juin 19 2011

Yoga et alimentation: éléments de cuisine ayurvédique

Publié par à 19 h 38 min sous Ayurveda,Bien-être,Diététique

La pratique du yoga rend plus réceptif…

Préparation d'un repas ayurvédique en Inde

Ceci est vrai aussi pour l’alimentation. Lorsque l’on est régulier en yoga, on se rend vite compte que selon ce que l’on mange, on expérimente plus ou moins de souplesse physique pendant les Asanas, plus ou moins de finesse du souffle pendant le Pranayama, plus ou moins de concentration et d’inspiration pendant la méditation.

L’état intérieur se modifie selon les aliments que nous mangeons, selon la quantité et la qualité de ce que nous absorbons. Conscients de cela, les yogi – Patanjali le savait déjà -, se sont donnés des règles d’hygiène alimentaire.

La médecine ayurvédique est proche du yoga de part leurs sources philosophiques identiques. L’Ayurveda accorde une haute importance à l’alimentation. Voici quelques rudiments (non exhaustifs).

Régime végétarien

Le plus souvent, les yogi optent pour un régime végétarien. Ce ne n’est pas le thème de cet article; néanmoins, voici trois explications:

  • Ahimsa (la non-violence), prône de respecter la vie de tous.
  • Le yogi cherche à augmenter le niveau de Prana (l’énergie vitale). Or la viande est un produit mort.
  • La viande comporte des toxines qui s’accumulent au fil des années. Elle favorise les raideurs et les pathologies articulaires.

Composition habituelle d’un menu végétarien ayurvédique

Le régime végétarien complet du yogi se compose de céréales, de légumineuses, de légumes, d’un peu de salade et de pain non levé. Un petit dessert peut venir agrémenter l’ensemble.

La palette des six saveurs

Les six saveurs (Rasa) sont une des règles de base importantes de l’Ayurvéda. Chacune de ces six saveurs devrait figurer dans un repas, car elles sont l’un des moyens les plus directs pour rééquilibrer les 3 Doshas. Voici les 6 Rasas:

Aigre (acide):
Citron, yaourt (dans les légumes, la sauce à salade par exemple)

Amer:
Nécessaire en petite quantité. Plusieurs légumes sont de nature légèrement amère.

Piquant (fort):
Les épices sont favorables lorsqu’elles sont utilisées sans excès: fines herbes, piment rouge, gingembre frais, poivre.

Âpre (astringent):
Haricots et lentilles, certains légumes, comme les épinards, le chou, le brocoli, les asperges, le chou frisé, le fenugrec.

Salé:
Le sel ou naturellement, dans les fines herbes et les légumes.

Sucré:
Le riz est un aliment naturellement doux, les patates douces, le pain non levé, les céréales, les pâtes et les desserts.

Trois petites coupelles et des chutneys…

Comment parvenir à faire figurer tous ces goûts dans un repas tout simple? vous direz-vous peut-être… En cuisine ayurvédique, on utilise volontiers 3 petites coupelles, pour mettre sur la table trois ingrédients, utilisés autant pour leurs propriétés apéritives et digestives, que pour leurs goûts:

  • une coupelle de jus de citron
  • une coupelle de gingembre frais haché
  • une coupelle de cilantro (coriandre frais) haché

Chacun des convives peu ainsi se servir selon ses besoins… et ces saveurs sont délicieuses.

Les chutneys ont pour vocation initiale d’assurer la présence des 6 Rasas dans les repas. Je vous proposerai quelques recettes à l’avenir.

Source image: http://www.pondichery.com/french/stages/bheeshma.htm

14 réponses

14 réponses à “ Yoga et alimentation: éléments de cuisine ayurvédique ”

  1. Danièle le 20 juin 2011 à 8 h 39 min

    Merci pour ces conseils alimentaires précieux.
    Même si l’on est végétarien on oublie parfois la présence des 6 Rasas dans les repas.
    A l’avenir je vais y faire plus attention.

  2. JIDDU le 20 juin 2011 à 10 h 49 min

    Pour ce qui est du végétarisme il me parait aussi important de signaler 2 aspects :

    1) la morphologie dentaire et digestive de l’homme n’est pas adapté à une alimentation carnée : il n’y à qu’a comparer sa dentition avec celle d’un felin(chat) pour s’en convaincre.

    2) l’impact environementale de la consomation de viande dans le monde est absolument effrayant, c’est l’une des premieres causes de polution de la planéte.

    maintenant c’est un cas de conscience personnelle !!

    Une autre chose que je souhaitais porter à votre connaissance au sujet des régimes alimentaires, c’est que les produits laitiers à base de lait de vache(au minimum) sont à proscrire :
    Ils ont un effet négatif sur l’organisme humain . sont tres difficilement assimilable (d’ou la difficulté à les digérer)
    Nous sommes en effet la seule espece mamifére qui continu à consomer du lait au delà du sevrage.

  3. Michele le 20 juin 2011 à 15 h 50 min

    Bonjour Jiddu. Merci pour ce complément.
    Suis une végétarienne convaincue (j’y ai été initiée vers l’âge de 5 ans). C’est tellement facile lorsqu’on l’a été depuis l’enfance…
    Produits laitiers: l’Ayurveda est une science très intéressante, mais aussi imprégnée de la culture indienne. Or nous vivons sous des latitudes différentes et notre culture n’est pas la même. Le lait est pour eux un aliment quasiment sacré. Je connais la controverse au sujet des produits laitiers. D’expérience, leurs effets sont notables. Peut-être qu’il fut une époque où le lait était plus digeste, je ne sais pas.
    Il y a ainsi quelques points de controverses, ou de différences sur lesquelles je reviendrai lorsque je parlerai alimentation.
    Il faut aussi distinguer les conseils d’alimentation en Ayurvéda, de l’alimentation yogique. L’une s’adresse à la population avec un potentiel digestif moyen, l’autre s’adresse aux yogis qui stimulent quotidiennement leur feu digestif, nettoient leur organisme, en vue de la santé et surtout de la réalisation du Soi. Les yogis recherchent une alimentation très sattvique, très vivante, pleine de prana, d’énergie vitale…

  4. JIDDU le 20 juin 2011 à 18 h 28 min

    Merci Michéle pour le partage de ton savoir, je ne connais que basiquement l’ayurveda, par contre en diététique j’éssai d’appliquer les principes de base que l’on m’à enseignés à savoir l’observation :

    l’observation de l’incidence des aliments que je consomme sur mon état (digestif, physique, mental, spirituel…)
    si aprés un repas on se sent lourd ou si la digestion est difficile par exemple c’est qu’il y à un aliment qui ne nous conviens pas, ou une quantité trop importante
    et pour cela chaque individu est unique et chacun doit faire ses
    propres découvertes.
    L’observation de la nature et du monde animal qui nous est le plus proche : les animaux carnivores mangent de la viande,
    les herbivores des végétaux, l’homme lui globalement mange de tout !!

  5. Mélanie le 22 juin 2011 à 4 h 45 min

    Bonjour Michèle,

    Je vous remercie beaucoup pour ces informations.

    Je suis intriguée par la mention « [...] un peu de salade [...] » dans la rubrique « Composition habituelle d’un menu végétarien ayurvédique ». Y a-t-il un souci avec la salade? J’en mange quand-même très régulièrement…

    Je vous remercie,
    Mélanie

  6. Michele le 23 juin 2011 à 9 h 56 min

    Bonjour Mélanie,
    Je pense là aussi que c’est en partie culturel: en Inde, les aliments se mangent plutôt cuits pour éviter les parasites. Mais c’est aussi parce que le potentiel digestif de l’humain moyen n’est pas très puissant. La cuisson facile la digestion, dans une certaine mesure: les fibres des légumes cuits sont attendries.
    Cependant, comme je l’écrivais à Jiddu ci-dessus, cette théorie se discute dans le cas du régime yogique. Les yogis stimulent quotidiennement leur feu digestif, nettoient leur organisme et leur pratique contribue grandement à une santé optimale. Le yogi recherchera une alimentation sattvique et vivante. J’espère revenir sur ce thème prochainement, dans un article.
    A bientôt

  7. Mélanie le 23 juin 2011 à 13 h 12 min

    Merci beaucoup pour cette réponse! L’alimentation est un sujet fascinant. J’ai très hâte de lire vos prochaines informations à ce sujet. Et je vous félicite pour cet extraordinaire blog. Vous êtes pour moi une excellente source d’informations. Merci!

  8. Plum le 19 fév 2012 à 15 h 40 min

    Bonjour et merci pour cet éclairage ! J’ai également lu qu’il était déconseillé de manger de l’ail et de l’oignon, savez-vous pour quelles raisons ? Merci beaucoup, au plaisir de vous lire.

  9. phine le 20 fév 2012 à 7 h 59 min

    Bonjour Michèle,
    très intéressée par tout ce qui touche à l’amimentation,peux tu me conseiller sur les livres ,source de ton inspiration.
    Connais tu le jeune et si oui,le pratique tu

  10. Michele le 21 fév 2012 à 12 h 01 min

    Bonjour phine,

    Pour l’alimentation ayurvédique, j’ai surtout beaucoup de livres en anglais. Voici quelques références:
    - Ayurveda, la vie est un équilibre, Maya Tiwari, Editions Guy Trédaniel, Paris
    - Ayurvedic cooking for self-healing, Ushas Lad et Dr. Vasant Lad, The Ayurvedic Press, Albuquerque
    - The ayurvedic cookbook, Amadea Mornongstar with Urmila Desai, Motilal Barnadass Publishers Private Limited, Delhi
    - Ayurvedic Healing Cuisine, Harish Johari, Healing Arts Press, Rochester, Vermont

    Oui, je connais le jeune et le pratique 1x l’an. De plus, autant que faire se peut, je fais un petit jeune hebdomadaire. Avec le printemps qui arrive, je vais compléter/corriger/remettre en ligne quelques articles sur ce thème.

  11. Michele le 21 fév 2012 à 12 h 17 min

    Bonjour Plum,
    Les yogis évitent les aliments qui « surstimulent » (rajasiques) et ceux qui rendent léthargique (tamasique). L’ail et l’oignon sont rajasiques et donc défavorables pour la méditation, et pour poser le mental. Je l’ai appris dans les centres sivananda, puis en Inde, où on l’évite dans de nombreux ashrams… et puis je m’en suis surtout rendu compte à mes dépends.
    Il y a longtemps déjà, des amis qui travaillaient et vivaient dans un centre de yoga comme moi-même, avions été invités par le propriétaire très sympathique de la pizzeria juste à côté. Il nous a fait goûter je ne sais quel confit de tomate, avec ail et oignons… Cela faisait déjà plusieurs années que nous avions arrêté d’en manger. La méditation du soir a été très laborieuse ensuite, le mental était particulièrement dispersé… Je ne pense pas que ce soit une réaction purement psychosomatique. C’était vraiment un changement notable.
    Aujourd’hui, je les évite. Marc mon époux en achète rarement, mais de temps à autres. Je les cuisine… mais je ne cours pas après… peut-être que d’en avoir mangé si peu fait que je les digère moins bien. Je ne recherche pas leur goût et je sais bien que je médite mieux sans…

  12. Plum le 25 fév 2012 à 23 h 28 min

    Merci, en effet j’apprends le yoga au centre Sivananda et m’initie tout juste au végétarisme, il me semblait bien avoir lu quelque chose sur l’ail et l’oignon !

  13. Edouard le 08 mai 2012 à 17 h 17 min

    Bonsoir,
    Je conçois que l’on soit végétarien ou même végétalien. Après tout chacun est libre (lorsqu’il a la chance de vivre dans une démocratie) de se faire le mal qu’il veut. Cependant, il me paraît vraiment absurde de vouloir justifier cela par des arguments pseudo scientifiques. Ainsi, l’exemple de la dentition de l’Homme est-il très mal amené, car elle est au contraire parfaitement adaptée à une alimentation très diversifiée (incisives, canines, molaires). Quant aux effets supposés nocifs du lait, il faudra qu’on m’explique alors comment nourrir le bébé qui vient de naître ? Comment favoriser la croissance et le développement osseux des enfants ? etc.
    Enfin, il est établi par de multiples études scientifiques sérieuses (c’est à dire effectuées par des chercheurs indépendants d’universités ou de grands organismes de recherche) qu’une alimentation végétalienne conduisait à de sérieuses carences, notamment en vitamines, mais pas uniquement. D’ailleurs, il n’est qu’à regarder les pratiquants de tels régimes pour comprendre que ce n’est pas si bon que cela.
    Lorsqu’on pratique le yoga, on apprend que ce qui compte c’est l’équilibre et la mesure en tout. Alors, manger un peu de tout me semble préférable à ces cures d’austérité, assimilables à des régimes, qui déséquilibrent le corps.

  14. Michele le 14 mai 2012 à 10 h 35 min

    Bonjour Édouard,
    Personnellement, le végétarisme me donne une excellente santé, sans carences. Ma mère est végétarienne et nous a élevés ainsi. Nous étions en pleine santé et ne manquions jamais à l’école…
    J’ai bcp de plaisir à manger ainsi… et aucune frustration. Mon médecin ne voit pas d’inconvénient à mon alimentation. Bref, tout va très bien.
    Il y a pas mal d’idées préconçues autour du végétarisme et de déni, même scientifique…

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