Les quelques termes ci-dessous sont fréquemment rencontrés en philosophie indienne et ils sont particulièrement utiles pour comprendre les Upanishads et le Vedanta.

Je ne suis pas sanskritiste, non pas du tout! J’essaie de transmettre ce que j’ai reçu et qui m’a personnellement beaucoup apporté, de la façon la plus simple possible. Bonne lecture!

Bougie

Upanishad

Le mot Upanishad vient de la racine sanskrite « upa » qui indique un mouvement, un déplacement, « ni » qui indique que le mouvement se fait vers le bas et « shad », qui signifie « être assis ». En fait, Upanishad, c’est littéralement « venir s’asseoir au pied du maître pour écouter son enseignement ». Les Upanishads sont une classe de textes sacrés. Elles font partie de la Shruti, ce qui signifie, selon la tradition indienne, qu’elles sont d’origine divine et qu’elles ont été révélées à des sages. Les Upanishads se réfèrent aux Vedas, les textes sacrés « source », à la base de l’Hindouisme; elles sont d’ailleurs situées à la fin de leurs différentes sections. Elles constituent les principaux textes à la base du Vedanta.

Atman

L’Atman, c’est l’Âme immortelle, l’esprit, ou le «soi» dans la tradition hindouiste. Le soi est le spectateur du corps et de la pensée, car il se situe au-delà. On dit qu’il est conscience absolue, et en ce sens, il est identique à Brahman (l’Absolu, le Divin, ce qui au-delà des notions de temps, d’espace et de causalité). Par ailleurs, il arrive que le mot Atman soit aussi employé pour signifier Brahman.

La grande distinction entre le Bouddhisme et l’Hindouisme est que le Bouddhisme nie l’existence de l’Atman.

Karman

Karman signifie « action« . L’acte peut être physique ou simplement pensé. L’acte est soumis à la loi de la causalité. Une cause précise appelle un effet spécifique. Cet effet peut être instantané ou se produire de façon différée. Par exemple, je fais tomber un verre (cause) et le verre se casse (l’effet est immédiat). Selon la philosophie hindoue, tout acte intéressé, qu’il soit positif ou négatif, détermine non seulement l’avenir dans cette vie, mais aussi les futures incarnations de l’Âme individuelle. C’est par extension, que le mot Karma est utilisé pour désigner la « Loi de cause à effet ».

A noter que l’origine étymologique indoeuropéenne [kr] de Karma est la même que celle du mot « création ».

Samsara

Le Samsâra se traduit par « ce qui circule »; c’est la Roue des Morts et des Naissances, qui est empreinte de souffrance. Le Samsâra est le cycle des transmigrations de l’âme. Les réincarnations sont conditionnées par les Karma, qui lient l’âme individuelle, ou Jivatman, au monde. L’existence est alors empreinte de la souffrance, liée à l’impermanence de ce monde, et à l’ignorance de la véritable nature de l’Atman. L’individu s’accroche à ce qu’il désire (et qui est transitoire) et a oublié sa véritable nature, qui est divine.

Pour les hindous, le Jivatman transmigre, et passe de corps en corps, jusqu’à sa délivrance, lorsque l’âme individuelle aura atteint la sagesse. La félicité expérimentée alors enlèvera au sage tout désir pour ce monde, et toute renaissance deviendra caduque.

Moksha

Moksha signifie « libération finale » de l’Âme individuelle (Jivatman), du cycle des morts et renaissances (Samsara).

Chaque réincarnation peut rapprocher ou éloigner l’Âme individuelle de Moksha, selon son Karma.

Samnyasin (ou Sannyasin)

Samnyasin signifie « celui qui est hors (ou au-delà) des castes ». C’est ainsi que son désignés ceux qui ont renoncé aux tâches de ce monde et donc à la vie mondaine. Ce sont les moines qui ont choisi de se consacrer à la quête en vue de la libération finale.

Vedanta

Ce mot est composé de « Veda » (le « Savoir », les 4 grands ensembles de textes sacrés sur lesquels s’appuie l’Hindouisme) et « Anta » qui signifie « la fin ». Le Vedanta, c’est « la fin des Veda » , ou plus exactement, ce sont les considérations finales, contenues notamment dans les Upanishads.

Il s’agit d’un des 6 grands systèmes philosophiques de l’Inde (ou Dharshana), comportant lui-même deux catégories:

Le Vedanta dualiste (le Dvaita Vedanta) qui distingue la créature de son Créateur. La conscience ordinaire est toujours soumise à la dualité entre le sujet et l’objet. Seul les grands mystiques dépassent cette limitation.

Le Vedanta non-dualiste (l’Advaita Vedanta) qui dit que « tout est Brahman ». Tout est le Divin: il n’existe que l’Un sans second. Il y a donc unité entre l’âme individuelle et l’âme universelle.

Toutes ces écoles du Vedanta reconnaissent le Samsâra (la transmigration), la Libération (Moksha) qui est le moyen d’y échapper, l’autorité des Vedas, Brahman qui est la cause de l’Univers, ainsi que la Loi du Karma.

Aum ou Om

« Om » ou « Aum » est la syllabe sacrée, constituée des trois lettres AUM. Ce son est un Mantra, une syllabe mystique que les hindous considèrent comme chargée d’énergie. La plupart des Mantras commencent par « Om ».

Dans les Upanishads, Om représente l’univers entier et sa partie, le présent et le futur, tout comme Paramatma, le Soi universel. « Aum » est le son primordial, la graine de tous les autres sons. Il représente la vibration indifférenciée originelle, de laquelle la manifestation entière est issue, au moment initial du Big Bang.

Kosha

Selon le Vedanta, à l’origine était la pure Conscience, l’Absolu, Brahman. Puis Mâyâ (la Manifestation) a émané de Brahman, sans lequel elle n’a pas d’existence propre. Elle est la cause initiale, l’énergie créatrice et de transformation, l’origine de l’Univers. Puisqu’elle n’a pas d’existence propre, elle est la grande illusion. L’univers matériel est le résultat d’une projection tout d’abord extrêmement subtile, puis progressivement densifiée, jusqu’à la matière. Ses limitations sensorielles et mentales ne permettent pas à l’Homme de percevoir l’Atman, la véritable nature de l’Univers.

Kosha signifie en sanskrit enveloppe, revêtement, gaine ou voile. La projection de la création et sa densification a induit les Kosha. En voici une première explication: une pièce est dans le noir le plus total. L’observateur ne peut y voir que l’obscurité. Dans cette pièce, il y a pourtant une lanterne; mais elle est recouverte par de nombreux voiles, qui ne laissent pas passer la lumière. L’Homme est ainsi pareil à la lanterne. Il est recouvert de cinq voiles – ou Kosha – superposés. En son centre le plus secret, brille la lumière de l’âtman, l’âme individuelle, pure et identique à l’âtman universel. Mais ses sens physiques ne lui permettent pas de voir sa véritable nature. Au contraire: ses sens le poussent à se projeter dans le monde extérieur matériel. A l’image de la lanterne ci-dessus, pourtant allumée, il ne peut voir ni être conscient de sa propre lumière…

Les Kosha cachent à l’humain sa véritable nature. Le Yogi entame un retour à la source, en perçant un à un les voiles, par sa conscience. Il sait que plus il se concentre sur la matière, plus la source, l’Âtman, est masqué ; plus il retourne à l’intérieur et se connecte à sa nature véritable, au-delà des Kosha, plus il s’en rapproche. En fin de course, le Yogi fait l’expérience de la source lumineuse à l’intérieur. Le Jivatman (âme individuelle), qui aspire à la libération, fait le chemin inverse à celui de la projection lors de la création de l’Univers. Il remonte, à contre-courant, dans les Kosha, du plus grossier au plus subtil, et finalement les dépasse. Cette tâche est extrêmement difficile. Au lieu de se projeter dans le monde extérieur, dans le « faire » et l’ « avoir », le Yogi rentre à l’intérieur de lui-même, apprend à se connaître et à « être », jusqu’à retrouver en lui l’Unité dans l’Âtman.

Annamaya Kosha

Annamaya Kosha est le plus dense des cinq Kosha, l’enveloppe faite de « nourriture »: le corps physique.

Pranamaya Kosha

Pranamaya Kosha est le deuxième Kosha, l’enveloppe vitale, dans laquelle circule l’énergie indispensable à la vie.

Manomaya Kosha

Manomaya Kosha, la troisième Kosha, est l’enveloppe mentale, l’univers de la pensée, des sentiments et des émotions.

Vijnanamaya Kosha

Vijnanamaya Kosha, la quatrième enveloppe est celle d’intelligence, les facultés de discrimination (du réel et de l’irréel) et d’intuition (connaissance directe intuitive).

Anandamaya Kosha

Anandamaya Kosha est la cinquième enveloppe et la plus subtile. Elle est le corps causal, ou enveloppe de félicité. Ce corps est le plus proche du Divin mais reste un voile, une illusion, qui sépare le sage de la réalisation ultime qui implique le renoncement le plus total, même à l’enveloppe de félicité…

***

Bibliographie: Voici les sources qui m’ont aidée à préparer cet article: