Aujourd’hui, je passe une « petite annonce » pour Henri Brunel, un vieil écrivain dont les textes m’ont touchée dès le premier abord. J’ai partagé depuis quelques années certains de ses textes sur ce blog (lire ici: « La lucidité » )… et ceci m’a permis de rencontrer l’auteur… téléphoniquement. Régulièrement il m’appelle. Un échange très agréable s’est installé. Je dirais que ma relation avec Monsieur Brunel est devenue « une amitié téléphonique ».

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Dernièrement, il m’a demandé de l’aider… car Internet n’est pas son domaine. Voici son annonce:

Vieil écrivain, 80 ans passés, aiderait bénévolement auteur débutant. Style, composition, édition. De préférence dans sa région : Angers, Tours, Saumur.

Isabelle Pestre a été sa précédente élève. Henri me dit que « cette expérience lui a été agréable ». C’était en quelque sorte « permettre à quelqu’un de changer de vie ». « J’aime faciliter la vie des autres », dit-il, « ce qui par effet de ricochet rend la mienne plus agréable ».

Lui écrire et lui envoyer quelques lignes de votre crû:

Henri Brunel
49490 BROC

Tél 02 41 82 10 09

L’oeil écoute…

J’en profite pour partager un autre texte d’Henri Brunel ici.

Jardin aux pommiers

« Tous les jours, je marche dans la campagne. Ma chienne Cannelle me précède ou me suit: l’oeil en éveil, le nez aiguisé, elle furète de-ci de-là, inlassable, guettant le mulot des champs, la belette ou la taupe affleurant hors de son trou.

Je la suis un instant du regard, remarque trois vaches, qui piétinent dans d’une mare au milieu des champs et qui nous contemplent longuement, en un pensif et bienveillant ruminement.

Bientôt, moi aussi je pose mon regard, je le démobilise, lui coupe ses fils de tension; je le laisse aller au gré des immenses prairies de mon Baugeois, le long des haies de ronces, du chemin sableux, jusqu’au clocher trapu de mon village. Je me laisse envahir, tout vient à moi mêlé: les prairies au trèfle vert, l’ocre des terres labourées, les haies, le clocher. Mon œil n’analyse plus, ne dissèque plus, ne juge plus, mon œil écoute.

Regarder ainsi est un art, il y faut de la disponibilité, le sens de l’accueil, une confiance délibérée dans le bonheur des choses.

Essayez, amis lecteurs, même au milieu des brouhahas de la ville (attention aux voitures, quand même), devant votre poste de télévision, essayez en regardant le plafond de votre chambre, les rideaux du salon; une joie vous attend: la surprise du silence, la porte ouverte à une autre prière.

Quand l’œil écoute, surgit la petite chance de Dieu. »

Henri Brunel, Petit traité du Bonheur, Éditions de la Table Ronde.

Henri Brunel