Archives de la catégorie 'Philosophie'

jan 31 2012

Le Yoga selon Patanjali mis en contraste avec notre vie moderne

Publié par sous .Yoga,Philosophie

La pratique du Yoga concerne chaque instant de la vie et les Yoga Sûtra constituent une matière première précieuse. Les Yoga Sutra  traitent des huit étapes sur le chemin du Yoga.

Reflets du soleil sur eau et sable

Le Yoga selon Patanjali

Les Yoga Sûtra définissent le Yoga comme « la suppression ou l’annihilation (Nirodhah) des tourbillons ou mouvements (Vritti) de la substance mentale (Chitta) ». Le Yoga n’est donc rien moins que la suspension des activités mentales.

Cette définition peut sembler incongrue au premier abord, si nous la mettons en regard du point de vue, bien différent, de Descartes qui nous dit : «Cogito, ergo sum» («je pense, donc je suis»), dans Les Principes de la philosophie, article 7 (1644). Selon la démarche rationnelle de Descartes, l’arrêt des pensées, c’est la non-existence, la mort…

Le mental

Pourquoi dès lors arrêter la pensée? Avant tout pour la dépasser. La pensée est le produit de nos «organes» mentaux. Or nos possibilités de compréhension sont limitées, faillibles, et la pensée ne nous permet pas d’accéder à un niveau de conscience supérieur.

Le phénomène mental, incessant, peut être comparé à un «moteur» qui tourne du matin au soir. Il grave en nous un disque d’imprégnations: émotions, pulsions, événements, raison et rêveries. Le mental nous conditionne selon nos expériences, ses propres tendances et limites. Ses mécanismes nous permettent de faire de grandes choses dans le quotidien, mais nous contraignent aussi.

Le mental est indiscipliné, il est leurré par les sens; et la raison est une faculté limitée. Le mental voile le Soi, notre véritable nature, qui se situe au-delà des confins de la compréhension.

Arrêter la pensée, c’est la «mort» des entraves du mental et du petit «moi»: Patanjali déclare que c’est la condition sine qua non pour naître à la conscience supérieure et à la Connaissance. Pour y parvenir, le Yogi étudie le mental (Manas). Il va patiemment observer son activité et progressivement le calmer. L’Ashtânga Yoga, les huit membres ou étapes/piliers du Yoga lui offre les outils.

Il va apprendre l’introspection, la concentration, puis la suspension des pensées. Lorsqu’il y sera parvenu, il sera alors capable d’explorer le Réel par la pure conscience contemplative. Il apprendra à abandonner son attachement au monde, puis à s’ouvrir à la libération totale.

Le Yoga aujourd’hui

Aujourd’hui, nous évoluons dans un environnement économique très pragmatique. Les individus sont happés par cette société où ils se doivent de s’insérer, s’ils veulent vivre selon les standards préconisés par les médias. Ils sont bombardés d’informations, où qu’ils aillent, quoiqu’ils fassent.

Ainsi, leur mental est en permanence sur-sollicité et en effervescence. Nous vivons à l’ère du téléphone mobile, d’Internet, des réseaux sociaux, de la globalisation et de la compétition commerciale et individuelle. Il faut aller toujours plus vite pour rester dans la course…

Et plus l’esprit est sollicité mentalement, moins l’individu est sensible au monde subtil, moins il est centré. Toujours stimulés et portés de l’avant, les êtres humains en arrivent à ne plus sentir leur suractivité, leur fatigue et les signaux de leur propre corps, tout excentrés mentalement qu’ils sont.

Nous sommes à des années lumières de Patanjali, … qui lui-même essayait de calmer le jeu … à son époque!

Que Patanjali peut-il nous apprendre aujourd’hui?

Comment peut-il nous aider à cheminer?

L’Ashtanga Yoga de Patanjali offre de nombreuses clés. Elles ont été, et sont, encore et toujours, d’actualité. L’approche de Patanjali est destinée aux consciences en cheminement vers plus d’éveil… et heureusement, elles sont nombreuses en ces jours.

Quelques articles de ce blog ont déjà abordé les points suivants:

9 réponses

jan 28 2012

Sarvam, l’univers selon les Upanishads

Publié par sous .Yoga,Philosophie

Galaxie - Wikipedia

L’hindouisme et le système du Yoga considèrent que notre monde tangible n’est pas unique, mais fait partie d’un ensemble plus immense encore, le « Sarvam » en sanskrit, ou «univers». La notion de «Sarvam» ne se limite pas seulement aux planètes et aux étoiles : elle comprend le domaine du visible à nos cinq sens et de l’invisible. On peut dire que le Sarvam comporte plusieurs dimensions ou mondes. Chaque monde est un « Loka ».

La tradition indienne distingue 4 Loka:

  1. Le Bhûr Loka: est le monde perceptible par les cinq sens, celui des minéraux, des végétaux, des animaux et de l’Homme.
    Bhur correspond à Agni, le Feu, dans la symbolique védique.
  2. Le Bhuvah Loka est supérieur au monde perceptible. C’est un monde intermédiaire et subtil. C’est le domaine des esprits et des génies, qui y vivent pendant des centaines de siècles. Gandharva, Apsara et Deva (divinités mineures) y seraient soumis à la loi du karma (ou loi de cause à effet) et donc liés à leurs désirs. Leurs facultés seraient supérieures aux nôtres et ils possèderaient des pouvoirs.
    Bhuvah correspond au Vent, dans la symbolique védique.
  3. Le Svah Loka ou Svarga Loka est le monde des dieux et des bonnes âmes. C’est l’équivalent du Ciel ou du Paradis. C’est le lieu de félicité, le lieu de lumière.
    Svah correspond à Aditya, le Soleil et à la Mula-Prakriti des Vedantins, la Mère-Terre originelle, la source ou racine du monde manifesté.
  4. Le Brahma Loka est au-delà de l’ensemble des 3 autres : il est au-delà de l’entendement. C’est-à-dire, qu’il est au-delà des notions essentielles qui nous permettent de délimiter le concevable : l’espace, le temps et la causalité. Il ne connaît donc aucune limitation et est permanent, alors que les trois autres sont transitoires. En effet, à la fin d’une ère cosmique, les 3 Loka inférieurs de l’univers, et donc même l’univers des dieux, sont détruits par résorption. Le Brahma Loka, au-delà des noms et des formes, est le lieu vers lequel tendent les sages.
    Maha Brahma correspond à la Lune dans la symbolique védique.

Notre corps et sa transfiguration

Texte de Ralph Stehly:

Notre corps fait partie du bhûr-loka. Ce corps éphémère, périssable, limité à tout point de vue, c’est pourtant sur lui que le yoga va travailler, de façon à réaliser pleinement ses potentialités, à aller jusqu’au bout de ses virtualités, pour le transformer progressivement par l’intérieur. Toutes les Upanishads du Yoga en parlent. Mais  la Yoga-tattva-Upanishad décrit peut-être encore plus minutieusement que les autres la transformation progressive de l’homme, atome après atome, chaque atome grossier remplacé par quelque chose de plus subtil, un corps transformé par le prânâyama en quelque chose de plus fin, de plus ténu, dans lequel les siddhi-s (les pouvoirs extra-ordinaires) qui sont à l’état latent en chacun d’entre nous pourront prendre leur essor.
C’est donc à un véritable travail alchimique sur nous-mêmes que nous sommes invités.

Lire la Yoga Tattva Upanishad commentée, sur le très complet site des 108 Upanishads>>

Le Gayatri Mantra

Le Gayatri Mantra est dit Mantra de tous les hindous, ou chant de la délivrance. Ses 24 syllabes sont extraites du Rig Veda (III, 62, 10).

OM
BHUR BHUVAH SVAH
TAT SAVITUR VARENYAM
BHARGO DEVASYA DHIMAHI
DHIYO YONAH NAH PRACHODAYAT

Om
Dans les 3 mondes de l’expérience,
C’est « Cela », la nature essentielle propre à l’existence, qui est l’UN.
Puissent tous les êtres percevoir, par un intellect subtil et méditatif,
La magnifique splendeur de la conscience illuminée.

Voir aussi l’article à propos du Gayatri Mantra >>

Sources :
Site de Ralph Stehly, Professeur d’histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg: voir sa page, plus complète que la mienne: http://stehly.chez-alice.fr/conception.htm.
Les Upanishads majeures, Guy Rachet, Edition Sand
Notes personnelles
Source de l’image:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Whirpool_Galaxy.jpg

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oct 21 2011

L’histoire de Svetaketu et l’eau salée – Chandogya Upanishad

Publié par sous .Yoga,Philosophie

Svetaketu et son père

La Chandogya Upanishad est une des plus anciennes Upanishad. Source des principes fondamentaux du Vedanta, elle expose en particulier l’essence du « Soi véritable de l’homme » (l’Atman).

Pour une vue complète sur l’Upanishad, voir l’excellent site des 108 Upanishads.

L’histoire de Svetaketu et l’eau salée met en évidence un grand énoncé philosophique des Upanishads. C’est en effet dans la Chandogya Upanishad que l’on retrouve l’un des quatre grands principes (ou Maha Vakya):

Tat tvam asi
Cela est le Brahman. Tu es Cela.
Chandogya Upanishad VI.8.7

Svetaketu et l’eau salée

L’histoire de Svetaketu, est celle d’un fils de retour au pays et tout d’abord imbu de sa science spirituelle. Puis, reconnaissant la sagesse de son propre père, Svetaketu demande à recevoir son enseignement.

Uddalaka Aruna, le père de Svetaketu vient de lui enseigner que derrière l’univers – les choses de la nature, l’eau, le feu, les êtres vivants et les humains – il y a l’Essence, l’Être, qui est le support de tout:

VI-xii-3: «Cet Être qui est cette essence subtile, tout ce qui existe possède Cela (Tat) comme étant son Atman. Cela est la Vérité (le Réel). Cela est l’Atman. Tu es Cela, ô Svetaketu!»

Svetaketu demande alors:

— «Vénérable père, peux-tu m’expliquer encore mieux tout cela?»

— «Qu’il en soit ainsi, mon enfant !  VI-xiii-1: «Mets ce sel dans de l’eau, et reviens me voir demain matin.»

Ce que fit Svetaketu. Le lendemain matin, son père lui demanda :

—«Mon garçon, amène-moi le sel que tu as mis dans l’eau hier soir.»

Svetaketu chercha le sel dans l’eau mais ne put le trouver.

— VI-xiii-2: «Cher enfant, c’est parce qu’il s’est dissout ! Prends maintenant une gorgée à la surface de l’eau. Quel est son goût?»

— «Elle est salée. »

— «Prends une gorgée au milieu de l’eau. Quel est son goût?»

— «Elle est salée. »

— «Prends une gorgée au fond de l’eau. Quel est son goût?»

— «Elle est salée.»

— «Va la jeter, puis reviens vers moi!»

Ce que fit Svetaketu, ajoutant :

— «Ce sel existe toujours.»

Alors, son père lui dit :

— «Mon enfant, tu ne peux pas percevoir l’Être qui est véritablement présent dans ton corps; mais il est indéniablement là!»
VI-xiii-3:  Cet Être qui est cette essence subtile, tout ce qui existe possède Cela (Tat) comme étant son Atman. Cela est la Vérité (le Réel). Cela est l’Atman. Tu es Cela, ô Svetaketu!»

Bibliographie:
Citations: http://www.les-108-upanishads.ch/chandogya.html
Gilles Farcet, Les Upanishads, Collectif, Éditions Altess
Image: http://www.fly.co.kr

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août 13 2011

Départ d’Arnaud Desjardins – Citations à propos du Vedanta

Par l’un d’entre vous, amis lecteurs, je viens d’apprendre qu’Arnaud Desjardins nous a quittés dans la nuit du 10 août,  à l’âge de 86 ans, à Grenoble. A ce sujet, je vous propose de lire d’article de Marc de Smedt sur une newsletter du magazine « Clés ». Les millions de gens en cheminement intérieur ont lu au moins un des ouvrages d’Arnaud Desjardins. Grâce à ses livres et à son enseignement, la lumière qu’il a donnée au monde va continuer de briller.

Arnaud Desjardins dans sa jeunesse

Pour qui souhaite écouter parler cet homme authentique, je vous recommande ce DVD, où il retrace avec humilité son itinéraire spirituel:
Récit D’Un Itinéraire Spirituel / Entretien Avec Arnaud Desjardins.

Il me reste à dire MERCI à ce grand homme qui m’a accompagnée par l’intermédiaire de nombreuses lectures et émissions, ainsi que par la rencontre de ceux qui l’on côtoyé. Il y a ainsi des gens dont on se sent proche, sans jamais les avoir rencontrés « en vrai ».

Namaste

Le Védanta et l’inconscient – Arnaud Desjardins (extraits)

Il y a plusieurs mois déjà, j’ai retrouvé un cahier rempli d’extraits de livres d’Arnaud Desjardins, que j’avais recopiés vers 1994, à un moment charnière dans ma vie, au sortir de quelques années passées dans les Centres de Yoga Sivananda. En voici la première page: ces extraits sont tirés du tome I de A la recherche du soi. 3, Le vedanta et l’inconscient d’Arnaud Desjardin.

Qui suis-je?

Certains êtres ont établi une dictature en eux… Des êtres deviennent apparemment forts parce que tout le reste d’eux-mêmes, sans pitié, a été asservi au but d’une partie.

Le disciple en vous se conduit avec intelligence et sympathie pour tous les autres aspects de vous-même. Que cela vous serve de critère. Si ce que vous prenez pour le disciple en vous n’a pas de sympathie pour tous les autres aspects de vous-même, ça ne peut pas être le disciple, et, s’il prend peur devant tel ou tel aspect de vous-même, il n’est plus du tout intelligent. La peur voile l’intelligence.

Ou bien vous entrez au Royaume des Cieux entier ou vous n’y entrez jamais. Tout doit entrer au Royaume des Cieux, transformé… Donc, ce qui caractérise le disciple, c’est un seul But qui est tout le temps là en filigrane dans votre existence, dans le succès comme dans l’adversité, dans le calme comme dans les tempêtes.

Quand vous direz « je », ce sera vraiment la totalité de vous-même qui sera incluse dans ce « je »… Le disciple doit devenir le roi de son royaume intérieur et, en même temps, le disciple doit avoir l’humilité du vrai roi qui se considère uniquement comme le représentant de Dieu sur terre. [...]

Une sentence du Bouddhisme commence: « Éveillé parmi les endormis »; [...] si l’on peut se tenir éveillé par la « vigilance », apparaît comme une liberté, parce que les influences que je compare à celles d’un hypnotiseur, ne peuvent plus s’exercer.

Ce que les Hindous appelle Maya, [... l'Illusion], agit comme un hypnotiseur qui, ayant plongé l’homme dans le sommeil, lui donne des instructions que celui-ci se sent ensuite tenu d’exécuter sans comprendre quoi, pourquoi, comment, – sans conscience. [Ensuite Arnaud Desjardins prend l'exemple de l'éveil de la sexualité et de la libido chez le jeune homme. Le début de cette activité hormonale transforme totalement ses perspectives de pensée et d'action, dans l'espace de quelques mois...]. Quel exemple frappant de ce pouvoir que Maya exerce sur nous et qu’ensuite nous prenons à notre compte, comme si c’était librement que nous décidions des choses.

Si un être humain veille, est en état de vigilance, l’hypnotiseur ne peut plus rien sur lui. Les ordres sont là, mais il n’est pas tenu de les exécuter, ils n’ont plus de prise sur lui, parce qu’il est, au moins momentanément, éveillé.

Il n’y a pas de présence à Dieu sans présence à soi-même et il n’y a pas de présence à soi-même sans présence à Dieux. [...]

Le moine est un homme qui lutte contre son sommeil, qui lutte pour être en état de veille, jusqu’à l’Eveil définitif où il n’est plus nécessaire de lutter. Tandis que l’homme qui ne s’est jamais ouvert à ce genre de vérités, ne lutte absolument pas; une force le maintient dans le sommeil, il s’y abandonne de tout son coeur et il « rêve »… Il obéit aux ordres de l’Hypnotiseur.

Je vais vous dire en quoi consiste la Lila [le Jeu Divin de la Création], c’est un jeu très intéressant dans lequel les gens que l’on a plongés dans le sommeil, doivent réussir à se  réveiller.[...]

La première suggestion de cet Hypnotiseur, c’est de vous faire oublier complètement votre Véritable Nature [...]. Le Disciple est partagé entre la peur et une profonde attirance. La Voie est une déshypnotisation. [...] Au lieu d’avoir leur mental pour maître, certains, un jour, choisissent comme maître un être libre [...].

L’Hypnotiseur se présente sous la forme de la multiplicité. [...] Essentiellement, vous êtes un, l’éveil est le retour à cette unité [...].

Source image: http://www.revivre.be/

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juil 23 2011

Le singe, le chat et leurs petits – Markata Kishora Nyaya

Publié par sous .Yoga,Philosophie

« Le singe, le chat et leurs petits » … un intitulé un peu surprenant n’est-ce pas? Et pourtant, cette analogie, que l’on appelle Nyaya dans le Vedanta, peut ouvrir à une réflexion des plus profondes.

Petit du singe et petits du chat

Les vérités du Vedanta sont tellement abstraites, que les maîtres et philosophes ont choisi de les imager à travers des analogies. A la base, le Nyaya d’aujourd’hui, « Markata Kishora Nyaya », sert à distinguer les approches des voies du Yoga:

Le bébé singe s’agrippe à sa mère de sa propre force quand elle saute d’une branche à l’autre. De même, un aspirant au Jnana Yoga (la voie du Yoga de la connaissance) lutte avec lui-même pour atteindre la sagesse.

Mère et bébé singe

Au contraire, le Bhakti Yogi (celui qui pratique la voie du Yoga de la dévotion) s’abandonne impuissant au Divin, de toute sa foi, comme le chaton (un lionceau sur la photo) qui attend sa mère pour qu’elle le porte.

Lionne et son lionceau

Mais la réflexion peut être élargie:

Qui suis-je dans mon Yoga? petit du singe ou chaton?

La question n’est pas si saugrenue. Que recherchez-vous dans votre pratique des Asanas? La maîtrise du geste ou de la technique vous amène-t-elle à un vécu contrôlé de chaque instant; auquel cas vous voici plutôt petit du singe. Quelle place accordez-vous à la présence consciente, au ressenti? à l’abandon de vous-même et de toutes vos tensions? … au chaton qui est en vous?

Je me suis posée cette question. Quelle est mon attitude intérieure profonde pendant ma pratique du Yoga? Personnellement, je me sens à la fois petit du singe et chaton:

La mise en place de la posture requiert toute ma présence, une certaine dose d’observation et d’auto-contrôle en conscience. Là, je suis le petit singe. J’essaie de m’agripper le minimum nécessaire…

Puis, une fois la posture déployée, je lâche prise, je m’intériorise – retour à l’essentiel, au vécu de l’instant, hors du temps et de toute contrainte. Ici, je suis chaton.

De même en Pranayama et en méditation, il m’est tout d’abord nécessaire d’intégrer une certaine rigueur pour mettre en place la posture, observer la respiration, puis amener le mental en son point de concentration. Sans cette phase, mon mental me file entre les doigts, comme un singe (c’est le cas de dire!) qui saute d’une branche à l’autre de l’arbre. Une fois apaisée par la posture et la qualité d’attention tout d’abord volontaire, le pranayama ou la méditation peuvent s’installer beaucoup plus naturellement. Le petit chat prend la relève…

Quelle est mon attitude dans la vie? petit du singe ou chaton?

La réflexion peut être étendue à la vie courante, et même à l’action de chaque instant. Est-ce que je fais confiance à la vie? Ou est-ce que j’ai besoin de tout contrôler et maîtriser? Quel est l’équilibre entre les deux?

Là en ce moment, qui suis-je? Ce matin, j’ai essuyé la vaisselle comme un petit singe qui veut gagner du temps, puis je me suis mise à écrire cet article, … comme un chaton, heureux de se laisser porter par l’inspiration du moment.

Bonne journée!


Source des images: celle du petit singe est perdue. Chats: http://www.alynappies.com/?m=200605.

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