Archives de la catégorie 'Sagesses / Réflexions'

juin 22 2014

Cycle « Yoga et Ayurveda » – Nouvelles

Week-end de stage d'été - cycle Yoga Intégral et Ayurveda au fil de saisons

Mandala

Si l’Ayurveda est l’«art de vivre» ou la «connaissance de la vie»,
alors les pratiques du Yoga font partie de l’Ayurveda.

Quant à l’état suprême de Yoga, il est l’Ayurveda
porté à son plus haut degré d’harmonie.

Ainsi donc, Ayurveda et Yoga sont intimement liés, jusqu’à cette expérience rare et ultime.

Les saisons nous relient à Prakriti, la Nature extérieure, et nous font expérimenter sa diversité.
Parallèlement, les pratiques yogiques nous conduisent à expérimenter la Prakriti intérieure, la Nature profonde, en nous-même.

L’équilibre entre l’une et l’autre Prakriti est l’objet de l’Ayurveda.
Le Yoga nous amène à expérimenter, in fine, que Nature intérieure et extérieure sont UNE.

Mandala

Week-end de stage d'été - cycle Yoga Intégral et Ayurveda au fil de saisons

Le texte ci-dessus était l’une des conclusions du cycle « Yoga et Ayurveda au fil des saisons » qui s’est terminé le week-end dernier.

Cette expérience parisienne de 4 week-ends sur l’année scolaire a été une réussite sur plusieurs plans. Je qualifierai ce cycle de  « très grands stages » (entre 42 et 52 participants à chacun de ces 4 week-ends), alors qu’en général, je donne ma préférence aux petits groupes de 16 à 20 personnes…

Au fil des week-ends, une harmonie s’est créée. Les repas ayurvédiques servis par Raphaëlle Gras et son équipe (Association CHARDI KALA), y ont d’ailleurs contribué.

Je me suis réjouie de l’accueil du yoga dans ses multiples dimensions: asanas, mudras, pranayamas, chants et étude/conférences. 

Le prochain stage sera celui du 16 au 21 août, au Hameau de l’Étoile: « Yoga intégral et initiation au Chant védique. »

Entre deux, des changements se profilent à l’horizon, vu que je vais devoir finalement créer une nouvelle structure pour héberger mes activités, dans les jours qui viennent, afin d’y ajouter l’école de formation à l’enseignement du yoga. Après de longues réflexions et de multiples rebondissements, les choses semblent s’éclaircir enfin. J’en dirai bientôt plus.

Ces changements influeront un peu sur les sites Internet, mais je souhaite que la transition se fasse en douceur. Pas de gros changements en perspective pour le blog, donc.

Je répondrai bientôt aux derniers commentaires.

Namaste

Week-end de stage d'été - cycle Yoga Intégral et Ayurveda au fil de saisons

 

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avr 30 2014

Le Kupinam, une histoire de sagesse de Swami Vijayananada

Publié par sous Sagesses / Réflexions

Voici une histoire à propos de la fascination des biens matériels, trouvée dans « Un français dans l’Himalaya, itinéraire avec Ma Anandamayi« , textes rassemblés et présentés par Jacques Vigne.

Sadhu avec son Kupinam

Swami Vijayânanda trouvait cette histoire si importante qu’il disait en souriant qu’on devrait l’afficher dans toutes les chambres de tous les âshram…

Mandala

Il était une fois un guru qui avait un très bon disciple, un brahmacharin qui était inspiré par l’esprit de renoncement: il ne possédait rien, si ce n’est un kupinam (Kupinam, linge servant de caleçon, le vêtement minimum). Un jour, son guru lui dit:

«Tu vas te rendre dans un endroit isolé pour t’y consacrer à la méditation. Je te donnerai un mantra et je viendrai voir dans quelques années comment ça va.»

Alors notre jeune homme est parti et s’est mis à pratiquer la méditation selon les instructions de son guru. Son programme journalier était le suivant: le matin il se levait, lavait son kupinam, le faisait sécher sur l’herbe, puis commençait sa méditation.

Ensuite, vêtu de son seul kupinam, il allait au village pour mendier sa nourriture; il revenait pour le repas et s’asseyait de nouveau pour la méditation.

Un jour, un rat ou une souris fit des trous dans son kupinam. Notre brahmacharin était désespéré; c’était sa seule possession. Il l’a raccommodé tant bien que mal et, en mendiant sa nourriture au village, il a dit aux gens qu’il n’avait plus de kupinam. Les villageois lui dirent:

«Cela ne fait rien, on va te donner un autre kupinam!»

Ainsi fut fait. Il était tout à fait heureux avec son nouveau kupinam, et il a recommencé son programme journalier. Quelques jours après, la même histoire s’est reproduite.

Une souris a de nouveau fait des trous à son kupinam; il va de nouveau au village et redemande un kupinam que les villageois lui ont volontiers donné. Cette histoire est arrivée deux ou trois fois. Finalement, les gens se sont fatigués et lui ont dit:

«Bâbâ, on ne va pas te donner tous les jours un nouveau kupinam! On va te donner un chat, tu le garderas près de toi, le chat chassera les souris et celles-ci ne viendront plus manger ton kupinam!»

Le brahmachârin a alors emmené son chat, et les souris se sont éloignées. Il était tout heureux, son kupinam n’était plus déchiré par les souris. Seulement voilà, il y avait un autre problème. Il fallait nourrir le chat, lui donner du lait. De ce fait, quand il allait au village, il demandait aux gens:

«S’il vous plaît, donnez-moi aussi un peu de lait pour mon chat.»

Les villageois lui ont donné volontiers du lait pour le chat. Cela s’est reproduit plusieurs jours, pendant une semaine ou deux, et les villageois ont fini par se fatiguer.

«Eh, Bâbâ, on ne va pas te donner tous les jours du lait! On va te donner une vache, tu vas la traire et tu auras du lait pour nourrir ton chat.»

Alors il a emmené la vache, a apprit à la traire et ainsi il a eu du lait tous les jours pour lui et pour son chat.

Mais un nouveau problème est apparu: il fallait nourrir la vache. Quand il allait mendier, il demandait aux villageois de lui donner du foin pour nourrir sa vache. Les villageois lui ont d’abord donné du foin, puis finalement se sont lassés et lui ont dit:

«Eh, Bâbâ, on ne va pas toujours te donner du foin! Il y a des terres en friche près de ton âshram. Tu vas les cultiver, on va te donner du blé à semer, il va pousser, tu auras du blé pour faire tes roti (Roti, galette de froment), et tu auras de la paille pour ta vache.»

Alors il a dit oui, car il était obéissant et très influençable, comme beaucoup de brahmachârin et de sâdhu. Il a fait cela, récolté son blé, en a semé une partie à nouveau, a commencé à stocker de la paille.

Finalement, au cours des années, il n’a plus pu faire le travail lui-même. Il a dû demander aux villageois des hommes pour l’aider. Au début, il lui en ont donné, mais après ils lui ont dit:

«Bâbâ, on va te donner une femme, tu vas te marier avec elle, elle t’aidera, elle te donnera des enfants et les enfants t’aideront à leur tour.»

C’est ce qu’il a fait, et petit à petit son âshram s’est transformé en une grande propriété, avec des greniers pour le foin et le blé, des ouvriers comme dans une entreprise. Un jour, son guru est venu. Il a vu la ferme, avec des gens occupés à droite et à gauche. Il a demandé à un homme:

«Dis donc, j’avais mis un brahmachârin ici, qu’est-il devenu ? Est-il parti?»

L’homme répondit :

«Non, non, il est debout là-bas.»

Notre brahmachârin était habillé comme tout le monde, il donnait des ordres à ses ouvriers. Son guru s’est approché de lui. Quand le brahmachârin l’a vu, il est tombé à genoux et a dit :

«Guruji, regardez! Tout ça, c’est à cause d’un kupinam!»

 

Mandala

Rencontrer Swami Vijayananda, de son vivant, en vidéo:

Mandala

Merci à Béatrice qui m’a rappelé cette jolie histoire du Kupinam!

Source de l’image: Sadhu et son kupinam: Wikipedia

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mar 19 2014

Vallée des Saints – Citations

Ce soir, c’était une bouffée d’oxygène en plein milieu des préparatifs de stages. Nous avons pris 2h pour aller visiter la Vallée des Saints et y prendre notre repas du soir, sous forme de pique nique dans l’herbe. Une merveilleuse idée qui m’a donné l’énergie nécessaire pour reprendre le travail (je viens de rentrer de 2 semaines de déplacement et j’ai du retard!). Voici les premières photos, accompagnées de quelques citations…

La Vallée des Saints (Canoët - 22)

« Au printemps, au milieu de l’exultation de la Nature et en plein réveil des sens, il convient de ralentir et d’opter pour la simplicité dans sa vie. Faire de l’espace positif (Sukha) pour ce qui revitalise réellement le corps et l’âme… »

Mandala de la Sagesse

La Vallée des Saints (Canoët - 22)

« Je mêle Dieu à ma vie quotidienne, sans plus de façon.
J’ai Dieu en poche,
avec mon mouchoir, mon porte-monnaie et mes clefs,
j’ai une étoile filante dans mon gousset. »
Henri Brunel

Mandala de la Sagesse

La Vallée des Saints (Canoët - 22)

« La spiritualité ne consiste pas à jouer de façon désinvolte avec les désirs, les ambitions, les théories et les idées. Quand il y a croissance, quand il y a transformation intérieure, cela se reflète dans votre conduite réelle. La qualité de l’être se manifeste par son extension aux relations humaines. »
Vimala Thakar

Mandala de la Sagesse

Photos prises à la Vallée des Saints, Carnoë, 22. Un lieu à voir absolument, si vous passez par la Bretagne (c’est à un peu plus de 20km de chez nous). A ce jour, on compte trente-six statues.

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mar 01 2014

«Comment sont les gens dans cette ville?»

Publié par sous Sagesses / Réflexions

Une jolie histoire courte!… Je la partage de temps en temps dans les stages.

Petites filles népalaises

Il était une fois, un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s’approcha et lui demanda:

— «Je ne suis jamais venu ici, comment sont les gens qui vivent dans cette ville?»

Le vieil homme lui répondit par une question:

— «Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens?»

— «Égoïstes et méchants… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir» dit le jeune homme.

Et le vieillard de répondre:

— «Tu trouveras les mêmes gens ici».

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question:

— «Je viens d’arriver dans la région, comment sont les gens qui vivent dans cette ville?»

— «Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens?»

— «Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis, j’ai eu beaucoup de mal à la quitter», répondit le jeune homme.

— «Tu trouveras les mêmes ici» répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux à côté avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme s’éloigna, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche:

— «Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes?»

— «Mon fils, dit le vieil homme, celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres. Chacun porte son univers dans son cœur».

Mandala de la Sagesse

Je m’en vais pour une semaine d’ayurveda… puis pour le congrès de Yoga Suisse à Berne… et enfin une journée de « Yoga et Ayurveda » chez Yoga7, à Genève.

A bientôt et bon Yoga!

Mandala de la Sagesse

Sources:
Cette histoire se retrouve à plein d’endroits sur internet. Pas de source disponible.
Photo de Mireille Saliba. Merci Mireille.

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fév 04 2014

Charaka parle du Soi, de l’âme

Citation de Charaka, un des plus grands auteurs classiques de l’Ayurveda, la médecine traditionnelle indienne:

Plage bretonne - Yogamrita

« L’âme est dépourvue de toute pathologie.

Elle est la cause de la manifestation de la conscience à travers l’esprit et les éléments (son, toucher, vision, goût, odeur).

Elle est éternelle.

Elle est un observateur, l’observateur de toutes les activités (du corps et de l’esprit). »

Caraka Samhita

Plage écume - Yogamrita

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jan 11 2014

Il n’y a pas de fin à l’apprentissage

Peinture décorative au sol, à la Maison de l'Inde à Paris

J’ai lu récemment une jolie citation de Charaka, auteur ancien en Ayurveda, qui peut s’appliquer à tous les domaines.
La voici:

« Il n’y a pas de fin à l’apprentissage de l’Ayurveda.
Vous devriez vous consacrer attentivement
et constamment  à son étude.
Améliorez vos connaissances
en apprenant des autres sans jalousie.
Le sage considère le monde entier comme son enseignant,
alors que l’ignorant le considère comme son ennemi. »

Charaka [1]

[1]  Texte original: « There is no end to Learning Ayurveda. You should carefully and constantly devote yourself to its study. Increase your skill by learning from others without jealousy. The wise regard the whole world as their teacher, while the ignorant consider it to be their enemy. – Charaka » tiré de « Ayurveda, Nature’s Medecine« , Dr. David Frawley & Dr Subahsh Ranade, Lotus Press, 2001.

La photo est une peinture décorative sur le sol de l’accueil de la Maison de l’Inde, Cité universitaire, Paris.

PS: Je serai absente la semaine prochaine (semaine d’Ayurveda!). Je répondrai aux récents commentaires à mon retour.

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déc 05 2013

Parabole de l’éléphant

Publié par sous Sagesses / Réflexions

La célèbre parabole de l’éléphant est ici racontée par le poète mystique Rûmî…

La parabole de l'éléphant - éléphant dans un temple

« L’éléphant se trouvait dans une maison obscure: quelques hindous l’avaient amené pour l’exhiber.

Afin de le voir, plusieurs personnes entraient, une par une, dans l’obscurité.

Étant donné qu’on ne pouvait le voir avec les yeux, chacun le tâtait dans le noir, avec la paume de la main.

La main de l’un se posa sur sa trompe; il dit: « Cette créature est comme un tuyau d’eau. »

La main d’un autre toucha son oreille: elle lui parut semblable à un éventail.

Un autre, ayant saisi sa jambe, déclara: « Je trouve que la forme de l’éléphant est celle d’un pilier. »

Un autre posa posa la main sur son dos et dit: « En vérité, cet éléphant est comme un trône. »

De même, chaque fois que quelqu’un entendait une description de l’éléphant, il la comprenait d’après la partie qu’il avait touchée. Selon l’endroit vu, leurs affirmations différaient; un homme l’appelait Dal, un autre Alif.

Si chacun d’eux avait tenu une chandelle dans sa main, la différence aurait disparu de leurs paroles.

L’œil de la perception sensorielle est seulement comme la paume de la main: la paume n’était pas en mesure d’atteindre la totalité (de l’éléphant).

L’oeil de la Mer est une chose, l’écume en est une autre; laisse là l’écume et regarde avec l’oeil de la Mer.

Jour et nuit, se meuvent les flocons de l’écume qui proviennent de la Mer; tu vois l’écume, non la Mer. Que c’est étrange!

Nous nous heurtons les uns contre les autres, comme des barques; nos yeux sont aveuglés, bien que nous nous trouvions dans l’eau claire.

O toi qui t’es endormi dnas le bateau du corps, tu as vu l’eau: contemple l’Eau de l’eau.

L’eau a une Eau qui la pousse, l’esprit a un Esprit qui l’appelle. »

Mathnawî, III, 1270 s

Source: Texte: Rûmî et le soufisme, Eva de Vitray – Meyerovitch, Editions du Seuil, Collection Maîtres Spirituels, 1977. Image: Merci à Chantal pour cette jolie carte postale d’Inde.

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nov 28 2013

Le concours aux mille pièces d’or

Publié par sous Sagesses / Réflexions

Il était une fois, il y a bien longtemps, en Inde… un roi qui, par ennui ou pour s’amuser, proposa à ses sujets un concours. Il fit dire dans tout le royaume que celui qui réussirait rester debout dans la rivière toute une nuit, recevrait mille pièces d’or. C’était l’hiver et l’eau de la rivière était extrêmement froide. Le roi, très concerné par ses richesses, était persuadé que personne ne pourrait relever le défi…

Maharaja (Inde)

 En effet, quasiment personne n’osa tenter de passer la nuit debout dans la rivière… et les rares téméraires qui le firent, ne tinrent guère plus d’une heure dans l’eau glacée…

Dans la ville vivait un vieil homme très pauvre. Il avait une fille qu’il souhaitait marier. Cependant, son extrême pauvreté ne lui permettait pas d’honorer les frais du mariage. Comme il souhaitait le bonheur de sa fille, il cherchait par tous les moyens à obtenir la somme nécessaire à son mariage.

Un jour, il entendit parler du concours du roi. Il fut persuadé avoir trouvé le moyen de marier sa chère fille. Il se rendit donc au palais, parla aux ministres du roi. Il leur demanda de préparer les mille pièces d’or, car il allait passer la nuit prochaine debout dans la rivière…

La nuit venue, quelques hommes de confiance du roi était sur les berges de la rivière pour assister à la tentative du vieil homme. Ce dernier rentra dans l’eau glacée de la rivière. Il sentit le froid profond qui le pénétrait. Il se tint debout et resta. Il vit en face de lui, sur l’autre berge, une petite maison, faite de bouse de vache. Par la fenêtre, il pouvait voir qu’il y avait une bougie allumée. Il imagina la chaleur que la flamme de la bougie devait dégager. Il resta ainsi debout, l’esprit totalement absorbé par cette petit flamme lointaine… Les heures passèrent, le jour pointa et Surya, l’astre solaire, se leva majestueusement sur la rivière: le vieil homme avait réussi!

La Yamuna à Vrindavan (Inde)

Le roi fut très surpris par cette incroyable nouvelle et fort contrarié. Il n’était pas prêt à se défaire de mille pièces d’or et réfléchit à comment éviter de payer l’homme. Il le fit convoquer. Assis sur son trône, le vieillard debout devant lui, le roi lui demanda comment il avait réussit son exploit.

Le vieil homme répondit très simplement, en lui racontant la vérité: il avait regardé la flamme de la bougie dans la maison sur la berge d’en face et s’était imaginé sa chaleur. Il demeura ainsi dans l’eau jusqu’au lever du soleil.
A la surprise de tous ses ministres, le roi dit au vieil homme qu’il ne recevrait pas les milles pièces d’or, car il avait triché en se réchauffant grâce à la bougie. Le vieil homme reparti abasourdi. Sa nuit dans l’eau glacée l’avait éprouvé. Le désespoir de cette nouvelle l’affaiblit et il tomba malade.

Le premier ministre du roi était un homme intègre, intelligent et excellent conseillé, envers lequel le roi avait totale confiance. Il perçut toute l’injustice de la décision du roi et se dit qu’il allait trouver un moyen de faire comprendre au roi son erreur.

Il invita le roi à venir chez lui le lendemain pour le déjeuner. Il lui expliqua qu’il souhaitait faire goûter à son roi des mets raffinés et des douceurs rares. Le roi accepta avec joie l’invitation du premier ministre. A onze heure, le ventre encore presque vide pour apprécier pleinement les mets promis, il se rendit chez son ministre.

Le ministre le reçut dans sa maison. Il avait agréablement installé des coussins pour s’asseoir confortablement son roi. Il lui servit un verre d’eau dans un gobelet d’argent. Puis il dit : 

« Votre Majesté, le repas est en cours de préparation. Dès qu’il sera prêt, mon serviteur vous apportera les mets délicieux que je vous ai promis. »

Le roi estimait beaucoup son ministre et se montra compréhensif. Tous deux commencèrent à parler des affaires du royaume en attendant que le repas fût prêt.

Vers 13h, le roi s’inquiéta de ne toujours pas voir arriver son repas. Le ministre lui dit qu’il allait voir où en était la préparation des plats. Après quelques minutes, il revint et dit au roi:

« Le repas n’est pas encore prêt. Votre majesté, je sais combien vous êtes occupé, mais veuillez encore attendre encore un peu, je vous prie. Voici encore un peu d’eau pour vous désaltérer. »

Il était maintenant 16h et le roi s’impatientait de plus en plus. Mais le respect pour son ministre l’obligeait à rentrer la colère qui pointait. Il lui demanda ce qui se passait et si le repas allait être servi.  Le ministre alla vérifier l’avancement du repas en cuisine puis revint et répondit:

« Mon roi, le repas n’est pas encore prêt. La cuisson prend du temps, mais elle est en bonne voie. Je vous prie de patienter encore un peu: vous ne serez pas déçu… Voulez-vous encore un peu d’eau en attendant? « 

La nuit tombait maintenant. A vrai dire, c’était l’heure du dîner déjà. Le roi éclata et exprima sa contrariété et sa profonde irritation. Il se leva et dit:

Cher ministre, vous moquez-vous de moi? Comment est-il possible que le repas ne soit pas encore prêt? Je veux voir de mes yeux ce qui se passe. Menez-moi sur le champ en cuisine!

Le ministre l’emmena. Au milieu de la pièce, le roi vit le chaudron suspendu, empli des mets préparés. En dessous, brûlait une simple bougie en guise de feu. Le roi ne comprit pas. Alors le ministre expliqua:

« Hier, vous avez dit au vieil homme qui avait passé la nuit dans l’eau qu’il avait triché car il s’était réchauffé à l’aide de la bougie qui brûlait dans la cabane de la maison sur la berge en face de la rivière. Me fiant à votre savoir, je me suis dit que, si une simple bougie avait réussi à réchauffer un homme dans la rivière glacée, une telle bougie devrait suffire pour cuire votre repas royal. »

Le roi comprit son erreur. Il remercia son ministre pour ce qu’il venait de lui enseigner. Il rentra à son palais et fit convoquer le vieil homme, lui fit remettre les mille pièces d’or qu’il avait gagnées.

Le temps du mariage venu, il paya aussi tous les frais du mariage de la fille du vieil homme courageux…

Agni, le Feu

Mandala rouge

Cette histoire a été proposée en introduction à l’étude d’Agni, le feu digestif, en Ayurveda. Je profiterai d’un prochain article sur le blog, pour écrire un peu à ce sujet et proposer une recette stimulant Agni… afin qu’il soit plus efficace à digérer les repas, que la bougie du ministre à cuire celui du roi!

Mandala rouge

Sources:

Histoire racontée par le Dr Garima, Vaidya, médecin ayurvédique au Jiva Institute (Faridabad, Inde), que j’ai ensuite rédigée.

Image du Maharaja: Ceci est une reproduction photographique fidèle d’une œuvre d’art originale en deux dimensions. L’œuvre d’art elle-même est dans le domaine public. Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré. Ceci est valable en Australie, ainsi que dans l’Union européenne et dans les pays où le copyright a une durée de vie de 70 ans ou moins après la mort de l’auteur. ‘Domaine Public aux États Unis’.  Par Bichitr [Public domain], via Wikimedia Commons. http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AMaharaja_Jai_Singh_of_Amber_and_Maharaja_Gaj_Singh_of_Marwar%2C_1630.jpg

Image du feu: http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AFeu.jpg. By Verber31 (Photo d’un feu de camp) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/3.0)], via Wikimedia Commons du feu

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oct 26 2013

A propos des mémoires et du temps

Publié par sous Sagesses / Réflexions

Voici quelques notes et citations intéressantes, après lecture d’un texte de Vasant Lad, à propos de nos mémoires, du temps et du passé…

Pleine lune sur la Ria d'Etel, à Nestadio - stage de yoga 2013

« Le temps et l’espace sont un ». « Il n’y a pas d’espace sans le temps. Le temps est espace et l’espace est distance ».

Temps et espace engendrent distance et division. La distance (distance psychologique) crée la séparation entre l’observateur et l’observé.

Or il est possible d’observer pleinement un objet sans cette distance psychologique. C’est faire un avec lui, ne pas établir de séparation, et découvrir que l’observateur est l’observé.

Si une personne peut faire cela, une transformation est possible.

D’habitude, les pensées se cristallisent: griefs et tristesse sont stockés dans les mémoires biologiques, la matière blanche du cerveau, les nerfs et les cellules. Les blessures s’installent dans le mental subconscient. 

Si les pensées sont ainsi cristallisées, se modèlent en  nous des schémas de pensée et une certaine rigidité qui crée attitude de jugement et confusion intérieure. 

Mais, dit Vasant Lad, une transformation est possible. Il existe en soi un espace au-delà du temps et du vieillissement. On peut s’y connecter par la conscience sensitive.

Dans cet espace, on vit dans le présent. L’ « espace sans temps », c’est l’éternité. Cette attitude intérieure revient à « vivre avec Dieu ».

« Le Ciel n’est pas un lieu géographique, c’est une qualité de conscience ».

Ainsi Vasant Lad suggère de ne pas vivre dans le passé:

« Le changement ne peut pas se produire dans le passé. Le passé et mort et révolu ».

Il dit aussi: « La cause racine du manque de communication est l’interférence du passé dans le présent ».

La relation à l’autre est un miroir qui peut beaucoup nous apprendre, sur nous et nos motifs subconscients cachés. Les relations peuvent nous faire nous interroger et entreprendre un travail d’investigation sur notre nature propre.

Clarté de la perception sensorielle et spiritualité vont ensemble. Quand les mémoires négatives « gouvernent », la sensibilité diminue. Le subconscient apporte une image qui interfère avec la clarté de l’observation.

Regarder un objet au travers des mémoires anciennes embrume la vue parce que nous le filtrons au travers d’une image du passé.

Quant nous vivons dans le maintenant, sans séparation, ni jugement, apparaît la possibilité d’une transformation profonde…

Mandala rouge

Source: Synthèse écrite à partir des pages 76 et 77 de  » Textbook of Ayurveda – Fundamental Principles », Vasant Lad, The Ayurvedic Press, 2002

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août 17 2013

Quelques mots « en train »

Publié par sous Sagesses / Réflexions

Quelques mots égrainés « en train », sur le chemin du retour vers la Bretagne, avec en fond, une photo du Mont-Blanc, tel qu’il nous est apparu jeudi, lors d’une magnifique promenade dans les alpages de la Vallée Verte (Haute-Savoie).

Mont Blanc, vue lointaine lors d'une promenade d'Alpage (Croix d'Or, Valée Verte, près de Bogève)

« Au-delà des « certitudes » du Passé,

Par delà les « logiques » et les « vouloirs » des « Demains »,

Poser un Regard Neuf.

Percevoir l’inébranlable Incertitude de l’Existence,

Embrasser la Mouvance, inhérente à l’Universel Inconnu,

S’y reposer en confiance,

S’y abandonner avec délice. »

Namaste

3 réponses

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