mai 20 2009
Conseils de maître pour la pratique du Pranayama
Demain matin débute le stage de Yoga et Pranayama, un thème qui m’inspire beaucoup. Le Pranayama s’approfondit au travers d’une pratique régulière. Il est difficile de pratiquer par intermittences car alors, on ne “rentre pas vraiment dedans”. En guise de rappel pour ceux qui savent déjà , ou en guise de marche à suivre pour ceux qui veulent s’y mettre, voici des conseils tirés de “Science du Pranayama” de Swami Sivananda. Je les ai sélectionnés, résumés et classés, pour en faciliter la lecture.

Bonnes conditions de la pratique du Pranayama
- Swami Sivananda recommande de pratiquer le matin, si cela est possible, après être allé à selle.
- Nettoyer les narines complètement (Jala Neti, Sutra Neti) avant la pratique.
- Se lever tôt. Méditer. Faire les Asana. Se reposer ¼ d’heure. Puis commencer le Pranayama de bonne heure. Car le mental est calme et reposé. Il est aussi possible de faire le Pranayama dès le lever, avant la méditation. Cela contribue à la qualité de la méditation… Mais l’emploi du temps dépend des possibilités et des goûts de chacun.
- Avant le Pranayama, boire de la tisane, un peu de jus de fruit ou de lait [de nos jours, le lait est souvent déconseillé, car il génère du mucus].
- Pratiquer dans une pièce bien aérée et éviter d’être dérangé. S’asseoir en regardant le nord.
- Prenez connaissances des recommandations traditionnelles en matière de Pranayama. Puis, découvrez par vous-même, selon votre santé et votre constitution, quel régime alimentaire vous convient le mieux et quel Pranayama particulier vous aidera plus qu’un autre.
- La régularité est importante. Mais le Swami conseille de s’arrêter de pratiquer, si l’on est malade. Ne pas s’arrêter au bout de 2 mois, persévérer…
- Évitez de prendre un bain immédiatement après le Pranayama. Reposez-vous ½ heure. Attendez au moins 10 minutes avant de manger.
Pratique
- Opter pour une assise stable. Développer l’immobilité du corps, pendant le Pranayama permet de concentrer le mental.
- Au commencement, compter les temps de l’IN (inspiration), RPP (rétention poumons pleins), EX (expiration) pendant plusieurs jours. Réciter OM en pratiquant ou compter les temps. Certains écoutent les battements de leur cÅ“ur. Puis, les proportions viennent d’elles-mêmes lorsque vous pratiquez l’IN, la RPP et l’EX aussi longtemps que vous le pouvez. Quand vous êtes plus avancé, il n’est plus besoin de compter, ou d’avoir en tête les unités de mesure. Vous vous installerez naturellement dans le bon rythme à force d’habitude. Les poumons vous indiqueront le moment où le temps s’achève.
- On peut pratiquer le Pranayama sous sa forme préparatoire dans n’importe quelle posture, assis ou même en marchant. On en retirera toujours des bénéfices.
- Comprenez les instructions clairement. Si vous avez le moindre doute, demandez à un étudiant plus avancé ou à un professeur de vous montrer l’exercice. Puis pratiquez-le. C’est la manière la plus sûre.
- Un néophyte devrait inspirer sans retenir le souffle. Ceci pendant quelques jours. Il expirera longuement. La proportion entre l’inspiration et l’expiration sera 1 : 2.
- Inspirez et expirez toujours très lentement, le plus silencieusement possible.
- Pratiquer Japa (répétition de mantras, du Om, p. ex) est favorable au Pranayama. On peut terminer le Pranayama par une courte méditation.
- La patience est reine. Pratiquer au moins 15 minutes par jour au début, régulièrement, pendant plusieurs jours consécutifs. Choisir un exercice pour votre pratique quotidienne et améliorez le au plus haut degré. Pratiquer régulièrement Bhastrika, Kapala Bhati et Anuloma Viloma.
- Si un exercice vous est désagréable, analysez les raisons des ennuis qu’il cause à votre corps. Consultez votre professeur et si nécessaire, pratiquez un autre Pranayama.
- Augmentez progressivement la durée de Kumbaka. Première semaine : 4 secondes. Deuxième semaine : 8 secondes. Troisième semaine : 12 secondes, … jusqu’à ce que vous soyez capable de retenir le souffle au maximum de vos capacités respiratoires.
- Décrisper le visage pendant les Kumbaka (rétentions): cela est signe de tensions mentales ou de dépassement de ses capacités.
- Arrangez-vous pour que l’IN, la RPP et l’EX soient toujours dans les limites de vos capacités. Ne ressentez jamais de suffocation ou de gêne, pendant tout le temps du Pranayama. Vous ne devriez jamais éprouver le besoin de reprendre quelques respirations normales entre deux cycles successifs. Ajustez convenablement la durée de l’IN, de la RPP, et de l’EX. Alors la pratique deviendra facile et portera ses fruits.
- Ne prolongez pas outre mesure le temps d’EX. Si vous le faites, l’IN suivante sera précipitée et son rythme perturbé. Vous devez donc maîtriser soigneusement les 3 phases : IN, RPP, EX – de façon à ce qu’elles soient confortables pendant la totalité des cycles (et non seulement pendant 1 seul cycle). L’expérience et la pratique vous guideront.
- Autre facteur importante : maîtrisez vos poumons à la fin de la rétention afin de pouvoir expirer doucement et dans la proportion de l’IN.
- A la fin de la rétention, retirez votre mental de tous les objets extérieurs. La pratique progressive vous enracinera dans le Raja Yoga.
Hygiène de vie
- Si vous voulez progresser sur la voie du Pranayama, éviter de trop manger et de trop dormir. Évitez les opposés aussi ! Éviter de veiller ou de trop jeûner.
- Au déjeuner, ajouter un peu de beurre clarifié au riz lubrifie les intestins et facilite la descente du Prana.
- Arrêtez le Pranayama quand vous êtes fatigué. Vous devriez vous sentir heureux, revigoré et reposé après la pratique. Ne vous imposez pas des règles trop sévères et trop nombreuses. Mais le célibat, pendant une pratique très intensive est recommandé (abstinence).
- L’irrégularité des rythmes de vie est un obstacle au yoga, de même qu’une nourriture malsaine et un travail mental excessif.
- Asana et Pranayama améliorent la santé, accélèrent la digestion, donnent un mental stable (suppriment Rajas), et éveillent la Kundalini.
- A chaque fois que l’on se sent mal à l’aise, déprimé ou découragé, pratiquer le Pranayama redonne vigueur, énergie et force.
Bien sûr ces conseils – très nombreux – d’une approche classique et indienne du yoga, peuvent surprendre. Néanmoins, il est intéressant d’en avoir connaissance, du moment qu’on les replace dans le contexte de la vie des Sadhu ou des ashramites à Rishikesh, sous la guidance d’un maître…
Namasté et
Bon yoga!














