Archives de la catégorie 'A propos du Yoga'

jan 07 2010

Swami Satyananda Saraswati s’est éteint

Swami Satyananda Saraswati s’est éteint à ce monde : le Swami a quitté son corps à minuit le 5 décembre 2009.

Développer le spirituel en soi, c’est libérer la force créatrice.

Swami Satyananda Saraswati

Swami Satyananda naquit en 1923 à Almora, au pied des Himalayas. Elevé dans une famille de hauts fonctionnaires au service de l’Empire Britannique, il fit de brillantes études universitaires. Ses proches le voyaient réussir dans une carrière politique et littéraire.

Mais très jeune il avait connu des expériences intérieures. Il partit en quête d’un maître qui pût les lui expliquer.

La rencontre avec Swami Sivananda à Rishikesh décida de son destin en l’orientant vers la vie spirituelle. Devenu sannyasin à 20 ans, il travailla sans relâche à l’ashram de son maître pendant les 12 années qui suivirent.

Après quoi, il prit la route en moine errant, sur les grands chemins de l’Inde. Il s’installa à Munger et y fonda en 1963 l’International Yoga Fellowship Movement, puis en 1964 la Bihar School of Yoga (Bihar, Inde). Au cours de vingt années qui suivirent, il voyagea à travers le monde et écrivit plus de 80 livres sur le yoga.

En 1974, le titre de Paramahamsa, décerné par ses pairs, le consacra comme l’un des maîtres les plus éminents de l’Inde. Swami Satyananda était considéré comme un éminent spécialiste du Yoga et du Tantra.

En 1987, il créa Sivananda Math, une organisation charitable pour le développement rural, et une organisation de recherche appelée “Yoga Research Foundation”.

Depuis 1988, Paramahamsa Satyananda s’était retiré de toutes les organisations et vivait sa sadhana (pratique yoguique et spirituelle), tel un Paramahamsa Sannyasin éclairé.

Ses responsabilités ont été reprises par Swami Niranjanananda (1960), président de la Bihar School of Yoga depuis 1983. En 1993, il succéda à Swami Satyananda comme Précepteur.

Son enseignement

Swami Satyananda Saraswati expliquait que, si la tête, le coeur et les mains ne fonctionnent pas harmonieusement, la vie est sans répit et pure agitation. Cette agitation peut s’exprimer sur le plan mental, émotionnel, physique ou même spirituel… Bien que ses manifestations soient légions, elle a toujours pour résultat la destruction de la  paix intérieure.

Les pratiques développées par Swami Satyananda Saraswati et la Bihar School of Yoga visent à harmoniser tous les plans de la vie humaine et à expérimenter le yoga et la spiritualité, par la pratique personnelle.

Son enseignement a permis de réactualiser d’anciennes techniques yoguiques, telles que le yoga nidra, le kriya yoga et de nombreuses pratiques de méditation. Son enseignement aborde les postures d’une façon quasi scientifique, en donnant la marche à suivre, les effets et les contre-indications des différentes postures ou asana et des autres exercices du hatha yoga, les respirations ou pranayama, les verrouillages de l’énergie ou bandha et les gestes psycho-physiques ou mudra. Cette approche a donné naissance à des ouvrages-clés du yoga.

Ses livres

Certains des livres de Swami Satyananda Saraswati figurent parmi mes principales références:

Asana, Pranayama, Mudra, Bandha de Swami Satyananda

Explication des 3 séries de pawan muktasanas (mouvements) et de 150 postures, avec précisions sur la concentration, contre-indications, effets curatifs et spirituels. Exposé sur le pranayama, progressions et précautions. Description des mudras, des bandhas et des shat karmas, les nettoyages du yoga. Ce livre est considéré comme un manuel de référence en ce qui concerne les techniques du Yoga Satyananda.

Yoga Nidra, Swami Satyananda de Swami Satyananda

Exposé théorique et pratique sur la technique du yoga nidra (relaxation et méditation en position allongée). Cette pratique installe détente physique, émotionnelle et mentale, permet de travailler sur soi, procure les moyens de purger le subconscient des impressions négatives et d’y insuffler un élan positif. Description précise de 5 niveaux d’exercices.

Hatha Yoga Pradipika de Swami Satyananda

Commentaires de Swami Satyananda sur un texte classique présentant l’ensemble du hatha yoga.

D’autres de ses ouvrages comme Tattwa Shuddhi (la purification des éléments), Propos sur la Liberté (commentaires des Yoga Sutras de Patanjali) et Méditations Tantriques (présentation d’environ 20 techniques) sont eux aussi très intéressants.

Ces livres sont disponibles ici.

Principale source et lien utile : http://www.yogasatyananda-france.net/

Pas de réponse

nov 07 2009

Peut-on être trop souple?

Publié par Michèle sous .Yoga, A propos du Yoga

Cet article est inspiré d’un texte du Dr. Carla Cupido, publié sur MyYogaOnLine.com. Il y est question d’un juste équilibre “technique” (physique): certaines facilités ou souplesses localisées du corps sont à la fois force et faiblesse … Or pour “durer” en yoga, mieux vaut y prêter attention!

Les étirements ont toujours été sujet de controverse dans la communauté sportive médicale, et cela plus que jamais, avec la vague du yoga.

Tout d’abord, pourquoi s’étirer?

1. Pour pratiquer le yoga. L’étirement contribue à la détente et à la circulation de l’énergie vitale. 2. Pour la mobilité.

Mais attention, suivant le type d’activité physique, voire les sports pratiqués à côté, il convient de ne pas trop assouplir certaines articulations. Ainsi, le coureur d’obstacle a intérêt à développer la souplesse de ses jambes pour franchir les obstacles. Mais s’il est trop souple, ses muscles perdent en puissance et le ralentissent.

L’entretien de la liberté de mouvement est une conséquence plutôt agréable de la pratique régulière du yoga. Mais trop de souplesse musculaire chez les seniors peut développer des blessures tendineuses, ligamentaires ou articulaires. Les étirements devraient contribuer à l’équilibre global de la personne. C’est pour cela qu’il vaut la peine de se poser la question en matière de yoga.

Quelles sont les zones sur lesquelles je devrais mettre l’accent, afin d’équilibrer le corps dans son ensemble? Dans ces zones, peut-être aurais-je plus intérêt à plus me concentrer sur certaines postures de renforcement que sur certains assouplissements?

Il est important de trouver l’équilibre entre la force et la longueur du muscle.

Est-ce que les étirements augmentent les risques de blessure?

Trop d’étirement avant les efforts physiques augmente le risque de blessure articulaire. Lors de l’étirement, les récepteurs sensoriels des muscles et des tendons sont désorientés par la nouvelle statique provoquée par l’allongement du muscle. Leur habilité à renvoyer la bonne information au cerveau et à la mÅ“lle épinière, pour préserver le muscle, est diminuée. Ainsi, par exemple, un risque de blessure à la cheville est augmenté si les muscles ont été étirés, car le muscle déjà étiré enverra trop lentement le message au système nerveux, pour prévenir un faux mouvement. C’est pourquoi les blessures articulaires sont plus fréquentes après une séance d’étirements, car le système d’alarme du corps est devenu confus, suite aux étirements.

Est-ce que les étirements abîment le tissu musculaire?

Le Dr. Cupidio affirme que oui, il a été prouvé scientifiquement que l’allongement du muscle cause une dégénérescence musculaire. Ces études notent aussi une régénération musculaire, mais elles ne disent pas clairement si l’une est équilibrée par l’autre. Par contre, elles montrent que la régénération est moindre chez les sujets plus âgés. C’est pourquoi, si en vieillissant, on ne s’étire pas plus doucement, le ration dégénérescence/régénération ne sera pas en notre faveur.

Il convient de s’échauffer avant de s’étirer, bien sûr.

Est-ce que trop de souplesse réduit la puissance du muscle?

Oui. La relation force-longueur de nos muscles change avec l’étirement. Pensez à une bande élastique. Si vous prenez un élastique et que vous l’étirez pour un temps, puis que vous le comparez ensuite à un élastique qui n’a pas été étiré, quel élastiques pensez-vous volera le plus loin si vous le lancez en l’étirant sur votre doigt? Celui qui n’aura pas été étiré ira plus loin, car il lui reste plus d’élasticité potentielle. La même chose s’applique à nos muscles.

Le yoga propose de travailler la souplesse et le renforcement. Ne privilégiez pas l’un au détriment de l’autre…

Peut-on être trop souple?

Le corps, comme la pratique, doit trouver son équilibre. Si vos muscles sont trop laxes, vos articulations devront compenser, tout comme elles le font si vos muscles sont trop raides.

Si vous êtes très souple, n’allez pas trop loin dans vos flexions avant (Pascimottanasana p. ex.); réfrénez-les en travaillant le renforcement, avec les bandhas, par exemple. Rappelez-vous que vous devriez éviter de “vous laisser pendre” à vos ligaments: engagez vos muscles dans vos postures…

Vous pouvez causer des blessures musculaires, tendineuses et ligamentaires et même abîmer une articulation si vous vous étirez à l’excès. Lorsque vous reconnaissez des déséquilibres dans votre corps, occupez-vous en; ne poursuivez pas inconsciemment votre pratique. Votre corps vous remerciera pour votre prévenance. Le Dr. Carla Cupido est chiropracticienne à Vancouver. Voici son article intégral sur le blog de www.myyogaonline.com (en anglais).

25 réponses

oct 11 2009

Orient et Occident: où se trouve le yoga? où suis-je?

Publié par Michèle sous .Yoga, A propos du Yoga

Le débat orient-occident a été esquissé lors de commentaires récents sur le blog. Le texte ci-dessous demeure une réflexion personnelle, emprunte de ma propre histoire. C’est un éclairage, une piste pour votre propre réflexion…

Le yoga aujourd’hui

Certaines écoles de yoga, au nom de la pureté du yoga, mettent en avant de façon répétitive la culture indienne, d’où le yoga est issu. Cela va parfois jusqu’à une certaine assimilation culturelle: vêtements indiens, alimentation, religion hindoue ou sikh, mise en avant d’invités indiens «exceptionnels», etc. Mais pourquoi? Que cela m’apporte-t-il? L’essentiel du yoga n’est-il pas intemporel et hors de tout dogme, religion et culture?

En réaction, d’autres écoles ont adapté le yoga à l’occident en le retirant de son contexte culturel. Des enseignants et spécialistes du yoga ont voulu retirer l’essence, la quintessence du yoga, en le dépouillant de toute connotation indienne, de tout terme sanskrit, de tout référence à des textes. Mais qu’est-ce que l’essentiel, somme toute? Qui sommes-nous pour en juger?

D’autres se sont rendu compte que l’anatomie occidentale souffrait de certaines postures orientales, vu que notre corps n’est pas développé de la même manière (position accroupie en Orient, assise sur une chaise chez nous, par exemple). Alors, les postures ont été adaptées. D’autres pratiques aussi : ainsi les Bandhas (ligatures), Mudras (gestes), Drishtis (fixations du regard), Kumbhakas (rétentions) ont été jugées trop ésotériques, ou trop exotiques, ou …?

Certains ont même voulu aller plus loin, puisque la note éminemment spirituelle qui sous-tend le yoga les dérangeait. C’est ainsi que l’on a vu se développer des cours de «yoga-stretch», de «Power Yoga» et autre «Body Balance», accessibles à tous, en salle de fitness notamment. Le Yoga est « amélioré » pour plus d’effets : perfectionnement corporel, élimination calorique, combinaison avec d’autres techniques orientales, …

Mais ce n’est pas de ces derniers développements dont je voudrais parler ici, car l’on s’écarte un peu du yoga.

L’attrait de l’Orient

Il se trouve que de nos jours, vu la facilité avec laquelle on voyage, nombreux yogis ont choisi d’aller «boire à la source».

C’est d’ailleurs la démarche que j’ai eue il y a presque 20 ans, en voulant aller en Inde pour me former à l’enseignement du yoga. Envie d’apprendre avec des gens qui ont baigné dans la philosophie du Vedanta, du Samkhya, du Yoga, et pour qui tout cela est quasiment assimilé dès l’enfance… C’est vrai que cela aide, pour qui veut apprendre et comprendre rapidement.

Mais attention: en Inde, les écoles de yoga poussent comme des champignons. Et toutes n’ont pas la même réputation. Le business du yoga touche autant l’Inde que l’occident…

De retour de voyage, les «yogi perfusés à l’Inde» trouvent tout ce qu’il leur faut pour continuer ici leur voyage: communautés indiennes, écoles de yoga traditionnelles, boutiques orientales, sites Internet hindous, recettes en ligne, vidéos, cours de langues, etc.

Mais qui sont-ils ces yogis occidentaux? Que recherchent-ils? S’oublient-ils?

Plonger dans la culture de l’autre

Moi-même, j’ai vécu plusieurs années dans des centres de yoga très traditionnels. Nous étions volontiers habillés en vêtements indiens pour le yoga, nous aimions manger indien (quoique pas systématiquement), la congrégation était hindoue… Personnellement, du haut de mes 25 ans, lorsque j’y suis arrivée, je filtrais ce que je pouvais. Je voulais vivre pleinement le yoga, du lever au coucher, et c’était le meilleur endroit que j’avais trouvé pour cela. Je me sentais culturellement très différente de toutes les images affichées aux murs (Shiva, Vishnu, Lakshmi, etc.), mais en même temps, je développais ma connaissance symbolique de ces images, et je les aimais: elles m’inspiraient, elles m’apprenaient énormément. Ainsi, j’ai écouté les Puranas, et autres textes, comme l’on écoute des contes et histoires inspirantes pour enfants, elles me faisaient grandir d’une certaine manière…

Cette assimilation culturelle me pesait un peu, surtout que je sortais, personnellement, d’une relation de 6 ans avec un compagnon chinois. Je souhaitais revenir à mes racines, et non forcément me plonger dans une autre culture encore !

Je pense d’ailleurs avoir appris un petit quelque chose de cette dernière relation. Le mariage Orient-Occident est difficile à réussir, surtout lorsqu’il s’agit de durer. Les deux éléments mis en relation (soi et le yoga) sont amenés à aller l’un vers l’autre :

Au début, cela est particulièrement vrai. Si j’avais plongé dans l’étude de la Shiva Samhita, des Samkhya Karika et de la Hatha Yoga Pradipika d’emblée… je ne suis pas sûre que j’aurais eu la force d’ancrer le yoga dans ma vie comme je l’ai fait… Mes enseignants ont eu la délicatesse de me faire découvrir petit à petit la profondeur du yoga, dans une pratique très sobre, qui m’a permis d’y goûter profondément et de développer en moi l’intuition des possibles, au-delà de ma pratique de débutante.

D’un autre côté, le mariage Orient-Occident n’est possible que s’il y a assez d’affinités pour conjuguer : le yoga ne convient pas forcément à tous. Ainsi, il est des fondamentaux en yoga qui ne conviendront pas à certaines personnes, même dans des cours de yoga retirés de leur contexte culturel et philosophique.

Le retour à l’Occident

Lorsque j’ai étudié et enseigné à Yoga 7, je sentais une plus grande distance de la culture indienne. Ceci est dû à l’historique de cette école (qui d’ailleurs évolue avec son temps). Et ceci m’a fait du bien, après mon bain dans l’univers indien. J’ai abordé les textes – puisque j’étais aussi étudiante là-bas – avec mon Å“il occidental.

Puis, il est aussi arrivé un moment où j’ai voulu mettre de côté tous ces textes, toutes ces théories orientales. J’ai souhaité relier toute cette science du yoga à ma culture. Et enfin, plus que tout, je voulais pointer du doigt ce qui me semblait essentiel : la pratique, le vécu… trop de théorie n’était pas bon pour moi, dans mon ressenti.

Cela me rappelait un autre moment de ma vie étudiante. Passionnée d’art, j’avais entamé des études en histoire de l’art et en littérature à l’université. Moi qui avait dessiné et peint pendant toute mon enfance et mon adolescence, j’entendais …  à travers mon filtre du moment – des enseignants qui se gargarisaient de modélisations, d’analyse et de technique.
Il me semblait pourtant que l’essentiel était dans le ressenti : devant l’Å“uvre, je sentais l’émotion de l’artiste en train de peindre, sa spiritualité, son urgence à créer. Comprendre l’art, c’était le vivre, le pratiquer, et non de l’intellectualisme aride.

… Et pourtant, l’un et l’autre – ressenti intime / intellectualisme “exotique” – peuvent cohabiter en bons voisins, et s’enrichir mutuellement.

Les noces Orient-Occident

Le yoga est 1000, 2000, 5000 ans plus vieux que vous. Mais c’est vous qui aujourd’hui le pratiquez…

Le yoga a lieu ici et maintenant…

Les plus grands yogis occidentaux ont une démarche authentique en yoga mais sont resté pleinement eux-mêmes.

J’aime à citer Gérard Blitz, yogi de haut niveau… et fondateur du Club Med… Étrange n’est-ce pas? Il était le yogi d’un vécu très profond. Et plutôt que de le paraphraser, voici un de ses textes puis un autre (il y en a 5). A la fois, il y commente les yoga Sutra de Patanjali, quelque chose de très classique, et à la fois, il est totalement dans l’expérience du ici et maintenant, dans l’accessible, l’universel.

J’aime aussi ce petit texte de David Frawley, comme un retour à l’essentiel, Prana, l’énergie

Les noces Orient-Occident du yoga, dans mon histoire, ont lieu maintenant. Après être passée d’un côté puis de l’autre de certaines barrières Est-Ouest, j’aime les laisser tomber. Un texte, une idée, un enseignement n’a plus une étiquette. Il me parle ou non, je le rattache au vécu.

Si à une époque, j’ai laissé l’étude de côté, en privilégiant la pratique du yoga, plus que jamais, j’ai désormais du plaisir à entrer dans des textes ésotériques de la pure tradition indienne, à très petites doses, car mon esprit n’est pas capable de plus. Je les lis, je les insalive… Car leur profondeur est unique. Puis je les goûte, je les pratique, jusqu’à ce que je sente pouvoir passer à autre chose.

J’aime à revenir au yoga traditionnel, puisque je me suis mise au Natha Yoga. Mais je ne ressens pas cela comme une tradition exotique, car j’ai intégré une certaine culture yogique et ne me sens nullement contrainte à quoi que ce soit.

D’ailleurs, le Hatha Yoga, dans le sens tantrique du terme, n’est-il pas le yoga de la «table rase»? Ce yoga n’émet aucun jugement de valeur. Il sensibilise à notre être profond et nous invite à mettre le doigt sur tous nos conditionnements sociaux, culturels et religieux… et à les dépasser, pour trouver notre véritable nature, qui est bien au-delà…

Namasté

6 réponses

sept 22 2009

Enveloppes et corps mis en relation avec la pratique du yoga

Publié par Michèle sous .Yoga, A propos du Yoga

Cet article fait suite à celui intitulé “Les “enveloppes” de la conscience individuelle du yogi”. La théorie des Kosha et des Sharîra apporte un éclairage intéressant sur le fonctionnement subtil des techniques du Yoga.

Les différents plans de l’être interagissent constamment les uns avec les autres.

En Yoga, il s’agit d’intégrer et non d’opposer.

Les pratiques yoguiques influent intimement – et consciemment – sur les corps et enveloppes, balayant ainsi toute dichotomie corps et esprit.

Les points de rencontre des différents plans en interaction sont les Chakras; ceux-ci transforment les énergies, en fonction des besoins des cinq corps qui nous composent.

Passons-les en revue, à la lumière de la pratique yoguique:

Annamaya Kosha – “L’enveloppe de nourriture” ou corps physique

Annamaya Kosha est le plus dense des cinq Kosha, l’enveloppe faite de “nourriture”: le corps physique.

La pratique des Âsana influence sainement Annamaya Kosha. Un état détendu et intériorisé, des mouvements variés, lents et précis, l’immobilité des postures, la relaxation, favorisent la circulation de l’énergie dans le corps physique et son renforcement. La détente psychique procurée par la séance soulage le corps à tous les niveaux et jusque dans sa structure cellulaire, qui se recharge et se régénère.

Les postures entraînent des modifications physiologiques sur plusieurs systèmes, dont les systèmes hormonal et nerveux, qui eux-mêmes vont répercuter leurs effets sur l’état émotionnel et la pensée.

Le corps physique est à la fois une «cage» – puisque l’âme du Yogi y est “enfermée” – et un véhicule de transformation:

Il est dit que chaque Âsana donne l’opportunité de faire l’expérience d’un niveau de conscience de la création particulier: le Cobra, le Poisson, l’Arbre, le Héro, Nataraj, … Ainsi, chaque posture, goûtée pleinement, est ressentie comme une certaine forme de “libération”. Les postures sont le support d’une prise de conscience très fine de l’Être.

Les mobilisations, les étirements, créent de l’espace, là où il n’y en avait pas. Ainsi s’ouvrent de nouveaux passages au mouvement, à Prâna, et à la conscience. Le corps et le mental sont fortifiés par cette pratique à la fois rigoureuse (Sthira) et douce (Sukha), puisque c’est dans le lâcher-prise que la posture trouve sa pleine dimension: elle ouvre à des expériences très profondes et subtiles.

Pranamaya Kosha – “L’enveloppe d’énergie” ou corps énergétique

Pranamaya Kosha est le deuxième Kosha, l’enveloppe vitale, dans laquelle circule l’énergie indispensable à la vie.

La respiration constitue le lien entre le monde intérieur et le monde extérieur. Elle est aussi le liant fondamental entre le corps grossier et les corps subtils.

Prâna apporte vie et santé;
Et l’éveil de Kundalini est la voie de la Réalisation spirituelle du Hatha Yogi.

Le yogi va à l’essentiel: il veille à l’entretien de Prâna et évite les déperditions énergétiques:

Le souffle (Prânâyâma), les ligatures (Bandha) et les gestes (Mudrâ) canalisent Prâna et Manas (le mental) sur leur objectif: le retour à la Source, la Conscience. La pratique devient plus subtile encore.

Les Âsana agissent eux aussi sur le plan de l’énergie:

  • notamment par l’association à la respiration: le souffle conscientise la posture et met Prâna en mouvement.
  • et grâce à l’étirement prolongé et conscient: l’étirement du corps contribue à la purification des Nâdis: les “noeuds” se défont…

Manomaya Kosha – “L’enveloppe mentale”

Manomaya Kosha, le troisième Kosha, est l’enveloppe mentale, l’univers de la pensée, des sentiments et des émotions. C’est le domaine de l’affect, de l’identification à l’égo.

Le mental est le gardien de la mémoire émotionnelle des expériences passées. Ce sont ses imprégnations qui se transforment en Karma. Dans le corps physique, la mémoire émotionnelle se densifie sous la forme d’innombrables tensions, qu’il s’agit de relâcher progressivement…

La pratique contribue à clarifier les fonctions mentales:

Le yogi n’est plus en proie à des sautes d’humeurs. Ses émotions se font légères, elles sont comme lavées d’une grande partie de leur substance. Elles deviennent sublimes: par exemple, l’amour intéressé se mue en amour pur et universel. Ce processus est naturel et en aucun cas forcé. Sinon, il ne s’agirait que d’un jeu de rôle, sans intérêt …

La pensée, l’intellect, se clarifient. Le yogi saisit pleinement la teneur des textes et l’enseignement. Sa pensée se concentre plus aisément sur l’essentiel. Sa mémoire et sa concentration sont renforcées. L’instrument du mental est devenu un fidèle serviteur, capable de mener le yogi vers les plans les plus subtils de son être…

Car il est dit que si le niveau de Prâna augmente, Manas, le mental, perd sa suprématie:

Quand la vibration énergétique du yogi devient puissante, pure et subtile,
le mental capitule naturellement devant cette force supérieure,
qui lui inspire plus de délectations encore
que la simple jouissance des sens ne lui en a apporté jusque là…

Le retrait des sens se fait progressivement: la porte s’ouvre progressivement mais û vers l’espace intérieur…

A suivre…

Source image: http://www.himalayanacademy.com

Texte: inspiré de mon travail de mémoire auprès de la Fédération Suisse de Yoga (Yoga Suisse).

Pas de réponse

sept 14 2009

Les “enveloppes” de la conscience individuelle du yogi

Pendant 2 ou 3 articles, j’aimerais aborder le yoga d’un autre point de vue: celui des différentes “enveloppes”, coquilles ou corps qui nous composent. Cette approche passionnante peut contribuer à approfondir la pratique yogique…

Concepts védantiques

Selon la philosophie du Vedânta, à l’origine était la Pure Conscience, l’Absolu, Brahman, l’Âtman (qui ressemble beaucoup au Purusha du Sâmkhya). Puis Mâyâ (équivalent de Prakriti) a émané de Brahman, sans lequel elle n’a pas d’existence propre. Elle est la cause initiale, l’énergie créatrice et de transformation, l’origine de l’Univers. Elle est le mouvement perpétuel et éphémère auquel est lié le cycle de la vie et de la matière. Les Védantins ne mâchent pas leurs mots: elle est pour eux tout simplement la “Grande Illusion”… Selon la cosmogonie védantique, l’univers matériel est le résultat d’une projection tout d’abord extrêmement subtile d’énergie, puis progressivement densifiée, jusqu’à la matière. Ses limitations sensorielles et mentales ne permettent pas à l’Homme de percevoir l’Âtman, véritable nature de l’Univers; il ne peut en avoir que la connaissance intuitive, car Sa compréhension dépasse son entendement.

Les Kosha, les “enveloppes” de l’âme

Les Kosha sont exposés dans la Taittirîya Upanishad. Kosha signifie en sanskrit enveloppe, revêtement, gaine ou voile. La densification de la création a nécessité plusieurs adaptations de l’énergie et de la conscience, en fonction de la nature des différents plans traversés:

  • Ainsi, l’énergie originelle est pure, impalpable sur le plan terrestre. Puis sur un plan intermédiaire, elle devient son, lumière, vibration. Lorsqu’elle atteint les plans les plus grossiers, elle se matérialise: elle devient matière, composée des 5 éléments (éther, air, feu, eau, terre).
  • Cela s’applique aussi à l’”âme” (Jîvâtman ou conscience individuelle) qui descend des plans subtils, jusqu’aux plans grossiers. C’est un peu comme si cette descente vers l’existence terrestre, rendait nécessaire la création d’”habits”, de fonctions, de véhicules, pour permettre à la conscience individuelle d’interagir sur les plans énergétiques traversés.

C’est ce phénomène qui explique l’existence des Kosha (enveloppes). Voici une autre explication imagée des Kosha:

Une pièce est dans le noir le plus total. L’observateur ne peut y voir que l’obscurité. Dans cette pièce, il y a pourtant une lanterne; mais elle est recouverte par de nombreux voiles, qui ne laissent pas passer la lumière. L’Homme est ainsi pareil à la lanterne. Il est recouvert de cinq voiles – ou Kosha – superposés. En son centre le plus secret, brille la lumière de l’Âtman, l’âme individuelle, pure et identique à l’Atman universel. Mais ses sens physiques ne lui permettent pas de voir sa véritable nature. Au contraire: ses sens le poussent à se projeter dans le monde extérieur matériel. A l’image de la lanterne ci-dessus, pourtant allumée, l’Homme ne peut voir, ni être conscient, de sa propre lumière…

Les Kosha cachent à l’humain sa véritable nature. Le Yogi entame un retour à la source, en perçant un à un les voiles, par sa conscience:

  • Il sait que plus il se concentre sur la matière, plus la source, l’Atman, est masquée;
  • plus il retourne à l’intérieur et se connecte à sa nature véritable, au-delà des Kosha, plus il s’en rapproche.

En fin de course, le Yogi fait l’expérience de la source lumineuse à l’intérieur… Le Jîvâtman (âme individuelle), qui aspire à la libération, fait le chemin inverse à celui de la projection lors de la création de l’Univers. Il remonte, à contre-courant, dans les Kosha, du plus grossier au plus subtil, et finalement les dépasse. Cette tâche est extrêmement difficile: au lieu de se projeter dans le monde extérieur, dans le «faire» et l’«avoir», le Yogi rentre à l’intérieur de lui-même, apprend à se connaître et à «être», jusqu’à retrouver en lui l’Unité dans l’Atman. Et c’est cela que le yogi vise, lorsqu’il pratique les différentes techniques du Yoga… (à suivre) Image: http://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie

3 réponses

« Précédents - Suivants »


Gratuit télécharger relaxation gratuite audio mp3
Yogamrita stages de yoga et cours de yoga en Bretagne
Yogamrita boutique du yoga et du bien-être