Archives de la catégorie 'Philosophie'

jan 07 2010

Swami Satyananda Saraswati s’est éteint

Swami Satyananda Saraswati s’est éteint à ce monde : le Swami a quitté son corps à minuit le 5 décembre 2009.

Développer le spirituel en soi, c’est libérer la force créatrice.

Swami Satyananda Saraswati

Swami Satyananda naquit en 1923 à Almora, au pied des Himalayas. Elevé dans une famille de hauts fonctionnaires au service de l’Empire Britannique, il fit de brillantes études universitaires. Ses proches le voyaient réussir dans une carrière politique et littéraire.

Mais très jeune il avait connu des expériences intérieures. Il partit en quête d’un maître qui pût les lui expliquer.

La rencontre avec Swami Sivananda à Rishikesh décida de son destin en l’orientant vers la vie spirituelle. Devenu sannyasin à 20 ans, il travailla sans relâche à l’ashram de son maître pendant les 12 années qui suivirent.

Après quoi, il prit la route en moine errant, sur les grands chemins de l’Inde. Il s’installa à Munger et y fonda en 1963 l’International Yoga Fellowship Movement, puis en 1964 la Bihar School of Yoga (Bihar, Inde). Au cours de vingt années qui suivirent, il voyagea à travers le monde et écrivit plus de 80 livres sur le yoga.

En 1974, le titre de Paramahamsa, décerné par ses pairs, le consacra comme l’un des maîtres les plus éminents de l’Inde. Swami Satyananda était considéré comme un éminent spécialiste du Yoga et du Tantra.

En 1987, il créa Sivananda Math, une organisation charitable pour le développement rural, et une organisation de recherche appelée “Yoga Research Foundation”.

Depuis 1988, Paramahamsa Satyananda s’était retiré de toutes les organisations et vivait sa sadhana (pratique yoguique et spirituelle), tel un Paramahamsa Sannyasin éclairé.

Ses responsabilités ont été reprises par Swami Niranjanananda (1960), président de la Bihar School of Yoga depuis 1983. En 1993, il succéda à Swami Satyananda comme Précepteur.

Son enseignement

Swami Satyananda Saraswati expliquait que, si la tête, le cœur et les mains ne fonctionnent pas harmonieusement, la vie est sans répit et pure agitation. Cette agitation peut s’exprimer sur le plan mental, émotionnel, physique ou même spirituel… Bien que ses manifestations soient légions, elle a toujours pour résultat la destruction de la paix intérieure.

Les pratiques développées par Swami Satyananda Saraswati et la Bihar School of Yoga visent à harmoniser tous les plans de la vie humaine et à expérimenter le yoga et la spiritualité, par la pratique personnelle.

Son enseignement a permis de réactualiser d’anciennes techniques yoguiques, telles que le yoga nidra, le kriya yoga et de nombreuses pratiques de méditation. Son enseignement aborde les postures d’une façon quasi scientifique, en donnant la marche à suivre, les effets et les contre-indications des différentes postures ou asana et des autres exercices du hatha yoga, les respirations ou pranayama, les verrouillages de l’énergie ou bandha et les gestes psycho-physiques ou mudra. Cette approche a donné naissance à des ouvrages-clés du yoga.

Ses livres

Certains des livres de Swami Satyananda Saraswati figurent parmi mes principales références:

Asana, Pranayama, Mudra, Bandha de Swami Satyananda

Explication des 3 séries de pawan muktasanas (mouvements) et de 150 postures, avec précisions sur la concentration, contre-indications, effets curatifs et spirituels. Exposé sur le pranayama, progressions et précautions. Description des mudras, des bandhas et des shat karmas, les nettoyages du yoga. Ce livre est considéré comme un manuel de référence en ce qui concerne les techniques du Yoga Satyananda.

Yoga Nidra, Swami Satyananda de Swami Satyananda

Exposé théorique et pratique sur la technique du yoga nidra (relaxation et méditation en position allongée). Cette pratique installe détente physique, émotionnelle et mentale, permet de travailler sur soi, procure les moyens de purger le subconscient des impressions négatives et d’y insuffler un élan positif. Description précise de 5 niveaux d’exercices.

Hatha Yoga Pradipika de  Swami Satyananda

Commentaires de Swami Satyananda sur un texte classique présentant l’ensemble du hatha yoga.

D’autres de ses ouvrages comme Tattwa Shuddhi (la purification des éléments), Propos sur la Liberté (commentaires des Yoga Sutras de Patanjali) et Méditations Tantriques (présentation d’environ 20 techniques) sont eux aussi très intéressants.

Ces livres sont disponibles ici.

Principale source et lien utile : http://www.yogasatyananda-france.net/

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sept 14 2009

Les “enveloppes” de la conscience individuelle du yogi

Pendant 2 ou 3 articles, j’aimerais aborder le yoga d’un autre point de vue: celui des différentes  “enveloppes”, coquilles ou corps qui nous composent. Cette approche passionnante peut contribuer à approfondir la pratique yogique…

Concepts védantiques

Selon la philosophie du Vedânta, à l’origine était la Pure Conscience, l’Absolu, Brahman, l’Âtman (qui ressemble beaucoup au Purusha du Sâmkhya). Puis Mâyâ (équivalent de Prakriti) a émané de Brahman, sans lequel elle n’a pas d’existence propre. Elle est la cause initiale, l’énergie créatrice et de transformation, l’origine de l’Univers.  Elle est le mouvement perpétuel et éphémère auquel est lié le cycle de la vie et de la matière. Les Védantins ne mâchent pas leurs mots: elle est pour eux tout simplement la “Grande Illusion”… Selon la cosmogonie védantique, l’univers matériel est le résultat d’une projection tout d’abord extrêmement subtile d’énergie, puis progressivement densifiée, jusqu’à la matière. Ses limitations sensorielles et mentales ne permettent pas à l’Homme de percevoir l’Âtman, véritable nature de l’Univers; il ne peut en avoir que la connaissance intuitive, car Sa compréhension dépasse son entendement.

Les Kosha, les “enveloppes” de l’âme

Les Kosha sont exposés dans la Taittirîya Upanishad. Kosha signifie en sanskrit enveloppe, revêtement, gaine ou voile. La densification de la création a nécessité plusieurs adaptations de l’énergie et de la conscience, en fonction de la nature des différents plans traversés:

  • Ainsi, l’énergie originelle est pure, impalpable sur le plan terrestre. Puis sur un plan intermédiaire, elle devient son, lumière, vibration. Lorsqu’elle atteint les plans les plus grossiers, elle se matérialise: elle devient matière, composée des 5 éléments (éther, air, feu, eau, terre).
  • Cela s’applique aussi à l’”âme” (Jîvâtman ou conscience individuelle) qui descend des plans subtils, jusqu’aux plans grossiers. C’est un peu comme si cette descente vers l’existence terrestre, rendait nécessaire la création d’”habits”, de fonctions, de véhicules, pour permettre à la conscience individuelle d’interagir sur les plans énergétiques traversés.

C’est ce phénomène qui explique l’existence des Kosha (enveloppes). Voici une autre explication imagée des Kosha:

Une pièce est dans le noir le plus total. L’observateur ne peut y voir que l’obscurité. Dans cette pièce, il y a pourtant une lanterne; mais elle est recouverte par de nombreux voiles, qui ne laissent pas passer la lumière. L’Homme est ainsi pareil à la lanterne. Il est recouvert de cinq voiles - ou Kosha - superposés. En son centre le plus secret, brille la lumière de l’Âtman, l’âme individuelle, pure et identique à l’Âtman universel. Mais ses sens physiques ne lui permettent pas de voir sa véritable nature. Au contraire: ses sens le poussent à se projeter dans le monde extérieur matériel. A l’image de la lanterne ci-dessus, pourtant allumée, l’Homme ne peut voir, ni être conscient, de sa propre lumière…

Les Kosha cachent à l’humain sa véritable nature. Le Yogi entame un retour à la source, en perçant un à un les voiles, par sa conscience:

  • Il sait que plus il se concentre sur la matière, plus la source, l’Âtman, est masquée;
  • plus il retourne à l’intérieur et se connecte à sa nature véritable, au-delà des Kosha, plus il s’en rapproche.

En fin de course, le Yogi fait l’expérience de la source lumineuse à l’intérieur… Le Jîvâtman (âme individuelle), qui aspire à la libération, fait le chemin inverse à celui de la projection lors de la création de l’Univers. Il remonte, à contre-courant, dans les Kosha, du plus grossier au plus subtil, et finalement les dépasse. Cette tâche est extrêmement difficile: au lieu de se projeter dans le monde extérieur, dans le «faire» et l’«avoir», le Yogi rentre à l’intérieur de lui-même, apprend à se connaître et à «être», jusqu’à retrouver en lui l’Unité dans l’Âtman. Et c’est cela que le yogi vise, lorsqu’il pratique les différentes techniques du Yoga… (à suivre) Image: http://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie

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juin 04 2009

Introduction au Tantrisme (3)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Voici la suite de cette introduction au tantrisme, que je propose à travers des extraits du livre Tattwa Shuddhi de Swami Satyasangananda.

Pour stimuler l’évolution du mental et orienter sa transformation, l’auteur propose de se tourner maintenant vers la pratique du tantra et du yoga. “Leurs exercices visent à accélérer le mouvement qui permet à l’énergie de se libérer de la matière et de manifester la pure conscience originelle, source de toute connaissance.”


Shiva Shakti

Le but du tantra

“Le mental dont nous faisons usage dans la vie quotidienne pour la perception et la connaissance agit ordinairement à travers les sens. Mais si nous opérons un retrait sensoriel, si nous ramenons le mental vers l’intérieur, nous vivrons l’expérience d’un mental élargi. La matière séparée de l’énergie va pouvoir libérer celle-ci, le principe de shakti, qui va s’unir à shiva. C’est la conjonction de shakti (l’énergie) et de shiva (la conscience), qui va amener une perception homogène. Tout comme un fleuve qui, se jetant dans l’océan, perd ses rives et ses contraintes, de même, le mental fini s’élargit en un mental cosmique ou infini, pour devenir récepteur et transmetteur de la vérité. De ce phénomène, résulte l’explosion d’énergie où la conscience inhérente s’affranchit de la matière. On peut le comparer à l’expérience de la kundalini, un thème qui a toujours été au cÅ“ur du tantra. [...] Dans le tantra, Shiva est la conscience inconditionnée, le témoins silencieux qui réside en chacun de nous. Il existe une différence entre le tantra et la plupart des autres philosophies: ces dernières imposent de nombreux réfrènements dans la vie de l’aspirant, elles exigent une adhésion stricte aux règles; le tantra au contraire laisse s’exprimer la personnalité de tout un chacun, indépendamment de son niveau d’évolution. Selon le tantra, que vous soyez sensuel ou spirituel, athée ou croyant, que vous soyez fort ou faible, riche ou pauvre, il existe pour vous un chemin: à vous de le découvrir. Tel est le but du tantra: il ne s’agit pas de sexualité occulte, de magie noire, ni de l’acquisition de siddhis (pouvoirs psychiques), ni de mode de vie licencieux. [...]”

Le Tantra: un chemin libéral pour affranchir le mental

Les tantriques ont expérimenté diverses voies et méthodes. “Selon eux, tous les hommes ne peuvent pas suivre le même chemin, parce que chaque personne se situe à un niveau différent d’évolution. Comme le dit le proverbe: “Ce qui est bon pour l’un est un poison pour l’autre.” Les tantriques prennent en compte la nécessité d’offrir un chemin spirituel particulier à chacun, qu’il s’agisse d’un jouisseur effréné, d’un profond philosophe ou d’un yogi en plein essor.

Ils ont expérimenté des méthodes qui, aux yeux des profanes, peuvent paraître extrêment grossières. Il fut un temps où l’on présentait comme des exercices la méditation à côté d’une femme nue, ou près d’un cadavre, pour ne citer que ceux-là!” Ces exercices  ont suscité des incompréhensions et du jugement. Certains invoquaient  des méthodes qui ne seraient que des prétextes à des permissivités éloignées de l’expérience spirituelle. “Cependant, la sincérité et la constance qui caractérisent le tantrique révèlent une toute autre perspective. S’il se livre à des expériences sexuelles licencieuses, etc. [...], ce n’est pas l’acte qu’il faut juger, mais l’intention du sujet, son attitude et le sens qu’il confère à ses pratiques. [...] On ne doit pas le juger sur la base de ses actions, mais sur la base de ses motivations. C’est la différence essentielle entre un tantrique et un individu tout à fait ordinaire qui pratique la même chose peut-être, mais uniquement en vue de la jouissance sensuelle et des profits matériels.

Par ces méthode, un tantrique fait exploser systématiquement la puissance force potentielle de l’énergie qui est en lui. Passion, peur, haine, amour, colère, et ainsi de suite, sont des forces énergétiques et il les rencontre face à face. Correctement domptées, ces forces peuvent frayer la voie à de nombreuses expériences d’ordre supérieur. [...] La vaillance d’un tantrique se révèle dans sa capacité à n’être pas renversé. Il ne se laisse pas envahir par l’expérience, il n’est pas non plus taraudé par la peur. [...]

Que sont les peurs et les passions, sinon des manifestations d’énergie?  Les émotions que nous éprouvons dans la vie quotidienne ont de quoi perturber le mental. [...] Qu’arrivera-t-il si votre mental est confronté à la force totale de la peur et d ela passion qui existe à l’intérieur de vous? Serez-vous en mesure de maîtriser la situation? Le tantrique, quant à lui, est capable de faire exploser l’expérience depuis l’intérieur de son inconscient; il est capable de maîtriser cette puissante force du dedans et de la convertir en une force plus grande et plus subtile qu’il peut lui-même diriger à volonté.

Cependant, on a constaté que ces pratiques avaient pour effet de susciter des expériences “renversantes” - des réactions qui trouvent leur origine dans les dimensions inexplorées du mental et que l’individu ordinaire est incapable de soutenir. Aussi les tantriques ont-il développé d’autres exercices susceptibles de guider l’aspirant petit à petit et en douceur grâce à des pratiques graduées, ajustées à ses capacités. On réserve les pratiques extrêmes à ceux qui font preuve de force et de détermination face aux énormes raz-de-marées de l’inconscient. Ces techniques douces, destinées à préparer le terrain pour des pratiques avances, ont pour nom hatha yoga, kriya yoga, japa, et tattwa shuddhi.”

Source: Tattwa Shuddhi : La pratique tantrique de la purification intérieure, Swami Satyasangananda, Editions Satyanandashram France.

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mai 30 2009

Introduction au Tantrisme (2)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Pour continuer sur la thématique du Tantrisme (voir Particularités du Tantrisme (1)) et compléter le texte que j’ai publié il y a quelques jours, voici des extraits choisis simples et parlants…


Si le Hatha Yoga prépare le corps et l’esprit, en les purifiant et en les harmonisant, pour permettre d’amorcer le véritable travail spirituel, c’est parce que les maîtres tantriques se rendaient bien compte que peu de leurs élèves étaient capables d’appliquer le Râja Yoga, tel que décrit par Patanjali dans les Yoga Sutra. En effet, rares sont ceux qui peuvent, par une pratique méditative intense, atteindre l’Eveil. La plupart des gens ont besoin d’un travail sur plusieurs plans de leur êtres, pour petit à petit le calmer, le purifier, - donner profondément envie de méditer, … Les techniques tantriques du Hatha Yoga (oui, le Hatha Yoga est une voie tantrique…) facilitent l’accès au Râja Yoga, le yoga royal du contrôle du mental et de la méditation.

Je suis en train de lire un livre de Swami Satyasangananda  intitulé Tattwa Shuddhi, éditions Satyanandashram, France. J’aime bien le résumé qu’elle fait sur le Tantra. Alors pour illustrer mon précédant article et rendre cet exposé plus vivant, voici quelques extraits de cet ouvrage.

Swami Satyasangananda  apporte une nouvelle lumière sur l’étymologie du mot «Tantra»:

Tantra dérive de tanoti, expansion et trayati, libération. Ceci veut dire que le tantra est la méthode utilisée pour amener l’expansion du mental et la libération de l’énergie potentielle latente.

Elle explique ensuite que notre expérience de l’univers est très limitée, par les sens et les limites de notre compréhension. Elle continue en écrivant que le temps, l’espace et la notion d’objet existent uniquement dans notre conception mentale individuelle.

Sans un mental individuel, il n’y a pas ni temps, ni espace, ni objet; l’inverse est vrai aussi.

Aussi longtemps que nous fonctionnons dans ce monde par l’intermédiaire des sens et notre compréhension intellectuelle, nous sommes limités dans notre compréhension par le temps, l’espace et les objets. Nous expérimentons le monde matériel grâce à notre corps, grâce à nos sens. Il s’agit d’une expérimentation «objective» [par les objets].

L’auteur explique qu’il existe un champ d’expérience différent. On peut par exemple:

… «voir les yeux fermés, goûter en l’absence de nourriture, entendre une note de musique sans qu’aucun instrument de la produise. C’est une expérience purement subjective hors du champ des catégories du mental».

«La connaissance qui est le fruit d’une expérience subjective est bien plus exacte et précise que celle que l’on acquiert par une expérience objective, parce qu’elle est le produit d’un mental élargi.

Par expansion du mental, on entend le phénomène qui permet à l’individu d’avoir un ressenti par delà le domaine des sens, du temps, de l’espace et de la matière. […]»

Cette expérience diffère de l’expérience sensorielle :

«Le mental qui opère par l’intermédiaire de la sensorialité et de l’ego classe toutes les expériences en raga et dwesha, c’est-à-dire en goûts [attractions] et dégoûts [répulsions]. Une telle emprise du mental crée une distorsion de la connaissance reçue de divers bords […].

La connaissance que l’on acquiert grâce à l’expansion du mental évolue par degrés et culmine en dernier lieu en une connaissance intuitive, que la sagesse tient pour éternelle, vraie et absolue. Mais cette expansion du mental ne survient pas du jour au lendemain. On traverse une longue série d’expériences, tantôt douces, tantôt intenses, parfois agréables et parfois désagréables. On assiste à des étapes de croissance et celle-ci, à son apogée, aboutit à un savoir absolu dit brahma jnana.

Un enfant ne devient pas adulte d’un seul coup. La transformation s’opère graduellement. La ligne de démarcation entre l’enfant et l’adulte est si subtile qu’on ne peut préciser où l’un s’achève et où l’autre commence. De même, la conscience de l’homme évolue sans cesse. Le mental s’élargit et traverse de nouvelles bornes. La transformation s’effectue à un rythme progressif, générateur d’un changement subtil.»

Pour stimuler l’évolution du mental et orienter sa transformation l’auteur invite à se tourner vers la pratique du tantra et du yoga.

Comme j’aime la simplicité et la profondeur de l’écriture et des explications de Swami Satysangananda, je propose de vous résumer encore la suite de son texte, dans un prochain article.

Bon week-end prolongé à tous… et bon soleil pour ceux qui ont rendez-vous avec lui…

Namasté
Michèle

Source images: http://yoga76.blogspace.fr

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mai 25 2009

Particularités du Tantrisme (1)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Le traité (ou Tantra) de la Hatha Yoga Pradîpikâ (~15e siècle), est considéré comme un texte clé du Hatha Yoga. Il reprend des enseignements antérieurs au 6e siècle et développe des aspects du Yoga de Patanjali, ainsi que des idées qui remontent jusqu’aux Upanishad. Ce texte est coloré des pensées Natha, shivaïte et tantrique. Son auteur, Svâtmârâma, dit que la  Hatha Yoga Pradîpikâ est «une échelle pour arriver au Râja Yoga»…


Yantra, support de méditation tantrique

Hatha Yoga Pradîpikâ signifie «La petite lampe du Hatha Yoga». Le Hatha Yoga prépare le corps et l’esprit, en les purifiant et en les harmonisant, pour permettre d’amorcer le véritable travail spirituel. Les techniques qu’elle enseigne facilitent donc l’accès au Râja Yoga, sommet du Yoga.

L’état d’union entre l’âme individuelle et l’âme universelle selon Patanjali, nécessite un travail long et difficile qui passe par la discipline des sens, la maîtrise du corps et du mental. Cette voie est ascétique et sans concession. Le Tantrisme, plus tardif (très répandu entre le 8e et le 12e siècle), se veut plus accessible. Ses origines sont difficiles à cerner, car ses pratiques sont issues du Yoga traditionnel: il ne fait que rajouter ses propres apports, afin d’assurer le bien-être et conduire à la libération.

La spécificité du Tantrisme est l’acceptation totale de la nature humaine, dans toutes ses dimensions, y compris les désirs et les sentiments. Proche du corps et de la vie, il y est plus question de santé et de vigueur, que de renoncement et d’ascétisme, pour trouver la libération. Le Tantrisme construit un pont entre l’univers intérieur et le monde physique. Les Siddhi (pouvoirs), la magie, une sexualité épanouie, ont leur place dans le Tantrisme, qui développe une conception «énergétique» de l’Homme. Le Tantrisme est très éloigné du Bhakti; la Hatha Yoga Pradîpikâ rejette les rituels brahmanes et une vie sociale trop rigide. Le Yoga est inclus dans la société, bien qu’il vise la libération. La Hatha Yoga Pradîpikâ, par opposition aux Yoga Sûtra, ne contient pas de préceptes moraux, et ne mentionne pas la dimension spirituelle … tout du moins en apparence car, si le chemin est différent, le but est le même.

Le sens premier de Tantra signifie «trame de tissu étendu». Étymologiquement, il ne désigne donc pas une doctrine, mais plutôt une forme de textes didactiques, écrits sous une forme «étendue», ou un contenu qui présente une méthode qui permet l’expansion de la conscience et des facultés. La signification des Tantra est souvent mystérieuse; ces écrits fixent une transmission orale laconique, qui nécessite les explications d’un Guru («celui qui enlève les ténèbres», maître), qui connaît la voie, la tradition, le sens des mots et la technique…

(à suivre)

Source image: http://www.jeweledlotus.com/tantra_and_the_mandala.htm

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