Archives de la catégorie 'Bandha, Mudra, Kriya'

fév 17 2014

Hasta Mudra du Temps

J’ai présenté dernièrement cette Hasta Mudra simple, après des postures en extension. Cette Mudra est intéressante, car outre les effets cités dans le précédent article, elle influe sur la respiration.

La Mudra du Temps

Technique

S’assoir sur les talons, en Vajrasana (Diamant), le dos en position naturelle et détendue.

Prendre la Mudra du Temps: les dos des premières phalanges se touchent. Les doigts sont repliés contre les paumes, tout en gardant les bouts des doigts et leurs dernières articulations allongées.

Le bout des pouces se touchent et sont dirigés vers le haut.

Placer la Mudra devant le plexus solaire, coudes écartés, doigts tournés vers soi, mais sans toucher le tronc. Respiration tranquille. Laisser la Mudra diffuser ses effets puis reposer les mains.

Effets

Cette Mudra contribue au centrage et au relâchement du stress.

Selon Gertrud Hirschi elle régule la thyroïde.

Ainsi placée devant soi, elle a des effets proches de la Mahat Yoga Mudra: elle favorise la respiration yogique complète.

Mandala de la Sagesse

Source d’information sur la Mudra: Mudras de bien-être pour le corps, l’âme et l’esprit, Gertrud Hirschi, Le Courrier du Livre, 2010.

2 réponses

déc 30 2013

A propos des Hasta Mudras (suite) – Surya Mudra, le Geste du Soleil

J’apprécie beaucoup la pratique des Hasta Mudras, les gestes des mains. Pratiquer une Hasta Mudra en méditant, ne fût-ce que quelques minutes,  procure une expérience subtile. Plus on les pratique, plus on explore la richesse et la profondeur de ces techniques.

Surya Mudra - Hasta Mudra

Surya Mudra ou Prithivi Shaamak Mudra

A leur sujet, j’ai écrit un article général, disponible ici. Tout d’abord, ma pratique et mon intérêt se sont essentiellement portés sur les Mudras de méditation (ou « spirituels », si l’on peut dire).

Puis, au fur et à mesure de mon étude du Yoga et de l’Ayurveda, je me suis rendu compte que des médecins ayurvédiques utilisent la prescription de Hasta Mudras « thérapeutiques ». J’ai consulté plusieurs ouvrages d’auteurs indiens à ce sujet [2]. Ces ouvrages ne sont pas toujours clairs… ni très précis pour un lecteur voulant comprendre les tenants et les aboutissants de ces techniques. Difficile de faire la part entre les écrits et les faits, quand monts et merveilles sont promis après la pratique d’une Mudra!

Le Dr Dhiren Gal semble utiliser la pratique des Hasta Mudras thérapeutiques depuis un certain temps et avec succès. Dommage qu’il ne précise rien de plus sur son expérience.

Il explique l’efficacité des Mudras en écrivant que:

  • Les Mudras viennent en aide à des personnes entièrement nouvelles à la Mudra thérapie ou inconscientes de son existence. Ce n’est pas le fait « d’y croire » qui procure le succès;
  • Les Mudras aident de jeunes enfants et même des malades mentaux, pour lesquels la question « d’y croire » ne peut même pas être soulevée;
  • Les Mudras aident les gens semi-conscients ou inconscients: la Mudra thérapie peut même être pratiquée passivement, en utilisant des bandes élastiques afin de maintenir les doigts dans une position spécifique.

Il termine en expliquant que, même si les Mudras étaient un placebo qui fonctionne, pourquoi ne pas l’utiliser ?

Mandala rouge

Le même médecin et plusieurs autres auteurs expliquent la relation entre les cinq doigts des mains et les cinq éléments [2]:

Hasta Mudra: correspondace des diogts et des 5 éléments

L’Ayurveda travaille énormément avec la grille des cinq éléments qui doivent être rééquilibrés afin de procurer la guérison. C’est pourquoi une partie des Mudras thérapeutiques proposent d’agir grâce à ces correspondances.

Les auteurs présentent deux façons de travailler sur les éléments Air, Ether, Terre et Eau avec les Hasta Mudras, toujours en opposant le pouce et le doigt correspondant à l’élément à travailler:

  • Augmenter l’élément en pressant l’extrémité du doigt correspondant à cet élément contre l’extrémité du pouce.
    Surya Mudra - Hasta Mudra
  • Diminuer l’élément en recourbant le doigt correspondant à cet élément, puis en pressant le pouce contre le doigt ainsi recourbé:
    Surya Mudra - Hasta Mudra = diminuer la Terre

NB: Comme le doigt du Feu est le pouce, le contrôle de l’élément Feu se fait par le biais de la Terre (annulaire) qui a des qualités opposées au Feu:

  • Pour augmenter le Feu, recourber l’annulaire et presser le pouce contre l’annulaire ainsi recourbé (cela revient à diminuer l’élément Terre)
    Surya Mudra - Hasta Mudra = augmenter le Feu
  • Pour diminuer l’élément Feu, presser l’extrémité du pouce contre l’extrémité de l’annulaire (cela revient à augmenter l’élément Terre):

Mandala rouge

Exemple: la Surya Mudra

Surya Mudra - Hasta Mudra
Surya Mudra ou Prithivi Shaamak Mudra

Cette Mudra a été proposée récemment sur une fiche de séance de yoga. La Surya Mudra, « Mudra du Soleil », est aussi appelée « Prithivi Shaamak Mudra »:

  • elle diminue l’élément « Terre »
  • au profit de l’élément « Feu ».

Elle:

  • diminue le Dosha Kapha
  • augmente Agni, le Feu.

Effets

Selon le Dr Dhiren Gala, les effets de la Mudra agissent sur plusieurs pathologies de type Kapha; elle:

Renforce le corps. Augmente la température du corps. Réduit l’intolérance au froid.

Accélère le métabolisme (augmente l’activité de la thyroïde).

Enlève l’inertie et la confusion. Aide à réduire les tensions et l’anxiété.

Favorise la perte de poids. Lutte contre le cholestérol.

Aide pour certains problèmes d’yeux (en lien avec Agni, le Feu).

Pour obtenir ces effets, la Surya Mudra, comme la plupart des Mudras, à quelques exceptions près, doit être tenue 45 minutes par jour.  Soit d’une seule traite, soit en 3 fois (par exemple 3 x 15 minutes).

Mandala rouge

Je n’ai pas encore assez de recul avec quelques années de pratique pour avoir la vue d’ensemble des effets réels des Mudras thérapeutiques. Cependant, j’ai eu l’occasion de tester plusieurs d’entre elles sur moi-même, mon entourage et des élèves, stagiaire, assez souvent avec succès, … parfois sans effet flagrant.

Les Hasta Mudras pour la respiration et les refroidissements, par exemple, semblent efficaces. J’aimerais y revenir bientôt… vu qu’elles sont de saisons!

Namaste!

[1] Notamment ceux des Dr Dhiren Gala,  Acharya Keshav Dev, Devendra Vora, Pt. R. Upadhayay.

[2]  Les correspondances doigts/éléments ne sont pas toujours les mêmes. Il y a deux « écoles » qui affirment leurs dires. Je n’ai jamais trouvé des explications claires du pourquoi et du comment de ces deux correspondances…

Le Dr Vasant Lad transmet la correspondance suivante:

Pouce = Ether
Index = Air
Majeur = Feu
Annulaire = Eau
Auriculaire = Terre

Bien que le Dr V. Lad soit l’un des enseignants en Ayurveda que je respecte le plus, de par la pédagogie et la qualité de ses écrits, j’ai choisi de suivre le consensus que j’ai retrouvé chez plusieurs autres auteurs qui se sont spécialisés dans les Hasta Mudras, comme G. Hirschi, Acharya Keshav Dev, Dr. Dhiren Gala, Devendra Vora, Pt. R. Upadhayay, mais aussi  David Frawley, auprès de qui je me suis formée en Ayurveda.

J’espère un jour pouvoir poser la question au Dr Vasant Lad, si j’ai la chance de le rencontrer. J’ai déjà posé la question au Dr Talavane Krishna, de Mysore, qui a étudié avec le Dr. Vasant Lad. Il m’a expliqué que le Dr. V. Lad se base sur les écrits traditionnels de l’Ayurveda, mais il n’a pas pu me donner plus d’explications.

Tout ceci laisse songeur… Alors à ma petite échelle, je tente de me faire ma propre expérience, depuis plusieurs années. Même si mes recherches semblent globalement positives, il faudra encore plusieurs autres années, avant que je puisse partager quelque chose sur la question.

Cela dit,  le Dr Dhiren Gala semble, lui, déjà obtenir de bons résultats en clinique avec les correspondances que j’ai indiquées dans mon article et sur la photo.

4 réponses

avr 18 2013

Anahata Chakra – Séquence de Hasta Mudras

Cette séance de Mudra permet de prendre conscience des tensions inutiles, puis de les relâcher. Ensuite, elle développe la conscience et l’ouverture d’Anahata, le Chakra du cœur, à la fois dans l’expansion et dans la douceur.

Séquence de Hasta Mudras

Garder chaque Mudra le temps nécessaire, jusqu’à sentir qu’il a produit ses effets. Il est inutile de le maintenir plus longtemps, lorsque l’on ressent que les effets ne se diffusent plus.

Mushti Mudra – le geste du poing

Faire des poings avec les deux mains. Le pouce est par-dessus. Les poings sont contractés. Le reste du corps est totalement détendu.

Musthi Mudra

  1. Placer les poings en résonance devant le bas-ventre.
  2. Placer les poings en résonance devant le plexus solaire.
  3. Placer les poings en résonance devant la poitrine.

Ksepana Mudra – le geste de l’écoulement

Entrelacer les doigts les uns dans les autres, les pouces sont croisés. Les index forment une flèche que l’on dirige vers le bas. Les mains et les index sont détendus. Si nécessaire, relâcher un peu plus les mains que sur la photo.

Kshepana Mudra

Uttarabodhi Mudra – le geste de la plus haute illumination

A la hauteur du plexus solaire, entrelacer les doigts les uns dans les autres, sauf les index et les pouces qui sont étirés l’un contre l’autre. Diriger les index vers le haut et les pouces vers le bas.

Uttharaboddhi Mudra

NB : Les index se touchent sur la longueur. Mais si nécessaire, relâcher un peu les index, tout en gardant leurs extrémités ensemble.

Shank Mudra – le geste de la conque

La main gauche, doigts les uns contre les autres, est devant le sternum. Attraper le pouce de la main gauche avec les quatre doigts de la main droite. L’extrémité du pouce droit touche l’extrémité du majeur gauche.

Shank Mudra

On peut accompagner ce Mudra en répétant OM mentalement quelques fois. Puis goûter au silence intérieur.

Padma Mudra – le geste du Lotus

Le Mudra se place devant le sternum. La base des mains se touche. Les mains forment un bouton de Lotus. Les pouces sont l’un contre l’autre et les extrémités des autres doigts se touchent.

Padma Mudra

Dans un premier temps, pratiquer quelques fois ce Mudra sur la respiration:

Une respiration est comme une journée de la fleur de lotus:

  • Sur l’inspire, la fleur s’ouvre progressivement… les doigts s’écartent, tout en gardant en contact la base des mains ainsi que les extrémités des pouces et des auriculaires.
  • Sur l’expire, la fleur se referme progressivement. Les doigts retrouvent leur position initiale.

Dans un deuxième temps, pratiquer une dernière fois ce Mudra, très lentement, comme si le temps s’étirait et devenait une journée. Le Lotus s’ouvre progressivement sur plusieurs minutes. Ensuite, il se referme de la même manière…

Puis poser les mains de la façon qui convient. Terminer par une méditation, dans la conscience du centre cœur, Anahata, le lieu du « son non frappé ».

Mandala

Prema, l’amour est venu.

Il est comme le sang dans mes veines et dans ma peau.
Il m’a anéanti et rempli du Bien-aimé ;
Le Bien-aimé a pénétré toutes les parties de mon corps.
De moi il ne reste plus qu’un nom… tout le reste est Lui.

Rumi, Maître Sufi
extrait du Rubai’yât

3 réponses

jan 16 2013

Pourquoi les Bandhas et les exercices yoguiques visent-ils à concentrer l’énergie?

J’ai repris et corrigé un article qui date d’octobre 2007. Il peut être utile, car il a beaucoup été question de Bandhas sur le blog, ces derniers temps. 

Shakti et Shiva
Shakti et Shiva

Un précédent article sur les Bandhas (ligatures, verrous) expliquait leur rôle énergétique : lorsque l’on pratique un Bandha, le flux énergétique vers une région du corps se trouve canalisé/contenu. Puis, lorsque le Bandha est relâché, il y a alors un afflux d’énergie plus fort et avec une pression accrue dans le corps, et de même sur le plan subtil. Il me semble utile de rappeler le pourquoi de tels exercices, sous un aspect plus philosophique.

Bien que la pratique des Bandhas ait déjà des effets favorables sur le plan énergétique global et sur la santé, il est intéressant de rappeler le but que cherchent à atteindre les Yogis qui suivent la pure tradition du Hatha Yoga. Cette tradition est celle du yoga tantrique, une voie qui utilise des exercices variés – Pranayamas, Mudras, Bandhas, Asanas, visualisations et méditations, … – dans un but énergétique.

Mandala

Macrocosme et microcosme

La tradition tantrique explique que le corps humain est un microcosme à l’image du macrocosme de l’univers. On y dit que le Yogi qui se connaît parfaitement, connaît l’univers entier.

Pour illustrer le macrocosme et le microcosme, prenons l’exemple du fonctionnement mental:

Le Raja Yogi (celui qui s’intéresse tout particulièrement à la maîtrise de son mental et à la pratique de la méditation) va apprendre à connaître sa psyché; il va littéralement l’étudier. Il va découvrir progressivement les mécanismes de ses propres pensées, ses processus émotionnels, la mouvance de ses sentiments, cerner ce qui constitue son identité profonde… Il va se rendre compte que cette identité, qui semble pourtant essentielle à tout être humain, car elle lui donnait le sens d’exister, n’est pas sa nature profonde… Cette identité a en fait son propre mode de fonctionnement. Elle est ce que l’on appelle en sanskrit « Ahamkara ». Ahamkara signifie « le faiseur de je ». L’Ahamkara est la part en soi qui réactualise instant après instant l’identification de chaque individu à la notion de « je ». Ce « je » semble alors exister en tant qu’entité séparée du reste du monde. C’est ce que nous appelons en langage courant le « sens du je » ou « ego »…

Ainsi, le Raja Yogi découvre toutes les arcanes de sa pensée et les couches profondes, subconscientes, inconscientes de son être. Cette investigation (Vichara) ou « étude de soi », complétée par l’étude de la philosophie, l’intense pratique de la méditation et des autres pratiques yogiques visant à élever la conscience, vont l’amener progressivement à développer sa discrimination (Viveka): il prend conscience du côté éphémère et illusoire de la matière, de la vie, des désirs et des attachements. Il se trouve alors irrésistiblement attiré par la quête de sa vraie réalité et de la réalité de l’Univers.

Pour avancer sur ce chemin, il cherche  à dompter ses propres désirs, développer ses qualités et dissoudre ses défauts. Il observe son mental sous toutes ses coutures. Puis, il arrive progressivement à contrôler les ondes de sa pensée, tout d’abord dispersée.

Petit à petit, le Yogi devient capable de concentrer les rayons de sa pensée comme une loupe concentre les rayons du soleil. Avec le temps, il acquiert une immense force mentale, une compréhension profonde des choses et des gens. Tout comme les rayons concentrés par la loupe finissent par générer une flamme, la puissance mentale du Raja Yogi lui apporte une compréhension élargie de la Vie.

Son chemin a commencé par la meilleure connaissance de soi. Mais le voilà désormais capable de comprendre mieux que quiconque son semblable : car chaque humain fonctionne avec le même outil de pensée qu’est le mental. Celui qui connaît parfaitement son mental (son microcosme), connaît le mental de toute l’humanité et de toutes les créatures vivantes (macrocosme).

Mandala

Shakti et Shiva

Toujours selon la tradition tantrique, regardons maintenant le plan du macrocosme. Avant l’apparition de l’univers, à l’état primordial, du grand Néant, co-existaient deux forces complémentaires: Shakti (l’énergie potentielle à son état non manifesté ou latent) et Shiva (la pure conscience universelle, intouchée et immobile). Ces deux forces auraient existé de tout temps et seraient sous-jacentes à l’Univers tout entier.

Lumières dans une temple dédié à la Shakti

L’univers tel que nous le connaissons est la manifestation de l’énergie primordiale, la Shakti sous l’impulsion de la Conscience:

Il se trouverait qu’Énergie et Conscience se soient irrésistiblement rapprochés, l’Un de l’Autre, en vue de l’expérience de l’Univers.

Shakti s’est alors transformée et s’est manifestée lors de son rapprochement de Shiva, la Conscience universelle, immobile et intouchée. Shiva étant catalyseur, Shakti s’est déployée, telle l’énergie primordiale du Big Bang.

La création se serait déroulée avec une densification progressive de conscience-énergie : d’abord subtile, puis, de plus en plus dense, jusqu’à la matière, symbolisée dans le Tantra par les 5 éléments : l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre. Nos lois physiques admettent par ailleurs que la matière est de l’énergie qui vibre à un niveau très bas.

Mandala

Shakti et Shiva dans le Hatha Yoga

Pour en revenir au Hatha Yoga, il est dit dans les textes classiques que si Shakti et Shiva existent au niveau du macrocosme, ils existent aussi au niveau du microcosme de l’Homme qui contient ces deux pôles:

Shakti, l’énergie féminine dynamique, serait endormie en chaque être, sous le nom de Kundalini Shakti, au niveau du Kanda, le plancher pelvien. Elle est telle un serpent femelle, lové et endormi. Lorsqu’elle est ainsi endormie, l’être est engourdi et vit comme dans un rêve, sans la conscience véritable des choses. Elle est l’énergie créatrice, qui soutient l’Homme et le conduit de l’ignorance (considéré comme l’état habituel) vers la réalisation (l’état supra-conscient).

Shiva, l’énergie masculine statique, serait logé au sommet (au-dessus) de la tête (Brahmarandra). Il représente la conscience, le témoin.

Énergie et Conscience sont intiment liés dans la pratique du Yoga. Ainsi, le but des contrôles énergétiques, tels que le Pranayama, les Bandhas, les Mudras, etc., pour le Hatha Yogi, est l’éveil de la Kundalini. Le Yogi qui pratique le Hatha Yoga selon la tradition classique recherche l’union de Shakti et de Shiva. Yoga signifie par ailleurs «union, joug, relier». Lorsque la Kundalini se réveille, elle remonte le long de la colonne vertébrale, par le canal subtil de Shushumna et vient s’unir à Shiva, au sommet de la tête.

NB: L’éveil de la Kundalini est considéré comme une expérience très avancée, qui nécessite l’appui d’un maître qualifié, ayant lui-même déjà réalisé cet éveil. On dit que tenter seul un travail intensif d’éveil, en omettant certaines consignes souvent gardées secrètes dans la tradition tantrique, peut conduire à la maladie, voire la folie.

Si l’éveil de la Kundalini est complet, si l’union de Shakti et Shiva est accomplie, le Yogi réussit à dépasser la dualité qui sépare ces deux pôles. Il expérimente alors une félicité qui ne peut être décrite par les mots et obtient même des dons tels que la clairvoyance, etc.

La tradition précise que ces dons peuvent être l’occasion de chute ou de déviation s’ils sont mal utilisés.

Ainsi le Yogi est parvenu à dépasser la dualité qui résidait en lui. Par voie de conséquence, il a aussi dépassé la dualité entre le microcosme humain et le macrocosme de l’univers: le Yogi expérimente alors l’état bienheureux de l’unité totale.

Bien sûr, il existe différents niveaux de pratique en Yoga. Mais cette mise en perspective des exercices yoguiques invite à une réflexion profonde. Intuitivement, lorsque nous pratiquons le yoga, nous ressentons quelque chose de vaste, de subtil, de profondément unifiant. Et le point de vue tantrique, sous-jacent à la science du Hatha Yoga, tend à nous faire réaliser que la réalité est peut-être plus subtile encore…

Sur ces réflexions, bon yoga!

Mandala

Mandala: représentation symbolique de la Shakti manifestée dans l'univers

Source des images:

Première image: SHIV-SHAKTI.jpg: lien >> – By Ashu ryp (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Seconde image: Let there be light.jpg – lien>> – By Arup Malakar (Flickr: Let there be light) [CC-BY-2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons
Troisième image: Ornement plafond Ranakpur.jpg: lien>> -  By Shakti (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

4 réponses

jan 12 2013

Mula Bandha, la ligature de la base

Les Bandhas s’apprennent avec un professeur, et non seul. Cet article est donc un complément d’information pour les personnes initiées ou en complément d’apprentissage. Mais le premier exercice proposé en fin d’article est une approche: il peut être pratiqué par tous. On peut aussi remplacer Mula Bandha par Ashwini Mudra, qui est plus aisé.

Mula Bandha en Ardha Padmasana

Qu’est-ce que Mula Bandha

Mula Bandha (écrit parfois Moola Bandha) signifie « verrou du Muladhara » ou ligature du « Chakra racine », le premier Chakra, qui se trouve à la base de la colonne vertébrale. Les Bandhas sont considérés comme des pratiques avancées en yoga.

Le Muladhara Chakra est en lien avec les fondements de l’être humain (force de vie, énergie vitale) et ses énergies primordiales (il est le siège de la fameuse énergie Kundalini).  En lui, on situe les instincts: survie, besoin de sécurité, le rapport aux choses matérielles et aux aspects concrets de la vie, à la sexualité, le lien avec la terre, les racines. En lui  se trouve donc l’ »animalité » de l’homme, mais aussi son équilibre physique et psychique.

Le plancher pelvien est aussi une « porte de sortie » essentielle à la vie. C’est là que l’on retrouve les énergies « Apana » d’élimination des déchets de l’organisme… mais en Yoga, on explique aussi que l’énergie, si son niveau n’est pas entretenu, ou encore si, plutôt que de chercher une certaine élévation de la conscience, on se perd, soit dans la dépression psychique, ou soit dans des envies disproportionnées de satisfaire ses bas instincts, l’énergie se disperse par les portes du bas… « on se vide alors de son énergie ».

Mula Bandha sert entre autres à contrer ces tendances négatives. Il participe à privilégier l’élévation de la conscience. Le simple fait de prendre Mula Bandha modifie l’état intérieur et donne une impulsion verticale en direction des chakras supérieurs…

Autres articles à propos des Bandhas sur le blog

- A propos des Bandhas
- Uddiyana Bandha
- Ashvini Mudra, « le geste de la Jument », une préparation à Mula Bandha

Mula Bandha selon les sources et enseignements

Je partage ici quelques explications, qui diffèrent un peu les unes des autres, car elles sont issues d’écoles différentes. Le but n’est pas de créer la confusion, mais d’élargir sa propre compréhension et la vision de chacun.

Comme vous l’aurez certainement déjà constaté, j’ai tendance à faire des recherches et à mettre en parallèle différents enseignements. Et je dois dire que depuis que je rencontre systématiquement pas mal d’enseignants dans mes stages… je suis confrontées à ces variantes et parfois à des réelles divergences de pratique, qu’il me faut comprendre. J’ai, depuis, encore plus de curiosité à rechercher, et à essayer de comprendre en testant pendant ma pratique quotidienne…

Globalement, on peut dire que l’effet recherché, avec Mula Bandha, est essentiellement énergétique: Mula Bandha induit une montée de l’énergie. Mula Bandha permet de contrecarrer la tendance d’Apana (l’énergie vitale qui a tendance à aller vers le bas). On fait remonter Apana, afin qu’il s’unisse à Prana (l’énergie vitale ascendante).

Suivant les sources, Mula Bandha est une contraction qui concerne : le muscle releveur de l’anus, les muscles du plancher pelvien et du bas-ventre, ainsi que le sphincter anal externe et interne.

Christine Campagnac-Morette:

Christine Campagnac-Morette, depuis 1974, s’est orientée vers la yogathérapie, à la suite de sa rencontre avec le Swami Anandanand (1902-1991), qui était président du Centre Gouvernemental de Recherche et Traitement Yogiques de Jaipur. Voici ce qu’elle écrit sur la technique de Mula Bandha:

« Durant chaque apnée respiratoire, en rétention à poumons pleins comme en rétention à poumons vides, remonter fermement les sphincters du rectum, de la vessie et, pour les femmes, du vagin. » [6]

D’autres précisions et recommandations sont proposées ci-dessous.

Swami Satyananda Saraswati: 

Selon Swami Satyananda Saraswati, Mula Bandha consiste en la contraction de la zone du périnée.

Mula Bandha, comme expliqué par Swami Satyananda

La zone contractée n’est bien sûr pas exactement la même selon le sexe:

  • chez l’homme: relèvement du périnée, entre les organes génitaux externes et l’anus, dans le sens des flèches de l’image ci-dessus.
  • chez la femme: contraction du col de l’utérus, dans le sens des flèches. Cela s’obtient avec un effet d’aspiration du vagin vers le haut.

Selon lui, Mula Bandha ne nécessite pas la contraction de l’anus, contrairement à Ashwini Mudra (le verrou de la jument, écrit parfois Asvini Mudra). Il existe une confusion entre les deux, ajoute-il. Voici sa traduction de la Hatha Yoga Pradipika au sujet de Mula Bandha:

« Quand on appuie sur le périnée/vagin avec le talon, en contractant le rectum, de sorte qu’apana vayu se dirige vers le haut, cela s’appelle mula bandha. (61)

Par la contraction du périnée, l’apana vayu qui, normalement se dirige vers le bas, est contraint de monter. Les yogis appellent ceci mula bandha. (62)

Appuyez fermement le talon contre le rectum et contractez avec force et de façon répétée, pour que monte l’énergie vitale. (63) »

Hatha Yoga Pradipika (chapitre III) [3]

« Quand les muscles du périnée sont contractés, tout le plancher pelvien remonte. Dans le texte, on nous dit d’exercer une pression sur la région périnéale/vaginale ou «yoni», et de contracter le rectum. Le mot gudam indique le «rectum» ; mais il signifie aussi: anus, intestins ou la partie inférieure de l’intestin. Cependant, il faut comprendre clairement que dans Mula Bandha, il ne doit absolument pas y avoir de contraction anale. » [3]

Malek Daouk:

Voici encore une description, celle de Malek Daouk (Viniyoga) dans « Yoga et Médecine, manuel pratique ». Pour lui aussi, il n’y a pas de contraction des sphincters anaux:

« Lors de l’apnée poumons dits vides, après une expiration profonde, il faut faire un mouvement d’inspiration, sans laisser pénétrer d’air dans mes poumons. Cette action est dite inspiration bloquée ou inspiration à vide. La rétractation abdominale qui s’ensuit ne doit pas porter sur le haut de l’abdomen, ni faire saillir les muscles grands droits comme dans uddîyâna bandha  [Nauli?]. Elle se limite à la rétractation de la partie comprise entre le pubis et l’ombilic et à la partie antérieure du plancher pelvien. Cette zone du plancher pelvien doit donner l’impression d’être « aspirée vers le haut ».

Après quelques secondes de maintien en apnée, il faut relâcher et prendre une respiration avant de recommencer l’exercice. » [7]

Swami Vishnu-devananda à propos de Mula Bandha:

« Asseyez-vous sur une couverture pliée. Appuyez sur le périnée avec le talon gauche et placez le talon droit sur cuisse gauche comme dans « sidhasan ».
Contractez le sphincter anal avec force pendant que talon gauche appuie contre le périnée. En contractant les muscles, tirez « apana » vers le haut en contractant les muscles abdominaux et unissez-le avec le «prana» à l’aide de «jalandhara bandha» [=contraction de la gorge: article à venir], On pratique « jalandhara banda » et « moola bandha » simultanément durant « kumbaka » 0u rétention du souffle, afin d’unir « prana » et « apana ».
On utilise ces deux «bandhas» dans la pratique du « pranayama » avancé [...]. » [4]

Je me souviens que dans les centres Sivananda on m’a précisé de contracter le sphincter anal externe, puis interne, c’est-à-dire en allant progressivement vers le plus profond, ce qui induit un mouvement ascendant de l’énergie.

Dans son texte, Swami Vishnu précise de pratiquer simultanément Mula Bandha et Jalandhara Bandha. Dans certaines écoles on n’envisage pas l’un sans l’autre, notamment pour l’inspiration: comme l’énergie monte avec Mula Bandha, il faut la canaliser en haut, pour éviter que Prana ne se perde par le haut, à cause de la montée d’Apana, via Mula Bandha (et, le cas échéant, avec Uddiyana Bandha). Il se crée alors deux mouvements contraires d’énergie, vers le haut et vers le bas, qui se rencontrent en principe au niveau du Manipura Chakra.

NB: En cas d’éveil d’énergie, même partiel, il convient de bien canaliser toute l’énergie avec les 3 Bandhas. Heureusement, les Bandhas se mettent aparemment en place intuitivement, dans de tels cas.

Christian Tikhomiroff:

Christian Tikhomiroff propose une description légèrement différente de Mula Bandha en Natha Yoga… et cela est probablement dû à l’usage intensif qui en est fait en Natha Yoga:

  • La contraction anale se fait au niveau du sphincter anal externe seulement
  • Mula Bandha n’est pas maintenu avec force comme proposé plus haut, il est un peu plus léger, plus subtil
  • Christian Tikhomiroff propose en général de maintenir le Bandha en continu (comme par exemple pendant la pratique de plusieurs Asanas)
  • … et même dans la vie au quotidien… mais, je pense que plusieurs yogis l’auront constaté, cela vient assez naturellement, une fois que la pratique est bien installée. Le Mula Bandha procure alors une qualité de présence très particulière et une grande énergie.

Voir aussi les explications énergétiques de Swami Sivananda, qui a été le maître des deux Swamis que j’ai cités plus haut:

Swami Sivananda à propos de Mula Bandha:

« Le talon gauche étant appuyé contre l’organe génital, placer le talon droit à l’endroit juste au-dessus de cet organe, puis contracter le sphincter (muscle circulatoire) de l’anus, en aspirant vers le haut l’Apana Vayu. Ceci s’appelle Mula Bandha. L’Apana Vayu, qui est responsable de l’éjaculation et l’excrétion, a naturellement tendance à descendre. Par la pratique de Mula Bandha, l’Apana Vayu est obligé de se tourner vers le haut du corps. De cette manière, l’Apana Vayu est uni au Prana (énergie vitale). Le Prana et l’Apana unis se dirigent dans le Shushumna Nadi. C’est à ce moment que le yogi atteint la perfection dans le yoga. [Swami Sivananda explique alors l'éveil de la Kundalini et précise:] Cette plus haute étape ne peut pas être atteinte la première fois. On doit pratiquer le Mula Bandha pendant une longue période.

La perfection dans la pratique des Pranayamas s’acquiert avec l’aide des Bandhas et des Mudras. L’entraînement dans le Mula Bandha permet un parfait contrôle séminal, donne de la vigueur nerveuse (Dhatu Pushti), soulage la constipation et augmente la chaleur digestive. Durant la pratique de la concentration, de la méditation, des Pranayamas et de toutes les autres activités yogiques, on peut ajouter le Mula Bandha. » [5]

Les explications et exercices qui suivent ne sont que des compléments à l’apprentissage avec un professeur. Quoiqu’il en soit, maîtriser Mula Bandha, c’est pouvoir le tenir sur la durée. Or au début, il relâche sans que l’on s’en soit rendu compte. La meilleure façon d’apprendre sera de… répéter, répéter, répéter. Progressivement, on arrivera à le tenir plus longtemps.

(1) Première approche assise

Se tenir dans une position assise confortable et adaptée: le dos est droit, les épaules sont détendues et les genoux sont appuyés au sol.

Posture assise correcte

Si:

l’on penche en avant, ou
l’on sent que l’on s’arrondit, ou
le plexus solaire (ventre) est contracté, ou
les genoux ne touchent pas le sol,

placer un ou plusieurs coussins sous les fesses, jusqu’à ce que la posture soit correcte.

Dans cette posture immobile, goûter et ressentir, explorer ce qui est donné de vivre. Conscientiser ensuite le triangle que forme la base au sol. Visualiser et ressentez intérieurement le lieu du Mula Bandha, SANS le contracter. Le visualiser comme un point lumineux. Puis, à partir de ce point, ressentir la colonne vertébrale qui s’élève, la visualiser comme éclairée de l’intérieur. La suivre, jusqu’au point entre les sourcils. Recommencer plusieurs fois le circuit.

(2) Apprentissage de Mula Bandha au sol

Apprentissage de Mula Bandha au sol: position de départ

Allongé, jambes pliées et pieds au sol à quelque distance l’un de l’autre, genoux écartés de même.

Synchronisation avec la respiration:

  • Sur une lente inspiration, pousser progressivement les pieds contre le sol. Soulever légèrement le pubis tout en contractant les fessiers (le creux du dos disparaît). Rester une ou deux secondes poumons pleins et observez comment Mula Bandha s’est installé automatiquement. Le point de naissance de la colonne vertébrale est comme légèrement aspiré dans la colonne vertébrale.
  • Sur l’expiration redéposer doucement le bassin au sol. Le dos se creuse légèrement, naturellement. Recommencer encore quelques fois l’exercice.

Si la pratique de Mula Bandha ne semble pas claire, ou qu’elle paraît difficile, faire Asvini Mudra (contraction de l’anus) à la place.

(3) Mula Bandha en Baddhakonasana (posture de l’angle lié)

Baddhakonasana, la posture de l'angle lié, le cordonnier, yoga asana

Prendre Baddhakonasana: assis, plantes des pieds l’une contre l’autre, attraper les pieds, se redresser en déployant le tronc dans toute sa longueur. Puis pratiquer l’exercice suivant:

Prise de conscience de la base. L’assise se fait sur le sommet des ischions (pointes des fesses).
Puis, bascule légèrement et très lentement en arrière à partir de l’appui du bassin au sol,  « la base  » (les ischions roulent légèrement en arrière). Rester en équilibre et ouvrir la poitrine vers l’avant (le dos ne s’arrondit pas).
Respirer quelques fois ainsi, en prenant conscience de la région du périnée et de la force subtile qui entre en action pendant ce mouvement. Localiser la zone du Mula Bandha et accentuer sa contraction que la position a déjà esquissée. Puis relâcher la contraction.
Revenir doucement à la position initiale, en roulant sur le sommet des ischions.
Recommencer encore une fois le mouvement de recul et d’avancée, très lentement.

Puis reprendre Baddha Konasana, en se campant bien sur le sommet des ischions, dos redressé, poitrine en avant. Pratiquer Mula Bandha une dernière fois, les yeux fermés. Visualisez mentalement comme un point lumineux, et ressentir intérieurement, le lieu du Mula Bandha. Puis, à partir de ce point, visualiser la colonne vertébrale qui s’élève, comme éclairée de l’intérieur. La suivre jusqu’au point entre les sourcils. Puis, relâcher doucement, sur une expiration…

Quand pratiquer: quelques exemples

Asana:

Pendant certaines postures telles que: Maha Mudra, pendant l’expiration ou l’inspiration (… encore une fois, c’est une question d’écoles)

Maha Mudra, le Grand Sceau

ou Pascimottasana (Etirement vers l’Ouest ou posture de la Pince), pendant l’expiration ou l’inspiration ou en continu (… même remarque)

Pascimottanasana, la posture de la pince

ou selon conseils de votre professeur de Yoga.

Pranayama:

Pendant les rétentions en Pranayama:

Apprendre pendant les rétentions poumons vides est plus facile au début (il y a moins de pression).

Pendant les rétentions poumons pleins, c’est très énergisant et réchauffant. Attention de ne pas dépasser ses limites; rester dans la fluidité et la détente…

Ujjayi, différentes possibilités:

  • Pour bien commencer l’apprentissage de Mula Bandha en Pranayama, le faire pendant les expirations
    • On le prend de façon fluide, dès le début de l’expiration,
    • puis on le relâche en douceur après la fin de l’expiration.
  • Si on pratique Ujjayi avec des rétentions poumons vides, on peut aussi le prendre pendant les rétentions:
    • On prend Mula Bandha en début d’expiration,
    • On le maintient pendant la rétention poumons vides, tout en tirant l’énergie vers le haut (ventre (Manipura) ou cœur (Anahata Chakra))
    • Puis on relâche en douceur Mula Bandha en fin de rétention poumons vides.
  • Si on maîtrise bien Mula Bandha sur l’expiration, on peut alors apprivoiser cette technique, plus fine et énergisante, avec une courte rétention poumons pleins, sur le rythme 10:5:10:0 [1]  (ou mêmes proportions sur un compte plus adapté) :
    • Prendre Mula Bandha aux 2/3 de l’inspire (10)
    • Retenir le souffle et Mula Bandha pendant quelques secondes (5)
    • Expirer avec Mula Bandha (10)
    • Relâcher Mula Bandha en fin d’expirer

Anuloma Viloma (respiration alternée), pendant la rétention poumons pleins (Antara Kumbakha)

Kapala Bhathi: Rétention d’air poumons pleins (Antara Kumbakha), après un cycle Kapala Bhati

Ou pendant l’inspiration: prise progressive du Bandha pendant toute la durée de l’inspiration.

Effets

Il a été déjà question de ses effets sur l’énergie, Apana et son rôle dans l’éveil de la Kundalini et sa montée.

En outre, Mula Bandha a des effets sur certaines fonctions:

  • Agit sur la circulation de la région pelvienne (intestins, organes génitaux et urinaires)
  • et le système nerveux (parasympathique) de la région pelvienne
  • Mula Bandha induit le calme général de l’organisme
  • et participe au contrôle de la sexualité
  • Stimule la concentration et la volonté.

Contre-indications

Mula Bandha est contrindiqué en cas d’hypertension, de maladie cardiaque, d’hyperthyroïdie.

Oups… là j’ai fait vraiment très long dans mes recherches… Merci pour votre lecture ;)

Namaste

Mandala

Notes:

[1] 10:5:10:0 : ceci exprime en nombre de secondes ou de Matras des 4 phases de la respiration:

l’inspire
la rétention à plein
l’expire
la rétention à vide.

Les rapports (durées proportionnelles) sont importantes, bien plus que les durées. Il est donc possible de raccourcir les phases, par exemple 8:4:8:0 ou de les allonger avec par exemple 12:6:12:0.

[2] Le Matra est une unité de mesure. En yoga, on dit qu’elle est un peu plus longue que la seconde (« le temps nécessaire pour faire avec l’index un tour de son genou puis claquer du doigt’). On dit aussi qu’un Matra est le temps nécessaire pour prononcer une voyelle courte de l’alphabet sanskrit.

Bibliographie:

[3] Hatha Yoga Pradipika, Commentaires de Swami Satyananda Saraswati, Éditions Satyanandashram

[4] Le Grand Livre Illustré du Yoga, Swami Vishnu-devananda

[5] Yoga de la Kundalini, Swami Sivananda, EPI Editeurs, 1973

[6] Prévenir et Guérir par le Yoga, Christine Campagnac-Morette, Éditions du Dauphin

[7] Yoga et Médecine, Manuel pratique, Éditions Le Calade Le Liron, Lausanne, 2003

Source: Schéma anatomique de Mula Bandha préparé à partir de deux images sources trouvées sur wikimedia. Homme:  lien>>. (Drawing of the Male Internal Sexual Anatomy From alt.sex FAQ, Male_anatomy.png: alt.sex FAQ – derivative work: Tsaitgaist (talk), 2009-04-18). Femme: lien>> (lateral anatomy view of the female reproductive system, 3 June 2009, auteur: Tsaitgaist).

7 réponses

jan 02 2013

Ashvini Mudra, « le geste de la Jument », une préparation à Mula Bandha

J’aimerais proposer ces prochains temps quelques pratiques pour affiner la respiration et donc la pratique du Pranayama. Je fais cela pour tous les lecteurs bien entendu… mais je pense aussi tout particulièrement aux participants du stage «Asana et Pranayama» que j’ai planifié pour 2013 et qui souhaiteraient s’y préparer.

Ashvini Mudra, le Geste de la Jument, une préparation à Mula Bandha, en position assise

Ces exercices seront, je le pense, une bonne entrée en matière… pas indispensables… mais qui leur permettra de progresser pendant le stage, mieux encore, et d’intégrer pleinement la profonde dimension du geste respiratoire.

Mandala de la Sagesse

Bandhas ou « ligatures »

Avant d’aborder ces quelques affinements de la respiration, il convient de connaître tous les Bandhas (ou ligatures, voir petit article à ce sujet>>). Or je n’ai jusqu’ici présenté que Uddiyana Bandha… c’est une lacune que je vais combler très prochainement. Restent à présenter: Mula Bandha, Jalandhara Bandha et Bandha Traya (les 3 Bandhas pris en même temps).

Les Bandhas assurent le contrôle  du prana (énergie vitale). Ils permettent de l’accumuler ou de le diriger.

Les Bandhas augmentent la pression à l’intérieur du corps. Ils régulent l’énergie de la respiration en renforçant les zones délicates (ouvertures haut/bas, zone abdominale « molle ») dans lesquelles l’énergie peut avoir tendance à s’éparpiller : ils la canalisent et la redirigent le long de la colonne vertébrale, vers le canal d’énergie central et principal, que l’on nomme Sushumna en sanskrit.

« Mula » – la base ou racine

Le fond du bassin forme une « cuvette » souple, grâce au périnée, qui est traversée par l’ouverture anale. Ce «trou» de la cuvette du bassin est considéré sur le plan énergétique comme une ouverture pouvant causer la fuite de l’énergie vers le bas. Pour  remédier, Mula Bandha, «la ligature de la base» ou «ligature de la racine», contrecarre le mouvement descendant de l’énergie grâce à une stimulation de l’énergie ascendante en agissant sur l’anus et le périnée (on en reparlera dans un prochain article).

Dans son livre «Le passage du Souffle», Rodolphe Milliat explique, en outre, que Mula Bandha sert aussi de «fondation à la rétractation du ventre» (Uddiyana Bandha).

Mandala de la Sagesse

Pourquoi Ashvini Mudra? – Son intérêt

« Ashvini Mudra » désigne le mouvement qu’imprime un cheval à son rectum pendant l’évacuation des selles. On dit dans la Gerandha Samhita, de « contracter et de détendre l’ouverture anale de façon répétée. Ceci porte le nom d’ashwini mudra » (3, 64). » [1]

Ashvini Mudra, le Geste de la Jument, contribue à renforcer le périnée. Les chevaux ont une maîtrise étonnante du sphincter anal qu’ils peuvent contracter et dilater avec une grande amplitude.

André Van Lysebeth précise qu’ « Asvini Mudra provoque la prise de conscience de cette région [sphincter anal et plancher pelvien], fortifie les muscles intéressés et permet de pratiquer ensuite Mula Bandha sans la moindre difficulté. » [3]

Outre le renforcement du plancher pelvien, l’amélioration du contrôle volontaire du sphincter anal et du muscle releveur de l’anus, Ashvini Mudra contribue à lutter contre les ptoses (descentes d’organes : rectum, utérus, vagin, vessie). C’est aussi une bonne prévention des hémorroïdes, car il améliore la circulation sanguine dans la zone concernée. Cet exercice est intéressant car il agit sur l’ensemble du système génital, en stimulant l’ensemble des organes du bas-ventre. Il sera utile aux femmes enceintes. Ashvini Mudra agit aussi contre la constipation. Il relaxe la zone du bas-ventre, l’énergie y circule mieux.

Ashvini Mudra stimule le Muladhara Chakra (chakra de la base) et Svadhistana Chakra (chakra du plexus sacré) et agit directement sur Apana Vayu.

Mandala de la Sagesse

Pratique d’Ashvini Mudra couché

Ashvini Mudra, le Geste de la Jument, une préparation à Mula Bandha, en position couchée (Apanasana))

Ashvini Mudra peut être pratiqué en toute position. Mais pour l’apprentissage, A.V.L. recommande la position couché sur le dos, genoux contre soi (Apanasana). Écarter un peu les pieds et les genoux.

Pratiquer Ashvini Mudra:

Commencer par une contraction/rétractation du sphincter anal. Puis relâcher lentement (relâchement/dilatation). Pratiquer suffisamment lentement pour bien ressentir le contraste entre les deux phases :

  • phase tonique de resserrement/contraction/aspiration de l’anus vers le haut (Acuncana)
  • phase de relâchement d’ouverture de l’anus vers le bas et l’extérieur (Prakashana).

Une fois que l’on a bien perçu les deux phases et que l’on maîtrise bien le geste, on peut accélérer le rythme de l’exercice. André Van Lysebeth préconise le rythme de « 3 secondes de contraction suivies de 3 secondes de relâchement » [3].

Rodolphe Milliat propose de ne pas chercher à synchroniser le mouvement avec la respiration, car cela a tendance en général à se faire naturellement. En effet, on tend à expirer sur la contraction et à inspirer sur le relâchement, ce que recommande A.V.L.

A noter qu’Ashvini Mudra peut aussi se pratiquer pendant une rétention : poumons pleins ou poumons vides.

R.M. recommande de le pratiquer 5 minutes… ce qui est un temps bien suffisant pour en expérimenter les effets. A.V.L. propose de pratiquer par séries de 5, puis d’augmenter progressivement le nombre : cette dernière pratique est la plus accessible au début.

Pratique d’Ashvini Mudra assis

Ashvini Mudra, le Geste de la Jument, une préparation à Mula Bandha, en position assise

Ashvini Mudra assis peut précéder une séance matinale de Pranayama, au vu de son effet énergisant. Il contribue aussi à bien s’ancrer dans l’assise.

Sur la photo ci-dessus, je propose de pratiquer Ashvini Mudra en Vajrasana (posture du Diamant ou posture de la Foudre). Pour certaines personnes, c’est plus facile que dans les postures jambes croisées, comme sur la photo en haut d’article. A essayer…

Asvini Mudra dans une variante de Sarvangasana

Ashvini Mudra, le Geste de la Jument, une préparation à Mula Bandha, en Sarvangasana

Voici un exercice que recommandent André Van Lysebeth [3] et Rodolphe Milliat [2] pour apprivoiser Ashvini Mudra.

R.M. le trouve particulièrement pertinent car il prépare à l’apprentissage simultané de Jalandhara Bandha (la ligature de la gorge).

Prendre Sarvangasana, la posture sur les épaules. Plier les genoux et placer les plantes des pieds l’une contre l’autre. Diriger les talons vers le périnée tout en écartant comme il faut les genoux.

Puis pratiquer Ashvini Mudra comme expliqué plus haut.

Asvini Mudra dans une variante de Sirsasana

Ashvini Mudra, le Geste de la Jument, une préparation à Mula Bandha, en Sirsasana

André Van Lysebeth recommande aussi le même exercice en Sirsasana; pour ceux qui maîtrisent la posture uniquement, bien entendu…

Bon Yoga!

Mandala de la Sagesse

Bibliographie

[1] Hatha Yoga Pradipika, commentaire de Swami Satyananda Saraswati, Editions Satyanadashram, 1991.
[2] Le Passage du Souffle, Rodolphe Milliat, India Universalis Editions
[3] Pranayama, la dynamique du souffle, André Van Lysebeth, Editions Flammarion, 1993

14 réponses

déc 28 2012

A propos des Bandhas

Les Bandhas viennent renforcer, intensifier, la pratique du Pranayama et des Asanas, qui n’en sont que plus efficaces. Ils jouent un rôle actif sur le plan de l’énergie vitale, qu’ils permettent de retenir, d’accumuler et d’orienter.  Le fait de canaliser l’énergie sécurise la pratique.

A propo des Bandhas

L’énergie influe sur la vitalité, la finesse de perception et le degré de conscience. Tout exercice influant sur l’énergie est puissant. C’est pourquoi il est conseillé d’apprendre les Bandhas couplés au Pranayama et aux Asanas avec un enseignant qualifié.

Le terme Bandha signifie « ligaturer, maintenir, verrouiller, bloquer, arrêter ». Lorsqu’il est pris, le Bandha bloque le flux énergétique vers une région du corps. Puis, quand il est relâché, l’énergie y afflue vivement, avec une pression accrue.

Les Bandhas augmentent la pression à l’intérieur du corps. Ils régulent l’énergie. Ils renforçent les zones délicates (ouvertures haut/bas, zone abdominale « molle ») dans lesquelles l’énergie peut avoir tendance à s’éparpiller : ils la canalisent et la redirigent le long de la colonne vertébrale, vers le canal d’énergie central et principal, que l’on nomme Sushumna en sanskrit. [3]

Les Bandhas se pratiquent avec la respiration, notamment avec les moments de rétention du souffle:

  • soit poumons pleins (Antara Kumbhaka)
  • soit poumons vides (Bahya Kumbhaka).

Il y a 3 Bandhas, plus 1

Les 3 Bandhas sont :

  • Mula Bandha – fermeture anale, par la rétraction des muscles du périnée
  • Uddiyana Bandha – élévation du diaphragme, par rétraction abdominale
  • Jalandhara Bandha – fermeture de la gorge

Les quatrième Bandha est :

  • Maha Bandha – pratique des trois Bandhas en même temps.

Effets des Bandhas

Les Bandhas concernent des régions déterminées du corps et leurs actions sont spécifiques.

Néanmoins, leur action principale demeure énergétique. Ils ont pour but de régulariser la circulation du prana (énergie vitale) par le relâchement des nœuds (blocages ou Granthis) qui entravent la circulation pranique dans les canaux subtils. L’énergie est contenue dans des régions précises:

  • Le périnée - Muladhara Chakra – pour Mula Bhandha
  • Le plexus solaireManipura Chakra – pour Uddiyana Bandha
  • La gorge - Vishuddhi Chakra – pour Jalandhara Bandha.

Les circuits énergétiques sont purifiés, les blocages évacués et l’échange d’énergie s’en trouve amélioré. Plus de précisions seront données dans les articles à propos de chaque Bandha.

Les Bandhas agissent aussi sur la circulation, les systèmes nerveux et endocrinien:

  • Les glandes liées aux Chakras (centres d’énergie) sont stimulées par la pression et le massage que procure le Bandha.
  • Les Bandhas effectuent des pressions sur les centres ou plexus nerveux de la gorge, de l’abdomen et du bas-ventre. Les Bandhas soulagent le stress, l’agitation mentale, et procurent harmonie intérieure et équilibre.
  • Les Bandhas arrêtent momentanément le flux sanguin; puis le flux de sang frais est augmenté lorsque l’on relâche le Bandha, ce qui permet d’évacuer les cellules usagées. Ainsi les organes sont renforcés, vivifiés et rajeunis. La circulation sanguine est améliorée [2].

Bibliographie

[1] Hatha Yoga, Science de santé physique et mentale, Clara Truchot, Le Courrier du Livre
[2] Yoga dans la vie quotidienne, Paramhans Swami Mahashwarananda, Ibera
[3] Le Passage du Souffle, Rodolphe Milliat, India Universalis Editions

5 réponses

déc 11 2012

Quelques Hasta Mudras et leur signification

Voici quelques Hasta Mudra [Mudras des mains] utilisés en Yoga… et comme vous le savez certainement, il en existe bien d’autres encore…

Sanskrit pour le yoga: Les Mudra en sanskrit: Abhaya Mudra, Anjali Mudra, Cin Mudra, Dhyana Mudra, Jnana Mudra, Varada Mudra, Yoni Mudra

7 réponses

nov 24 2012

Série de douze Hasta Mudra

Voici une série de 12 Hasta Mudras (gestes des mains) que je propose volontiers dans mes cours et stages pour faire découvrir cette pratique de yoga.

Shakti Mudra - Hasta Mudra de l'Energie universelle
Shakti Mudra, le geste de l’Energie universelle

Par expérience, les participants, au stade de la découverte, sont particulièrement réceptifs à une série de Mudras tenus moins longtemps que ne le ferait une personne plus expérimentée. Le passage d’un Hasta Mudra à l’autre amène un changement intérieur, dans l’énergie et l’atmosphère ressentie, qui se fait évident.

Plutôt que de vous donner des informations sur chacun de ces Mudras, que vous retrouverez pour la plupart dans des livres, je vous propose donc d’expérimenter cette série… car il n’y a rien de plus instructif et de plus profitable. De plus, sans explications, on reste ouvert à ses propres sensations, sans intellectualiser et sans être influencé.

Pour en savoir plus sur les Hasta Mudras, vous pouvez lire cet article >>

J’ai mis au point cette série en recherchant la fluidité du passage d’un geste à l’autre: il y a une continuité… mais en même temps, il y a aussi des contrastes forts, sur le plan énergétique, que vous ressentirez très certainement.

Fiche PDF de la série des 12 Hasta Mudra à télécharger >> Adobe Acrobat

Voici encore une vidéo pour vous expliquer les passages d’un Hasta Mudra à l’autre:

Je vous conseille de pratiquer plus lentement que sur la vidéo tout de même; elle est là juste pour expliquer les techniques de passage. Avec l’expérience, vous ralentirez de plus en plus la série et les Mudras deviendront peut-être un support de méditation.

Il se peut que vous sentiez le besoin de rester plus longtemps sur un Hasta Mudra qu’un autre. Faites-le. Vous ressentirez aussi très certainement lorsque le Mudra aura fait son effet et vous pourrez alors passer au suivant…

Bonne pratique
Namaste

8 réponses

sept 11 2012

Padma Mudra, le Geste du Lotus

Publié par sous Bandha, Mudra, Kriya

Ces quatre dernières années, j’ai commencé à pratiquer plus régulièrement les Hasta Mudras, les Mudras des mains, qui sont souvent laissés de côté en Yoga. Ils ont une grande profondeur et leurs effets sont puissants…

Montage  Padma Mudra

Padma Mudra est l’un des plus beaux. C’est le « sceau du coeur »…

Ce mudra est lié à Anahata Chakra, le Chakra du cœur.
Sa pratique attire irrésistiblement le mental à l’instant présent…
Il rappelle à l’âme l’état de pureté originelle, l’amour inconditionnel.

Il développe la présence à la Conscience, avec un grand « C »…
Il instille en nous Paix et Amour.
Il relie l’individu au macrocosme et au Divin…

Le Lotus dans la tradition indienne

Dans la tradition hindouiste, la fleur de Lotus a toujours été un symbole divin. Il est souvent utilisé comme symbole de la beauté divine. Par exemple, Vishnu est souvent décrit comme «celui à l’œil de lotus».

Lotus en bouton

Le déploiement des pétales du lotus suggère l’épanouissement de l’âme. L’émergence de sa pure beauté à partir de ses origines boueuses représente une promesse spirituelle bienveillante.

Quiconque dans l’action dédie ses œuvres à l’Esprit Suprême,
en écartant tout intérêt égoïste dans leur résultat,
n’est pas plus atteint par le péché
que la feuille de lotus n’est affectée par l’eau.

Bhagavad-Gîtâ verset 5.10

Technique de base

Joindre les mains à la hauteur de la poitrine, de sorte à ce que l’intérieur des poignets soit en contact, ainsi que le bord des mains et le bout des doigts.
Les poignets restent en contact tout du long.

Ceci représente le bouton de la fleur de Lotus.

Padma  Mudra - fermé

Puis, ouvrir progressivement les mains : seuls les bouts des petits doigts et des pouces restent en contact, écarter les autres doigts autant que possible (mais sans générer de tension sur la durée, bien sûr!). L’ouverture peut se faire sur une respiration… ou très lentement sur plusieurs minutes…

La fleur de Lotus s’est épanouie. Visualisez cette magnifique fleur…

Padma  Mudra - ouvert

Faire 4 respirations très profondes et très présentes. Sur une expiration, refermer le Lotus en bouton… Dès que vous le sentez, recommencez, plusieurs fois…

Le Mudra, afin de produire tous ces effets, doit être pratiqué pendant une quinzaine de minutes. Mais, il est déjà bénéfique en deçà.

Padma Mudra et les 5 éléments

Chaque doigt représente un des 5 éléments en Ayurveda. Selon les ouvrages du Dr Vasant Lad:

  • le pouce représente l’Éther, et est relié au cerveau et
  • le petit doigt la Terre, et est relié au coeur physique.

Ce Mudra, représentation de la fleur du Lotus, ou « Roue du Lotus »,  crée une véritable circulation d’énergie entre les éléments, et plus particulièrement entre l’élément le plus terrestre (auriculaire – Terre) et l’élément le plus subtil (pouce – Éther). Voilà qui contribue à la force et à l’équilibre du Mudra:

L’ouverture du coeur, chez les yogis, a tendance à être très « aérienne ». Ici, elle se fait dans l’ancrage à la Terre Nourricière.

NB: Cette nomenclature change parfois selon les sources (p. ex. Gertrud Hirschi dans ses livres utilise une autre nomenclature). Le Dr Vasant Lad me semble être une excellente référence en Ayurveda, très proche de la tradition. Mais la nomenclature utilisée par Gertrud Hirschi semble plus courante. Voici donc une seconde interprétation, selon cette autre nomenclature:

  • le pouce représente le Feu
  • le petit doigt l’Eau.

Ce Mudra, crée dans ce cas une circulation d’énergie entre les éléments, et plus particulièrement entre l’élément liquide et l’élément feu (solaire), qui tous deux sont les nourritures premières de la fleur de Lotus. Sur le plan psychologique, le feu représente les passions et l’eau les émotions de tous types. Toutes passent par le cœur. Il s’agit ici de les reconnaître et d’ouvrir le cœur, pour les purifier.

J’aurais aimé donner une seule explication… mais comme dans tout ce qui touche à l’univers du corps subtil et de l’énergie, il existe des différences selon les textes, y compris les textes antiques. A chacun donc d’approfondir sa pratique et son ressenti…

Propositions de Dharana

Le Padma Mudra est complet en soi. Néanmoins, voici quelques Dharanas, ou éléments de concentration supplémentaires, que l’on peut ajouter au Mudra.

1. Bija du coeur

Le Bija Mantra (Mantra semence) de l’Anahata Chakra, le Chakra du Coeur, est « YAM ».

Sur chaque lente inspiration et sur chaque lente expiration, répéter une fois « YAM » mentalement, en ressentant la zone de l’Anahata, au centre de la poitrine.

Ne rien forcer: laisser agir le Mudra et le Bija. Vous êtes simplement témoin de l’épanouissement du lotus en vous… L’expansion de la zone de l’Anahata se fait naturellement, avec le développement de la qualité d’attention et la détente, le lâcher-prise.

2. Le Son non frappé

« Anahata » signifie littéralement le « son non frappé ». Il représente le Son intérieur inaudible. Ce son est la Shakti, le courant du Shabd, le OM originel, qui pulse dans toute la création. Cette vibration extrêmement subtile, devient audible à certains yogis et méditants.

Il est possible, tout en faisant le Mudra, de se connecter à cette vibration universelle, et de la ressentir intuitivement, voire parfois même de l’entendre, de façon plus ou moins subtile. Ceci dépend des jours et de chacun.

Ne rien rechercher de spécial ni de sensationnel. Juste être dans l’écoute la plus absolue, la plus parfaite.
Il s’agit donc simplement de mettre le mental de côté, le temps de la pratique… Puis, se mettre profondément à l’écoute du Divin, qui vibre en nous, à chaque instant.

3. Padma Mudra en Vrikshasana

Vriksasana en Padma Mudra

  • La posture de l’Arbre est une posture d’équilibre. Elle ancre (Muladhara Chakra), et ce d’autant plus si vous maintenez un léger Mula Bandha.
  • La gestion de l’équilibre concentre le mental, et donc Ajna Chakra.
  • Le Padma Mudra ajoute la dimension du coeur, de l’Anahata Chakra.

Une jolie combinaison à expérimenter…

Bon yoga!
Namasté

Mandala

Source images:

Lotus fermé: Nelumbo nucifera3.jpg, by Shin-改 (Shin-改’s file) [Public domain], via Wikimedia Commons, http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ANelumbo_nucifera3.jpg
Lotus ouvert (photo utilisée pour le montage): Nelumbo nucifera2.jpg, by Shin-改 (Shin-改’s file) [Public domain], via Wikimedia Commons, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/dc/Nelumbo_nucifera2.jpg

Bibliographie pour la symbolique:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lotus_sacr%C3%A9

Ouvrage sur les Mudras:
C’est dommage mais il faut le dire: il existe peu de livres détaillés sur les Hasta Mudras en français:
Le livre le plus complet: Les mudras, Gertrud Hirschi, Le Courrier du Livre.

8 réponses

Suivants »