avr 12 2011

“Langhana” et “Brimhana”, les deux modalités du Yoga

Yoga Asana : la pratique peut être Lanhana ou Brimhana

En Yoga thérapeutique et en Ayurveda, on dit que la pratique peut être « Langhana » (principe de réduction), ou « Brimhana » (principe de tonification).

  • Une pratique Langhana « réduit » les tissus: elle convient par exemple à quelqu’un qui doit éliminer un excès de graisse, des toxines, de chaleur. Les personnes de constitution Kapha, ou Pitta, ou les jeunes pleins d’énergie, ont le plus souvent besoin d’une pratique Langhana, pour éliminer.
  • La pratique Brimhana « tonifie » les tissus: elle convient aux personnes maigres, affaiblies et frileuses. La pratique Brimhana vise à nourrir les tissus et à fortifier. Les personnes Vata, tout comme les personnes âgées, ont besoin d’une pratique Brimhana pour renforcer le niveau d’énergie et les tissus.

Une séance de Yoga peut être « Langhana » ou « Bhrimana », suivant les Asana et les Pranayama qui sont pratiqués… mais aussi suivant comment il sont pratiqués!

Exemple de la Salutation au Soleil (Surya Namskar):

De par sa nature (le mouvement), la salutation au soleil a une tendance « Langhana »; mais on peut aller plus loin, en modifiant le degré de sa modalité Langhana:

  • Pratique Langhana: 12 (6×2) salutations vigoureuses, à un rythme soutenu, de façon à faire circuler l’énergie et aider à l’élimination.
  • Pratique Brimhana: 8 (4×2) salutations pratiquées à un rythme lent et intériorisé, de façon à concentrer l’énergie et à renforcer l’organisme, sans épuiser.

Le Yoga Langhana (« réduction »)

  • Les Asana en mouvements, la pratique rapide, les extensions, les efforts font circuler l’énergie et « essorent » les tissus, par la stimulation de la circulation.
  • Les exercices de respiration (Pranayama) vigoureux allègent le corps et peuvent avoir un effet de « réduction » sur le long terme.
  • Le Pranayama qui met l’accent sur l’expiration prolongée et les rétentions poumons vides est Langhana; il accroît les éléments « Air » et « Ether ».
  • Pour une pratique Langhana, David Frawley recommande les Asana qui permettent de réduire les Dosha: la transpiration réduit l’eau et la graisse dans le corps (Kapha), mais elle contribue aussi à nettoyer le sang (Pitta). Les postures debout ont un effet réducteur sur Vata (disparition de l’agitation).
  • Les Asana qui augmentent le feu digestif (Agni) permettent de brûler les toxines et d’améliorer la digestion.
  • Les Asana Langhana ont un effet réducteur sur les organes et certaines parties du corps: jambes affinées, poumons nettoyés, stimulation des fonctions d’élimination du foie, etc.
  • Et pour terminer, il est intéressant de savoir que le « nettoyage » Langhana, sur le long terme, stimule la guérison et la croissance (tonification).

NB: Une pratique trop vigoureuse des Asana peut affecter l’énergie nerveuse. Les gens stressés ont besoin de faire attention à leur tendance à en faire trop; même si juste après, ils peuvent se sentir plus calmes et sattviques (« purifiés »).

Le Yoga Brimhana (« tonification »)

Les mouvements lents et un travail musculaire isométrique raisonnable (efforts musculaire sans mouvement), tonifient, consolident, et contribuent à la régénération. Les Asana Brimhana visent en premier le travail sur le tissu musculaire. Les muscles sont le support du corps entier. La pratique Brimhana travaille aussi sur des organes: le coeur et le foie, par exemple, sont renforcés. Les postures Brimhana réduisent Vata qui conduit à la déficience; elles stimulent une bonne circulation et le développement de tissus solides.

Les postures de fermeture, les postures assises, les postures immobiles, sont généralement tonifiantes.

Les exercices de respiration (Pranayama), même s’ils ont une tendance générale Langhana, ont pour effet d’augmenter le niveau d’énergie global. David Frawley explique que le Pranayama, accompagné d’une alimentation adaptée, peut même contribuer à la prise de poids. C’est un fait que j’ai observé sur des personnes très minces qui pratiquent le Pranayama quotidiennement.

Dans ce sens, il dit aussi ceci: le Pranayama qui met l’emphase sur l’inspiration et les rétentions prolongées poumons pleins tonifie et accroît l’élément « Terre » (la matière qui constitue les tissus).

Remarque importante

La définition de Langhana et Brimhana, dans cet article correspond à celles donnée par les textes ayurvédiques qui qualifient les thérapies. On considère ici le yoga comme une « thérapie » et on qualifie les effets de cette thérapie sur les tissus, soit :
- Langhana = réduction des tissus en excès et des toxines  et
- Brimhana = augmentation, régénération et renforcement des tissus affaiblis et « maigres ».

TKV Desikachar utilise aussi ces deux termes mais dans un sens totalement différent… qui inverse les termes:
- Langhana= pratique douce, ralentie, en-deçà des capacités (= réduction du rythme global du pratiquant, tranquillité)
- Brimhana= pratique intense, dépassement (=augmentation du tonus global du pratiquant).

NB: Je conserve pour la suite, le sens des mots, qui qualifie les thérapies en Ayurveda.

La synthèse Langhana-Bhrimana

Nous avons tous, quelque part en nous, une accumulation de toxines, d’excès de quelque chose; nous avons aussi certainement, un point plus faible énergétiquement parlant, ou un déficience tissulaire, si minime soit-elle.

La règle veut que l’on commence par « réduire » ou nettoyer » pour ensuite « tonifier », pour construire et régénérer. On ne reconstruit que sur quelque chose de sain.

Comme je le disais dans un article en août 2007, on ne déconnecte pas instantanément du schéma «faire pour être efficace» lorsque l’on vient du bureau et que l’on s’étend sur son tapis de yoga. Alors il est bien de s’accorder d’être dans le mouvement et un certain effort pour un temps, même dans son yoga. La dépense d’énergie physique est pour certains (plus encore pour les hommes) un besoin.

En cas de stress et d’hyperactivité, quelques salutations ou Asana plus vigoureux permettent de dépenser le surcroît d’énergie, d’éliminer les toxines, pour ensuite pouvoir se poser dans plus de calme. Pour cela, j’apprécie les salutations au soleil et les postures debout, en début de cours. De plus, l’énergie vitale est mise en circulation dès le début de la séance.

Ensuite, la pratique des postures se fait assis ou allongé. Elle est plus lente, calme, intériorisée. Elle conduit au non faire. Dans la deuxième partie de la séance, les postures privilégient l’immobilité L’attention est conduite vers l’intérieur. On renforce le corps, la circulation, le système nerveux et les tissus, dans une pratique moins physique.

La détente allongée (Savasana) permet enfin le renouvellement de l’énergie. C’est le moment durant lequel on s’imprègne de cette nouvelle énergie, le véritable moment de rechargement, celui durant lequel les effets subtils de votre séance opèrent. A négliger sous aucun prétexte!

Bon yoga!

Source: Yoga for your type, David Frawley & Sandra Summerfield Kozak, New Age Books

3 réponses

avr 11 2011

Pousses d’alfalfa – Sauce à salade «amande-basilic»

Voici notre petit « jardin suspendu », constitué de pousses d’alfalfa toutes fraîches…

Pousses d'alfalfa

Les pousses d’alfalfa sont très agréables, surtout en hiver, quand les salades se font rares, qu’elles ne sont plus de saison et que l’on se demande comment il y en a toujours dans les supermarchés.

L’alfalfa est une plante facile, qui se contente de peu et donne beaucoup:

  • Mettre à tremper environ 1 cuillerée à soupe de graines dans un verre d’eau pendant une nuit (selon la capacité du germoir).
  • Puis, vider les graines dans un germoir adapté: elles ne doivent pas passer par les trous!
  • Rincer matin et soir. Il faut y penser, mais cela prend peu de temps.
  • Les graines grandissent rapidement. En ce moment, en 4 à 6 jours, elles sont prêtes à manger.

Le rendement est impressionnant: votre cuillerée à soupe s’est transformée en pelouse verdoyante de 3 à 4 cm de haut.

Pousses d'alfalfa, c'est joli, vu de près

A déguster avec des crudités, à raison d’une petite poignée par personne. Comme tout nouvel aliment, commencer par de petites quantités.

Voici la photo de notre salade de midi: salade « feuille de chêne », pousses l’alfalfa, sarrasin germé et fleurs de bourrache. Comme la sauce amandes-basilic était sympa, la recette est en bas d’article…

Salade aux pousses d'alfalfa

En langue arabe, la plante porterait le nom « al-fac-facah », ce qui signifie « père de toutes les nourritures ». Voilà qui en dit long sur ses vertus. Cette légumineuse est peut-être plus connue sous le nom de « luzerne ». Son nom scientifique est Medicago sativa. Elle appartient au genre Medicago qui regroupe de nombreuses espèces de plantes proches des trèfles.

Bienfaits de l’alfalfa

L’alfalfa est une plante étonnante, à laquelle on reconnaît plusieurs qualités nutritives:

  • Reminéralisation: ses graines contiennent 10 fois de calcium que le lait (125 mg/100 g).
  • Construction: ses graines contiennent un taux élevé de protéines qui peut aller jusqu’à 55%.
  • Anti-stress: ses jeunes pousses contiennent plus de magnésium que l’amande.
  • Les jeunes pousses d’alfalfa peuvent aider en cas de fermentations intestinales, en raison de sa richesse enzymatique, et en cas de constipation, par sa teneur en fibres végétales.
  • Anti-anémique: grâce à sa richesse en fer. Autres oligo-éléments: phosphore, zinc, cuivre, silice et sélénium.
  • Les pousses sont riches en vitamines: A (vision), B, biotine (métabolisme des glucides, lipides et acides aminés), C, D (fixation du calcium), E (Anti-oxydante, cholestérol), K (coagulation sanguine), U (action sur les fonctions gastrique et intestinale).

Pousses d'alfalfa, c'est joli, vu de près

Sauce à salade « amande-basilic »

(pour 2 personnes)

  • 4 c. à café bien pleines d’amandes en poudre
  • 1 c. à soupe d’une bonne huile pressée à froid
  • 1 1/2 c. à café de jus de citron
  • 1 c. à café de sauce soja (tamari)
  • 3-4 c. à soupe de lait de soja ou de lait d’amande non sucré
  • Basilic frais haché à volonté.

Si la poudre d’amande est grossière, la moudre finement avec un moulin à café électrique.
Ajouter tous les autres ingrédients, sauf le basilic, en mélangeant bien.
Puis, en dernier, ajouter les feuilles de basilic hachées.
Si nécessaire, rectifier l’assaisonnement.

Servir la sauce séparément de la salade.

Bon appétit!

Sources  à propos de l’alfalfa… et pour en savoir plus:
http://www.biofeeling.com/alfalfa.php
http://www.aquadesign.be/actu/article-2400.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Luzerne_cultiv%C3%A9e (la luzerne est de l’alfalfa)

Pas de réponse

avr 10 2011

Matsyasana – La posture du Poisson

Publié par sous .Yoga,Asana (postures)

Voici quelques indications sur la prise de posture du Poisson, ses effets, ainsi que la jolie légende qui l’entoure…

Matsyasana - Posture du poisson classique

Prise de posture

1. Matsyasana – Posture classique, jambes allongées
(voir photo ci-dessus)

Les jambes sont allongées, les bras sont placés sous le corps, ouvrir la poitrine, rapprocher les omoplates et les coudes ensemble.
Sur une inspiration, soulever le tronc et la tête.
Sur l’expiration, poser doucement le sommet de la tête au sol, en gardant le poitrine bien ouverte. Faire attention de bien supporter le poids du tronc avec les coudes et les avant-bras, afin d’épargner les vertèbres cervicales. Respirer lentement et profondément.
Pour quitter la posture, soulever doucement la tête, rentrer le menton et en même temps dégager les bras.
Repos en Shavasana, la posture de détente allongée. Si nécessaire, pour soulager le dos, plier les jambes contre soi.

2. Matsyasana – Posture facile

Matsyasana - Posture du poisson facile

Même posture que sous 1, mais les bras le long du corps. Cette variante de Matsyasana est utile si vous ne parvenez pas encore à prendre la posture classique.
Faire attention de bien soutenir le corps avec les bras.

3. Matsyasana – Posture jambes croisées

Matsyasana - Posture du poisson jambes croisées

Même posture que sous 1, mais les jambes sont croisées. Dans cette variation de Matsyasana, on retrouve alors la forme du poisson!

NB: il exite une autre forme de Matsyasana jambes croisée, que voici (désolée pour le flou de la photo!):

Matsyasana (la posture du poisson) les jambes croisées

  • attraper les chevilles avec les mains,
  • décoller les fessiers et monter le bassin aussi haut que possible;
  • on passe donc en appui sur les coudes, les genoux et le sommet de la tête…

Excellent pour l’étirement des quadriceps et des ilio-psoas…

4. Matsyasana – Posture complète en Padmasana (Lotus)

Matsyasana - Posture du poisson en Lotus

Allongé sur le dos, placer les jambes en lotus. Doucement, les déposer au sol. A l’inspiration, prendre appui sur les coudes au sol pour soulever la tête et le tronc. Sur l’expiration, déposer le sommet de la tête au sol. Attraper les gros orteils. Respirer lentement et profondément dans la posture complète de Matsyasana.
Quitter la posture comme sous 1.

NB: Posture avancée à ne pratiquer que si l’ouverture des hanches et l’état des genoux le permettent.

Effets

Effets physiques de Matsyasana
Matsyasana, la posture du Poisson, dissipe toutes les maladies, selon la Gerandha Samhita.
- Étirement de la région dorsale
- Stimulation de la glande thyroïde
- Augmente la circulation sanguine vers la tête
- Approfondissement de la respiration
- Délie la zone respiratoire

Effets psychiques de Matsyasana
- Ouverture vers l’extérieur et vers les autres
- Stimulation générale
- Combat la dépression

Effets subtils de Matsyasana
- Stimule principalement Anahata Chakra (Chakra du coeur) et secondairement Svadhisthana Chakra (Chakra sacré)
- Soulage le dosha Kapha, diminue la sécrétion de mucus
- Stimule Vyana Vayu (le prana secondaire de la circulation), par l’expansion thoracique

Contre-indications
- Fragilité lombaire et/ou cervicale
- Pression artérielle basse ou élevée.
- Migraine
- Problèmes de sommeil: la posture est stimulante, préférer la pratiquer le matin ou la journée, mais pas le soir, bien sûr…

La légende de Matsya

Le nom de la posture, Matsyasana, vient de Matsya, qui signifie « poisson » en sanskrit. Matsya est aussi le nom d’un sage.

Selon la légende, le Dieu Shiva était en train d’enseigner la philosophie du Yoga à son épouse Parvati au bord d’un lac. Cette dernière, étant déjà dans la Connaissance Suprême, ne prêtait pas beaucoup d’attention aux enseignements de son mari, si bien qu’elle se mit même à somnoler.

Mais un des poissons qui vivaient dans le lac (le roi d’entre eux), suivit tout l’enseignement avec assiduité et attention.

Pour le récompenser, le Seigneur Shiva lui donna forme humaine afin qu’il puisse mettre en pratique tout ce qu’il venait d’apprendre.

Au prix d’efforts assidus et constants, Matsya devint ainsi un yogi réalisé, Matsyendra, le roi des poissons, duquel découla toute une lignée de grands yogis.

Il existe une très jolie version de cette histoire, racontée par Christian Tikhomiroff, que je vous laisse découvrir ici, sur le blog de Pascale >>.

Namaste

une réponse

avr 09 2011

Préparation au yoga avec un bolster

Publié par sous .Yoga,Séances de Yoga

Voici une proposition d’échauffement et d’étirements pour débuter une séance de yoga avec un bolster.

C’est un essai improvisé, qui devrait être sans difficulté d’exécution majeure.

  • La série peut ou non être répétée plusieurs fois.
  • On peut aussi choisir de tenir chaque mouvement plus longtemps que sur la vidéo.

NB: Le bolster calé sous le ventre un flexion debout (Uttanasana), c’est pour proposer de rapprocher le ventre des cuisses, jambes pliées, voire jambes tendues si la souplesse le permet.
Namaste

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avr 07 2011

Des chapatis fait maison

Publié par sous Recettes de cuisine

Chapatis

Vous arrive-t-il de faire à manger indien à la maison? un bon curry, vos meilleurs chutneys… il ne manque souvent plus que les chapatis.

Je suis surprise car peu nombreux sont ceux qui s’y lancent à la maison… or, faire des chapatis est extrêmement simple.

Voici ma recette:

250 g de farine de blé entier (ou épeautre, ou mélange spécial en boutique indienne)
sel, selon votre goût
65-70 ml d’eau aussi chaude que possible (pour vos mains)

Mélanger l’ensemble en une pâte à pain. Mettre à couvrir pendant 1 heure.

Puis former les chapatis en même temps que vous les mettez à cuire.

Pour ma part, j’utilise deux poêles en même temps, pour gagner du temps. Je les mets sur des plaques électriques, à chaleur forte (graduation 9-10 sur une échelle de 12, environ; puis adapter si nécessaire). La cuisson à gaz est idéale, mais j’ai une cuisinière électrique…
Diviser la pâte en 12 boules. Saupoudrer le plan de travail de farine.
Former le chapati avec un rouleau à pâte, la pâte doit être très fine, le diamètre des chapatis est d’environ 15 cm.

Déposer le chapati sur la poêle. Le retourner lorsque des tâches brunes apparaissent. Cuire l’autre côté. Appuyer avec une spatule en bois sur les bords, pour essayer de le faire gonfler (il n’en est que meilleur!). Abaisser le chapati suivant pendant la cuisson du premier, et ainsi de suite.

L’ensemble de la cuisson dure 1,5 à 2,5 minutes maximum! Il faut donc jongler, mais c’est relativement simple.

Bon appétit!

6 réponses

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