Archives de la catégorie 'Philosophie'

juin 04 2009

Introduction au Tantrisme (3)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Voici la suite de cette introduction au tantrisme, que je propose à travers des extraits du livre Tattwa Shuddhi de Swami Satyasangananda.

Pour stimuler l’évolution du mental et orienter sa transformation, l’auteur propose de se tourner maintenant vers la pratique du tantra et du yoga. “Leurs exercices visent à accélérer le mouvement qui permet à l’énergie de se libérer de la matière et de manifester la pure conscience originelle, source de toute connaissance.”


Shiva Shakti

Le but du tantra

“Le mental dont nous faisons usage dans la vie quotidienne pour la perception et la connaissance agit ordinairement à travers les sens. Mais si nous opérons un retrait sensoriel, si nous ramenons le mental vers l’intérieur, nous vivrons l’expérience d’un mental élargi. La matière séparée de l’énergie va pouvoir libérer celle-ci, le principe de shakti, qui va s’unir à shiva. C’est la conjonction de shakti (l’énergie) et de shiva (la conscience), qui va amener une perception homogène. Tout comme un fleuve qui, se jetant dans l’océan, perd ses rives et ses contraintes, de même, le mental fini s’élargit en un mental cosmique ou infini, pour devenir récepteur et transmetteur de la vérité. De ce phénomène, résulte l’explosion d’énergie où la conscience inhérente s’affranchit de la matière. On peut le comparer à l’expérience de la kundalini, un thème qui a toujours été au cÅ“ur du tantra. [...] Dans le tantra, Shiva est la conscience inconditionnée, le témoins silencieux qui réside en chacun de nous. Il existe une différence entre le tantra et la plupart des autres philosophies: ces dernières imposent de nombreux réfrènements dans la vie de l’aspirant, elles exigent une adhésion stricte aux règles; le tantra au contraire laisse s’exprimer la personnalité de tout un chacun, indépendamment de son niveau d’évolution. Selon le tantra, que vous soyez sensuel ou spirituel, athée ou croyant, que vous soyez fort ou faible, riche ou pauvre, il existe pour vous un chemin: à vous de le découvrir. Tel est le but du tantra: il ne s’agit pas de sexualité occulte, de magie noire, ni de l’acquisition de siddhis (pouvoirs psychiques), ni de mode de vie licencieux. [...]”

Le Tantra: un chemin libéral pour affranchir le mental

Les tantriques ont expérimenté diverses voies et méthodes. “Selon eux, tous les hommes ne peuvent pas suivre le même chemin, parce que chaque personne se situe à un niveau différent d’évolution. Comme le dit le proverbe: “Ce qui est bon pour l’un est un poison pour l’autre.” Les tantriques prennent en compte la nécessité d’offrir un chemin spirituel particulier à chacun, qu’il s’agisse d’un jouisseur effréné, d’un profond philosophe ou d’un yogi en plein essor.

Ils ont expérimenté des méthodes qui, aux yeux des profanes, peuvent paraître extrêment grossières. Il fut un temps où l’on présentait comme des exercices la méditation à côté d’une femme nue, ou près d’un cadavre, pour ne citer que ceux-là!” Ces exercices  ont suscité des incompréhensions et du jugement. Certains invoquaient  des méthodes qui ne seraient que des prétextes à des permissivités éloignées de l’expérience spirituelle. “Cependant, la sincérité et la constance qui caractérisent le tantrique révèlent une toute autre perspective. S’il se livre à des expériences sexuelles licencieuses, etc. [...], ce n’est pas l’acte qu’il faut juger, mais l’intention du sujet, son attitude et le sens qu’il confère à ses pratiques. [...] On ne doit pas le juger sur la base de ses actions, mais sur la base de ses motivations. C’est la différence essentielle entre un tantrique et un individu tout à fait ordinaire qui pratique la même chose peut-être, mais uniquement en vue de la jouissance sensuelle et des profits matériels.

Par ces méthode, un tantrique fait exploser systématiquement la puissance force potentielle de l’énergie qui est en lui. Passion, peur, haine, amour, colère, et ainsi de suite, sont des forces énergétiques et il les rencontre face à face. Correctement domptées, ces forces peuvent frayer la voie à de nombreuses expériences d’ordre supérieur. [...] La vaillance d’un tantrique se révèle dans sa capacité à n’être pas renversé. Il ne se laisse pas envahir par l’expérience, il n’est pas non plus taraudé par la peur. [...]

Que sont les peurs et les passions, sinon des manifestations d’énergie?  Les émotions que nous éprouvons dans la vie quotidienne ont de quoi perturber le mental. [...] Qu’arrivera-t-il si votre mental est confronté à la force totale de la peur et d ela passion qui existe à l’intérieur de vous? Serez-vous en mesure de maîtriser la situation? Le tantrique, quant à lui, est capable de faire exploser l’expérience depuis l’intérieur de son inconscient; il est capable de maîtriser cette puissante force du dedans et de la convertir en une force plus grande et plus subtile qu’il peut lui-même diriger à volonté.

Cependant, on a constaté que ces pratiques avaient pour effet de susciter des expériences “renversantes” - des réactions qui trouvent leur origine dans les dimensions inexplorées du mental et que l’individu ordinaire est incapable de soutenir. Aussi les tantriques ont-il développé d’autres exercices susceptibles de guider l’aspirant petit à petit et en douceur grâce à des pratiques graduées, ajustées à ses capacités. On réserve les pratiques extrêmes à ceux qui font preuve de force et de détermination face aux énormes raz-de-marées de l’inconscient. Ces techniques douces, destinées à préparer le terrain pour des pratiques avances, ont pour nom hatha yoga, kriya yoga, japa, et tattwa shuddhi.”

Source: Tattwa Shuddhi : La pratique tantrique de la purification intérieure, Swami Satyasangananda, Editions Satyanandashram France.

Pas de réponse

mai 30 2009

Introduction au Tantrisme (2)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Pour continuer sur la thématique du Tantrisme (voir Particularités du Tantrisme (1)) et compléter le texte que j’ai publié il y a quelques jours, voici des extraits choisis simples et parlants…


Si le Hatha Yoga prépare le corps et l’esprit, en les purifiant et en les harmonisant, pour permettre d’amorcer le véritable travail spirituel, c’est parce que les maîtres tantriques se rendaient bien compte que peu de leurs élèves étaient capables d’appliquer le Râja Yoga, tel que décrit par Patanjali dans les Yoga Sutra. En effet, rares sont ceux qui peuvent, par une pratique méditative intense, atteindre l’Eveil. La plupart des gens ont besoin d’un travail sur plusieurs plans de leur êtres, pour petit à petit le calmer, le purifier, - donner profondément envie de méditer, … Les techniques tantriques du Hatha Yoga (oui, le Hatha Yoga est une voie tantrique…) facilitent l’accès au Râja Yoga, le yoga royal du contrôle du mental et de la méditation.

Je suis en train de lire un livre de Swami Satyasangananda  intitulé Tattwa Shuddhi, éditions Satyanandashram, France. J’aime bien le résumé qu’elle fait sur le Tantra. Alors pour illustrer mon précédant article et rendre cet exposé plus vivant, voici quelques extraits de cet ouvrage.

Swami Satyasangananda  apporte une nouvelle lumière sur l’étymologie du mot «Tantra»:

Tantra dérive de tanoti, expansion et trayati, libération. Ceci veut dire que le tantra est la méthode utilisée pour amener l’expansion du mental et la libération de l’énergie potentielle latente.

Elle explique ensuite que notre expérience de l’univers est très limitée, par les sens et les limites de notre compréhension. Elle continue en écrivant que le temps, l’espace et la notion d’objet existent uniquement dans notre conception mentale individuelle.

Sans un mental individuel, il n’y a pas ni temps, ni espace, ni objet; l’inverse est vrai aussi.

Aussi longtemps que nous fonctionnons dans ce monde par l’intermédiaire des sens et notre compréhension intellectuelle, nous sommes limités dans notre compréhension par le temps, l’espace et les objets. Nous expérimentons le monde matériel grâce à notre corps, grâce à nos sens. Il s’agit d’une expérimentation «objective» [par les objets].

L’auteur explique qu’il existe un champ d’expérience différent. On peut par exemple:

… «voir les yeux fermés, goûter en l’absence de nourriture, entendre une note de musique sans qu’aucun instrument de la produise. C’est une expérience purement subjective hors du champ des catégories du mental».

«La connaissance qui est le fruit d’une expérience subjective est bien plus exacte et précise que celle que l’on acquiert par une expérience objective, parce qu’elle est le produit d’un mental élargi.

Par expansion du mental, on entend le phénomène qui permet à l’individu d’avoir un ressenti par delà le domaine des sens, du temps, de l’espace et de la matière. […]»

Cette expérience diffère de l’expérience sensorielle :

«Le mental qui opère par l’intermédiaire de la sensorialité et de l’ego classe toutes les expériences en raga et dwesha, c’est-à-dire en goûts [attractions] et dégoûts [répulsions]. Une telle emprise du mental crée une distorsion de la connaissance reçue de divers bords […].

La connaissance que l’on acquiert grâce à l’expansion du mental évolue par degrés et culmine en dernier lieu en une connaissance intuitive, que la sagesse tient pour éternelle, vraie et absolue. Mais cette expansion du mental ne survient pas du jour au lendemain. On traverse une longue série d’expériences, tantôt douces, tantôt intenses, parfois agréables et parfois désagréables. On assiste à des étapes de croissance et celle-ci, à son apogée, aboutit à un savoir absolu dit brahma jnana.

Un enfant ne devient pas adulte d’un seul coup. La transformation s’opère graduellement. La ligne de démarcation entre l’enfant et l’adulte est si subtile qu’on ne peut préciser où l’un s’achève et où l’autre commence. De même, la conscience de l’homme évolue sans cesse. Le mental s’élargit et traverse de nouvelles bornes. La transformation s’effectue à un rythme progressif, générateur d’un changement subtil.»

Pour stimuler l’évolution du mental et orienter sa transformation l’auteur invite à se tourner vers la pratique du tantra et du yoga.

Comme j’aime la simplicité et la profondeur de l’écriture et des explications de Swami Satysangananda, je propose de vous résumer encore la suite de son texte, dans un prochain article.

Bon week-end prolongé à tous… et bon soleil pour ceux qui ont rendez-vous avec lui…

Namasté
Michèle

Source images: http://yoga76.blogspace.fr

4 réponses

mai 25 2009

Particularités du Tantrisme (1)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Le traité (ou Tantra) de la Hatha Yoga Pradîpikâ (~15e siècle), est considéré comme un texte clé du Hatha Yoga. Il reprend des enseignements antérieurs au 6e siècle et développe des aspects du Yoga de Patanjali, ainsi que des idées qui remontent jusqu’aux Upanishad. Ce texte est coloré des pensées Natha, shivaïte et tantrique. Son auteur, Svâtmârâma, dit que la  Hatha Yoga Pradîpikâ est «une échelle pour arriver au Râja Yoga»…


Yantra, support de méditation tantrique

Hatha Yoga Pradîpikâ signifie «La petite lampe du Hatha Yoga». Le Hatha Yoga prépare le corps et l’esprit, en les purifiant et en les harmonisant, pour permettre d’amorcer le véritable travail spirituel. Les techniques qu’elle enseigne facilitent donc l’accès au Râja Yoga, sommet du Yoga.

L’état d’union entre l’âme individuelle et l’âme universelle selon Patanjali, nécessite un travail long et difficile qui passe par la discipline des sens, la maîtrise du corps et du mental. Cette voie est ascétique et sans concession. Le Tantrisme, plus tardif (très répandu entre le 8e et le 12e siècle), se veut plus accessible. Ses origines sont difficiles à cerner, car ses pratiques sont issues du Yoga traditionnel: il ne fait que rajouter ses propres apports, afin d’assurer le bien-être et conduire à la libération.

La spécificité du Tantrisme est l’acceptation totale de la nature humaine, dans toutes ses dimensions, y compris les désirs et les sentiments. Proche du corps et de la vie, il y est plus question de santé et de vigueur, que de renoncement et d’ascétisme, pour trouver la libération. Le Tantrisme construit un pont entre l’univers intérieur et le monde physique. Les Siddhi (pouvoirs), la magie, une sexualité épanouie, ont leur place dans le Tantrisme, qui développe une conception «énergétique» de l’Homme. Le Tantrisme est très éloigné du Bhakti; la Hatha Yoga Pradîpikâ rejette les rituels brahmanes et une vie sociale trop rigide. Le Yoga est inclus dans la société, bien qu’il vise la libération. La Hatha Yoga Pradîpikâ, par opposition aux Yoga Sûtra, ne contient pas de préceptes moraux, et ne mentionne pas la dimension spirituelle … tout du moins en apparence car, si le chemin est différent, le but est le même.

Le sens premier de Tantra signifie «trame de tissu étendu». Étymologiquement, il ne désigne donc pas une doctrine, mais plutôt une forme de textes didactiques, écrits sous une forme «étendue», ou un contenu qui présente une méthode qui permet l’expansion de la conscience et des facultés. La signification des Tantra est souvent mystérieuse; ces écrits fixent une transmission orale laconique, qui nécessite les explications d’un Guru («celui qui enlève les ténèbres», maître), qui connaît la voie, la tradition, le sens des mots et la technique…

(à suivre)

Source image: http://www.jeweledlotus.com/tantra_and_the_mandala.htm

une réponse

avr 24 2009

Sâmkhya

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Swami Shraddananda Giri explique dans son livre Les Sâmkhya Kârika, comment fonctionnent le système médical traditionnel (Ayurvéda) et les systèmes philosophiques (Dharshana) de l’Inde ancienne.

Statuettes de figures sacrées

En médecine ayurvédique, on enseigne : 1. la maladie ; 2. la cause de la maladie ; 3. la guérison ; 4. les médicaments.

En philosophie indienne, on enseigne : 1. la vie (le Samsâra, cycle des morts et des renaissances) ; 2. la cause de la vie ; 3. la cessation de la souffrance dans la vie (cessation du Samsâra) ; 4. les moyens de la cessation de la souffrance.

La Sâmkhya est l’un des 6 Darshana, ou systèmes philosophiques de l’Inde. Sâmkhya signifie “ce qui repose sur le nombre” ou “dénombrement”. Ce système philosophique ancien, issu du sage Kapila, a été codifié pour la 1e fois entre le 2e et le 4e s. après J.-C. dans les Sâmkhya Kârikâ, par Ishvarakrishna. Le Yoga doit beaucoup au Sâmkhya, dont il représente la mise en pratique.

Le Samkhya vise la connaissance du monde, ainsi que la nature véritable de l’Homme et ses relations avec le monde. Il part de l’analyse de la vie sur terre pour connaître la constitution de l’être humain et comprendre la raison et le but de l’existence. Les Tattva, que l’on appelle “principes”, ou “réalités principielles”, sont des concepts décrits par le Sâmkhya, qui peuvent être observés.

L’observation et l’analyse du monde et de l’Homme développent l’intérêt pour la Vérité absolue et la concentration du mental. Le Sâmkhya aide tout particulièrement à l’analyse du psychisme et à comprendre la cause fondamentale du stress psychologique. La connaissance du Sâmkhya apporte une lumière sur la totalité de l’être, dans toutes ses dimensions. Les Sâmkhya Kârikâ ne font pas allusion à un dieu créateur: la connaissance des réalités principielles est jugée suffisante pour découvrir fondamentalement l’Homme et pour se libérer des souffrances engendrées par l’Ignorance fondamentale.

Le mental est l’indice de l’existence d’une entité non-matérielle, la Conscience. L’état de rêve permet à l’individu de se déplacer sans son corps grossier. Dans le sommeil profond, l’absence d’expérience, à la fois pour le corps physique et pour le mental, est perçue par une dimension de l’être. Au réveil, la mémoire de cette absence d’expérience en est la preuve…

Cet approfondissement conduit à découvrir derrière toutes les réalités empiriques l’existence de deux réalités fondamentales : la première est Prakriti, la Nature et sa manifestation en trois Guna, ou qualités, et l’autre, immuable, est Purusha, la Pure Conscience.
Voir ici quelques explication au sujet de Prakriti et Purusha.

Sources :
(1) Samkhya Karika, Swami Shraddananda Giri,
(2) Notes personnelles de divers cours à Yoga 7,
(3) http://stehly.chez-alice.fr/leyoga.htm. Ralph Stehly est Professeur d’histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg.

2 réponses

fév 02 2009

Bhagavad-Gîta: Chapitre 2 - Le Yoga selon la Buddhi (1)

Publié par Michèle sous Philosophie

Le deuxième entretien de la Bhagavad-Gîta s’intitule “Le Yoga selon le Sâmkhya”. Il en a été question dans plusieurs articles précédents. La deuxième partie de ce même chapitre (dès II.39) traite du “Yoga de la Buddhi”, ou Intelligence supérieure.

Ha - Tha - Soleil et Lune

Le Yoga de la Buddhi brise les chaînes du Karma

Au sujet du Buddhi Yoga, Krishna promet:

II.39 En t’y attachant, tu rejetteras les  chaînes du Karma.

Le Karma est la Loi de Causalité. Nos pensées génèrent nos actions, qui elles génèrent des conséquences. Ainsi de suite, nous sommes de plus en plus liés à nos désirs et à la matière.

Buddhi Yoga, de quoi s’agit-il exactement? Avant de préciser, Krishna déclare:

II.40 En cela, aucun effort n’est jamais perdu et rien de mal ne peut en résulter. Même un peu de connaissance du Buddhi Yoga délivre d’une grande terreur.

Voilà qui est encourageant. Atteindre le niveau parfait du Buddhi Yoga est certainement difficile… mais en comprendre les principes libère d’une peur existentielle qui existe chez tous les êtres humains…

II.41. En cela, O fils des Kurus [Arjuna], il n’y a qu’un seul but pour ceux dont la raison est déterminée; mais les buts des irrésolus sont innombrables et ont des rameaux multiples.

Le but des personnes déterminées en Yoga est la réalisation de leur vraie nature, la Connaissance Suprême, qui nécessite de faire passer ce désir avant tous les autres objectifs de vie; ou plus précisément à vivre sa vie entière en fonction de cet objectif suprême. Le Yogi est pleinement motivé et transformé par l’idée de cet objectif. On appelle cette qualité “Mumukshutva”, “le désir intense - brûlant - pour la Libération” [du cycle des Morts et des Renaissances]. On parle de “libération”, car il s’agit de la libération de la loi du Karma.

Quelle est le force de ce désir pour vous en réalité? En général, chez le yogi moyen, il fluctue, comme le mental, toujours en quête de nouveaux intérêts…

Et c’est en parlant de la plupart d’entre eux et du commun des mortels, que Krishna précise:

“les buts des  irrésolus sont innombrables et ont des rameaux multiples”.

Chacun de  nos désirs génère des pensées, qui génèrent d’autres désirs et d’autres pensées. Les désirs se précisent puis se concrétisent en actions, en transformations de situations, en style de vie. Tout cela a des conséquences physiques, psychiques et spirituelles sur notre être. C’est cela que l’on appelle la “chaîne” qui nous lie au Karma.

L’intéressement aux résultats de l’action

Dans les paragraphes II.42-43, Krishna relève la tendance des gens de son époque: Les Brahmanes [caste supérieure, détentrice de la connaissance des écritures sacrées, seule autorisée à réaliser les rites sacrés] sont la porte entre Dieu et les mortels. Les gens font appel à eux et paient pour des rites, afin que leurs désirs se réalisent. Ils croient agir pour leur bien et celui de leur âme. Mais ils utilisent le sacré à des fins purement profanes. Leur foi ne sert que leurs intérêts.

De même, les Pandits [érudits] se complaisent dans la lecture et l’interprétation intellectuelle des textes sacrés. Leur connaissance spirituelle est purement mentale. Mais ils ne vivent pas leur connaissance. Ils ne les traduisent pas dans leurs actions de tous les jours:

II.43. Ceux-là, plein de désirs, ayant le paradis comme but suprême, veulent obtenir plaisir et puissance. Ils enseignent que les œuvres [actions] produisent le karma et les renaissances [afin de goûter aux fruits de nos désirs]. Ces ignorants conseillent maints rites particuliers.

Les rites, ou toutes autres pratiques spirituelles deviennent des actes “magiques”, qui nous permettraient de vivre en assouvissant tous nos désirs, sans en subir les conséquences!

La plupart d’entre nous espèrent des miracles, en terme de vie spirituelle. Nous nous rendons compte qu’il y a du chemin à faire… mais nous voudrions que cela se fasse vite, sans renoncement à nos acquis et sans changer nos habitudes.  Alors que nous le savons au fond de nous: une évolution spirituelle nécessite une transformation radicale et totale!

Ce sera justement le thème du prochain article sur le Yoga de la Buddhi…

Source image:  http://yoga76.blogspace.fr/

Pas de réponse

Suivants »


Gratuit télécharger relaxation gratuite audio mp3
Yogamrita boutique du yoga et du bien-être
Yogamrita stages de yoga et cours de yoga en Bretagne