Archives de la catégorie 'Sagesses du monde'

mai 10 2009

Corps physique et Corps subtil

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

Certains d’entre vous ont peut-être déjà lu Le Pouvoir du moment présent : Guide d’éveil spirituel d’Eckhart Tolle. J’ai trouvé sur Internet des versions audio de plusieurs de ses livres ainsi que d’autres livres spirituels. C’est bien agréable à écouter, pour changer de la lecture.

Il y a quelques jours j’écoutais le chapitre 6, intitulé “Le corps subtil”. Les ponts avec la pratique du yoga sont tellement évidents que je vous en propose le lien, afin de vous le partager.

Eckhart Tolle explique que le corps physique nous éloigne de notre véritable nature - par notre identification à lui - mais qu’il est pourtant  indispensable de passer par lui pour réaliser notre véritable nature, qu’il appelle l’”Etre”.

L’Être se recherche à l’intérieur, nul par ailleurs…

Le corps subtil est la charnière entre le corps de chair auquel nous sommes identifiés et notre essence ou véritable nature.

Eckhart Tolle recommande une grande présence au corps, une écoute totale, dans le ressenti. Ce type d’écoute permet de capter le corps subtil et de s’y relier. Habiter le corps,  c’est ressentir la vie qui est en lui et quelque chose au-delà… Être totalement présent à soi, dans l’instant présent, sans rechercher le sensationnel, c’est RESSENTIR tout simplement. Alors le corps s’anime et la connexion se fait.

Cette présence au corps - aux corps - est le début d’un voyage dit Eckhart Tolle, vers une vie plus intense, une compréhension plus vaste qui comporte une dimension sacrée.

Il propose quelques exercices comme:

Fermer les yeux, ressentir le corps de l’intérieur, se sentir “vivant”, ressentir l’énergie vitale (prana) qui diffuse dans chaque cellule.

C’est une technique que tout pratiquant du yoga expérimente, notamment pendant la relaxation. Eckhart Tolle propose d’en faire une expérience quasi permanente… En fait, rien ne nous en empêche. Il est possible de vaquer à ses occupations tout en étant capable de prendre ce recul. Être dans la conscience du corps subtil tient du ressenti et non de la pensée. Cela veut dire que le mental est au repos mais que notre conscience supérieure est pleinement présente, bien plus que lorsque nous sommes embués par les incessantes pensées qui se pressent à nous. Cette totale présence fait que nous sommes tout à fait capable de revenir sur le mode “pensée”, dès que cela est nécessaire.

Baigner dans la conscience subtile est favorable à la santé; l’écoute d’autrui est bien plus profonde; notre capacité de réaction et notre créativité s’en trouvent améliorées. Tout simplement parce que nous puisons à une source supérieure, qui n’est pas limitée par le mental…

De même, le fait d’être connecté à des vibrations de haute qualité attire à nous d’autres vibrations élevées. La négativité ne vient pas à nous. Même si les pensées et les peurs ne disparaissent totalement, elles deviennent de moins en moins envahissantes.

Pour prendre du recul, en allant et en venant entre les pensées et l’écoute intérieure de tout le corps subtil, je vous invite à écouter le texte de l’auteur de ces pensées:

Le Pouvoir du Moment Présent - Eckhart Tolle
CHAPITRE 6 (résumé) AUDIO

Namasté
Source images: http://www.loretlesel.fr/
Source audio (voir aussi les autres ouvrages disponibles!): 
http://www.nous-les-dieux.org/LIVRES_AUDIOS

5 réponses

mai 06 2009

Histoire de la reine Chudala: le roi rencontre le Brahmachari (8)

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

Suite du récit de la Reine Chudala (7), récit de la réalisation spirituelle d’un couple royal. La Reine Chudala a déjà atteint la Connaissance suprême et suit avec bienveillance l’évolution de son époux… qui ne souhaite pas recevoir d’enseignements de sa femme, n’ayant pas perçu le degré de réalisation spirituelle de cette dernière… Si vous n’avez pas suivi l’histoire, en voici le début: Histoire de la Reine Chudala (1). Le roi est devenu ermite depuis des années. Il s’astreint à une rude discipline mais n’a pas encore atteint l’Eveil. Chudala vient à lui.


Elle [la reine Chudala] désirait fort le conduire [le roi] à la Connaissance de la Vérité, mais elle sut qu’il ne serait pas opportun de l’enseigner tout en conservant la forme qu’elle avait alors: il la regarderait comme son épouse et risquerait de ne pas l’écouter avec assez d’attention. C’est pourquoi elle prit la forme d’un Brahmachari (1). De même qu’une vague abandonne une forme pour en adopter une autre, ainsi la reine devint un jeune Brahmachari et se mit à marcher au niveau d’un pied au-dessus du sol. Et ce fut comme Brahmachari, tenant une cruche d’eau dans une main et un rosaire de grains de rudraksha dans l’autre, l’expression empreinte de calme, le front badigeonné de cendre et le cordon sacré en sautoir, qu’elle apparut au roi.

Le roi se leva à la vue du Brahmachari, s’inclina devant lui, lui offrit des fleurs et des fruits et le pria de s’asseoir à l’ombre d’un arbre. Il dit:

“Certes c’est un jour de bonheur qui me permet de t’accueillir dans ma modeste case. Dis-moi, ô fils de deva, quel est le motif de ta venue ici?”

Le Brahmachari répondit:

“O roi, j’accomplis un long pèlerinage au cours duquel j’ai déjà vu en abondance de belles rivières, des collines, des fleurs et de beaux arbres, mais je n’ai vu personne qui fût rempli d’un sentiment plus pur que toi. Tu as accompli de grandes pénitences et de grands exercices spirituels, et tu as fait la conquête de ton moi inférieur. Je m’incline devant toi. Mais dis-moi, ô roi, as-tu fait quelque chose pour la réalisation du Soi?”

Le roi prit une guirlande de fleurs, qu’il avait gardée pour le culte de son deva, la passa autour de la tête du Brahmachari et le vénéra.

Il dit:

“Il est rare de rencontrer un saint homme pareil à toi, ô Brahmachari. Je sais qu’une hospitalité sincèrement offerte à un hôte non attendu vaut mieux que l’adoration d’un deva. O Brahmachari, combien est plaisante la forme de ton corps; sa grâce et sa beauté me rappellent beaucoup mon épouse qui te ressemblait fort. Mais tu es un Brahmachari consacré au Yoga et il ne sied pas de dire que tu as une ressemblance avec la reine. Dis-moi, saint Brahmachari, de qui es-tu le fils, pour quelle raison m’as-tu visité et quelle est ta destination?”

Le Brahmachari dit:

“O roi, autrefois un divin sage Narada visita la vallée de Sumeru qui est le pays du printemps permanent. Des fleurs, des plantes aux feuilles délicates, des ruisseaux au doux murmure et aux gracieux oiseaux s’y trouvent. De nombreux brahmanes pratiquant la méditation y vivent dans des cabanes. Narada, le divin sage, était heureux de voir cet endroit qui est arrosé par le Gange sacré et n’est accessible qu’aux saints hommes. Narada s’assit, entra en samadhi et demeura dans cet état bienheureux. Lorsqu’il redescendit des hauteurs du samadhi, il entendit le tintement de bijoux portés par une femme. Il en fut fort étonné et regarda autour de lui pour trouver l’origine de ce bruit. Il parvint au bord du Gange aux eaux riantes, en suivit le cours pareil à de l’argent fondu et aperçut Urvashi, la nymphe céleste, qui se baignait dans le fleuve avec ses saintes compagnes. Son regard tomba sur leur nudité; il perdit sa discrimination et son âme fut obscurcie par l’idée de plaisir.”

Le roi dit:

“O, Brahmachari, Narada est un grand sage; comment a-t-il été possible que, même chez lui, son âme ait été troublée par la vue des nymphes nues?”

Le Brahmachari répondit:

“O roi, aussi longtemps que le corps demeure en vie, il fonctionne selon sa nature aussi bien dans le cas de l’ignorant que dans celui du sage; mais la différence réside dans le fait que l’homme sage ne se réjouit pas lorsque les sensations de plaisir surgissent dans son corps, ni n’est atteint par la peine lorsque la souffrance envahit son âme, alors que l’homme ignorant est un pendule oscillant entre le sourire et les larmes. L’ignorant est pareil à une pièce d’étoffe blanche que l’on peut facilement teindre dans n’importe quelle couleur, mais le sage est comme une feuille de cire qui résiste à la couleur et dans laquelle ne saurait pénétrer une goutte de plaisir ou de souffrance. L’Antakarana (2) du sage n’est atteint ni par le plaisir, ni par la souffrance. L’ignorant voit par ici le plaisir et par là la souffrance; mais le sage voit tout en tant que réflexion du grand Atman sous-jacent et c’est pourquoi il n’en est pas affecté.

O roi, le désir est la mère de tout mouvement. L’agitation originelle dans l’Intelligence absolue est devenue le monde. O roi, lorsque la conscience conditionnée (jiva) reste dans la kundalini (3) et s’identifie avec les sens et les émotions, elle souffre et jouit selon les réflexions qui y sont créées. Mais lorsque, grâce au pouvoir de la connaissance, elle réalise qu’elle en est séparée, elle voit qu’elle est elle-même Félicité absolue. Lorsqu’elle sait ceci: “il n’y a aucune action en moi et je ne suis pas le corps”, alors elle devient impassible et bienheureuse. De même qu’il n’y a plus de feuilles ni de branches sur un arbre brûlé, ainsi lorsque l’âme est libérée de l’ignorance des désirs-passions, elle n’est plus que félicité.”

Le roi dit:

” O bienheureux Brahmachari-ji, tes paroles contiennent tant de sagesse et apportent tant de paix que je ne saurais jamais m’en lasser. Sois maintenant assez bon pour me dire quelle fut ta naissance?”

Le Brahmachari dit:

“O roi, Narada me donna naissance d’une manière miraculeuse. Je ne suis pas né d’une femme, mais le divin sage me créa par le pouvoir d’un saint mantram. Après ma naissance, Narada me confia à son père qui me prodigua son affection et me bénit, prononçant ces paroles: “O enfant, puisses-tu connaître Brahman!” Narada, le divin sage, est mon père, et je m’appelle Kumbha.”

Le roi dit:

“O Deva, tu parais parfaitement sage; tes paroles révèlent ton état élevé.”"

A suivre
***

(1) Brahmachari: Traditionnellement, le premier des quatre stades de la vie d’un homme hindou, celui de la jeunesse vouée au célibat et à l’étude. Par extension, celui qui respecte les vÅ“ux de Brahmacharya: célibat et abstinence en vue de l’élévation spirituelle.

(2) Antakarana: la psyché, ou “organe intérieur de l’homme”

(3) Kundalini: L’énergie cosmique vitale contenue dans le corps humain est symbolisée par un serpent enroulé et dormant à la base de la moelle épinière d’où on peut le faire s’élever grâce à des pratiques yoguiques afin qu’il active les centres psychiques du corps.

***

Source:
Texte: Le monde est dans l’âme (Yoga-Vasishtha) et Histoire de la Reine Chudala traduit par Hari Prasad Shastri, Editions Archè, 1977
Photo: http://www.dlshq.org/download/brahmacharya.htm

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avr 10 2009

Parabole de l’éléphant

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

La célèbre parabole de l’éléphant est ici racontée par le poète mystique Rûmî…

L’éléphant se trouvait dans une maison obscure: quelques hindous l’avaient amené pour l’exhiber.

Afin de le voir, plusieurs personnes entraient, une par une, dans l’obscurité.

Étant donné qu’on ne pouvait le voir avec les yeux, chacun le tâtait dans le noir, avec la paume de la main.

La main de l’un se posa sur sa trompe; il dit: “Cette créature est comme un tuyau d’eau.”

La main d’un autre toucha son oreille: elle lui parut semblable à un éventail.

Un autre, ayant saisi sa jambe, déclara: “Je trouve que la forme de l’éléphant est celle d’un pilier.”

Un autre posa posa la main sur son dos et dit: “En vérité, cet éléphant est comme un trône.”

De même, chaque foi que quelqu’un entendait une description de l’éléphant, il la comprenait d’après la partie qu’il avait touchée. Selon l’endroit vu, leurs affirmations différaient; un homme l’appelait Dal, un autre Alif.

Si chacun d’eux avait tenu une chandelle dans sa main, la différence aurait disparu de leurs paroles.

L’Å“il de la perception sensorielle est seulement comme la paume de la main: la paume n’était pas en mesure d’atteindre la totalité  (de l’éléphant).

L’oeil de la Mer est une chose, l’écume en est une autre; laisse là l’écume et regarde avec l’oeil de la Mer.

Jour et nuit, se meuvent les flocons de l’écume qui proviennent de la Mer; tu vois l’écume, non la Mer. Que c’est étrange!

Nous nous heurtons les uns contre les autres, comme des barques; nos yeux sont aveuglés, bien que nous nous trouvions dans l’eau claire.

O toi qui t’es endormi dnas le bateau du corps, tu as vu l’eau: contemple l’Eau de l’eau.

L’eau a une Eau qui la pousse, l’esprit a un Esprit qui l’appelle.

Mathnawî, III, 1270 s

Source: Rûmî et le soufisme, Eva de Vitray - Meyerovitch, Editions du Seuil, Collection Maîtres Spirituels, 1977
Photos: http://www.routard.com/photos/inde/42422-elephant.htm, http://www.inde.julienminard.com/2008/05/lelephant-shivate-son-mahout.html, http://www.photos-noir-et-blanc.com/photo-326054-ecume-de-mer_jpg.html,

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mar 31 2009

Printemps Zen

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

Pour illustrer la douceur du printemps qui s’est invité au jardin, ces quelques photos, ainsi que les textes de “Printemps Eté : L’année zen” d’Henri Brunel.

Une belle jonquille sur fond de ciel bleu...

30 mars

Ryokan décrit ainsi l’Eveil dans l’un de ses poèmes:

“L’Eveil est un diamant étincelant, qui ne vient ni des monts de Kunlun ni de la baie de Gepu.
Ce Diamant a son lieu d’élection au fond de la poitrine.

Son éclat est tel qu’on ne peut le regarder en face.

Si on le perd, le chagrin nous accable.
Si on le gagne, on voyage au pays de l’Infini.

Quant à moi je le montre et l’offre poliment à tout un chacun.
Mais que dois-je faire, si personne n’ose le prendre?

Un bon médecin pose le juste diagnostic, prescrit le médicament.
Il ne peut rien, si le malade refuse de l’utiliser.

Si quelqu’un demande par hasard: “Quel est ce bijou?”
Réponds-lui seulement: “Ce n’est que la nature de Bouddha, que tu avais déjà en toi.”

31 mars

Voici que s’achève le mois où s’éveille le printemps.

Ahon, toujours elle

Ainsi tout commence, tout naît, tout meurt, tout passe…

Un nuage blanc
s’émiette dans le vent.
Jour de printemps.

Source:  “Printemps Eté : L’année zen” d’Henri Brunel.

J’en profite pour annoncer la sortie de deux livres “qui font du bien”, de ce même auteur dont j’aime l’Å“uvre, et avec lequel j’ai la chance de faire de temps en temps “causette”, un miracle du blog…

1. Une Année avec Marie, dont Henri Brunel nous avait donné un extrait en avant première sur le blog: un joli texte sur Barbara.

Présentation de l’éditeur: Henri Brunel, auteur passionné de spiritualité est connu du grand public grâce à ses écrits sur zen. A l’âge de 37 ans, il découvre le yoga et les spiritualités orientales. Il pratique et enseigne le Hatha-yoga et s’imprègne du zen. Il écrit sur ses philosophies pendant une trentaine d’années. Depuis sa rencontre éblouie avec la statue de Michel Ange : La Madone et l’Enfant, il voue un culte privilégié avec la Vierge Marie. Il livre, durant toute l’année 2008, ses courtes méditations sur les événements et les aléas de la vie quotidienne. À la lumière de Marie.

2. La passion d’écrire est un livre auquel l’auteur tient beaucoup. Il est destiné, comme son nom l’indique, aux passionnés d’écriture, qui veulent en savoir plus sur cet art. Henri y trace notamment le parcours du combattant de l’auteur qui présente pour la première fois un manuscrit à un éditeur…

Présentation de l’éditeur: Henri Brunel a écrit vingt-six ouvrages, dont Les plus beaux contes zen, vendus à plus de 400 000 exemplaires. Il est traduit en de nombreuses langues, du japonais à l’espagnol, en passant par l’allemand, l’italien, le grec, le turc, le roumain, le polonais, le russe, le tchèque, le coréen, le portugais, le catalan ou le chinois. Il propose ici à partir de son expérience personnelle, une réflexion sur ” l’Art d’écrire “. Il évoque aussi les relations difficiles, enrichissantes, ou pittoresques entre les auteurs et le monde de l’édition. Un livre sérieux, qui ne se pas au sérieux, agrémenté d’exemples et d’anecdotes.


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mar 26 2009

La reine Chudala recherche le roi devenu ermite (7)

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

Suite du récit de la Reine Chudala (6), récit de le réalisation spirituelle d’un couple royal. La Reine Chudala a déjà atteint la Connaissance suprême et suit avec bienveillance l’évolution de son époux… qui ne souhaite pas recevoir d’enseignements de sa femme, n’ayant pas perçu le degré de réalisation spirituelle de cette dernière… Si vous n’avez pas suivi l’histoire, en voici le début: Histoire de la Reine Chudala (1).

Yogi: représentation des Chakras

Le bienheureux Vasishtha dit:

«O Rama-ji, tu as entendu quelle était la vie quotidienne du roi ; écoute maintenant ce qu’il advint de la reine.

Lorsqu’elle eut constaté que le roi l’avait quittée durant les dernières heures de la nuit, elle en fut affligée et dit à ses servantes :

«Le roi est rentré dans la forêt pleine de dangers. Combien nous serons tristes d’être laissées sans notre souverain et seigneur!»

La reine eut recours à ses pouvoirs yoguiques et s’éleva dans les airs. Elle aperçut le roi qui cheminait à travers l’épaisse forêt et réfléchit à ce que son karma gardait en réserve pour son avenir. Elle découvrit que son propre karma lui donnait l’assurance de revoir le roi, mais qu’il n’était pas encore mûr pour recevoir la Vérité divine et qu’il était bon pour lui de faire l’expérience de la vie de la forêt.

Elle retourna au palais et, dans sa chambre, dormit d’un sommeil parfaitement paisible. Le lendemain matin, elle dit au premier ministre que le roi s’était absenté pour des affaires personnelles et qu’il fallait prévoir qu’il ne reviendrait pas avant un certain temps. Elle lui donna les instructions nécessaires à la conduite de l’administration.

Elle gouverna le royaume de façon avisée pendant (dix-)huit ans, ajoutant à la paix et au bonheur de ses sujets. De même qu’un jardinier entoure de soins et d’affection un champ de lotus, ainsi la reine s’occupait du bien de son peuple.

Cependant, le roi consacrait son temps à la méditation, à l’étude des textes sacrés et à la répétition de son mantra. Il devint faible de corps, mais fort d’esprit. Enfin la reine sut que le roi était apte à recevoir la Vérité spirituelle supérieure, ayant purifié son cœur et vaincu sa vanité, son ambition et son égoïsme. Elle s’éleva dans les sphères supérieures et parcourut les jardins d’Indra, admirant la beauté des fleurs célestes et écoutant le chant des oiseaux au plumage multicolore.

Alors elle franchit la barrière de nuages, les éclairs et les brouillards. Elle survola les hautes montagnes, luttant contre les tempêtes et regardant à terre surtout les huttes des ermites sur des pentes verdoyantes et parmi des ruisseaux murmurants. Arrivée au mont Mandarachal, elle descendit à terre et, s’étant hissée sur un rocher cristallin, entra en samadhi. Elle vit le roi qui vivait dans une caverne isolée, méditant et suivant les pratiques du yoga, mais toujours sans réalisation du Soi, sans véritable illumination ni paix.»

A suivre

Sources:
Le monde est dans l’âme (Yoga-Vasishtha) et Histoire de la Reine Chudala traduit par Hari Prasad Shastri, Editions Archè, 1977
Image: http://yoga76.blogspace.fr/

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