Archives de la catégorie 'Tradition'

nov 20 2011

Qu’est-ce que l’hindouisme ? (2/2)

Publié par sous .Yoga,Tradition

Danse dans une cour de maison indienne

Le Yoga n’est pas une religion. C’est une pratique de vie et une philosophie.

Néanmoins, le Yoga est né dans un contexte socioculturel et religieux qui aide à mieux comprendre son essence. Cet article est la suite et la fin du précédent, consacré à l’hindouisme. Tous deux résument une conférence de Jean Herbert, intitulée « Qu’est-ce que l’hindouisme ? », donnée le 8 février 1978 au Centre Universitaire Méditerranéen (Nice).

L’hindouisme est à la fois une religion polythéiste et une religion monothéiste, qui reconnaît uniformément l’existence d’un Dieu unique. Mais l’hindou Le juge trop vague et trop lointain pour être abordé. Aussi préfère-t-il Le concevoir sous l’un ou l’autre de ses nombreux aspects. Le Dieu unique est envisagé sous les trois aspects, indissociables à toute action, de:

Créateur (Brahmâ),
Conservateur (Vishnu)
Destructeur (Shiva).

Voici la suite (et la fin) du résumé de la conférence de Jean- Herbert:

Deux éléments importants viennent complexifier le panthéon hindou : la Puissance de manifestation des Dieux ou Shakti, représentée comme une Déesse, et les avatars, descente occasionnelle de dieux sur terre, dans un corps humain soumis à la vie et à la mort.

Chaque hindou choisit un dieu qui devient sa «divinité d’élection» qu’il placera sur l’autel familial sans oublier qu’il est l’une des images de l’Absolu.

Au niveau du microcosme de l’être humain, chaque homme a un «absolu», l’ âtman dont l’être vivant n’est qu’une manifestation transitoire. L’âtman correspond en nous à ce qui reste permanent (donc vrai), alors que nous avons tendance à nous identifier à ce qui ne dure pas (manifestations transitoires et illusoires telles la matière et les pensées).

L’âtman, éternel, est soumis à des existences corporelles successives pour effectuer son évolution. La loi du karma, ou loi de causalité, connaît pour l’hindou des prolongements des vies précédentes aux vies ultérieures pour autant que les conséquences bonnes ou mauvaises des actes d’une vie ne sont pas épuisées au terme de celle-ci.

La loi du karma, loin du simple fatalisme, crée chez l’individu un sens beaucoup plus aigu de la responsabilité personnelle, à laquelle il est impossible de se dérober. La théorie du karma permet d’accueillir avec plus de sérénité les mésaventures et l’attitude envers la mort est différente: elle est le préalable à une nouvelle vie.

Cette succession de vies trouve sa fin dans des plans de conscience que nous ne pourrions connaître que si nous y étions. On peut décrire l’état où l’on n’aura plus besoin de renaître comme une union avec le Divin ou le plan de conscience de l’Absolu. Pour s’acheminer aussi rapidement que possible à cet état désirable, l’hindouisme propose les «yogas», pratiques, sous-tendues par des bases morales, de discipline suivie, avec pour but principal l’évolution spirituelle.

Un vaste éventail de yogas, aux techniques minutieusement détaillées et dont une expérience multiséculaire a confirmé l’efficacité, s’offre au pratiquant qui peut les choisir selon son tempérament. Ces yogas éveillent des forces qui peuvent présenter de sérieux dangers si on les pousse trop loin sans être guidé par un maître expérimenté et moralement sûr.

Fin du discours de Jean Herbert

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Voici encore un complément au texte de Jean Herbert, pour permettre d’en savoir en peu plus et aussi de visualiser la trinité (trimurti) hindoue.

BRAHMA

Brahma et sa parèdre, Saraswati

Bien que peu de temples lui soient consacrés, Brahma, est le créateur de l’univers, il représente l’espace-temps, la tendance rajas (action). Il est le grand architecte.

Brahmâ a 4 têtes. Sa couleur est rouge ou rose. Il a quatre bras. On le représente généralement sous la forme d’un homme dans la force de l’âge portant la barbe. Il est souvent vêtu d’une peau d’animal. Sa monture est le cygne blanc, symbole du savoir.

Sarasvati, déesse de la connaissance, de la poésie et de la musique, est sa Shakti, ou compagne.

VISHNU

Vishnu et sa parèdre Lakshmi

Dans la Trimurti, Vishnu est l’Immanent, il représente la préservation, la force de cohésion, « sattva » . Tout ce qui dans l’univers tend vers un centre, vers la concentration, la cohésion, tout ce qui tend à créer la lumière, la vérité, est représenté par Vishnu. Il représente le principe de la continuation, symbole de la vie perpétuelle.

« Dans mes quatre mains je tiens une conque, un disque, une massue et un arc ou un lotus. Mes bras sont ornés de bracelets. Je porte une guirlande, un diadème et des boucles d’oreilles en forme de monstres marins. »

Vishnu est souvent représenté avec un visage noir ou bleu. Il a 4 bras et est vêtu d’un voile jaune.
Il porte une haute couronne sur la tête, une massue (protection), un disque (symbole du cycle de la vie et de la mort), une conque (dont le son est l’image du son primordial, le point de départ de la création), un lotus (symbole de beauté, de bonheur et de renouvellement perpétuel; c’est l’image de l’univers), un arc (aspect destructeur de la notion d’existence individuelle).

La monture de Vishnu est Garuda, l’homme oiseau. Il est le roi des oiseaux, symbole du vent et du soleil. Il se déplace d’un monde à l’autre à la vitesse du vent ou de la lumière.

L’épouse ou Shakti de Vishnu est Lakshmî, la déesse de la fortune et du bonheur. Elle est aussi associée à la beauté et est en relation avec l’agriculture.

SHIVA

Shiva et sa parèdre, Parvati

Dans la Trimurti, Shiva est le principe destructeur, il représente la tendance centrifuge « Tamas ». Tout ce qui dans l’univers tend vers la dispersion, l’annihilation, la destruction, vers l’obscurité, la non-existence, est représenté par Shiva. Mais Shiva est en même temps le symbole de la fertilité. Shiva est à la fois un dieu d’amour et de destruction. Shiva est la force qui garde en mouvement le cycle de destruction qui intervient au terme de chaque création.

L’image la plus connue de Shiva le montre beau, de couleur blanche, à trois yeux, un croissant de lune au front. De la couronne que forment ses cheveux en broussaille coule le Gange, blanc comme le lait, symbole de pureté. Ses bras sont vigoureux, enduits de cendres et cerclés des bracelets scintillants. Un collier de perle et des serpents entourent son cou. Il porte une peau de tigre. Deux de ses mains tiennent un trident et une hache. Ses deux autres mains font les gestes d’éloigner la crainte et de donner.

Les trois yeux de Shiva représentent le soleil, la lune, le feu. Avec ses trois yeux Shiva peut voir le passé, le présent et l’avenir. L’œil frontal est celui de la perception transcendante.
Le croissant de lune, placé près du troisième œil, montre le pouvoir de procréation proche de celui de la destruction.
La peau de tigre est le symbole du pouvoir de la nature, montre que Shiva est le maître de la nature.
Le serpent, symbole de mort, montre que Shiva au-delà de la mort et est entouré par la mort.
Le serpent représente aussi la Kundalini (énergie latente).
Le Gange coule de ses cheveux. Le Gange purifie toutes choses. Il est l’élément essentiel de la pureté rituelle.

Il y a deux aspects de Shiva, l’un effrayant et l’autre avenant, agréable. C’est de la destruction que naît la vie. En tant que fin de toutes choses, Shiva est le dieu de la mort; en tant qu’origine de toute création, il est la source de la vie.

Pârvatî est la Shakti, la forme féminine de Shiva. Elle est presque toujours représentée avec lui. Ensemble, ils symbolisent le double caractère de l’UN, de l’Absolu.

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Résumé (réalisé par moi-même) de la conférence de Jean Herbert, intitulée «Qu’est-ce que l’hindouisme?», donnée le 8 février 1978 au Centre Universitaire Méditerranéen (Nice).

Bibliographie du texte sur Brahma, Vishnu, Shiva, et pour en savoir plus:
http://syldefline.chez.com/dieux/indexdieux.htm

Source des photos des déités hindoues: tirées d’Internet, mais non connues…

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nov 14 2011

Qu’est-ce que l’hindouisme ? (1/2)

Publié par sous .Yoga,Tradition

Hindouisme - Lampe d'autel

Le Yoga n’est pas une religion. C’est une pratique de vie et une philosophie.

Néanmoins, le Yoga est né dans un contexte socioculturel et religieux qui aide à mieux comprendre son essence. C’est pourquoi, les deux prochains articles sont consacrés à l’hindouisme. Ils résument une conférence de Jean Herbert, intitulée « Qu’est-ce que l’hindouisme ? », donnée le 8 février 1978 au Centre Universitaire Méditerranéen (Nice).

L’hindouisme, appelé Sanatana Dharma, ou « Loi éternelle » par les hindous, est une religion qui ne possède pas de fondateur, et donc ni dogme, ni hérésie possible. Par conséquent, les hindous respectent ce que croit autrui et font preuve d’une immense tolérance.

La base de l’hindouisme est constituée par une énorme masse d’écritures sacrées sur laquelle les Veda, considérés comme antérieures à la création du monde, jouissent d’une autorité absolue. Ses hymnes sont l’expression par des sages de lois qu’ils ont vues dans des visions mystiques et ces lois ne sont autres que celles d’après lesquelles le monde a été créé.

Tout au long des siècles, les hindous se sont attachés à découvrir les sens cachés des Veda. Ainsi sont nées des écoles de recherche philosophique qui offrent des « points de vue » (Darshana) complémentaires d’étude de la même vérité, trop vaste pour être saisie lorsqu’on l’aborde sous un seul de ses aspects.

D’autre part, des sages, sur la base de leur expérience mystique personnelle, ont découvert de plus en plus de significations cachées qui enrichissent et ne peuvent contredire les précédentes.

L’hindouisme ne suit pas la logique binaire de l’occident ou logique des incompatibilités, mais celle des complémentarités. Par exemple, au lieu d’opposer chaud et froid, haut et bas, les hindous y voient deux aspects complémentaires et indissociables de la température et de l’espace.

L’hindouisme explique plusieurs cosmogonies qui paraissent contradictoires. Mais, comme la Vérité ou Dieu échappe à la compréhension du mental humain, qui ne peut s’en représenter qu’un aspect partiel, les vues des grands sages n’en sont pas moins «vraies».

Toutes ces cosmogonies visent à représenter le passage progressif de l’Unité à la Multiplicité. Cette opposition/complémentarité fondamentale entre Brahman (l’Absolu) et Mâyâ (la Manifestation) se retrouve dans pratiquement toutes les sectes et écoles.

De l’Absolu émane cycliquement le monde lors de la création et c’est en lui que se résorbe le monde lors de sa dissolution.

Brahman, Vérité ultime, se situe au-dessus de Mâyâ et ne peut admettre aucune dualité entre Créateur et création.

Les écoles philosophiques ne se différencient que par le degré de réalité qu’elles reconnaissent à la Manifestation. C’est dans ce monde de la Manifestation qu’existent les dieux personnels.

L’hindouisme est à la fois une religion polythéiste et une religion monothéiste, qui reconnaît uniformément l’existence d’un Dieu unique. Mais l’hindou Le juge trop vague et trop lointain pour être abordé. Aussi préfère-t-il Le concevoir sous l’un ou l’autre de ses nombreux aspects.

Le Dieu unique est envisagé sous les trois aspects, indissociables à toute action, de:

  • Créateur (Brahmâ),
  • Conservateur (Vishnu)
  • Destructeur (Shiva).

à suivre ici…

Un sannyasin, moine renonçant hindou, à  Varanasi (Bénares)

Pas de réponse

sept 28 2011

Célébration de Navaratri

Publié par sous .Yoga,Tradition

C’est le temps de la fête de Navaratri, l’une des plus grandes fêtes hindoues. Je me suis largement inspirée d’un article de la BBC à ce sujet; je l’ai complété et j’ai ajouté quelques sources musicales et textes permettant de se plonger un peu dans l’ambiance de cette fête qui célèbre la victoire du bien sur le mal…

Shiva et Parvati
Parvati, un aspect de Durga, son époux, Shiva, et Ganesha

Navaratri est une fête lors de laquelle Dieu est vénéré sous sa forme féminine de la Mère Divine. L’Hindouisme est la religion au monde qui a développé le plus l’aspect maternel de Dieu.

Navaratri a lieu en général en fin septembre ou octobre. Cette année, c’est du 28 septembre au 6 octobre 2011.  C’est la période des récoltes et des moissons. Comme son nom l’indique, la fête dure neuf jours.

Pendant cette période, Durga, Lakshmi et Sarasvatî, les 3 aspects principaux de la Shakti, l’énergie cosmique de la Manifestation, sont vénérés.

Durga, Lakshmi et Saraswati
Durga, Lakshmi et Sarasvatî

Dans les centres Sivananda, je me souviens que les 3 premiers jours étaient (sont) consacrés à Durga (aspect féminin de Shiva, aspect destructeur du Divin), les 3 suivants à Lakshmi (aspect féminin de Vishnu, aspect préservateur du Divin) et les 3 derniers à Sarasvatî (aspect féminin de Brahma, aspect créateur du Divin). Le 10è jour est le jour de la Victoire de Devi sur les démons.

Durga, la déesse Mère
Durga, la Déesse Mère

Il est dit que Shiva donna la permission à Durga de voir sa mère pendant neuf jours par an et la fête rappelle aussi cette visite. Les familles essaient de se retrouver ces jours-là, et se séparent le dixième jour.

La fête est dédiée à Durga, la déesse mère, qui représente aussi la puissance. Durga a anéanti le démon Mahishasura après une bataille implacable qui dura neuf jours et neuf nuits.

Pendant Navaratri, les dévots de Durga observent le jeûne et offrent des prières pour la protection de la santé et des biens. Période d’introspection et de purification, Navaratri est traditionnellement aussi un moment auspicieux pour commencer de nouvelles affaires.

Navaratri est célébrée en communauté: on se réunit pour célébrer et danser.

En Inde, la forme la plus colorée et la célébration la plus élaborée de Navaratri a lieu au Bengale, où des immenses statues éphémères de la déesse sont vénérées. Le dixième jour de la fête est appelé Dasera. Il marque le triomphe du bien sur le mal, et aussi la féminité de Dieu en tant que Déesse Mère.

Durga Puja (Navaratri autrement nommée)  est particulièrement importante pour les Hindous du Bengale. Après avoir vénéré pendant neuf  jours ses représentations géantes, les statues de Mère Divine sont conduites en procession dans les rues, au milieu des célébrations et des danses. Puis, pour marquer le moment où Durga quitte sa mère après ses neuf  jours de visite, les statues géantes de papier sont détruites dans l’eau…

Bibliographie: texte intégral de l’article de la BBC: http://www.bbc.co.uk/religion/religions/hinduism/holydays/navaratri.shtml

Voici encore un beau chant racontant l’épopée de la Mère Divine des hindous, le Mahishasura Mardini Strotam:

(suite et fin)

Paroles en translittération sanscrite du Mahishasura Mardini Strotam et traduction anglaise: http://www.hindudevotionalblog.com/2008/09/mahishasura-mardini-stotram-lyrics.html

Le texte du Devi Mahatmyam (l’histoire du combat de Durga avec les démons) en anglais, commenté, avec translittération sanscrite:
http://www.hindupedia.com/en/Devi_Mahatmyam_Text

Illustrations:

http://daminindia.unblog.fr/files/2008/08/durga2imgassistcustom.bmp

http://www.stephen-knapp.com/shiva_print_nine.htm

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juil 08 2011

La Danse du Coeur – Param Jyoti

Publié par sous Tradition

J’aimerais vous inviter à découvrir une belle personne, qu’une amie m’a permis de découvrir à travers la danse et le chant. Je ne connais pas Param Jyoti personnellement, mais elle m’inspire…

Param Jyoti - Devadasi

Param Jyoti (Garita Carola Stieber) est née en Allemagne du Sud. Depuis toute petite. elle possède de multiples talents, dont ceux de la danse et du chant.  Danseuse diplômée, elle a développé son propre style de danse sacrée, aux inspirations multiples (essentiellement hindoue et sufi). Ses arts sont inspirés par sa vie intérieure et sa spiritualité.

Elle vit 6 mois par an en Inde, en Ashram.  Elle effectue des tournées de danse, donne des stages et des formations. Elle organise des voyages dans l’Inde sacrée.

Le nom de « Devadasi » est associé à son travail de danseuse, au chant et à sa contribution spirituelle; mais aussi, c’est important pour elle, à un projet caritatif. En sanskrit, « Devadasi » signifie « serveuse de Dieu ».

Les devadâsî – littéralement servantes de la divinité – étaient des jeunes filles consacrées au temple dès leur plus jeune âge, elles étaient considérées comme des épouses de la divinité. À l’origine destinées au service de la divinité, elles étaient retirées de leur famille et recevaient une éducation soignée au cours d’une initiation – appelée bottukatal – qui pouvait durer très longtemps et au cours de laquelle elles apprenaient, en particulier, à maîtriser la danse – ce sont ces pratiques de danse qui ont servi de modèle au bharata natyam, la danse classique du sud de l’Inde – en suivant les enseignements d’un Natuvanar ou maître de danse, ainsi que le kannada, le tamoul, et le sanskrit, la langue des textes sacrés.

Wikipedia

Param Jyoti - Sivoham - Devadasi

Le disque de Param Jyoti, intitulé « SivoHam », à écouter tranquillement, est une pure merveille de profondeur. J’ai un faible pour le morceau intitulé « Nirvana Shatkam » qui reprend les fondements du Vedanta avec la technique « Neti Neti ». Le chant est en sanskrit et en partie en anglais (mais l’extrait est trop court pour s’en rendre compte).

Vous pouvez en écouter des extraits ici >>
(une fois sur le site de musique: cliquer sur l’icône du disque)>>

Voici une vidéo de sa tournée en Italie:

et le début d’une danse Sufi:

Et pour terminer, vous pouvez encore visiter le site web de Param Jyoti, qu’il est possible d’afficher partiellement en anglais. Je vous propose de voir la vidéo, les photos et d’écouter les chants sous « Impressionen »>> .

Namaste

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juin 11 2011

Pourquoi les Mala ont-ils 108 perles ?

Publié par sous .Yoga,Tradition

Ceux qui connaissent la tradition indienne du Japa (la répétition de mantra) savent que les hindous aiment répéter 108 fois les mantras, cela fait un Mala. Pourquoi 108? m’a-t-on demandé récemment.

Mala de 108 perles
Mala traditionnel de 108 perles

Le Mala

Le mala est le chapelet ou rosaire des indiens et des bouddhistes. Il sert à compter les mantras, qui eux-mêmes sont des formules sacrées et des noms du Divin.

Chaque perle représente une répétition du mantra. Le Meru est la perle en bout du mala. Elle est différente des autres, parfois plus grosse, souvent un Rudraksha (Oeil de Rudra, c’est le nom de la graine de l’Eleocarpus ganitrus, l’arbre sacré de Shiva). Le Meru permet de guider et de constater que le tour de mala (les 108 répétitions) est  achevé. Le Meru* ne fait pas partie des 108 perles.
* Le Mont Meru, montagne mythique et sacrée, serait le sommet de l’Univers.

Les subdivisions
S’il n’est pas répété 108 fois, le mantra le sera une fraction de ce nombre. Par exemple : une moitié, un tiers, un quart, un douzième. Ainsi certains malas ont 54, 36, 27 ou 9 perles.

Petit Mala de 27 perles
Ce Mala à porter en bracelet compte 27 perles

100 et 8 perles
On dit aussi qu’en répétant 100 fois le mantras, le compte y est. Le reste permettrait de couvrir les erreurs et les omissions. Il est dit aussi que ces 8 dernières répétitions sont offertes à Dieu ou au Maître (Guru).

Un peu de mathématique

En Inde, les Anciens étaient très mathématiciens. Ainsi, 108 pourrait être le fruit d’ opérations mathématiques :

9 fois 12 = 108
ou encore
1 (1 puissance 1) = 1
2 x 2 (2 puissance 2) = 4
3 x 3 x 3 (3 puissance 3) = 27
1 x 4 x 27 = 108

Cette opération pouvait avoir une signification numérologique particulière.

108 est un nombre Harshad, c’est-à-dire un nombre entier divisible par la somme de ses chiffres. Harshad veut dire « grande joie » en Sanskrit.

Pourquoi 108 répétitions de mantra ?

Dans les Upanishads il est dit qu’une personne respire 21′600 fois par jour. Ce nombre est divisé en deux parties, le jour et la nuit. Ainsi, pendant le jour, on respire 10′800 fois et la nuit 10′800 fois aussi.

La répétition de Mantra, idéalement, devrait se pratiquer mentalement à chaque respiration, Mais il n’est pratiquement pas possible de chanter le nom de Dieu durant chaque respiration. C’est pourquoi il faudrait le chanter au moins 108 fois.

Il est dit que chaque fois que l’on chante un mantra, ses fruits sont multipliés par 100. Ainsi, répéter le mantra 108 fois est en réalité égal à 10′800 fois…

1, 0 et 8

Dans la symbolique des chiffres :

1 représente Dieu ou l’Unité,
0 représente le vide ou l’accomplissement de la pratique spirituelle,
Et 8 représente l’infini ou l’éternité.

Si un mala sert à compter les mantras … l’essentiel demeure dans la sincérité de celui qui prie, sa dévotion, son implication émotionnelle et sa qualité d’attention, cela va de soi …

Bon week-end à tous

Sources
http://www.swamij.com/108.htm
http://www.sikhism.us/sikh-sikhi-sikhism/1771-108-mala-beads.html
http://www.hknet.org.nz/108meaning.html

PS : Je suis actuellement en stage de yoga et donc quasi absente du blog jusqu’à mardi.  Namaste

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