jan 29 2008
Comment relaxer les épaules? (2/2)

La détente des épaules rime avec la détente mentale
Voici la suite du texte d’Henri Brunel (le premier article est ici). Dans un 3e, sur le thème, je vous proposerai quelques exercices pratiques pour le bureau…
Les relaxations “locales” qui concernent un muscle ou un groupe de muscles bien déterminé suivent à peu près le même protocole qu’il est utile de rappeler.
1. Repérage
On repère le ou les muscles contracturés. On les nomme, on les visualise dans la mesure du possible, Par exemple, le principal responsable de la contracture de l’épaule est le “trapèze”. Ce muscle plat s’étend de la colonne vertébrale (région cervico-dorsale) jusqu’à l’épaule. Mais il est presque impossible, à moins d’être un spécialiste, de nommer a fortiori de visualiser les muscles mis en jeu dans les diverses contractures de l’épaule: le deltoïde, le grand et le petit pectoral, le coraco-biceps, etc. Le repérage est alors cinesthésique, on s’efforce de “sentir” la tension musculaire. Dans ce but on contracte et on laisse se détendre les muscles concernés. C’est à dire que l’on provoque sciemment une tension et que l’on cesse de la provoquer. On renouvelle ce processus, en diminuant graduellement l’intensité: tension, détente, tension, détente… jusqu’à pouvoir déceler les changements infimes grâce à une perception de plus en plus subtile.
2. Démobilisation
La relaxation n’est rien d’autre pour l’essentiel qu’un ordre de “démobilisation”. Fin de l’alerte! repos! Quand cette suggestion s’adresse à un muscle ou à un groupe de muscles ainsi “repérés”, elle acquiert une redoutable efficacité. C’est nous qui créons les tensions, et c’est nous qui pouvons les supprimer. Ce que nous faisons, nous pouvons le défaire. Il suffit de le vouloir.
3. Exercice pratique
Supposons que vous vous surpreniez au bureau, dans la rue, ou en pleine discussion mouvementée avec votre épouse, les épaules ridiculement remontées, contracturées. Vous n’avez pas le temps d’effectuer un “repérage” en règle. Voici comment vous pouvez procéder.
Premier réflexe: l’humour. Soyez lucide et amical envers vous-même, dites par exemple: “Et alors, mon épaule, qu’est-ce qui te prend de me tétaniser ainsi, où veux-tu aller, tu veux percer le plafond?” Ensuite, vous accentuez volontairement le haussement d’épaules, vous “repérez” la tension au sommet du dos et sur les côtés à la base de la nuque. Vous détendez. Vous ramenez les épaules en arrière, vous repérez la tension entre les omoplates en direction de la colonne vertébrale. Détendez. Faites discrètement quelques mouvements de circumduction (roulez les épaules d’avant en arrière, et inversement, en un mouvement circulaire). Détendez. Vous constaterez aussitôt que vous respirez mieux, plus librement, vous sentirez la pointe du stress s’émousser, se dissoudre, un effleurement délicieux vous caressera la poitrine et le dos… vous retrouverez votre humeur équanime.
- Que disions-nous chérie? demandez-vous gracieusement à votre épouse.
- Scélérat! Tu allais me traiter de garce hystérique!
- Pas du tout, pas du tout! Je te trouve pétulante, un peu vive et spontanée sans doute, mais néanmoins adorable.
Votre femme, les yeux encore exorbités, les cheveux en bataille, vous lance un regard incrédule:
- Qu’est-ce qui t’arrive?
- Rien, chérie, rien!
Et vous rajouterez in petto: “Je viens d’avoir une petite conversation avec mes épaules.”











… La vie c’est un livre qu’on aime, c’est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu’on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison.Antigone, Jean Anouilh












