Archives de la catégorie 'Espace des lecteurs'

juin 02 2009

«Sadhana impromptue»

Publié par Michèle sous Espace des lecteurs

Voici le témoignage de Pascale, lectrice du blog, tout comme vous: le voyage d’une vie avec le yoga en trame de fond. Je vous laisse découvrir…


«Oh elle me chatouille le ventre de ses petits doigts et maintenant elle me tapote avec ses pieds ou ses mains!»

Elle vibre et répond aux perceptions de mon être et à ce cercle de pratiquants, hommes, femmes, jeunes, âgés, et …futures mamans, assis sur le sol, tous se tenant la main, les yeux clos, tous en communication avec les bébés. C’est ce «OM» qui les fera naître en douceur et sensibilité. Un «OM» puissant, délicieux, pur…

J’ai 24 ans, ma mère pratiquante de Hatha Yoga depuis plusieurs années m’entraîne dans ses séances collectives en m’assurant que ce serait la meilleure préparation à l’accouchement, que ce besoin d’être rassurée et détendue serait comblé.

Ma fille est née comme par magie…une baguette invisible la fit apparaître soudaine et souriante dans mes bras.

De ce jour, alors que la médecine avait mis tout en place pour un accouchement douloureux dû à la naissance difficile d’un fils quelques années auparavant, l’éclat inconditionnel et séducteur du Yoga s’empara alors de moi. Comme une raison d’être, comme une source de vie. Il me façonna alors un chemin pour illuminer celui de ma fille… et de ses frères.

D’une pratique irrégulière, car je devais sûrement avoir d’autres choses à faire dans mon existence, Prânâyâma devint mon plus fidèle compagnon de route, s’unissant à merveille à mon activité de musicienne chanteuse. Me donnant l’assurance et le calme pour affronter le travail ardu des répétitions et la rencontre du public.

Certaines âsana venaient adoucir les tensions physiques générées par le stress d’une vie riche en événements forts et par trop souvent négatifs malgré tout.

De cette vie avançant sur un chemin particulièrement semés d’épreuves plus ou moins pénibles et angoissantes, je me suis écroulée. C’est alors que j’ai rencontré un second guide en Hatha Yoga. Une femme radieuse et discrète m’emportait dans son enseignement, soulageant mes blessures morales et mon corps malade. Pendant quelques années, elle fut comme une 3ème jambe, une béquille, une canne, m’assurant un équilibre pour continuer ma route. J’ai gardé de ces moments de magnifiques images et de douces récupérations et je continuais à avancer… reprenant les enseignements à chaque instant de détresse, à chaque blessure des mes bonheurs ; me donnant suffisamment de courage pour affronter mon destin; un destin qui m’imposait quelques années plus tard l’Épreuve: le cancer du col de l’utérus.

Une lutte acharnée commençait. Tant moral que physique. Cette tumeur en moi … La peur de la mort, l’affront de la médecine dite traditionnelle; habituellement soignée par les médecines parallèles, la froideur de la clinique et sa salle d’opération, cette ablation de l’utérus, l’angoisse du protocole de traitement ensuite. Cette tumeur en moi… s’étant quasi résorbée éclipsait alors les mots radiothérapie et chimiothérapie. Pouvait-elle annoncer aussi qu’elle s’inclinait à ma force intérieure, mon énergie, celle que j’ai développée en yoga, pour éviter toute intervention chirurgicale?

Qui sait….

Et puis, ma mère m’offrit son dernier soupir dans une souffrance innommable.

Mon chagrin fut alors intense, amer, parfois insidieux. Pendant une année, je me suis oubliée. Dépourvue totalement de recul, je me noyais dans la tristesse et le manque de son amour et j’oubliais Yoga.

J’oubliais Yoga alors que Yoga me connaissait

J’oubliais Yoga alors que Yoga m’aimait…

«Bonjour, je viens vers vous car je ne vais pas bien, j’ai besoin de vous car vous me rappelez Yoga. Allongez-vous Pascale, inspirez, expirez… inspirez et gonflez votre ventre comme un petit ballon, expirez, recommencez ainsi… inspirez complètement, abdomen, cotes, clavicules…expirez, recommencez ainsi…»

Je tremble de partout, la tête me tourne, je suis prise de nausée …

«asseyez-vous, reprenez votre souffle habituel, attendez que cela passe»

et toutes ces personnes près de moi enchaînent des âsana et je les observe attentivement et je me souviens de Yoga …

«Allongez-vous sur le côté Pascale, couvrez-vous de cette couverture, fermez les yeux et écoutez…»

J’écoute et Yoga me prend dans ses bras, enfin nous nous reconnaissons pour ne plus jamais se quitter et s’aimer contre vents et marées!

C’est un bout de vie Yoga que je vous raconte: rencontre, séparation et retrouvailles, comme des amants avec la certitude de l’éternité, bien au-delà des mots, des pensées, des envies, des passions, comme une révélation qui me fait dire alors que, bien que très débutante en ce domaine, je me sens parfois très yogini, comme si je l’avais toujours été, depuis très longtemps. Parce que ce jour là, j’ai compris véritablement le sens de Yoga et tout ce que j’étudie désormais en son nom est une évidence. Chaque jour alors est coloré de Yoga. Je me nourris de Yoga, je l’affectionne tout particulièrement car je sais que c’est ma force de vie.

Février 2009 …

Je suis invitée au «Banquet de Shiva» ?!

Il est temps pour moi de revêtir mes plus beaux atours, ceux cachés au fond de mon être et qui ne demandent qu’à être révélés à ma conscience.

Je réfléchis, je doute et me jette soudainement à l’eau…à la source et aux enseignements du yoga tantrique des Natha-Yogin

J’ai 47 ans et ma sâdhanâ commence, impromptue vous dites?

Pascale, mardi 2 juin 2009

Prochainement « voyage en Inde, ou le chemin imaginaire d’une nâthnî yogin»

Source photo Yoga prénatal: http://www.reassur3d.com/pages/R3d_yoga.html

4 réponses

jan 16 2009

Lait aux épices: en cas de rhume ou de bronchite

En cette saison, et au vu du nombre de personnes en refroidissement que je croise…, je vous transmets cette recette, que m’a envoyée une lectrice du blog.

Lait aux épices

Mireille écrit à son sujet: “Je fais régulièrement cette tisane en cas de rhume ou de bronchite. Elle est très efficace chez moi, et les coupe instantanément !”

Préparation

Dans du lait de riz (ou autre lait végétal ou de vache, si toléré) bien chaud, ajouter:

1 c à café de gingembre en poudre
1 c à café de cannelle en poudre
1 c à café de curcuma
1 c à café de miel
1 c à café de poivre noir (c’est l’idéal, une ½ cuillère suffit déjà…)

Pour ma part, je n’ai pas eu encore l’occasion de tester cette boisson, mais j’y penserai le moment venu!

Bon week-end

PS: Je m’aperçois après coup que les ingrédients – épices – sont disponibles dans la boutique :-)

Image: http://enjoyindianfood.blogspot.com/2007_12_01_archive.html

Pas de réponse

jan 10 2009

Les techniques du yoga favorables en cas de migraine (2/2)

Ce 2ème article (le 1er est ici) reprend des extraits du mémoire de Mireille, professeur de yoga, qui m’a proposé d’en publier des extraits ici. Vous pourrez télécharger son document ci-dessous, si vous souhaitez approfondir le thème.

Yoga et Migraine: une série d'asana

Quelle pratique privilégier?

Mireille explique dans son document que les causes de la migraine sont multiples et résultent d’un mal être mental et physique, le premier influant sur le second.

“Sans parler de thérapie le yoga permet de gérer ses propres spécificités physiques, mentales et psychologiques en se prenant en charge, en agissant sur les chakras et en les rééquilibrant. Par exemple la vue, le foie et les fonctions digestives correspondent à Manipura chakra qui est le siège de la peur, des émotions rentrées et de la transformation de l’énergie en insatisfaction. En stimulant ce centre on agit sur la gestion de ses émotions et donc sur le fonctionnement de l’organe correspondant et sur les conséquences de ses dysfonctionnements, ici la migraine.

Certaines postures peuvent être privilégiées par les migraineux pour leurs effets bénéfiques sur les parties du corps, causes de migraines qu’elles réveillent. Elles relancent l’énergie et stimulent les chakras.
Les étirements et compressions provoquées par les postures ont des effets spécifiques sur les organes par un mécanisme analogue à celui de l’acupuncture ou du shiatsu.
Petit à petit les tensions lâchent et avec elles les douleurs qu’elles provoquent.”

Les postures debout

Vrksasana (posture de l’arbre)

Vrksasana, la posture de l'Arbre

Se référant à l’arbre symbole de la sagesse, cette posture améliore l’équilibre entre le physique et le mental. L’arbre est la représentation de la verticalité (symbole de l’ascension spirituelle) et de l’enracinement au sol (ancrage, intériorisation, confiance en soi).

L’étirement de la colonne vertébrale et la concentration sur le souffle ont un effet bénéfique sur la nuque et les muscles posturaux. La position des bras au dessus de la tête favorise l’ouverture de la cage thoracique. Une respiration lente et profonde procure une réelle détente physique et mentale.

SIRSA CAKRASANA (rotation de la tête)

Exercices pour la nuque

Très simple à exécuter sirsa cakrasana permet d’assouplir la région cervicale et de réduire les tensions de la nuque. En penchant la tête en arrière on agit sur le bulbe rachidien et on provoque une action de drainage et de nettoyage. En médecine chinoise c’est la porte du ciel. Elle libère l’énergie, stimule les nerfs crâniens et contribue à drainer les sinus. Exécutée très régulièrement elle contribue rapidement à réduire les migraines liées à un blocage du cou et des épaules.

Postures assises

Pascimottanasana (la Pince)

Posture de la Pince, Pascimottanasana

Active manipura chakra et donc agit sur le champ des émotions. Sur le plan physique outre l’étirement de la colonne vertébrale la posture agit sur le méridien du foie et de la vésicule biliaire (étirement de l’arrière des jambes). Elle active le système parasympathique et amène de la détente. Elle exerce également un massage de l’abdomen favorisant le fonctionnement des différents organes.

Maha Mudra (le mudra suprême)

Maha Mudra, le Grand Geste

Traditionnellement cette posture est destinée à sortir de l’ignorance pour arriver dans la lumière et à agir sur manipura chakra. Tous les muscles dorsaux sont sollicités et la posture permet de réveiller l’énergie. Les intestins, le foie et l’estomac sont massés et stimulés. En Inde cette posture est utilisée pour traiter les troubles du foie et de la digestion.

Postures inversées

Les postures inversées, considérées comme les postures reines, occupent une place importante dans le yoga. Elles favorisent le retour vers l’unité et sont considérées comme des gages de bonne santé. Elles placent surya (le soleil) plus haut que chandra (la lune) et permettent une meilleure combustion de l’agni (le feu intérieur). L’élimination des déchets est donc facilitée améliorant le fonctionnement de tous les organes.

Sarvanga asana et Halasana amènent le calme et la détente.

Sarvanga Asana (posture de la chandelle)

Sarvangasana, la posture sur les épaule ou posture de tout le corps

Elle active les cinq sortes de souffles (panca prana) et donc tout le fonctionnement du mental. Elle symbolise la paix et l’harmonie.

Sur le plan physique elle favorise le retour veineux des membres inférieurs et des organes de l’abdomen. Elle agit sur les glandes surrénales qui secrètent le cortisol, l’adrénaline et la noradrénaline, hormones qui régulent le stress. Le corps est en appui sur les épaules ce qui provoque un massage de cette région et donc un relâchement des tensions.

Halasana (la charrue)

Posture de la Charrue, Halasana

La symbolique de la charrue traçant un sillon correspond au chemin de vie. C’est la nécessité de voir clair pour suivre la bonne voie. Posture de retournement, c’est une posture de libération, autant des ennemis intérieurs qu’extérieurs : qu’est ce que j’ai à libérer en moi. Sur le plan physique, en provoquant un étirement de toute la région postérieure du corps elle libère les tensions dorsales, provoque un massage abdominal et agit sur les points d’acupuncture.

Postures de torsion

Makara Asana (le Crocodile)

Posture du Crocodile, Makarasana

Symbolisme : le crocodile trouble l’eau calme (la conscience). Il représente l’instabilité mentale qui nuit à la sérénité en créant le désir toujours insatisfait. Makara asana aide à calmer les manifestations désordonnées de la conscience.

Posture de torsion sur le dos, elle permet de libérer les vertèbres sans l’effet de la pesanteur. Elle a un effet de décongestion et d’élimination des déchets en activant l’oxygénation du corps et la circulation sanguine. Elle provoque un massage du foie et de l’estomac et donc facilite les fonctions d’assimilation et d’élimination (purification du corps).Elle augmente la chaleur du corps.

La torsion permet un étirement du méridien VB et donc améliore le fonctionnement du foie. Elle contribue à stimuler l’énergie du corps et améliore la mobilité des vertèbres cervicales et lombaires.

Postures en extension

Dhanura Asana: Posture de l’arc

Dhanurasana, la posture de l'Arc

La posture favorise l’énergie et le feu gastrique. Elle permet de trouver la paix intérieure et l’unité. Sur le plan physique la pression sur l’abdomen stimule les organes de la digestion et a un effet très bénéfique sur toutes les glandes endocrines. Elle soulage également les douleurs dues à des pincements des disques vertébraux.

Relaxation

Shavasana

Shavasana, la posture du cadavre

Pour les scientifiques la réponse de la relaxation est une réponse physiologique antagoniste de celle de stress. L’une des définitions de la relaxation est: un entraînement dont l’objectif est de régulariser et d’harmoniser les fonctions physiologiques et psychologiques.

Pour de nombreuses personnes la détente n’est obtenue qu’après un exercice physique intense et violent : il s’agit d’une détente avec perte d’énergie.

Au contraire la relaxation procure une détente avec un gain d’énergie provoqué par un rassemblement des énergies dispersées.

Les séances de détente en yoga sont pratiquées le plus souvent dans la posture de SHAVASANA . Traduit en général par mort ou cadavre, shava signifie également immobilité (de la mort) et mourant (qui est encore conscient).

Les respirations lentes et profondes faites en début de séance stimulent le système parasympathique. Ensuite une respiration douce, fine et profonde relâche les nerfs, calme le mental. Tous les muscles sont détendus et la fatigue est remplacée par un gain d’énergie.

La relaxation amène une modification de la conscience, des rythmes cardiaque et respiratoire, de la résistance de la peau et du tonus musculaire.

L’immobilité la plus complète est indispensable car le mouvement le plus infime met en jeu toute une série de muscles créant des contractions.

Le calme intérieur induit par la relaxation a donc un effet très positif sur les migraineux.

Pranayama

La respiration est une fonction réflexe du corps, qui, pour la plupart des gens n’est utilisée qu’à 10 %. Elle est bien souvent le reflet de notre mental :

saccadée, rétrécie, bloquée, elle est synonyme de mal être. Fluide, tranquille, régulière elle révèle un mental calme. Cette fonction réflexe peut être améliorée par un travail corporel (action sur le diaphragme…).

La respiration est un révélateur immédiat de notre état en étant affectée par nos émotions : avoir le souffle coupé par la peur ou la surprise.

Le pranayama (prana le souffle, ayam : allonger, contrôler) peut se traduire par allonger le souffle. Cette gestion du souffle amène la gestion du mental en induisant le calme et l’équilibre, mais plus que le souffle physiologique le prana correspond plus à l’aspect énergétique de l’univers. A l’inspir on prend l’énergie vitale de l’énergie universelle.

Un état de confusion amène une respiration limitée, superficielle ou trop rapide ainsi qu’une crispation dans la nuque et des difficultés digestives.

Il s’agit donc de contrôler l’énergie par la respiration et pas uniquement de techniques de respiration. En allongeant le souffle on aide l’énergie à se fixer et à se diriger.

Le pranayama agit sur :

  • la régénération du corps (nadishodhana : purification).
  • l’équilibre émotionnel : calme le système nerveux, équilibre l’énergie psychique
  • le mental : apporte le calme et la clarté mentale, favorise le discernement.

Régulièrement pratiquée, la régulation énergétique permet d’éviter l’apparition de troubles physiques puisque l’on sait que les troubles énergétiques apparaissent avant les troubles organiques.

Pour les migraineux la respiration alternée, Anuloma Viloma, est tout particulièrement bénéfique.

Pratiquée dès l’apparition des premiers symptômes, elle peut éviter à la crise de s’installer. En effet ce type de respiration dynamise les deux hémisphères du cerveau. Pratiquée en position d’assise confortable, Sukhasana, elle permet d’équilibrer la circulation du prana dans Ida et Pingala et Shushumma les trois nadis principaux.

Sur le plan physique elle a un effet stimulant sur le système orthosympathique qui prépare à l’action en mobilisant les ressources du sujet.

L’Ayurveda

Mireille propose ensuite un chapitre sur les apports de l’Ayurvéda pour les migraineux: se référer au document dans son entier.

Conclusion

Grâce à sa pratique, Mireille explique ce que sa démarche personnelle en yoga lui a apporté:

“la disparition des troubles neurovégétatifs et l’apparition d’une certaine sérénité intérieure démontre bien l’action biologique de la pratique et la transformation de la personnalité qui découle de cette pratique.

La connaissance de soi, l’action sur le mental et le physique constituent une prise en charge de la santé et donc une véritable prévention permettant non seulement d’atténuer certains maux mais également d’en éviter l’apparition.”

Source à télécharger: Yoga et Migraine, Mireille Bellet Saliba, avril 2006 (pdf)

Merci à Mireille pour nous avoir partagé son expérience et ses connaissances.

4 réponses

déc 23 2008

Yoga et Migraine (1/2)

Cet article reprend des extraits du mémoire de Mireille, professeur de yoga, qui m’a gentiment proposé d’utiliser son document pour un article. Mais comme il s’agit d’un travail très complet, je le présenterai en 2 articles et je vous proposerai de télécharger son document (dans le courant de la semaine), si vous souhaitez approfondir ce thème.

Migraine et yoga

La migraine accompagne et pollue la vie d’un grand nombre de personnes. Sournoise, elle se dissimule mais semble toujours prête à surgir et prendre possession de la personne migraineuse.

Elle m’a accompagnée durant de très longues années, jamais très loin, me coupant du monde par moment.

Les progrès de la médecine et l’arrivée de nouveaux traitements m’ont permis de la juguler en partie, mais à quel prix ? Plusieurs prises de triptans par semaine, des essais de traitements de fond et leurs effets secondaires. La sensation d’être toujours entre deux migraines. Le remède miracle n’existe pas.

Qu’est-ce que la migraine?

La migraine est une céphalée (mal de tête). Elle se distingue du mal de tête ordinaire par sa fréquence, sa durée et son intensité. Il existe un consensus international, ce qui permet de comparer sa fréquence tout autour du monde.

Entre 12 et 15 % des adultes de 18 à 65 ans sont migraineux, soit 6 à 7 millions de personnes en France, avec une proportion de 3 femmes pour 1 homme.

Le facteur hormonal n’est pas à négliger puisque avant la puberté autant d’hommes que de femmes sont touchés, les grossesses et la ménopause influant sur la fréquence et l’intensité des crises.

La vie des migraineux est altérée de façon significative puisque environ 50 % d’entre eux présentent au moins 2 crises fortes par mois. Le handicap fonctionnel est toutefois vécu avec un certain fatalisme par la plupart d’entre eux, avec une démédicalisation importante. 82 % des migraineux n’ont en effet aucun suivi médical et 23 % d’entre eux n’ont même jamais consulté.

Les raisons sont multiples :

  • Fatalisme (hérédité) et recettes familiales
  • Crainte de la toxicité des antalgiques (effets secondaires importants pour certains)
  • Sentiment pour 55 % des malades n’ayant jamais consulté que la migraine est une source de douleur mais pas une maladie.

L’automédication est très fréquente et anarchique avec pour conséquences chez de nombreux patients des migraines par abus médicamenteux nécessitant un sevrage thérapeutique.

La migraine est source de souffrance physique et morale et constitue un réel handicap personnel, social et professionnel. Même entre les crises le migraineux est handicapé car il a tendance à organiser sa vie en fonction de la survenue éventuelle d’une crise, et essaie d’éviter tout facteur déclenchant. Cette attitude d’évitement peut devenir invalidante.

Les causes de la migraine

Les causes de la migraine sont encore le sujet de nombreuses controverses et il n’y a pas une, mais des causes (la médecine chinoise, elle, inventorie 15 à 17 types de céphalées). La crise de migraine naît quelque part dans le cerveau : une activation neuronale inappropriée déclenche un « orage » cérébral.

La migraine qui broie la tête, rend fou,
Egare les idées et disperse la mémoire
Ainsi qu’une poussière au vent
Guy de Maupassant

Il s’agit d’un mauvais fonctionnement du système neuro-végétatif et les crises proviennent de causes :

  • Héréditaires : on rencontre assez souvent plusieurs migraineux dans une famille et ils présentent des caractéristiques physiques similaires.
  • Endocrinologiques (hormones).
  • Alimentaires ou digestives : chocolat, fromage, alcool ; mauvais fonctionnement des fonctions d’assimilation et d’élimination (foie, pancréas, reins…) ; jeûne …
  • Psychophysiologiques : musculaires (tensions du haut du corps), cervicalgies, fatigue, sommeil (manque ou excès).
  • Psychiques : stress, contrariétés, colère (souvent rentrée), émotions…
  • Environnementales : atmosphériques (chaleur, vent).

On constate pendant la crise une modification du débit sanguin, mais contrairement aux idées reçues la dilatation des vaisseaux n’est pas la cause de la douleur.

Quel peut être l’apport du yoga pour un sujet migraineux?

A priori on ne recherche pas quelque chose de précis en débutant le yoga. En général c’est un sentiment d’insatisfaction et une recherche personnelle qui amènent au yoga.

Le yoga est à l’inverse de l’évolution du monde. Dans un monde en expansion de l’un (dieu) vers les autres, le yoga c’est revenir vers l’un, vers ce qui est réellement important et unique. C’est aussi accepter le lâcher prise en acceptant ce qui arrive sans recherche excessive de résultat et en acceptant l’autre dans sa différence. C’est également apprendre à se libérer du ressentiment.

Ni thérapie, ni activité physique, le yoga est avant tout une science, une discipline et une hygiène de vie. Il permet d’apaiser le mental par la maîtrise du corps et d’accéder à une meilleure santé physique grâce à un mental apaisé. Nous sommes une rencontre entre une conscience et un corps. Le yoga c’est libérer la conscience de la matière (du corps).

A suivre: les techniques du yoga favorables en cas de migraine

Source: YOGA ET MIGRAINE, Mireille Bellet Saliba, avril 2006

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déc 14 2008

90ème anniversaire de B.K.S. Iyengar

Aujourd’hui, BKS Iyengar fête ses 90 ans. Pourtant, de constitution chétive, son enfance est entravée par de graves problèmes de santé (malaria, typhoïde et tuberculose). En 1934, il rencontre celui qui deviendra son Guru, Sri T. Krishnamacharya, qui est également son beau-frère.

Iyengar - Scorpion
BKS Iyengar plus jeune réalise le Scorpion (Vrischikasana)

Sri T. Krishnamacharya lui enseigne ses premières postures de yoga afin d’améliorer son état de santé. BKS Iyengar dit de son guru qu’il a semé la graine du yoga en lui !

Très rapidement, BKS Iyengar est amené à enseigner et à participer à des démonstrations publiques. En 1937, son maître l’envoie à Pune pour y enseigner. Voilà comment le yogacharya [maître de yoga] raconte cette expérience : «La responsabilité de l’enseignement est trop lourde pour mon jeune âge: ceux qui viennent à mes cours sont plus âgés, plus grands et plus sophistiqués dans leur comportement. Mes connaissances linguistiques, que ce soit ma propre langue, l’anglais et même l’idiome local, sont limitées. Je manque également de connaissances théoriques sur le yoga. Il n’y a que deux chemins pour vaincre ces limitations: acquérir un savoir théorique dans les livres ou pratiquer avec volonté et persévérance afin d’apprendre par mes propres expériences. Je choisis le second et pratique 10 heures par jour.». On devine l’extrême persévérance du maître à travers cette citation.

B.K.S. Iyengar a eu des élèves célèbres tels que J. Krishnamurti et Yehudi Menuhin, le célèbre violoniste américain. La rencontre avec ce dernier sera suivie de rencontres avec d’autres personnalités qui lui permettront d’enseigner et de diffuser le yoga en Occident.

En 1943, il épouse Ramamani avec qui il aura 6 enfants, prouvant ainsi qu’il n’est pas nécessaire d’être un ascète pour devenir un yogi accompli et qu’il est possible de concilier vie de famille et quête spirituelle.

Auteur de plusieurs livres dont le célèbre «Yoga Dipika, lumière sur leYoga» qui est sans doute l’un des livres les plus complets sur le yoga, il crée en 1973 son institut, le RIMYI (Ramamani Iyengar Memorial Yoga Institute) qui porte le nom de sa femme trop tôt disparue et accueille des étudiants venus du monde entier.

Sa méthode se caractérise par une pratique approfondie des asanas et du pranayama. Son enseignement est précis et rigoureux. La plus grande attention est portée à l’alignement des différentes parties du corps dans l’espace. Cette exigence est aidée par l’utilisation de supports (sangles, briques, couvertures, chaises, cordes…). L’apprentissage est progressif pour permettre à tous de pouvoir commencer sans ce blesser. Selon B.K.S. Iyengar, les asanas réalisées de façon approfondie et méticuleuse permettent à chacun de développer à la fois force et souplesse. La rigueur des postures apporte également la sérénité de l’esprit qui favorise l’état de méditation.

BKS Iyengar et ses enfants: Prashant et Gita
Deux de ses enfants Prahant et Gita enseignent également le yoga. Gita a écrit un excellent livre destiné aux femmes: «Yoga, joyau de la femme».

En conclusion, je me permettrais de citer Jean Lechim qui définit très bien l’apport du Yogacharia : “B.K.S. Iyengar a redonné au yoga postural une intensité qu’on ne lui connaissait pratiquement plus en Occident, le replaçant dans la perspective des trois grands kriyas [actions], tapas, (le feu, l’ardeur, la discipline), svadhyaya (l’étude de soi) et Isvara pranidhana (l’abandon à Dieu), préalables indispensables à une démarche yoguique authentique : “Le corps est mon temple, les asanas (postures) sont mes prières”.

BKS Iyengar pratique le Pont à un âge déjà avancé
BKS Iyengar en Sethu Bandasana

Avec une intrépidité propre à certains maîtres zen, et par le biais d’une mise en place d’une précision unique, il explore jusqu’à ses limites ce corps, microcosme reflétant le macrocosme: “Que la lumière de la conscience rayonne jusqu’aux extrémités comme les flèches du soleil”.

“Dans le respect de la vie, de la vérité et de la patience, cet engagement total façonne l’être tout entier” (Yehudi Menuhin). La posture enfin accomplie libère souffle, énergie et intériorisation. Le voyage peut s’élargir toujours plus vers les horizons de l’esprit.”.

Sources :

http://www.lechim.ch/yoga.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/B.K.S._Iyengar

http://www.yoga-iyengar.asso.fr/

http://www.bloc.com/article/sante/bien-etre/iyengar-yoga-2008-10-30.html

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