Archives 'sommeil'

sept 20 2011

Sommeil: séance de respiration (Pranayama) pour s’endormir

Pranayama, respirer pour un meilleur sommeil

Après « une relaxation pour un meilleur sommeil », voici quelques exercices de Pranayama qui vous aideront à tomber dans les bras de Morphée, quand l’heure du Marchand de sable semble déjà passée …

Le Pranayama est une pratique de Yoga qui a de multiples vertus. S’il vise avant tout à améliorer le niveau et la qualité de l’énergie, ainsi que de la concentration, il est précieux aussi pour aider à se détendre, à relâcher quand le temps est venu de récupérer.

Anuloma Viloma /Nadi Sodhana pour la détente mentale

Voici une variante de Nadi Shodhana. Elle se pratique assis dans la posture jambes croisées (Sukhasana), yeux fermés, ou dans toute autre posture assise confortable, qui vous permet de vous maintenir droit. Veillez à ce que le haut du corps soit parfaitement libre dans la respiration, les épaules et l’avant du corps sont dégagés. Préférez vous surélever avec un coussin si vous n’êtes pas parfaitement à l’aise à même le sol.

Pranayama, nadi shodhana ou anuloma viloma, la respiration alternée pour mieux dormir

Nadi Shodhana consiste à respirer alternativement par une narine, puis par l’autre, en positionnant votre main droite, index et majeur plié (Vishnu Mudra). La respiration est confortable et parfaitement silencieuse.

  • Commencez l’exercice en inspirant par les deux narines
  • Expirez lentement et progressivement à gauche, sur le compte de 8, en bouchant la narine droite avec le pouce droit (voir photo ci-dessus)
    Ressentez la détente physique et mentale qui vous gagnent progressivement
  • Restez quelques instants poumons vides (1, voire 2 secondes max, en total confort respiratoire, sinon raccourcir ou supprimer la rétention poumons vides)
    Observez la suspension quasi automatique du flux des pensées pendant ce court instant…
  • Puis inspirez lentement et progressivement à gauche sur le compte de 4, narine droite toujours bouchée
    Envoyer un message de détente dans tout le corps, jusqu’aux extrémités
  • Et expirez à droite, sur le compte de 8, en bouchant cette fois-ci la narine gauche, à l’aide de l’annulaire et de l’auriculaire.
    Ressentez la détente physique et mentale qui vous gagnent progressivement
  • Restez quelques instants poumons vides (1, voire 2 secondes max, la rétention poumons vide doit être confortable, sinon, la raccourcir, voir la supprimer)
    Observez la suspension quasi automatique du flux des pensées pendant ce court instant…
  • Inspirez à droite, narine gauche toujours bouchée, sur le compte de 4
    Envoyer un message de détente dans tout le corps, jusqu’aux extrémités
  • Expirez à gauche, sur le compte de 8, en bouchant cette fois-ci la narine droite
    Ressentez la détente physique et mentale qui vous gagnent progressivement
  • Continuez ainsi de suite. Si le rythme indiqué ne vous convient pas, adaptez-le. Essayez cependant d’expirer plus longuement que vous n’inspirez.

De temps en temps, observez votre bras droit, votre dos, vos épaules et votre visage: ils sont détendus pendant toute la durée de l’exercice.

Faites 10 voire 20 cycles tels que décrits ci-dessus. Pratiquez pendant plusieurs minutes, au moins 5 minutes, si possible.

Soham Ujjayi

Cet exercice consiste à pratiquer la respiration victorieuse (Ujjayi) en répétant le Mantra Soham, qui signifie « Je suis Cela » (le Soi, ma véritable nature, l’âme). Ujjayi peut se pratiquer assis en position droite ou couché, dans votre lit.

Allonger doucement la nuque, en rentrant très légèrement le menton. Les épaules sont basses et détendues. Garder la partie du ventre qui est en dessous du nombril légèrement tonique pendant l’exercice: ne pas laisser le bas ventre se gonfler de trop pendant l’inspiration, en appliquant une légère contraction musculaire.

Inspiration (Puraka)

L’inspiration s’effectue avec la sangle abdominale contrôlée (voir ci-dessus). Elle est lente et principalement thoracique (médiane). Pendant toute l’inspiration, la glotte reste partiellement bloquée, l’air produit un son régulier. Le haut du thorax se soulève.
Répéter mentalement « SSSOOO », pendant toute la durée de l’inspiration et en relaxant consciemment tout ce qui peut l’être.

Expiration (Rechaka)

Ouvrir légèrement la glotte puis contracter un peu plus la sangle abdominale, ce qui déclenche l’expiration qui s’accompagnera du même son uniforme est régulier qu’à l’inspiration. Les côtes se rapprochent en fin d’expiration, les clavicules s’abaissent légèrement.
Répéter mentalement « HHHAAAMMM », pendant toute la durée de l’expiration,
en relaxant là encore consciemment tout ce qui peut l’être.

Intériorisation (Drishti)

Pendant l’exercice, l’attention se porte :

  • sur la répétition de SOHAM
  • sur le passage de l’air dans le nez
  • sur le bruissement de l’air au niveau de la glotte.

Durée

Effectuer au moins 10 respirations. La pratique peut être de 5 à 10 minutes.

Après cette séance, le sommeil devrait se faire tout proche… Si ce n’est toujours pas le cas, allongez-vous et continuez avec la relaxation pour dormir, disponible ici …

Bon yoga et bonne nuit prochaine!

une réponse

fév 17 2011

Le sommeil (2) – La conception ayurvédique du sommeil

Publié par sous Bien-être,Santé

Cet article est la suite de celui-ci:

Sommeil et Ayurveda: le réveil joyeux  (dessin de Bekha)

Selon l’Ayurveda, tout dans le monde, y compris l’être humain, est composé d’une combinaison des cinq grands éléments représentant les différentes qualités de l’énergie :

  • l’ether, le plus subtil, assimilé à l’espace,
  • l’air, élément gazeux impalpable, léger, clair, sec, qui se disperse ;
  • le feu, qui a le pouvoir de changement, avec des qualités de chaleur, de sécheresse et un mouvement ascendant ;
  • l’eau, liquide, froide, coulant vers le bas, sans forme propre ;
  • et la terre, solide, avec les qualités de lourdeur, de dureté et un léger mouvement vers le bas.

Ces cinq éléments se combinent en paires pour former trois énergies vitales appelées dosha :

  • éther + air = vata, avec prédominance de l’air,  gère les mouvements physiques et physiologiques, la circulation et le système nerveux ;
  • feu + eau = pitta avec prédominance du feu, gère la transformation (réactions enzymatiques, métabolisme) ;
  • eau + terre = kapha, avec l’eau comme élément fondamental, gère la structure du corps, donne force, vigueur et stabilité.

Les qualités de ces trois énergies se combinent différemment en chaque individu, et leur influence varie selon le moment de la journée, notre environnement, ce que nous mangeons, pensons, vivons, ainsi que selon les saisons et les différents cycles de notre vie.

Selon l’Ayurveda, la quantité de sommeil dont nous avons besoin dépend de notre constitution doshique:

  • Les personnes de type kapha ont besoin de plus de sommeil, environ 8 à 9 heures pour se sentir reposées ;
  • 7 à 8 heures suffisent à celles de type pitta, et
  • 6 à 7 heures pour celles de type vata.

Notre besoin de sommeil dépend également de notre âge :

  • un bébé peut dormir jusqu’à 16 heures par jour,
  • les enfants jusqu’à 10 heures,
  • alors que les personnes âgées peuvent se contenter de 5 ou 6 heures de sommeil.

L’Ayurveda considère l’enfance comme le stade kapha de la vie, l’âge adulte comme le stade pitta et la vieillesse comme le stade vata.

Selon la conception ayurvédique, la terre passe deux fois quotidiennement par les stades vata, pitta et kapha. Ces deux cycles quotidiens sont :

Premier cycle :

  • 6h/10h : période kapha : le corps est lourd, lent, détendu, il peut y avoir des mucosités.
  • 10h/14h : période pitta : énergie, appétit le plus fort (pitta gère le métabolisme alimentaire).
  • 14h/18h : période vata : énergie intellectuelle.

Deuxième cycle :

  • 18h/22h : période kapha : l’énergie redescend avec le soleil.
  • 22h/2h : période pitta : reconstruction des tissus.
  • 2h/6h : période vata : la meilleure période pour se lever car on est léger, l’esprit est plus clair, c’est le moment idéal pour la méditation.

Étant donné la propriété naturelle de lourdeur de kapha, il est plus facile de s’endormir, et la qualité du repos est meilleure, si nous allons au lit vers 22h. Et en effet, très souvent nous commençons à nous sentir fatigués déjà aux alentours de 21h, mais nous n’en tenons pas compte car nous sommes occupés à faire une chose ou l’autre, ou bien nous regardons la télévision. Pourtant, si nous nous mettions au lit à ce moment-là, notre sommeil serait plus profond et de bien meilleure qualité, et nous nous sentirions aussi mieux reposés à notre réveil.

Comme le cycle pitta commence à 22h, et que pitta induit la vigilance mentale, nous nous mettons à penser à toutes sortes de choses que nous devrions encore terminer avant d’aller dormir ! Aux approches de minuit, la faim commence à se faire sentir (ce qui est typique de pitta) et nous mangeons un bout, ce qui fait que nous allons au lit le ventre plein, ce qui nous empêche de nous endormir !

De 2h à 6h environ, c’est la phase vata qui se caractérise par son aspect léger et aérien, c’est pourquoi notre sommeil est léger, et en même temps plein de rêves. Ce n’est pas le genre de sommeil qui nous trouvera frais et dispos à notre réveil.

En résumé, une journée idéale vécue en harmonie avec les rythmes naturels serait donc composée ainsi :

  • lever entre 6h et 8h
  • déjeuner entre 12h et 13h
  • dîner entre 18h et 19h
  • coucher entre 21h30 et 22h30

Les causes d’insomnies selon l’Ayurveda

La plupart des insomnies sont dues à un excès de vata, et le problème est que l’insomnie elle-même augmente vata. Cela entraîne un cercle vicieux dans lequel vata vous empêche de dormir, et ne pas dormir augmente vata.

Les signes d’un déséquilibre de vata sont l’anxiété, la peur et l’agitation. La cause peut en être un excès d’exercice physique ou sexuel, un régime alimentaire trop léger ou un jeûne, de même que le fait d’aller se coucher trop tard.

Tout cela entraîne une agitation du système nerveux central.

Pour remédier aux problèmes de sommeil

  • Essayez d’avoir un horaire quotidien régulier, d’aller au lit, de vous éveiller et de prendre vos repas à heures régulières. L’Ayurveda appelle cela « dina charya », routine quotidienne, et c’est l’un des moyens les plus efficaces pour conserver ou restaurer l’équilibre de vata.
  • Entre 16h et 17h, buvez un verre de jus de tomate additionné de deux cuillers à thé de sucre brut et de 2 pincées de noix de muscade.
  • Mangez des aliments apaisants à votre repas du soir. La plupart devraient être chauds, bien cuits et substantiels : laitages, céréales complètes (spécialement du riz et du blé), fruits doux et légumes cuits. Evitez les aliments très légers et froids.
  • Prenez ce repas tôt (entre 18h et 19h) et passez une soirée tranquille.
  • Avant d’aller au lit, buvez une tasse de lait chaud additionné d’une pincée de noix de muscade, ou un peu de poudre d’amandes + une pincée de noix de muscade + une pincée de cardamome. A noter que la noix de muscade convient mieux au type vata, la cardamone au type pitta et le gingembre séché au type kapha.
  • Juste avant d’aller au lit, mettez ¼ de cuiller à thé du mélange suivant dans un peu d’eau chaude : 1 part de tagar (valériane indienne), 1 part de poudre de racine de valériane, et 1 part de camomille.
  • Bain ou douche chauds apaisent vata.
  • Avant d’aller au lit, massez vos pieds pendant quelques minutes avec de l’huile de sésame, du ghee fondu ou de l’huile d’olive. Si vous êtes du type pitta, prenez plutôt de l’huile de noix de coco qui est refroidissante. Essuyez avec un linge frais. Cela aura un effet calmant sur le centre du sommeil du cerveau. Ou bien, massez-vous avec de l’huile de jojoba ou d’amande douce agrémentée de quelques gouttes d’huile essentielle de lavande : prenez une très petite quantité d’huile dans votre paume de main, et massez-vous des genoux jusqu’aux orteils, et des coudes jusqu’au bout des doigts, de haut en bas.
  • Méditez : la méditation permet à l’esprit de s’apaiser (voir Cahiers n°4, p. 10).

Massage des  pieds avant d'aller se coucher: très bénéfique pour un bon sommeil

En conclusion

Nous passons en moyenne un tiers de notre vie à dormir. C’est dire le rôle essentiel que joue notre sommeil, dont une carence permanente, en qualité, se répercute sur la santé, et sur la vie sociale, affective et professionnelle.

En effet, sur le plan physique, l’organisme s’affaiblit et il est donc moins résistant aux maladies, les digestions sont difficiles et lentes, une somnolence se manifeste à tout moment, tout effort physique coûte. Un mauvais sommeil accélère en outre le vieillissement par usure, du fait d’une non-réparation de l’organisme dont le sommeil est « l’atelier d’entretien ».

Sur le plan psychique et affectif, l’équilibre vital est rompu, la nervosité s’installe, avec aussi l’anxiété, l’instabilité, la dépression, et l’agressivité. Sur le plan intellectuel, des troubles de la mémoire se font sentir, ainsi qu’une torpeur intellectuelle et une difficulté à se concentrer.

Pour la plupart d’entre nous, il suffirait pourtant de nous mettre à l’écoute de nos sensations et de respecter nos rythmes internes. C’est la condition pour retrouver le royaume oublié du sommeil qui nous ouvre les portes d’une vie plus sereine, vécue en pleine possession de nos moyens, et en harmonie avec la Nature, dont nous faisons partie !

« Aussi loin en vérité, que cet espace (extérieur) s’étend, aussi loin s’étend l’espace à l’intérieur du cœur. En lui sont contenus à la fois le Ciel et la Terre, le feu et l’air, le soleil et la lune, l’éclair et les étoiles. Tout ce qui existe en ce monde et tout ce qui n’existe plus ou pas encore, tout cela est contenu en lui. »
(Chandogya Upanishad, VIII, 1,3)

Nicole Eraers est l’auteur de cet article.

Sources: Texte: Les Cahiers du Yoga n°5 – Images:  Bekha ©

Les Cahiers du Yoga sont disponibles sur la Boutique

une réponse

fév 16 2011

Le Sommeil (1)

Publié par sous Bien-être,Santé

Le sommeil:  illustration de Bekha pour l'article "Le Sommeil" de Nicole  Eraers, Les Cahiers du Yoga n°5

« Au réveil, n’ouvrez pas les yeux tout de suite. Quand vous avez l’impression d’avoir suffisamment dormi, prenez conscience de votre corps. Gardez les yeux fermés. Qu’est-ce qui se passe ? Un important changement se passe, le sommeil s’éloigne et vous vous réveillez. Il vous est arrivé de voir le soleil se lever mais jamais votre corps. Le phénomène a une beauté qui lui est propre. Dans votre corps il y a un matin et un soir. Ces moments sont appelés sandhya : le moment de la transformation, le moment du changement » (Bhagwan Sri Rajneesh) [1]

Dans le numéro précédent, nous avons évoqué l’importance d’aller se coucher et de se lever en phase avec nos rythmes naturels. Nous pouvons connaître ceux-ci grâce à l’écoute des signaux envoyés par notre cerveau qui, en contact permanent avec l’univers, nous endort et nous éveille le moment venu.

S’éveiller devrait constituer pour tous une joie, à l’instar du coq qui annonce à tue-tête le retour du jour, ou des oiseaux qui pépient en chœur dès les premières lueurs de l’aube. Il est vrai qu’il est plus facile de s’éveiller spontanément en été car le soleil se lève tôt, et même lorsque les yeux sont fermés, ils reçoivent la lumière du jour à travers les paupières. Par ailleurs, avec le jour, l’organisme se met à secréter plus de sérotonine, hormone qui stimule l’état de veille.
Mais en hiver, c’est tout différent car nos obligations familiales et/ou professionnelles nous demandent de nous lever à la même heure qu’en été, alors qu’il fait encore nuit. Nous devons donc souvent recourir à la sonnerie du réveil matin ! Toutefois, il est malgré tout possible de s’en passer progressivement. Comment ? En calculant le bon moment pour s’éveiller, en fonction de l’heure à laquelle nous allons nous coucher, de la longueur de nos cycles et de nos besoins en sommeil.

Comment calculer le bon moment pour s’éveiller ?

Retenons que la disponibilité à l’endormissement comme à l’éveil est d’environ deux heures. Nous avons vu, dans le numéro précédent, quels sont les signes qui nous annoncent qu’il est l’heure d’aller nous coucher. A partir de là, une règle absolue est de ne pas interrompre un cycle commencé: le réveil devrait donc impérativement avoir lieu après une phase de sommeil paradoxal.

En fonction de cette règle, pour notre calcul, il nous faut tout d’abord déduire un quart d’heure de l’heure à laquelle nous devons nous lever, afin que nous puissions rester somnoler un peu au lit (en état alpha). A partir de là, il suffit de remonter de cycle en cycle pour en déduire l’heure à laquelle nous devrions nous endormir.
Cela présuppose que nous connaissions la durée de notre cycle de sommeil et que nous ayons déterminé le nombre de cycles qui nous convient. Au début, nous allons sans doute tâtonner.

Exemple : si nous devons nous lever à 7h15, nous devons mettre notre réveil à 7h. Si par ailleurs, la durée de notre cycle de sommeil est de 2h, et que nous avons besoin de 4 cycles, c’est-à-dire d’environ 8h de sommeil, nous devons alors nous endormir à 7h – 8h = 23h, ce qui implique que nous nous mettions au lit un quart d’heure avant, c’est-à-dire à 22h45 (pour passer par l’état alpha).

Si nous persistons à nous éveiller tous les jours à la même heure, au bout d’une à deux semaines, cela se fera spontanément, tout comme nous aurons envie d’aller dormir tous les soirs vers la même heure. Il est essentiel de respecter cette régularité dans la mesure du possible.

S’il est vrai que nous sommes tous soumis aux grandes lois chrono-biologiques, chacun d’entre nous possède toutefois une individualité temporelle propre. Nous le constatons bien car certains d’entre nous sont « du matin » alors que d’autres sont « du soir ». Comment le savoir ? En prenant notre température tous les matins à 7h, pendant un mois : elle affichera entre 36,8 et 37° pour les « lève-tôt », alors que pour les « lève-tard », elle oscillera entre 36,5° et 36,7°. Cette information peut nous aider à mieux déterminer le moment d’aller nous coucher et donc aussi de nous lever.

Comment déterminer la quantité de sommeil dont nous avons besoin ?

Par l’observation. Il suffit, lorsque nous n’avons pas de contrainte, par exemple pendant les vacances, de noter le nombre d’heures de sommeil qui nous sont nécessaires, en moyenne, pour que nous nous sentions bien reposés. Écoutons aussi les signaux envoyés par notre cerveau car il sait ce qui est nécessaire à notre organisme.
[à suivre...]

Nicole Eraers est l’auteur de cet article

Notes: [1] Cité par Pierre Fluchaire dans « Bien dormir pour mieux vivre », p.126, Ed. J’ai Lu Santé – 1998 – France.
Source de l’article: Les Cahiers du Yoga n°5. L’auteur, Nicole Eraers, est directrice de Yoga 7, école de Genève et Rédactrice de la revue « Les Cahiers du Yoga ».
Illustration
: Bekha ©

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Les Cahiers du Yoga

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Cette revue trimestrielle de Yoga, éditée par l’école Yoga 7, est la revue francophone de Yoga Suisse (anciennement Fédération Suisse de Yoga). Vous pouvez vous procurer ce numéro seul ou prendre un abonnement annuel.

Lire des extraits du Cahier du Yoga n°1

Extraits des Cahiers du  Yoga no1 (PDF)
Les Cahiers du Yoga: une revue pour approfondir la pratique et de mieux connaître l’esprit et la philosophie du Yoga.

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fév 11 2011

Sommeil: Une relaxation pour s’endormir

Nous avons tous besoin d’un bon sommeil, d’un sommeil récupérateur, pour nous sentir en forme, plein d’énergie pendant la journée… Il se trouve que parfois, le sommeil est perturbé. Les causes peuvent être diverses: bruit, douleur, soucis, surplus d’activités, stress, etc.

Savasana et Yoga Nidra

Un peu de mythologie: La mythologie indienne explique qu’entre deux cycles de manifestation de l’univers, Vishnu, le Dieu de la Préservation, expérimente le Vishnu Nidra. Il dort pendant des éons sur le serpent Ananta, dans les eaux primordiales…

Voici une relaxation à pratiquer au lit, que j’ai progressivement mise au point dans le but de faciliter l’endormissement. L’explication prend le temps de la lecture. Puis ce soir, 15 minutes de détente suffiront pour mettre en pratique cet exercice, subdivisé en 3 étapes de 5 minutes… mais ne prenez surtout pas votre minuteur ! Et peut-être dormirez-vous avant la fin de l’exercice…

Pratiquer votre yoga le soir peut aussi vous aider à trouver le  sommeil
Pratiquer votre yoga le soir peut aussi vous aider à trouver le sommeil…

1. Relaxation du corps par autosuggestion

Installez-vous dans votre lit, allongé sur le dos, le corps aligné, déposé confortablement. Les pieds sont un peu écartés et les bras sont à quelque distance du corps ou bien les mains sont posées sur le sternum. Une fois que la position est confortable, abandonnez toute idée de mouvement et accueillez le confort que produit l’immobilité.

Consciemment, vous allez passer votre corps en revue, ainsi confortablement allongé, pour l’accompagner dans une profonde détente:

Ressentez vos pieds et vos chevilles. Lorsque vous les ressentez pleinement, répétez mentalement en vous:

«Je détends, je relâche mes pieds et mes chevilles
je détends, je relâche mes pieds et mes chevilles
mes chevilles sont profondément détendus, relâchés».

Et à chaque répétition, expérimentez la détente des pieds et des chevilles qui devient effectivement de plus en plus profonde à chaque répétition.

Ainsi passez en revue et détendez successivement :

  • les pieds et les chevilles
  • les jambes
  • le bassin et le dos
  • le ventre et la poitrine
  • les mains et les poignets
  • les bras
  • les épaules et la nuque
  • le cou, la gorge, la langue et les mâchoires
  • le visage

Puis terminez par:

«Je détends, je relâche tout le corps
Je détends, je relâche tout le corps
Tout le corps est profondément détendu, relâché».

2. Relaxation de la respiration

Puis sans rien faire de spécial, vous allez commencer à simplement observer votre respiration… sans rien changer… ne cherchez pas à amplifier, ni à ralentir. Observez simplement le mouvement qui se fait en vous: vous êtes spectateur de votre propre respiration.

Commencez par observer le mouvement qui se fait tout en bas de l’abdomen, au niveau du bas-ventre. Le ventre bouge légèrement, comme chez les petits enfants qui s’endorment. Accueillez ce mouvement, sans changer votre respiration. Offrez-lui simplement par la pensée, les intentions de détente et d’espace nécessaires pour qu’il se fasse le plus librement possible. Si vous ne sentez rien, imaginez simplement que vous vous accordez cette détente et cet espace, pour que le mouvement de la respiration soit libre dans le bas du ventre.

Observez ainsi le geste respiratoire, sans rien chercher à amplifier ou modifier, détendez et donnez de l’espace successivement, par l’intention:

  • au niveau du bas ventre, c’est le lieu le plus bas où il est possible d’observer le mouvement de la respiration, puis
  • au niveau du ventre, puis
  • au niveau de la poitrine, puis
  • au niveau de la gorge; prenez conscience de ce lieu de passage du respire; ressentez que le doux passage de l’air chaud produit la détente de votre gorge.

3. Rotation: visualisation et ressenti

Pour aider à l’endormissement, pendant la dernière partie de la détente, vous allez faire un cycle, une sorte de rotation de la conscience en quatre étapes.

Détente et ressenti des pieds. Ressentez la chaleur des plantes des pieds. Gardez votre conscience à ce niveau jusqu’à ce que vous expérimentiez un picotement agréable sous la plante de vos pieds… Puis, dès que vous avez pleinement expérimentez cela, passez à l’étape suivante ;

Détente et ressenti des mains. Ressentez la chaleur des paumes des mains. Gardez votre conscience à ce niveau jusqu’à ce que vous expérimentiez un picotement agréable dans la paume de vos mains… Puis, dès que vous avez pleinement expérimentez cela, passez à l’étape suivante ;

Détente et ressenti du ventre. Ressentez la douceur, l’élasticité naturelle, l’agréable chaleur du ventre. Gardez votre conscience à ce niveau jusqu’à ce que vous expérimentiez pleinement cela … puis, dès que vous avez pleinement expérimentez, passez à l’étape suivante ;

Détente et ressenti de la gorge. Ressentez le confort de la gorge, la douceur de l’air chaud qui y passe, son agréable détente (c’est comme un Ujjayi par la pensée uniquement, si vous connaissez). Gardez votre conscience à ce niveau jusqu’à ce que vous expérimentiez pleinement cela …
Si la conscience remonte vers le front, si vous commencez à penser, ramenez là à la gorge. Puis, dès que vous avez pleinement expérimentez, recommencez un nouveau cycle.

Faites autant de cycles qu’agréable. Avec l’affinement de la conscience, vous verrez que votre ressenti devient de plus en plus rapidement précis. Ainsi, vous pouvez passez de phase en phase plus rapidement: pieds, mains, ventre, gorge.

Cette danse de la conscience est favorable à l’endormissement… Petit à petit, le niveau de conscience se modifie et vous rejoignez le sommeil…

Remarque: Si l’exercice n’est pas concluant la première fois, ne le rejetez pas pour autant. C’est en le répétant et en approfondissant le ressenti de la détente, que progressivement vous améliorerez votre endormissement… Et même si vous ne dormez pas, vous voilà plus proche du sommeil, ou en phase de récupération par la relaxation…

Pourquoi la détente des mains, des pieds et du ventre?

  • Les mains et les pieds sont nos outils pour «faire», or nous souhaitons dormir et donc arrêter de «faire». Nous détendons donc nos instruments. De plus, mains et pieds sont des extrémités richement innervées. La détente passe par une amélioration de la circulation et le réchauffement des zones détendues…
  • Le ventre est la zone du Manipura Chakra, du plexus solaire, siège de notre énergie de vie, mais malheureusement aussi de nos tensions, qui nous empêchent d’utiliser tout notre potentiel. Sa détente est la clé de toute détente globale.

Pourquoi la concentration sur la zone de la gorge?

La zone de la gorge, ou plus exactement, la région de la pomme d’Adam et de la glande thyroïde, correspond au Vishuddha Chakra, le 5e centre d’énergie.

Vishuddha Chakra, le chakra de la gorge
Mosaïque du Vishuddhi Chakra, le chakra de la gorge

Il est dit, en Tantra Yoga, que Ajna Chakra, le 6e Chakra, correspond au point entre les sourcils correspond à l’état de veille; car dans l’état de veille, la conscience trouve son siège en ce point.

Vishuddha Chakra, lui, correspond à l’état de rêve. Il est dit que pendant l’état de rêve, la conscience se déplace au niveau de la gorge.

Et Anahata Chakra, le centre d’énergie du coeur, devient le siège de la conscience dans l’état de sommeil profond.

Au moment de l’endormissement, nous expérimentons un glissement, un état particulier, entre éveil et rêve. C’est pour cela qu’en déplaçant volontairement la conscience vers la gorge, on peut contribuer à modifier l’état de conscience et aider à glisser vers le sommeil: de Ajna vers Vishuddha. Puis le déplacement de Vishuddha vers Anahata se fera de lui-même, inconsciemment…

Bon yoga et bonne nuit prochaine!

Sources des images:
- Le sommeil de Vishnu: http://hindushastra.blogspot.com/
- La mosaïque du Vishuddhi Chakra décore la salle de yoga chez Yogamrita (j’ai rajouté le point qui manque sur la vraie mosaïque). Elle est de Philippe Le Bras.

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