Voici la re-publication d’un article, inspiré de nombreuses lectures sur la thématique. Salamba Sirsasana, c’est la posture (asana) sur la tête (sirsa) avec support (salamba).

Salamba Sirsasana: son symbolisme

Se mettre la tête à l’envers est une pratique considérée physiologiquement comme des plus bénéfiques… mais ses bienfaits ne s’arrêtent pas là.

Le Yoga sans dessus dessous

Nos pieds sont les fondations sur lesquelles nous nous tenons debout… C’est à ce niveau que se trouvent nos « racines » avec la terre et la vie autour de nous. Et c’est aussi de là que nous nous élevons vers le ciel.

Lorsque nous nous tenons sur notre tête, nous sommes « racines au ciel » et le monde nous paraît sans dessus-dessous. C’est un angle de vue complètement renversé (et renversant). L’apprentissage de Sirsasana requiert de dépasser peurs et préjugés. D’ailleurs, qu’adviennent tous les préconçus, vus sous cet angle?

Être sur la tête…  Est-ce que cela fait peur, ou est-ce que cela déstabilise… ? Voir sous un autre angle, c’est aussi prendre du recul… porter un regard neuf sur les choses… qui peut-être permettra d’avancer.

Lorsque la tête est ainsi posée sur le sol, sur la base, la terre elle-même… il est impensable et impossible d’avoir la tête dans les nuages! Pensées et actions sont ancrées à la terre. Et lorsque les pieds sont ainsi « enracinés » dans le ciel, les nourritures deviennent spirituelles…

Sirsasana est une opportunité pour appréhender le monde différemment. Cet angle de vue différent relativise constructions mentales et certitudes. Par une pratique assidue, elle permet même de relier les opposés et d’inverser certaines tendances.

Cette posture est un véritable défi à l’ordre des choses.

« S’assoir en Yoga »

L’une des traductions du mot sanskrit « Asana » est « l’assise ». C’est pourquoi les Asanas de Patanjali sont des postures de méditation.

« Le mot yoga fait surgir, chez la plupart d’entre nous l’image des postures diverses et variées, appelées, elles aussi « Asana ». Bien que la pratique des Asanas ne représente qu’un aspect du yoga, elle est considérée abusivement comme l’essence du yoga.

Le mot Asana veut pourtant dire « siège ».

Tadhasana (la position debout) pourrait ainsi se traduire par « siège de la montagne » plutôt que  « posture de la montagne », de même qu’une posture inversée comme Sirsasana se traduirait par « siège sur la tête » au lieu de  »posture sur la tête ».

L’attitude fondamentale dans chaque posture sera de chercher à s’installer dans l’effort, en soutenant un équilibre entre l’être et le faire.

De cette façon, on s’asseoit dans chacune des postures, que l’on soit debout sur un pied, que nos jambes s’allongent en équilibre par-dessus la tête et les coudes, que l’on soit arqué par derrière, penché devant ou en pivotement autour de le colonne. Notre intention première demeure toujours de « prendre racine dans le domaine » de l’être. »

Daryl Vansier

Sirsasana et la peur

La peur est souvent associée à Sirsasana… mais il n’est pas possible de bouger dans cette posture, sans perdre l’équilibre… Il n’est donc pas possible de fuir quoique ce soit, une fois dans cette posture. On devient dès lors observateur plutôt qu’acteur…

A un niveau psychologique, cet Asana requiert de la part de la personne qui le pratique d’être confortable en se mettant dans un « monde » curieux, très différent de celui auquel elle est habituée.

C’est pourquoi le processus d’apprentissage de la posture est encore plus important que le fait d’accomplir la posture elle-même.

Avant tout, Sirsasana implique de surmonter l’instinct de peur de l’inconnu, parce l’on ne sait pas ce que cela fait d’être à l’envers, la pensée de se préparer à prendre la posture peut effrayer…

Par exemple, on peut avoir peur que le corps, en tombant mal se blesse… L’esprit rationnel peut développer une forte résistance et ne pas admettre que le corps peut tenir à l’envers … Peut-être précisément parce que le mental ne veut pas admettre de positionner, ne fût-ce que quelques instants – le mental en-dessous du cœur.

Pour entrer en Sirsasana, selon Louisa May Alcott, il faut faire confiance et suivre son cœur. Le cœur incarne la foi et la confiance que nous pouvons tenir confortablement en position inversée (en appui sur les avant-bras), comme nous le faisons sur nos pieds. Le cœur montre un chemin mystérieux vers l’inconnu, si on y prête attention.

« J’ai appris à faire confiance dans l’intelligence innée du corps, et j’ai trouvé que là, l’intellect ne joue pas un grand rôle. Lorsqu’il est prêt, le corps se soulève, contre la force de la gravité, puis il se raffermit de sorte à sécuriser ce temps passé à l’envers.

Quel moment paisible que de rester en Sirsasana! Lorsque le point d’équilibre est atteint, le corps semble souple et léger, la respiration s’installe profonde, et le mental s’immobilise. Rien d’effrayant, ni de dangereux.

Le monde actuel est quelque peu sans dessus-dessous. Comment traverser ses eaux turbulentes sans perdre notre équilibre et notre paix? Comme Sirsasana me l’a appris, je crois que la réponse se trouve dans le cœur ». [d’après 3, Louisa May Alcott]

Salamba Sirsasana: son symbolisme

Bibliographie et citations:
[1] http://www.users.interport.net/y/o/yogachicago/www.yogachicago.com/jul99/anna.shtml
[2] http://www.association-horizons.com
[3] http://jlindigoflow.blogspot.com/2008/11/upside-down-world.html