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juin 11 2011

Pourquoi les Mala ont-ils 108 perles ?

Publié par sous .Yoga,Tradition

Ceux qui connaissent la tradition indienne du Japa (la répétition de mantra) savent que les hindous aiment répéter 108 fois les mantras, cela fait un Mala. Pourquoi 108? m’a-t-on demandé récemment.

Mala de 108 perles
Mala traditionnel de 108 perles

Le Mala

Le mala est le chapelet ou rosaire des indiens et des bouddhistes. Il sert à compter les mantras, qui eux-mêmes sont des formules sacrées et des noms du Divin.

Chaque perle représente une répétition du mantra. Le Meru est la perle en bout du mala. Elle est différente des autres, parfois plus grosse, souvent un Rudraksha (Oeil de Rudra, c’est le nom de la graine de l’Eleocarpus ganitrus, l’arbre sacré de Shiva). Le Meru permet de guider et de constater que le tour de mala (les 108 répétitions) est  achevé. Le Meru* ne fait pas partie des 108 perles.
* Le Mont Meru, montagne mythique et sacrée, serait le sommet de l’Univers.

Les subdivisions
S’il n’est pas répété 108 fois, le mantra le sera une fraction de ce nombre. Par exemple : une moitié, un tiers, un quart, un douzième. Ainsi certains malas ont 54, 36, 27 ou 9 perles.

Petit Mala de 27 perles
Ce Mala à porter en bracelet compte 27 perles

100 et 8 perles
On dit aussi qu’en répétant 100 fois le mantras, le compte y est. Le reste permettrait de couvrir les erreurs et les omissions. Il est dit aussi que ces 8 dernières répétitions sont offertes à Dieu ou au Maître (Guru).

Un peu de mathématique

En Inde, les Anciens étaient très mathématiciens. Ainsi, 108 pourrait être le fruit d’ opérations mathématiques :

9 fois 12 = 108
ou encore
1 (1 puissance 1) = 1
2 x 2 (2 puissance 2) = 4
3 x 3 x 3 (3 puissance 3) = 27
1 x 4 x 27 = 108

Cette opération pouvait avoir une signification numérologique particulière.

108 est un nombre Harshad, c’est-à-dire un nombre entier divisible par la somme de ses chiffres. Harshad veut dire « grande joie » en Sanskrit.

Pourquoi 108 répétitions de mantra ?

Dans les Upanishads il est dit qu’une personne respire 21′600 fois par jour. Ce nombre est divisé en deux parties, le jour et la nuit. Ainsi, pendant le jour, on respire 10′800 fois et la nuit 10′800 fois aussi.

La répétition de Mantra, idéalement, devrait se pratiquer mentalement à chaque respiration, Mais il n’est pratiquement pas possible de chanter le nom de Dieu durant chaque respiration. C’est pourquoi il faudrait le chanter au moins 108 fois.

Il est dit que chaque fois que l’on chante un mantra, ses fruits sont multipliés par 100. Ainsi, répéter le mantra 108 fois est en réalité égal à 10′800 fois…

1, 0 et 8

Dans la symbolique des chiffres :

1 représente Dieu ou l’Unité,
0 représente le vide ou l’accomplissement de la pratique spirituelle,
Et 8 représente l’infini ou l’éternité.

Si un mala sert à compter les mantras … l’essentiel demeure dans la sincérité de celui qui prie, sa dévotion, son implication émotionnelle et sa qualité d’attention, cela va de soi …

Bon week-end à tous

Sources
http://www.swamij.com/108.htm
http://www.sikhism.us/sikh-sikhi-sikhism/1771-108-mala-beads.html
http://www.hknet.org.nz/108meaning.html

PS : Je suis actuellement en stage de yoga et donc quasi absente du blog jusqu’à mardi.  Namaste

3 réponses

mar 03 2011

Maha Sivaratri

Ce soir c’est Sivaratri. Sivaratri, « la nuit de Siva », est l’une des plus grande fête spirituelle indienne, c’est même la plus grande pour les Sivaïtes.

Qu’est-ce que Sivaratri? Quel sens pour les occidentaux?

Même si l’on n’est pas hindou, Siva (Shiva) reste un symbole très fort pour le Yogi. Cet aspect de la Trinité hindoue, le 3ème, symbolise l’énergie transformatrice, indispensable sur un cheminement spirituel. La répétition de son mantra durant toute une nuit génère une grande énergie spirituelle. Siva nettoie de la négativité et de l’inertie qui nous maintient dans la Maya (l’ «Illusion»), c’est le processus de transformation et de purification qui s’opère en yoga.

Maha Shivratri est «la grande nuit de Siva». Siva symbolise l’énergie transformatrice: il est la mort à l’Ignorance en vue de la naissance à la Lumière. Durant cette nuit, Siva est vénéré et chanté. On s’y prépare en jeunant et l’on veille toute la nuit.

Cette fête serait propice à ceux qui veulent avancer dans leur pratique du yoga et de la méditation… Toujours est-il que c’est une belle immersion dans une énergie qui prête à consolider sa pratique et à se donner de l’allant pour l’année.

Que symbolise Siva (Shiva)?

Dans la Trimurti hindoue (triple manifestation du divin), Siva est l’aspect de la destruction des illusions et de l’ignorance. Il est représenté avec un troisième œil, symbole de sagesse, au milieu du front et avec un cobra autour du cou (symbole de Kundalini). Il est assis sur une peau de tigre, symbolisant sa maîtrise de la nature «inférieure».

De sa chevelure, où se trouve le croissant de lune, symbole du cycle du temps, s’écoule le Gange, fleuve sacré de l’hindouisme, représenté comme une jeune fille impétueuse, dont Shiva tempère le flot, grâce à ses longs cheveux.

Il représente la destruction mais celle-ci a pour but la création d’un monde nouveau:

L’emblème de Shiva est d’ailleurs le lingam (un phallus), symbole de la création.

Il a les yeux mi-clos, car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle.

Shiva est l’époux de Shakti, la déesse-mère, qui symbolise l’énergie universelle, la Nature manifestée. Elle-même a plusieurs noms suivant la fonction qu’elle occupe (Parvati, Durga, Kali).

Shiva (masculin et conscience-témoin) et Shakti (féminine et Énergie pure) sont des symboles forts pour yogis et tantrikas. Leur union, but ultime, signifie la dissolution de la dualité, dans l’expérience de du Samadhi, l’Eveil spirituel



Une bougie devient le cercle de feu de Nataraj…

La nuit de Sivaratri

Pour se préparer à cette fête, les participants jeûnent dès le matin.

Vers 20h, on commence à chanter le Mantra de Siva (Shiva) «Om Namah Sivaya», et ce, toute la nuit, jusqu’à 5h. Il y a en général des pauses, à peu près toutes les 2 heures, pour des méditations silencieuses.

Parfois, les récitations de Mantras alternent avec des Bhajans (chants ou Kirtans) et des méditations sur Shiva. Cette alternance aide le corps et le mental, à maintenir leur pleine présence.

Après les chants, le silence est empli des vibrations élevées. Anahata Chakra, le Chakra du cœur est dégagé, la sensibilité est plus fine. L’assise méditative se place d’elle-même, l’attention grimpe naturellement en Ajna Chakra (point entre les sourcils)…  La méditation est profonde, emplie du silence qui suit les chants…

La nuit se termine par quelques cérémonies (Puja pour Shiva) et Aarati (la Cérémonie de la Lumière)…

Suite à cela, on déjeune ensemble.

Mantras et chants

Voici quelques extraits audio de mantras et chants (mp3) de Shivaratri fêtée à la maison, de ces dernières années, pour traduire un peu l’ambiance des chants et de la nuit de Siva:

Om Namah Sivaya

Bolo Bolo Sabmila Bolo Om Namah Sivaya

La répétition du Mantra de Siva, porte l’énergie de Siva en lui. Le chanter durant toute une nuit génère une grande énergie spirituelle. Chanter est un exercice fabuleux qui ouvre le cœur. Cette veillée est source d’inspiration profonde et l’on s’en souvient longtemps après…

Om Namah Sivaya

Mandala

Bibliographie (pour le symbolisme de Shiva):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Shiva

Namasté

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jan 25 2011

Un et multiple, un nouveau et beau livre sur l’hindouisme

Publié par sous Tradition

En novembre dernier, j’ai été contactée par email, par l’auteur d’Un et multiple : Dieux et déesses, mythes, croyances et rites de l’hindouisme, Sarah Combe, qui diffusait auprès de personnes pouvant être intéressées l’information de la parution de son livre. Oui! En effet, j’étais intéressée… j’ai commandé ce beau livre de presque 500 pages dans les 24 heures. Tout cela est encore récent et je n’ai pas encore lu le livre intégralement. Mais je l’ai suffisamment parcouru et lu par petits bouts pour vouloir vous en parler ici.

Un et Multiple, un livre de Sarah Combe

J’aime la manière de dont l’auteur rend accessible la civilisation indienne et la religion hindoue, aux innombrables facettes. Le livre est richement illustré. Chaque explication théorique est colorée d’extraits: hymnes védiques, Upanishad, légendes, Purâna, poèmes, chants mystiques, contes populaires, récits et témoignages, … L’idée de Sarah Combe, comme elle l’explique dans la présentation de son livre, est d’accompagner son propos, « en donnant à voir et à entendre, à travers d’autres regards et d’autres voix, les couleurs, les visages, les gestes, les images, les légendes, les prières… l’Inde… » Ceci rend le livre intéressant pour tous, connaisseurs et non initiés.

Voici un extrait de la présentation de son livre, par l’auteur elle-même:

« L’étrangeté et la richesse de l’hindouisme résident dans cette capacité qu’il a de pouvoir tout à la fois évoluer, intégrer des matériaux religieux nouveaux sans jamais se couper de ses racines profondes. Les textes de la tradition restent la référence permanente, le point central auquel tout est relié et auquel toute nouvelle pratique ou toute nouvelle théorie se réfèrent et cherchent leurs justifications. L’hindouisme ressemble à un jardin cultivé depuis très longtemps où vivent, à l’ombre de vieux arbres millénaires, des espèces anciennes, d’autre plus récentes, importées, greffées, adaptées, dans une profusion qui peut paraître désordonnée mais qui, si l’on se promène assez longtemps, si l’on est attentif, si l’on accepte de se défaire de ses préjugés et de ses schémas habituels, se révélera, à sa façon, ordonnée, logique, tolérante, harmonieuse.

De multiples chemins mènent à ce jardin, celui que je vous propose en est un parmi des milliers… »

Le livre de Sarah Combe comprend quatre parties:

  • La première traite des origines de l’hindouisme.
  • La deuxième présente la religion et la spiritualité hindoues telles qu’elles sont vécues aujourd’hui.
  • La troisième partie est consacrée à la présentation et à l’étude du panthéon hindou.
  • La quatrième partie donne les moyens de «lire» une représentation, de reconnaître une divinité à partir d’une image, d’une statue ou simplement d’un symbole ou d’un signe la représentant.

Vous pouvez voir des extraits du livre sur le site de son éditeur, Dervy, ici, ou voir la page Amazon le concernant, ici.

Namaste

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