Archives de la catégorie 'Yoga, Santé, Ayurvéda'

juin 03 2011

Yoga chez soi : courte séance pour réduire Pitta

Séance de Yoga pour réduire le Disha Pitta

L’Ayurveda distingue 3 constitutions de base ou Doshas : Vata, Pitta et Kapha. Chaque individu est une combinaison particulière des 3 Doshas. En général, un Dosha ou deux dominent. Ainsi, on est Pitta, si Pitta domine fortement; on est Pitta-Vata, si Pitta est prépondérant, mais Vata bien présent lui aussi. Une séance de Yoga peut agir spécifiquement sur un ou plusieurs Dosha. La présente séance permet d’apaiser Pitta.

Suptapadangustasana apaise Pitta

Suptapadangustasana apaise Pitta

Pitta est un Dosha ardent et intense. Il est pacifié par la modération. L’énergie de Pitta peut « brûler » la personne Pitta, si elle en abuse. Quand Pitta est aggravé, la personne a tendance à trop bouger et à être hyperactive. Pour préserver sa santé, il faut alors ralentir le rythme. La constitution Pitta doit éviter les excès et exercer la modération.

Pitta est déterminé et organisé. Il possède un bon pouvoir de concentration, ainsi que les qualités d’un meneur. Il n’aime pas perdre son temps et est impatient. Lorsque Pitta est exacerbé, la chaleur augmente : Pitta a chaud et transpire. Un excès de Pitta prédispose aux troubles de la vésicule biliaire, de la bile, du foie, de l’hyperacidité, voire des ulcères, des maladies inflammatoires ainsi que des urticaires.

Caractéristiques de la personne de type Pitta

Voici une description succincte de Pitta :

Corpulence : moyenne
Poids : moyen
Peau : délicate, sensible, chaude au toucher, grasse, claire, avec des rougeurs, des tâches de rousseur ou des grains de beauté
Cheveux : doux, fins, raides, blonds, roux, blanchissant ou chauve précocement
Dents: de taille moyenne, jaunes et douces, gencives délicates
Yeux: perçants, pénétrants, brillants, sensibles à la lumière, gris ou verts
Appétit : bon, excessif, démesuré
Saveurs préférées : sucrée, amère, astringente
Soif : excessive
Selles : molles, grasses, abondantes
Activité physique : modérée
Esprit : agressif, intelligent
Émotions : agressif, irréaliste, jaloux
Mémoire : vive
Rêves: fougue, colère, violence, guerre
Sommeil : profond, modéré
Débit de parole : vif et tranchant
Comportement face à l’argent : tenté par les choses luxueuses
Pouls au repos : modéré.

Principaux déséquilibres Pitta

Irritabilité, impatience, rage, rancune, hostilité ou perfectionnisme et autocritique
Troubles de la vésicule biliaire, de la bile et du foie
Hyperacidité, ulcère peptique, gastrites
Maladies inflammatoires
Problème de peau : urticaire et rougeurs.

Pratique du Yoga de la personne de type Pitta

  • En Yoga, pour réduire le Dosha Pitta exacerbé, il est nécessaire de calmer, détendre, privilégier la fraîcheur. Privilégier un esprit de non compétition et rechercher l’attitude méditative, apaisante et relaxante.
  • Ne pas dégager trop de chaleur pendant la pratique, notamment à la tête. Terminer par des postures rafraîchissantes, comme Sarvangasana (la Chandelle) et Halasana (la Charrue) car elles contrecarrent la tendance de la chaleur à monter vers la tête. Eviter la posture sur la tête.
  • Les étirements vers l’avant sont favorables (comme Pascimottanasana, la Pince).
  • Les étirements vers l’arrière réchauffent, il faut donc les pratiquer avec modération, puis les faire suivre de postures rafraîchissantes. Dhanurasana (l’Arc), Bhujangasana (le Cobra), Naukasana (la Barque), permettent de libérer les tensions au niveau du ventre.
  • Les postures de torsions, telles Ardha Matsyendrasana (demi-torsion vertébrale assise) sont recommandées : elles permettent le nettoyage du foie et la détoxication.

Fiche pratique de Yoga pour pacifier Pitta

La séance de yoga à télécharger, s’adresse :

  • aux personnes de constitution Pitta
  • aux personnes d’autres constitutions, mais souffrant ponctuellement de troubles Pitta.

Fiche pratique à télécharger

Courte séance de Yoga pour réduire Pitta >>

Autres documents à télécharger:

Salutation au Soleil (Surya Namaskar) >>

Bon Yoga!

Bibliographie:
Yoga & Ayurveda, David Frawley, Editions Turiya
Yoga for your type, David Frawley et Sandra Summerfield Kozak, Editions New Age Books
Ayurveda, source de l’autoguérison; Dr. Vasant Lad, Guy Trénaniel Editeur

3 réponses

avr 21 2011

Les techniques du yoga favorables en cas de migraine (2/2)

Ce 2ème article (le 1er est ici) reprend des extraits du mémoire de Mireille, professeur de yoga, qui m’a proposé d’en publier des extraits ici. Vous pourrez télécharger son document ci-dessous, si vous souhaitez approfondir le thème.

Yoga et Migraine: une série d'asana

Quelle pratique privilégier?

Mireille explique dans son document que les causes de la migraine sont multiples et résultent d’un mal être mental et physique, le premier influant sur le second.

« Sans parler de thérapie le yoga permet de gérer ses propres spécificités physiques, mentales et psychologiques en se prenant en charge, en agissant sur les chakras et en les rééquilibrant. Par exemple la vue, le foie et les fonctions digestives correspondent à Manipura chakra qui est le siège de la peur, des émotions rentrées et de la transformation de l’énergie en insatisfaction. En stimulant ce centre on agit sur la gestion de ses émotions et donc sur le fonctionnement de l’organe correspondant et sur les conséquences de ses dysfonctionnements, ici la migraine.

Certaines postures peuvent être privilégiées par les migraineux pour leurs effets bénéfiques sur les parties du corps, causes de migraines qu’elles réveillent. Elles relancent l’énergie et stimulent les chakras.
Les étirements et compressions provoquées par les postures ont des effets spécifiques sur les organes par un mécanisme analogue à celui de l’acupuncture ou du shiatsu.
Petit à petit les tensions lâchent et avec elles les douleurs qu’elles provoquent. »

Les postures debout

Vrksasana (posture de l’arbre)

Vrksasana, la posture de l'Arbre

Se référant à l’arbre symbole de la sagesse, cette posture améliore l’équilibre entre le physique et le mental. L’arbre est la représentation de la verticalité (symbole de l’ascension spirituelle) et de l’enracinement au sol (ancrage, intériorisation, confiance en soi).

L’étirement de la colonne vertébrale et la concentration sur le souffle ont un effet bénéfique sur la nuque et les muscles posturaux. La position des bras au dessus de la tête favorise l’ouverture de la cage thoracique. Une respiration lente et profonde procure une réelle détente physique et mentale.

SIRSA CAKRASANA (rotation de la tête)

Exercices pour la nuque

Très simple à exécuter sirsa cakrasana permet d’assouplir la région cervicale et de réduire les tensions de la nuque. En penchant la tête en arrière on agit sur le bulbe rachidien et on provoque une action de drainage et de nettoyage. En médecine chinoise c’est la porte du ciel. Elle libère l’énergie, stimule les nerfs crâniens et contribue à drainer les sinus. Exécutée très régulièrement elle contribue rapidement à réduire les migraines liées à un blocage du cou et des épaules.

Postures assises

Pascimottanasana (la Pince)

Posture de la Pince, Pascimottanasana

Active manipura chakra et donc agit sur le champ des émotions. Sur le plan physique outre l’étirement de la colonne vertébrale la posture agit sur le méridien du foie et de la vésicule biliaire (étirement de l’arrière des jambes). Elle active le système parasympathique et amène de la détente. Elle exerce également un massage de l’abdomen favorisant le fonctionnement des différents organes.

Maha Mudra (le mudra suprême)

Maha Mudra, le Grand Geste

Traditionnellement cette posture est destinée à sortir de l’ignorance pour arriver dans la lumière et à agir sur manipura chakra. Tous les muscles dorsaux sont sollicités et la posture permet de réveiller l’énergie. Les intestins, le foie et l’estomac sont massés et stimulés. En Inde cette posture est utilisée pour traiter les troubles du foie et de la digestion.

Postures inversées

Les postures inversées, considérées comme les postures reines, occupent une place importante dans le yoga. Elles favorisent le retour vers l’unité et sont considérées comme des gages de bonne santé. Elles placent surya (le soleil) plus haut que chandra (la lune) et permettent une meilleure combustion de l’agni (le feu intérieur). L’élimination des déchets est donc facilitée améliorant le fonctionnement de tous les organes.

Sarvanga asana et Halasana amènent le calme et la détente.

Sarvanga Asana (posture de la chandelle)

Sarvangasana, la posture sur les épaule ou posture de tout le  corps

Elle active les cinq sortes de souffles (panca prana) et donc tout le fonctionnement du mental. Elle symbolise la paix et l’harmonie.

Sur le plan physique elle favorise le retour veineux des membres inférieurs et des organes de l’abdomen. Elle agit sur les glandes surrénales qui secrètent le cortisol, l’adrénaline et la noradrénaline, hormones qui régulent le stress. Le corps est en appui sur les épaules ce qui provoque un massage de cette région et donc un relâchement des tensions.

Halasana (la charrue)

Posture de la Charrue, Halasana

La symbolique de la charrue traçant un sillon correspond au chemin de vie. C’est la nécessité de voir clair pour suivre la bonne voie. Posture de retournement, c’est une posture de libération, autant des ennemis intérieurs qu’extérieurs : qu’est ce que j’ai à libérer en moi. Sur le plan physique, en provoquant un étirement de toute la région postérieure du corps elle libère les tensions dorsales, provoque un massage abdominal et agit sur les points d’acupuncture.

Postures de torsion

Makara Asana (le Crocodile)

Posture du Crocodile, Makarasana

Symbolisme : le crocodile trouble l’eau calme (la conscience). Il représente l’instabilité mentale qui nuit à la sérénité en créant le désir toujours insatisfait. Makara asana aide à calmer les manifestations désordonnées de la conscience.

Posture de torsion sur le dos, elle permet de libérer les vertèbres sans l’effet de la pesanteur. Elle a un effet de décongestion et d’élimination des déchets en activant l’oxygénation du corps et la circulation sanguine. Elle provoque un massage du foie et de l’estomac et donc facilite les fonctions d’assimilation et d’élimination (purification du corps).Elle augmente la chaleur du corps.

La torsion permet un étirement du méridien VB et donc améliore le fonctionnement du foie. Elle contribue à stimuler l’énergie du corps et améliore la mobilité des vertèbres cervicales et lombaires.

Postures en extension

Dhanura Asana: Posture de l’arc

Dhanurasana, la posture de l'Arc

La posture favorise l’énergie et le feu gastrique. Elle permet de trouver la paix intérieure et l’unité. Sur le plan physique la pression sur l’abdomen stimule les organes de la digestion et a un effet très bénéfique sur toutes les glandes endocrines. Elle soulage également les douleurs dues à des pincements des disques vertébraux.

Relaxation

Shavasana

Shavasana, la posture du cadavre

Pour les scientifiques la réponse de la relaxation est une réponse physiologique antagoniste de celle de stress. L’une des définitions de la relaxation est: un entraînement dont l’objectif est de régulariser et d’harmoniser les fonctions physiologiques et psychologiques.

Pour de nombreuses personnes la détente n’est obtenue qu’après un exercice physique intense et violent : il s’agit d’une détente avec perte d’énergie.

Au contraire la relaxation procure une détente avec un gain d’énergie provoqué par un rassemblement des énergies dispersées.

Les séances de détente en yoga sont pratiquées le plus souvent dans la posture de SHAVASANA . Traduit en général par mort ou cadavre, shava signifie également immobilité (de la mort) et mourant (qui est encore conscient).

Les respirations lentes et profondes faites en début de séance stimulent le système parasympathique. Ensuite une respiration douce, fine et profonde relâche les nerfs, calme le mental. Tous les muscles sont détendus et la fatigue est remplacée par un gain d’énergie.

La relaxation amène une modification de la conscience, des rythmes cardiaque et respiratoire, de la résistance de la peau et du tonus musculaire.

L’immobilité la plus complète est indispensable car le mouvement le plus infime met en jeu toute une série de muscles créant des contractions.

Le calme intérieur induit par la relaxation a donc un effet très positif sur les migraineux.

Pranayama

La respiration est une fonction réflexe du corps, qui, pour la plupart des gens n’est utilisée qu’à 10 %. Elle est bien souvent le reflet de notre mental :

saccadée, rétrécie, bloquée, elle est synonyme de mal être. Fluide, tranquille, régulière elle révèle un mental calme. Cette fonction réflexe peut être améliorée par un travail corporel (action sur le diaphragme…).

La respiration est un révélateur immédiat de notre état en étant affectée par nos émotions : avoir le souffle coupé par la peur ou la surprise.

Le pranayama (prana le souffle, ayam : allonger, contrôler) peut se traduire par allonger le souffle. Cette gestion du souffle amène la gestion du mental en induisant le calme et l’équilibre, mais plus que le souffle physiologique le prana correspond plus à l’aspect énergétique de l’univers. A l’inspir on prend l’énergie vitale de l’énergie universelle.

Un état de confusion amène une respiration limitée, superficielle ou trop rapide ainsi qu’une crispation dans la nuque et des difficultés digestives.

Il s’agit donc de contrôler l’énergie par la respiration et pas uniquement de techniques de respiration. En allongeant le souffle on aide l’énergie à se fixer et à se diriger.

Le pranayama agit sur :

  • la régénération du corps (nadishodhana : purification).
  • l’équilibre émotionnel : calme le système nerveux, équilibre l’énergie psychique
  • le mental : apporte le calme et la clarté mentale, favorise le discernement.

Régulièrement pratiquée, la régulation énergétique permet d’éviter l’apparition de troubles physiques puisque l’on sait que les troubles énergétiques apparaissent avant les troubles organiques.

Pour les migraineux la respiration alternée, Anuloma Viloma, est tout particulièrement bénéfique.

Pratiquée dès l’apparition des premiers symptômes, elle peut éviter à la crise de s’installer. En effet ce type de respiration dynamise les deux hémisphères du cerveau. Pratiquée en position d’assise confortable, Sukhasana, elle permet d’équilibrer la circulation du prana dans Ida et Pingala et Shushumma les trois nadis principaux.

Sur le plan physique elle a un effet stimulant sur le système orthosympathique qui prépare à l’action en mobilisant les ressources du sujet.

L’Ayurveda

Mireille propose ensuite un chapitre sur les apports de l’Ayurvéda pour les migraineux: se référer au document dans son entier.

Conclusion

Grâce à sa pratique, Mireille explique ce que sa démarche personnelle en yoga lui a apporté:

« la disparition des troubles neurovégétatifs et l’apparition d’une certaine sérénité intérieure démontre bien l’action biologique de la pratique et la transformation de la personnalité qui découle de cette pratique.

La connaissance de soi, l’action sur le mental et le physique constituent une prise en charge de la santé et donc une véritable prévention permettant non seulement d’atténuer certains maux mais également d’en éviter l’apparition. »

Source à télécharger: Yoga et Migraine, Mireille Bellet Saliba, avril 2006 (pdf)

Merci à Mireille pour nous avoir partagé son expérience et ses connaissances.

7 réponses

avr 20 2011

Yoga et Migraine (1/2)

Cet article reprend des extraits du mémoire de Mireille, professeur de yoga, qui m’a gentiment proposé d’utiliser son document pour un article. Mais comme il s’agit d’un travail très complet, je le présenterai en 2 articles et je vous proposerai de télécharger son document (dans le courant de la semaine), si vous souhaitez approfondir ce thème.

Migraine et yoga

La migraine accompagne et pollue la vie d’un grand nombre de personnes. Sournoise, elle se dissimule mais semble toujours prête à surgir et prendre possession de la personne migraineuse.

Elle m’a accompagnée durant de très longues années, jamais très loin, me coupant du monde par moment.

Les progrès de la médecine et l’arrivée de nouveaux traitements m’ont permis de la juguler en partie, mais à quel prix ? Plusieurs prises de triptans par semaine, des essais de traitements de fond et leurs effets secondaires. La sensation d’être toujours entre deux migraines. Le remède miracle n’existe pas.

Qu’est-ce que la migraine?

La migraine est une céphalée (mal de tête). Elle se distingue du mal de tête ordinaire par sa fréquence, sa durée et son intensité. Il existe un consensus international, ce qui permet de comparer sa fréquence tout autour du monde.

Entre 12 et 15 % des adultes de 18 à 65 ans sont migraineux, soit 6 à 7 millions de personnes en France, avec une proportion de 3 femmes pour 1 homme.

Le facteur hormonal n’est pas à négliger puisque avant la puberté autant d’hommes que de femmes sont touchés, les grossesses et la ménopause influant sur la fréquence et l’intensité des crises.

La vie des migraineux est altérée de façon significative puisque environ 50 % d’entre eux présentent au moins 2 crises fortes par mois. Le handicap fonctionnel est toutefois vécu avec un certain fatalisme par la plupart d’entre eux, avec une démédicalisation importante. 82 % des migraineux n’ont en effet aucun suivi médical et 23 % d’entre eux n’ont même jamais consulté.

Les raisons sont multiples :

  • Fatalisme (hérédité) et recettes familiales
  • Crainte de la toxicité des antalgiques (effets secondaires importants pour certains)
  • Sentiment pour 55 % des malades n’ayant jamais consulté que la migraine est une source de douleur mais pas une maladie.

L’automédication est très fréquente et anarchique avec pour conséquences chez de nombreux patients des migraines par abus médicamenteux nécessitant un sevrage thérapeutique.

La migraine est source de souffrance physique et morale et constitue un réel handicap personnel, social et professionnel. Même entre les crises le migraineux est handicapé car il a tendance à organiser sa vie en fonction de la survenue éventuelle d’une crise, et essaie d’éviter tout facteur déclenchant. Cette attitude d’évitement peut devenir invalidante.

Les causes de la migraine

Les causes de la migraine sont encore le sujet de nombreuses controverses et il n’y a pas une, mais des causes (la médecine chinoise, elle, inventorie 15 à 17 types de céphalées). La crise de migraine naît quelque part dans le cerveau : une activation neuronale inappropriée déclenche un « orage » cérébral.

La migraine qui broie la tête, rend fou,
Egare les idées et disperse la mémoire
Ainsi qu’une poussière au vent
Guy de Maupassant

Il s’agit d’un mauvais fonctionnement du système neuro-végétatif et les crises proviennent de causes :

  • Héréditaires : on rencontre assez souvent plusieurs migraineux dans une famille et ils présentent des caractéristiques physiques similaires.
  • Endocrinologiques (hormones).
  • Alimentaires ou digestives : chocolat, fromage, alcool ; mauvais fonctionnement des fonctions d’assimilation et d’élimination (foie, pancréas, reins…) ; jeûne …
  • Psychophysiologiques : musculaires (tensions du haut du corps), cervicalgies, fatigue, sommeil (manque ou excès).
  • Psychiques : stress, contrariétés, colère (souvent rentrée), émotions…
  • Environnementales : atmosphériques (chaleur, vent).

On constate pendant la crise une modification du débit sanguin, mais contrairement aux idées reçues la dilatation des vaisseaux n’est pas la cause de la douleur.

Quel peut être l’apport du yoga pour un sujet migraineux?

A priori on ne recherche pas quelque chose de précis en débutant le yoga. En général c’est un sentiment d’insatisfaction et une recherche personnelle qui amènent au yoga.

Le yoga est à l’inverse de l’évolution du monde. Dans un monde en expansion de l’un (dieu) vers les autres, le yoga c’est revenir vers l’un, vers ce qui est réellement important et unique. C’est aussi accepter le lâcher prise en acceptant ce qui arrive sans recherche excessive de résultat et en acceptant l’autre dans sa différence. C’est également apprendre à se libérer du ressentiment.

Ni thérapie, ni activité physique, le yoga est avant tout une science, une discipline et une hygiène de vie. Il permet d’apaiser le mental par la maîtrise du corps et d’accéder à une meilleure santé physique grâce à un mental apaisé. Nous sommes une rencontre entre une conscience et un corps. Le yoga c’est libérer la conscience de la matière (du corps).

A suivre: les techniques du yoga favorables en cas de migraine

Source: YOGA ET MIGRAINE, Mireille Bellet Saliba, avril 2006


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avr 18 2011

Le Yoga, l’Ayurvéda et l’Âme

En cours de préparation de mon prochain stage de Yoga & Ayurveda, je me replonge dans les ouvrages du Dr. Vasant Lad et de David Frawley, deux de mes références essentielles. En Ayurveda, matière, esprit et spiritualité sont intimement liés.

Temple de Radha près de Vrindavan

Aussi loin que je m’en souvienne, je ressens profondément que le spirituel sous-tend toute chose.  Et, à ce stade de ma vie, l’Ayurveda est donc naturellement devenu un champ d’étude et d’expérimentation… Je vous partage ce texte, une  citation de David Frawley sur ce thème, que certains d’entre vous auront déjà lu ici en juin 2010:

« Le yoga, en tant que pratique spirituelle, n’est possible que pour l’âme, pour les personnes ayant éveillé leurs aspirations spirituelles et désirant dépasser le cycle des réincarnations.

Le yoga, en tant que pratique spirituelle, est impossible pour l’ego non éveillé ou immature qui l’utiliserait dans l’objectif de se promouvoir ou de plaisir personnel.

S’éveiller au niveau de l’âme représente la première étape d’une pratique authentique de yoga et précède même les yamas et niyamas qui nécessitent que nous prenions conscience de l’existence de l’âme pour pouvoir les pratiquer.

Si vous désirez pratiquer le yoga, vous devez vous demander:

« l’âme en moi est-elle éveillée et est-elle prête à réintégrer sa divinité ? »

La guérison ayurvédique est fondée sur la relation que nous entretenons avec l’âme qui est la source de la vie et de la force stimulante présente à l’origine de toutes nos facultés.

L’Ayurvéda agit par l’intermédiaire de la puissance de l’âme pour maîtriser notre corps physique et intégrer nos facultés dans le but d’ acquérir de l’harmonie et de l’équilibre.

Toute véritable guérison provient de l’âme, de l’être conscient en nous qui, une fois éveillé, devient la voie de transmission de la grâce divine. »

Parivritti  Janu Sirsasana

Source de la citation: Yoga et Ayurvéda : Autoguérison et Réalisation de Soi, David Frawley, Editions Turiya
Photo du haut: Prise au petit jour, à proximité de Vrindavan, au temple de Radha…

7 réponses

avr 12 2011

“Langhana” et “Brimhana”, les deux modalités du Yoga

Yoga Asana : la pratique peut être Lanhana ou Brimhana

En Yoga thérapeutique et en Ayurveda, on dit que la pratique peut être « Langhana » (principe de réduction), ou « Brimhana » (principe de tonification).

  • Une pratique Langhana « réduit » les tissus: elle convient par exemple à quelqu’un qui doit éliminer un excès de graisse, des toxines, de chaleur. Les personnes de constitution Kapha, ou Pitta, ou les jeunes pleins d’énergie, ont le plus souvent besoin d’une pratique Langhana, pour éliminer.
  • La pratique Brimhana « tonifie » les tissus: elle convient aux personnes maigres, affaiblies et frileuses. La pratique Brimhana vise à nourrir les tissus et à fortifier. Les personnes Vata, tout comme les personnes âgées, ont besoin d’une pratique Brimhana pour renforcer le niveau d’énergie et les tissus.

Une séance de Yoga peut être « Langhana » ou « Bhrimana », suivant les Asana et les Pranayama qui sont pratiqués… mais aussi suivant comment il sont pratiqués!

Exemple de la Salutation au Soleil (Surya Namskar):

De par sa nature (le mouvement), la salutation au soleil a une tendance « Langhana »; mais on peut aller plus loin, en modifiant le degré de sa modalité Langhana:

  • Pratique Langhana: 12 (6×2) salutations vigoureuses, à un rythme soutenu, de façon à faire circuler l’énergie et aider à l’élimination.
  • Pratique Brimhana: 8 (4×2) salutations pratiquées à un rythme lent et intériorisé, de façon à concentrer l’énergie et à renforcer l’organisme, sans épuiser.

Le Yoga Langhana (« réduction »)

  • Les Asana en mouvements, la pratique rapide, les extensions, les efforts font circuler l’énergie et « essorent » les tissus, par la stimulation de la circulation.
  • Les exercices de respiration (Pranayama) vigoureux allègent le corps et peuvent avoir un effet de « réduction » sur le long terme.
  • Le Pranayama qui met l’accent sur l’expiration prolongée et les rétentions poumons vides est Langhana; il accroît les éléments « Air » et « Ether ».
  • Pour une pratique Langhana, David Frawley recommande les Asana qui permettent de réduire les Dosha: la transpiration réduit l’eau et la graisse dans le corps (Kapha), mais elle contribue aussi à nettoyer le sang (Pitta). Les postures debout ont un effet réducteur sur Vata (disparition de l’agitation).
  • Les Asana qui augmentent le feu digestif (Agni) permettent de brûler les toxines et d’améliorer la digestion.
  • Les Asana Langhana ont un effet réducteur sur les organes et certaines parties du corps: jambes affinées, poumons nettoyés, stimulation des fonctions d’élimination du foie, etc.
  • Et pour terminer, il est intéressant de savoir que le « nettoyage » Langhana, sur le long terme, stimule la guérison et la croissance (tonification).

NB: Une pratique trop vigoureuse des Asana peut affecter l’énergie nerveuse. Les gens stressés ont besoin de faire attention à leur tendance à en faire trop; même si juste après, ils peuvent se sentir plus calmes et sattviques (« purifiés »).

Le Yoga Brimhana (« tonification »)

Les mouvements lents et un travail musculaire isométrique raisonnable (efforts musculaire sans mouvement), tonifient, consolident, et contribuent à la régénération. Les Asana Brimhana visent en premier le travail sur le tissu musculaire. Les muscles sont le support du corps entier. La pratique Brimhana travaille aussi sur des organes: le coeur et le foie, par exemple, sont renforcés. Les postures Brimhana réduisent Vata qui conduit à la déficience; elles stimulent une bonne circulation et le développement de tissus solides.

Les postures de fermeture, les postures assises, les postures immobiles, sont généralement tonifiantes.

Les exercices de respiration (Pranayama), même s’ils ont une tendance générale Langhana, ont pour effet d’augmenter le niveau d’énergie global. David Frawley explique que le Pranayama, accompagné d’une alimentation adaptée, peut même contribuer à la prise de poids. C’est un fait que j’ai observé sur des personnes très minces qui pratiquent le Pranayama quotidiennement.

Dans ce sens, il dit aussi ceci: le Pranayama qui met l’emphase sur l’inspiration et les rétentions prolongées poumons pleins tonifie et accroît l’élément « Terre » (la matière qui constitue les tissus).

Remarque importante

La définition de Langhana et Brimhana, dans cet article correspond à celles donnée par les textes ayurvédiques qui qualifient les thérapies. On considère ici le yoga comme une « thérapie » et on qualifie les effets de cette thérapie sur les tissus, soit :
- Langhana = réduction des tissus en excès et des toxines  et
- Brimhana = augmentation, régénération et renforcement des tissus affaiblis et « maigres ».

TKV Desikachar utilise aussi ces deux termes mais dans un sens totalement différent… qui inverse les termes:
- Langhana= pratique douce, ralentie, en-deçà des capacités (= réduction du rythme global du pratiquant, tranquillité)
- Brimhana= pratique intense, dépassement (=augmentation du tonus global du pratiquant).

NB: Je conserve pour la suite, le sens des mots, qui qualifie les thérapies en Ayurveda.

La synthèse Langhana-Bhrimana

Nous avons tous, quelque part en nous, une accumulation de toxines, d’excès de quelque chose; nous avons aussi certainement, un point plus faible énergétiquement parlant, ou un déficience tissulaire, si minime soit-elle.

La règle veut que l’on commence par « réduire » ou nettoyer » pour ensuite « tonifier », pour construire et régénérer. On ne reconstruit que sur quelque chose de sain.

Comme je le disais dans un article en août 2007, on ne déconnecte pas instantanément du schéma «faire pour être efficace» lorsque l’on vient du bureau et que l’on s’étend sur son tapis de yoga. Alors il est bien de s’accorder d’être dans le mouvement et un certain effort pour un temps, même dans son yoga. La dépense d’énergie physique est pour certains (plus encore pour les hommes) un besoin.

En cas de stress et d’hyperactivité, quelques salutations ou Asana plus vigoureux permettent de dépenser le surcroît d’énergie, d’éliminer les toxines, pour ensuite pouvoir se poser dans plus de calme. Pour cela, j’apprécie les salutations au soleil et les postures debout, en début de cours. De plus, l’énergie vitale est mise en circulation dès le début de la séance.

Ensuite, la pratique des postures se fait assis ou allongé. Elle est plus lente, calme, intériorisée. Elle conduit au non faire. Dans la deuxième partie de la séance, les postures privilégient l’immobilité L’attention est conduite vers l’intérieur. On renforce le corps, la circulation, le système nerveux et les tissus, dans une pratique moins physique.

La détente allongée (Savasana) permet enfin le renouvellement de l’énergie. C’est le moment durant lequel on s’imprègne de cette nouvelle énergie, le véritable moment de rechargement, celui durant lequel les effets subtils de votre séance opèrent. A négliger sous aucun prétexte!

Bon yoga!

Source: Yoga for your type, David Frawley & Sandra Summerfield Kozak, New Age Books

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