Danse dans une cour de maison indienne

Le Yoga n’est pas une religion. C’est une pratique de vie et une philosophie.

Néanmoins, le Yoga est né dans un contexte socioculturel et religieux qui aide à mieux comprendre son essence. Cet article est la suite et la fin du précédent, consacré à l’hindouisme. Tous deux résument une conférence de Jean Herbert, intitulée « Qu’est-ce que l’hindouisme ? », donnée le 8 février 1978 au Centre Universitaire Méditerranéen (Nice).

L’hindouisme est à la fois une religion polythéiste et une religion monothéiste, qui reconnaît uniformément l’existence d’un Dieu unique. Mais l’hindou Le juge trop vague et trop lointain pour être abordé. Aussi préfère-t-il Le concevoir sous l’un ou l’autre de ses nombreux aspects. Le Dieu unique est envisagé sous les trois aspects, indissociables à toute action, de:

Créateur (Brahmâ),
Conservateur (Vishnu)
Destructeur (Shiva).

Voici la suite (et la fin) du résumé de la conférence de Jean- Herbert:

Deux éléments importants viennent complexifier le panthéon hindou : la Puissance de manifestation des Dieux ou Shakti, représentée comme une Déesse, et les avatars, descente occasionnelle de dieux sur terre, dans un corps humain soumis à la vie et à la mort.

Chaque hindou choisit un dieu qui devient sa «divinité d’élection» qu’il placera sur l’autel familial sans oublier qu’il est l’une des images de l’Absolu.

Au niveau du microcosme de l’être humain, chaque homme a un «absolu», l’ âtman dont l’être vivant n’est qu’une manifestation transitoire. L’âtman correspond en nous à ce qui reste permanent (donc vrai), alors que nous avons tendance à nous identifier à ce qui ne dure pas (manifestations transitoires et illusoires telles la matière et les pensées).

L’âtman, éternel, est soumis à des existences corporelles successives pour effectuer son évolution. La loi du karma, ou loi de causalité, connaît pour l’hindou des prolongements des vies précédentes aux vies ultérieures pour autant que les conséquences bonnes ou mauvaises des actes d’une vie ne sont pas épuisées au terme de celle-ci.

La loi du karma, loin du simple fatalisme, crée chez l’individu un sens beaucoup plus aigu de la responsabilité personnelle, à laquelle il est impossible de se dérober. La théorie du karma permet d’accueillir avec plus de sérénité les mésaventures et l’attitude envers la mort est différente: elle est le préalable à une nouvelle vie.

Cette succession de vies trouve sa fin dans des plans de conscience que nous ne pourrions connaître que si nous y étions. On peut décrire l’état où l’on n’aura plus besoin de renaître comme une union avec le Divin ou le plan de conscience de l’Absolu. Pour s’acheminer aussi rapidement que possible à cet état désirable, l’hindouisme propose les «yogas», pratiques, sous-tendues par des bases morales, de discipline suivie, avec pour but principal l’évolution spirituelle.

Un vaste éventail de yogas, aux techniques minutieusement détaillées et dont une expérience multiséculaire a confirmé l’efficacité, s’offre au pratiquant qui peut les choisir selon son tempérament. Ces yogas éveillent des forces qui peuvent présenter de sérieux dangers si on les pousse trop loin sans être guidé par un maître expérimenté et moralement sûr.

Fin du discours de Jean Herbert

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Voici encore un complément au texte de Jean Herbert, pour permettre d’en savoir en peu plus et aussi de visualiser la trinité (trimurti) hindoue.

BRAHMA

Brahma et sa parèdre, Saraswati

Bien que peu de temples lui soient consacrés, Brahma, est le créateur de l’univers, il représente l’espace-temps, la tendance rajas (action). Il est le grand architecte.

Brahmâ a 4 têtes. Sa couleur est rouge ou rose. Il a quatre bras. On le représente généralement sous la forme d’un homme dans la force de l’âge portant la barbe. Il est souvent vêtu d’une peau d’animal. Sa monture est le cygne blanc, symbole du savoir.

Sarasvati, déesse de la connaissance, de la poésie et de la musique, est sa Shakti, ou compagne.

VISHNU

Vishnu et sa parèdre Lakshmi

Dans la Trimurti, Vishnu est l’Immanent, il représente la préservation, la force de cohésion, « sattva » . Tout ce qui dans l’univers tend vers un centre, vers la concentration, la cohésion, tout ce qui tend à créer la lumière, la vérité, est représenté par Vishnu. Il représente le principe de la continuation, symbole de la vie perpétuelle.

« Dans mes quatre mains je tiens une conque, un disque, une massue et un arc ou un lotus. Mes bras sont ornés de bracelets. Je porte une guirlande, un diadème et des boucles d’oreilles en forme de monstres marins. »

Vishnu est souvent représenté avec un visage noir ou bleu. Il a 4 bras et est vêtu d’un voile jaune.
Il porte une haute couronne sur la tête, une massue (protection), un disque (symbole du cycle de la vie et de la mort), une conque (dont le son est l’image du son primordial, le point de départ de la création), un lotus (symbole de beauté, de bonheur et de renouvellement perpétuel; c’est l’image de l’univers), un arc (aspect destructeur de la notion d’existence individuelle).

La monture de Vishnu est Garuda, l’homme oiseau. Il est le roi des oiseaux, symbole du vent et du soleil. Il se déplace d’un monde à l’autre à la vitesse du vent ou de la lumière.

L’épouse ou Shakti de Vishnu est Lakshmî, la déesse de la fortune et du bonheur. Elle est aussi associée à la beauté et est en relation avec l’agriculture.

SHIVA

Shiva et sa parèdre, Parvati

Dans la Trimurti, Shiva est le principe destructeur, il représente la tendance centrifuge « Tamas ». Tout ce qui dans l’univers tend vers la dispersion, l’annihilation, la destruction, vers l’obscurité, la non-existence, est représenté par Shiva. Mais Shiva est en même temps le symbole de la fertilité. Shiva est à la fois un dieu d’amour et de destruction. Shiva est la force qui garde en mouvement le cycle de destruction qui intervient au terme de chaque création.

L’image la plus connue de Shiva le montre beau, de couleur blanche, à trois yeux, un croissant de lune au front. De la couronne que forment ses cheveux en broussaille coule le Gange, blanc comme le lait, symbole de pureté. Ses bras sont vigoureux, enduits de cendres et cerclés des bracelets scintillants. Un collier de perle et des serpents entourent son cou. Il porte une peau de tigre. Deux de ses mains tiennent un trident et une hache. Ses deux autres mains font les gestes d’éloigner la crainte et de donner.

Les trois yeux de Shiva représentent le soleil, la lune, le feu. Avec ses trois yeux Shiva peut voir le passé, le présent et l’avenir. L’œil frontal est celui de la perception transcendante.
Le croissant de lune, placé près du troisième œil, montre le pouvoir de procréation proche de celui de la destruction.
La peau de tigre est le symbole du pouvoir de la nature, montre que Shiva est le maître de la nature.
Le serpent, symbole de mort, montre que Shiva au-delà de la mort et est entouré par la mort.
Le serpent représente aussi la Kundalini (énergie latente).
Le Gange coule de ses cheveux. Le Gange purifie toutes choses. Il est l’élément essentiel de la pureté rituelle.

Il y a deux aspects de Shiva, l’un effrayant et l’autre avenant, agréable. C’est de la destruction que naît la vie. En tant que fin de toutes choses, Shiva est le dieu de la mort; en tant qu’origine de toute création, il est la source de la vie.

Pârvatî est la Shakti, la forme féminine de Shiva. Elle est presque toujours représentée avec lui. Ensemble, ils symbolisent le double caractère de l’UN, de l’Absolu.

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Résumé (réalisé par moi-même) de la conférence de Jean Herbert, intitulée «Qu’est-ce que l’hindouisme?», donnée le 8 février 1978 au Centre Universitaire Méditerranéen (Nice).

Bibliographie du texte sur Brahma, Vishnu, Shiva, et pour en savoir plus:
http://syldefline.chez.com/dieux/indexdieux.htm

Source des photos des déités hindoues: tirées d’Internet, mais non connues…