeste envers les autres, mais aussi envers soi-même. Il s’exprime sous de multiples facettes, qui peuvent aller de l’incivilité, la vulgarité, tant dans la gestuelle que dans le langage, les mauvaises manières, les actes mal intentionnés, jusqu’à la perversion.

D’où naît le Dégoût ? Il y a certainement plusieurs explications. Peter Marchand, lui, dit que les expériences négatives (indifférence, méchanceté, injustice) blessent l’égo qui, s’il se laisse aller, développe de l’aigreur et le sentiment de « s’être fait avoir ».

Une fois Vibhatsa installé, on ressent une perte de sens de l’existence. On n’y croit plus… et le mental étaie et justifie le pourquoi de cela. Les valeurs fondamentales tombent de leur piédestal. La réaction est un désengagement, résolument choisi, qui va isoler la personne, de plus en plus.

Si l’on rumine les constats négatifs, on s’enferme dans une réalité sombre. Pour s’en protéger, pour se rassurer, on cultive alors égocentrisme et satisfactions immédiates. Si l’on poursuit ainsi, sur la durée, Vibhatsa conduit à la négligence vis-à-vis de ses responsabilités, des autres et de sa propre santé.

Lorsque le Dégoût l’emporte, on se morfond et la force de la volonté est détruite progressivement. A terme, c’est même toute dignité qui peut disparaître. La vie a le goût de l’échec et la négativité nourrit l’inertie (tamas) jusque dans le rapport au corps, que l’on ne respecte plus. Le piège s’est refermé…

Pour se relever, pour sortir de ce cercle vicieux, Peter Marchand explique qu’il est important d’objectiver cette inclination pour le Dégoût, de la reconnaître. Ensuite, il est nécessaire de prendre conscience du pouvoir qui est en soi, le pouvoir de choisir. On a le choix, de se contrôler ou de s’abandonner au sentiment de Dégoût.

Refuser de s’y plier, c’est arrêter le jeu mental de la négativité. C’est se tourner vers plus de lumière.

L’auteur du livre Yoga of the Nine Emotions explique que c’est possible avec un peu de discipline. Cette discipline va consister à ne pas se permettre de pensées, paroles, actions manifestant le Dégoût. Si l’on stoppe l’habitude d’exprimer le Dégoût, Vibhatsa n’a aucune chance de persister. En y prêtant attention, on devient plus sensible aux vibrations, aux attitudes et qualités des mots employés. On sait par exemple que le langage vulgaire tire vers le bas. C’est le début de la prévenance… qui rend plus agréable aux autres…
C’est un début, qui va aider à se relever.

Pour se libérer de Vibhatsa,
Il est essentiel de retrouver l’estime de soi.
Une fois l’estime retrouvée, la confiance en soi revient.
Lorsqu’il y a de la confiance, la volonté se renforce.
Une fois la volonté forte, il est possible de mettre de l’ordre, un peu de discipline en soi.

Si l’on se tourne consciemment vers plus d’Amour (Shringara), la tendance à se morfondre et à être centré sur soi cessera.
Choisir ses relations, opter pour de la bonne compagnie: ces rencontres vont être agréables et porter vers le haut…
Accorder de l’attention à sa santé pour améliorer son rapport au corps.
En Ayurveda, on recommande d’utiliser des épices suffisamment fortes pour aider la digestion et éviter le surdéveloppement de Tamas, une cause majeure du Dégoût.

Salabhasana, variante

Dégoût de soi, dégoût de la vie et dépendances

J’ai reçu ce mois-ci un livre dédicacé par son auteur. Il s’agit du livre « J’irai vers mon bonheur » de Georges Gay (éditions des équateurs). Je l’ai lu. C’est le témoignage fort, celui d’un ancien toxicomane et de sa guérison. L’auteur avait une belle carrière de comédien en perspective et son portrait en papier glacé sur les magazines de mode. Il s’était juré de ne jamais toucher à la drogue. Pourtant, c’est arrivé. Il raconte sa descente aux enfers progressives, la dépendance, la honte, le chaos. Sept années de chutes et de rechutes, sept années de guerre. A force de ténacité et d’accompagnement, grâce à la découverte du Kundalini Yoga et du bouddhisme, il retrouve confiance en lui, réapprivoise son corps, ses sens, son rapport au monde.  

Au cours de cette lecture j’ai, à maintes reprises, pensé à ce dossier que j’écris sur les Nava Rasa ou états intérieurs. Les addictions viennent combler un mal-être, un manque, une désillusion par rapport au monde. La situation de dépendance amène progressivement le drogué à la honte et au dégoût de soi. Il vit alors un niveau de solitude extrême, nourri par son dégoût (Vibhatsa). L’isolement le met face à sa part d’ombre et il ne peut, face à l’urgence de fuir un monde inquiétant, sombrer plus encore dans l’addiction, quitte à renoncer à tout respect et tout amour pour soi.

Dégoût et Spiritualité

D’une certaine manière, le désir spirituel n’émane-t-il pas d’une part de Vibhatsa, le Dégoût?

Sri Shankaracharya n’a-t-il pas écrit:

« 82. S’il est exact que tu aspires ardemment à te rendre libre
Rejette loin de toi tous les objets des sens;
aie pour eux autant de répugnance que s’il s’agissait d’un poison.
Pratique assidûment ces agréables vertus:
le contentement intérieur, la compassion, l’oubli des injures,
La rectitude, le calme de l’esprit et, en toute occurrence, reste maître de toi! »

Viveka-Cuda-Mani, Le plus beau fleuron de la Discrimination, Sri Shankaracharya,
traduit de l’anglais par Marcel Sauton, Éditions Jean-Maisonneuve, 1990

Cette « répugnance », ce « Dégoût » dont parle Shankaracharya n’est pas « tamasique ». Il émane de la discrimination (Viveka) entre le « Soi » et le « non-Soi », une des qualités sattviques fondamentales de l’aspirant. La « répugnance » pour le non-Soi, vient de l’objectivation de son impermanence. Le non-Soi n’est qu’Illusion, Maya. Alors, l’aspirant n’y accorde plus d’intérêt, se tournant résolument vers le Soi.

De plus, gardons bien en mémoire la deuxième partie de ce verset. Devant ce « Dégoût », Sri Shankara recommande de pratiquer assidûment de nombreuses vertus. Il met en exergue la nécessité de « rester maître de soi ».
Cela n’a rien d’une démission!

Savasana - femme âgée

L’une des qualités que développe l’aspirant véritable est « Mumukshutva », le désir intense pour la libération.
Le verset du Viveka Chudamani explique Mumukshutva:

« 27. L’élan vers la délivrance (mumukshutva) est le désir fervent qui pousse l’aspirant à s’affranchir, en réalisant sa véritable nature, de toute forme de servitude,
Depuis celle du sentiment de moi (aham-kara) jusqu’à celle du corps grossier, car, de la première à la dernière, elles ne sont que des surimpositions de l’Ignorance. »

Viveka-Cuda-Mani (même source)

Quel cheminement spirituel m’appelle? Quel renoncement?
Et si je souhaitais juste me libérer d’une souffrance? Aspirer à plus de pureté…
Mon aspiration est-elle essentiellement émotionnelle? …
Et si mon aspiration était une échappatoire à mon Dégoût pour les choses de la Vie?
Mon aspiration est-elle la nostalgie d’un idéal?

Suis-je prêt à renoncer à mon « Je »?
à tous mes désirs, absolument tous?
Suis-je prêt à renoncer à TOUT?
à affronter mes plus grandes peurs?
pour, finalement, m’en libérer totalement?
jusqu’à mourir totalement à moi-même (le « je »)
et à renaître à autre chose (le « Soi »)?

Voici la question du disciple dans le Viveka-Chudamani:

« Le disciple:

48. Daigne écouter, ô Maître,
La question que je désire Te poser!
Avec quelle gratitude recueillerai-je
La réponse qui tombera de tes lèvres:

49. Quel est ce maudit esclavage? – Comment s’est-il appliqué au Soi?
Comment continue-t-il à exister – Comment peut-on s’en affranchir?
Quel est le non-Soi? Quel est le suprême Soi?
Comment distinguer le Soi du non-Soi? – Eclaire-moi, je Te prie, sur chacun de ces points!

Le guru:

50. Bénis sois-tu! Certes, l’heure a sonné pour toi!
Tu es proche du terme de l’existence relative et tu sanctifies toute ton ascendance.
Puisque, dès maintenant, tu aspires avec tant d’ardeur
A secouer le joug de l’Ignorance et à t’établir en l’état brâmanique (1).

(1) l’état où l’âme particularisée se fond en le Brahman suprême. »

Viveka-Cuda-Mani (même source)

Ganesha, encens, mala, bol

Pour poursuivre, on me parle souvent de « Nuit Noire » de l’âme… Je me suis longtemps dit que l’on devait souvent confondre nuit noire de l’âme et tendance dépressive… mais les choses vont vite aujourd’hui. La société nous pousse au questionnement spirituel… parfois jusqu’au bout de nous-mêmes. Les consciences évoluent. Alors, voici le premier paragraphe d’une enquête sur la nuit noire de l’âme:

« La « nuit noire de l’âme » est une expérience peu connue, et qui serait pourtant très répandue, en témoignent les nombreux récits sur le sujet. Elle se caractérise par une perte profonde de sens, sur notre vie et nos croyances ; une sorte de « dépression » de l’âme, qui plonge au cœur de nos peurs les plus profondes, et prépare à une véritable transformation intérieure. L’égo se meurt, le « vrai soi » s’éveille… »

Lire l’article en entier sur: https://www.inrees.com/articles/nuit-noire-ame-depression/

L’article ci-dessus de l’INREES est intéressant (à lire en entier!). Il se termine ainsi:

« Heureusement, cette période initiatique ne dure qu’un temps. Fanny raconte : « J’ai commencé à m’en sortir le jour ou j’ai touché le fond. C’était de mon anniversaire, j’ai passé la journée sur le canapé, les yeux dans le vide. Après plus de deux années dans cet état, je n’en pouvais plus. J’ai compris qu’il fallait que je m’abandonne, que je ne pouvais rien faire d’autre. Et le lendemain j’allais beaucoup mieux. »

D’après les récits, la manière dont une nuit obscure de l’âme se termine est souvent la même. On vit dans sa chair ce qui est souvent relaté dans les enseignements spirituels, ou les récits d’éveil : lorsque nous lâchons prise, nous nous rendons compte de l’impermanence des pensées et des émotions. Eckart Tolle explique: « (les personnes) s’éveillent à quelque chose de plus profond qui n’est plus basé sur des concepts dans leur tête : un sentiment plus profond de but ou de connexion avec une vie plus grande qui ne dépend plus des explications, ni de rien de conceptuel. »

Alors que des peurs profondes s’évanouissent et que les jeux du mental s’apaisent, on éprouve une énorme gratitude, un sentiment de libération très puissant.

Par la suite, même si des pans entiers de croyances sont tombés, l’apprentissage n’est pas terminé. Mais notre regard sur les jeux de l’égo a changé, et les leçons de vie semblent plus directes, plus rapides à intégrer. On se laisse moins happer par les vagues. Un espace de sérénité s’est ouvert et l’on peut continuer de le nourrir en soi. »

Lire l’article en entier sur: https://www.inrees.com/articles/nuit-noire-ame-depression/
Kerala - Cahier au Ganesha

Rasa associés au Dégoût

Peter Marchand explique que tout Rasa possède des Rasa associés. Voici les Rasa associés à Vibhatsa, le Dégoût:

Rasa amis : la Surprise/l’Émerveillement, la Colère, le Courage
Être en mesure de vivre la Surprise et de se laisser émerveiller, requière de l’ouverture vers le neuf, le positif. Or, lorsque l’on vit dans le Dégoût, on est comme blasé, lassé, de l’existence elle-même. Plus rien n’a d’intérêt, comme si rien de bon ne pouvait plus advenir. L’espoir est comme mort, et avec lui la lumière s’est éteinte au fond de soi. En ce sens, le Dégoût est la racine de la Dépression. La voie semble sans issue.
La Colère qui dure depuis longtemps, la Colère née de ce que l’on considère comme injuste, vient nourrir le Dégoût et lui donner sa légitimité. Celui qui expérimente le Dégoût ne veut pas/plus contribuer à trouver des solutions. Comme il vit dans un état de profonde inertie, il se contentera de confirmer l’absurdité d’une situation, voire s’il en a encore l’énergie, d’exprimer la Colère et le Dégoût que cela lui inspire.  
Le Courage, jugé trop rare en ce monde, vient lui aussi alimenter le Dégoût de celui qui se place au-dessus de la mêlée et qui mésestime les autres. On est très proche de la notion de misanthropie.    

Rasa ennemis: l’Amour
Le profond désamour de soi génère du Dégoût. Le Dégoût pour soi, enlève toute dignité et tout respect, envers soi-même et envers les autres… L’Amour, lui peut tout. Il choisit la Vie et la lumière. Il balaie l’inertie et nourrit l’espoir. L’Amour rend courageux et dissout tout Dégoût.

Rasa produits: la Peur
Le Dégoût isole profondément et radicalement, car celui qui le ressent rejette tout soutien. Seul on est vulnérable, dans un monde sombre, où la peur rôde.

Puisque le Dégoût est la racine de la dépression, rappelons la définition de la dépression, selon Wikipédia:

« La dépression, également appelée dépression caractérisée, dépression clinique ou dépression majeure, est un trouble mental caractérisé par des épisodes de baisse d’humeur (tristesse) accompagnée d’une faible estime de soi et d’une perte de plaisir ou d’intérêt dans des activités habituellement ressenties comme agréables par l’individu. (…) Le terme de «dépression» est cependant ambigu ; il est en effet parfois utilisé dans le langage courant pour décrire d’autres troubles de l’humeur ou d’autres types de baisse d’humeur moins significatifs qui ne sont pas des dépressions proprement dites.

La dépression est une condition handicapante qui peut retentir sur le sommeil, l’alimentation et la santé en général avec notamment un risque de suicide dans les cas les plus graves (surtout dans la dépression mélancolique), ainsi que sur la famille, la scolarité ou le travail. « 

Janu Sirsasana, posture de la tête au genou

Le Dégoût en citations

J’ai choisi ces quelques citations parmi d’innombrables autres, recueillies dans un beau travail, réalisé par Ouest-France: https://citations.ouest-france.fr/theme/.

« Nos dégoûts ? – Détours du dégoût de nous-mêmes. »

Emil Michel Cioran

« Le racisme est une manière de déléguer à l’autre le dégoût qu’on a de soi-même. »

Robert Sabatier

« La saturation, il y a un moment où cela vient dans ce repas qu’on appelle vie :
il ne faut qu’une goutte alors, pour faire déborder la coupe du dégoût. »

Charles-Augustin Sainte-Beuve

« Toutes les tentatives de méditation sur la nature de l’esprit tendent à démontrer que la haine, le désir, la jalousie, l’insatisfaction, l’orgueil etc. n’ont que la force qu’on leur prête. »

Matthieu Ricard

Pratique de yoga pour vaincre la tendance à Vibhatsa, le Dégoût

Uddiyana Bandha - la ligature de l'envol
Uddiyana Bandha

Pratiquer les Asana et augmenter l’énergie vitale

Pour dissiper la tendance au Dégoût, le travail postural permet de renouer avec le corps, de le prendre en considération, de l’habiter et donc de faire la paix avec lui. C’est essentiel aussi pour reprendre confiance en soi.

Pour Vibhatsa, le Dégoût, comme pour tous les Rasa à basse vibration, on va chercher à augmenter le niveau de Prana, de manière générale, mais aussi, on va agir spécifiquement sur Prana Vayu et sur Udana Vayu:

  • Beaucoup de Pranayama stimulants: Kapalabhati, Bhastrika.
  • puis beaucoup de Pranayama alternés: Ujjayi Anuloma, Ujjayi Viloma, Nadi Shodhana, Anuloma Viloma, Ujjayi Pratiloma.
  • Rétentions poumons vides, poumons pleins, pour stimuler Prana.
  • Uddiyana Bandha, la ligature de l’envol
  • Beaucoup de chant: chant sacré… ou tout chant positif, qui met en joie
  • Mudra posturales: Thataka Mudra, Maha Mudra, Viparita Karani, avec rétentions de souffle
  • Postures inversées apaisent le système nerveux, stimulent le système endocrinien, tout en procurant énergie et régénération: Sirsasana (posture sur la tête), Kapalasana (trépied), Salamba Sarvangasana (posture sur les épaules), Halasana (charrue), Adho Mukha Svanasana (chien tête en bas), …
  • Postures/Mudra bras levés diminuent l’inertie et stimulent: Vrksasana, Kailash Mudra, …
  • Les postures debout éliminent la dispersion, développent ancrage et détermination. Elles renforcent: Virabhadrasana I, Virabhadrasana II.
  • S’engager sur le plan postural pour développer la force intérieure (et extérieure), la volonté… et aussi la persévérance, ainsi que l’enthousiasme: postures debout, extensions, équilibres, postures inversées, …

On travaillera aussi sur Vyana Vayu avec:

  • les extensions: Matsyasana (poisson), Dhanurasana (arc), Salabhasana (sauterelle), Urdhva Dhanurasana (roue), Ustrasana chameau), Camatkarasana (action miraculeuse), etc.
  • les étirements latéraux: Parighasana (battant de porte), Trikonasana (triangle), Parsvakonasana (l’angle étiré), …

Pour éliminer « Tamas » (l’inertie) et faire circuler l’énergie dans tout le corps.

Camatkarasana, l'action étrange
Camatkarasana

Nourrir l’inspiration

  • Rencontrer/écouter des sages et enseignants inspirants pour ouvrir les horizons et « changer de programme intérieur »
  • Lire régulièrement/étudier les textes de sagesse: Vedanta, Upanishad, traités tantriques, ou toutes sagesses confondues
  • Vivre des retraites spirituelles / des stages de yoga pour « se nourrir »
  • Avec la méditation Vipassana ou pleine conscience on engramme de nouvelles habitudes mentales positives
  • Participer régulièrement à des cours de méditation, de chant sacré, de yoga,
  • mais aussi, pratiquer seul.

Éviter le « ronron » de la pratique

  • Apprendre de nouvelles pratiques: nouveaux chants, nouvelles postures, nouveaux souffles…
  • … et/ou développer l’esprit du débutant dans chaque pratique connue.

Rechercher la lumière

Pour se libérer de Tamas, rechercher la lumière, sur tous les plans:

  • Pratiquer Tratak avec une bougie
  • Méditation au soleil levant ou le soleil couchant
  • Visualiser la lumière: pendant la méditation, les rétentions en Pranayama, la pratique posturale (yeux fermés), …

Ouvrir l’espace du cœur

  • Cultiver le partage, le service désintéressé (Karma Yoga)
  • Cultiver le Bhakti Yoga (Yoga de la dévotion, de l’Amour)
  • Cultiver la joie, le rire
  • Travail de libération émotionnelle par le pardon et la bienveillance
  • Postures d’ouverture thoracique, postures impliquant les bras, postures d’étirement latéral, assouplissement du diaphragme
  • Rétentions poumons vides, poumons pleins
  • Chant: Shrim (bija de Lakshmi), Mantra, Bhajan, …

Attitude posturale

Vibhatsa, le Dégoût - Jeune hommeprenant son petit-déjeuner sans entrain

L’attitude posturale a une action directe sur l’état intérieur et les Rasa (émotions). Vibhatsa s’exprime aussi dans le langage, la gestuelle, nous l’avons vu, ainsi que sur le plan de l’attitude posturale.

L’idée est de ne pas laisser le Dégoût devenir une « posture intérieure ».

Comme on l’a dit dans l’article sur la Tristesse, le simple fait de changer d’attitude, de position, de posture, sur le plan physique induit l’attitude intérieure qui correspond. Lorsque la nuque est longue, les épaules sont basses et dégagées, la poitrine est en ouverture (sans projection des côtes vers l’avant), le ventre et le plexus solaire sont dégagés. La connexion avec le Monde se fait naturellement… et la confiance en soi paraît.

Si, en position debout, les pieds sont parallèles et bien ancrés dans le sol, si les jambes sont toniques et le bassin est libre (non figé dans une rétroversion de protection), on est alors dans une attitude qui permet de respirer de façon naturelle, plus profonde, et donc d’accéder à plus d’énergie et de vigueur, dans toutes les situations.

Méditation et Hasta Mudra

Kailash Mudra, le Sceau du mont Kailash
Kailash Mudra

Kailash Mudra, le Sceau du mont Kailash

Le mont Kailash est la montagne de Shiva, le seigneur des yogis.

Les doigts sont joints. Placer les mains l’une contre l’autre puis monter les bras au-dessus de la tête, coudes pliés, sans que les poignets ne touchent la tête.

Kailash Mudra dissipe Tamas et stimule grandement Udana Vayu, dans sa force de redressement, de verticalisation. Elle est stimulante. Son action est très rapide et en un rien de temps elle dissipe Tamas (l’inertie).

Elle peut être utilisée en prenant certaines postures debout telles que: Vrksasana (l’arbre), Virabhadrasana 1 (guerrier), Sukhasana (assise jambes croisées), etc.

Pour en ressentir pleinement les effets, prendre la Kailash Mudra, en assise, pendant 30 secondes, 45 seconde ou 1, voire 2 minutes. Elle est très efficace en début de méditation, pour dissiper l’inertie et éveiller la qualité d’attention.
Vous pouvez ensuite, méditer avec la Kaleshvara Mudra.

Kaleshvara Mudra, la Mudra du Maître du Temps
Kaleshvara Mudra

Kaleshvara Mudra, le Sceau du Seigneur (ou Maître) du Temps

Placer les dos des deuxièmes phalanges les unes contre les autres. Étirer les majeurs, extrémités en contact, puis joindre le bout des pouces vers le bas. La Mudra forme comme un cœur.

Placer la Mudra devant le cœur, index dirigées vers le haut.

Kaleshvara Mudra dissipe Tamas, nourrit Prana et Udana Vayu et est en lien avec les éléments Air et Ether. C’est une Mudra tridoshique qui agit sur les Chakra supérieurs: de Anahata vers Vishuddhi (gorge) et Ajna (point entre les sourcils) et donc aussi sur leurs qualités (compassion/amour, force d’expression, concentration/intuition).
Elle est légèrement énergisante et stimulante.

mandala

Pratique de yoga pour prévenir ou dissiper Vibhatsa, le Dégoût

Pour terminer, voici une version « augmentée » de la pratique de yoga pour Vibhatsa du Journal du Yoga.

Séance de yoga Yogamrita pour la Joie

« Vibhatsa, pratique de yoga pour dissiper le Rasa du Dégoût » (pdf)

Elle est destinée à des pratiquants de yoga de niveau intermédiaire.

L’article à l’origine de ce texte est paru dans le Journal du Yoga n°215 le 5 avril 2020.
Abonnez-vous sur www.lejournalduyoga.com.
Afin de respecter le délai souhaité par l’éditeur, vous retrouverez ici le lien sur l’article complet du Journal du Yoga dans un mois, donc courant mai 2020.

Bon yoga, Om
Michèle

Mandala en encre bleue

* The Yoga of the Nine Emotions, Peter Marchand, Destiny Books. Ce livre a été écrit sur la base d’enregistrement des conférences de Harish Johari, professeur, auteur, artiste, reconnu en matière de Yoga, Tantra et Ayurveda.