Cet article fait suite à celui intitulé « Les « enveloppes » de la conscience individuelle du yogi ». La théorie des Kosha et des Sharîra apporte un éclairage intéressant sur le fonctionnement subtil des techniques du Yoga.

Les différents plans de l’être interagissent constamment les uns avec les autres.
En Yoga, il s’agit d’intégrer et non d’opposer.
Les pratiques yoguiques influent intimement – et consciemment – sur les corps et enveloppes, balayant ainsi toute dichotomie corps et esprit.
Les points de rencontre des différents plans en interaction sont les Chakras; ceux-ci transforment les énergies, en fonction des besoins des cinq corps qui nous composent.
Passons-les en revue, à la lumière de la pratique yoguique:
Annamaya Kosha – « L’enveloppe de nourriture » ou corps physique
Annamaya Kosha est le plus dense des cinq Kosha, l’enveloppe faite de « nourriture »: le corps physique.
La pratique des Âsana influence sainement Annamaya Kosha. Un état détendu et intériorisé, des mouvements variés, lents et précis, l’immobilité des postures, la relaxation, favorisent la circulation de l’énergie dans le corps physique et son renforcement. La détente psychique procurée par la séance soulage le corps à tous les niveaux et jusque dans sa structure cellulaire, qui se recharge et se régénère.
Les postures entraînent des modifications physiologiques sur plusieurs systèmes, dont les systèmes hormonal et nerveux, qui eux-mêmes vont répercuter leurs effets sur l’état émotionnel et la pensée.
Le corps physique est à la fois une «cage» – puisque l’âme du Yogi y est « enfermée » – et un véhicule de transformation:
Il est dit que chaque Âsana donne l’opportunité de faire l’expérience d’un niveau de conscience de la création particulier: le Cobra, le Poisson, l’Arbre, le Héro, Nataraj, … Ainsi, chaque posture, goûtée pleinement, est ressentie comme une certaine forme de « libération ». Les postures sont le support d’une prise de conscience très fine de l’Être.
Les mobilisations, les étirements, créent de l’espace, là où il n’y en avait pas. Ainsi s’ouvrent de nouveaux passages au mouvement, à Prâna, et à la conscience. Le corps et le mental sont fortifiés par cette pratique à la fois rigoureuse (Sthira) et douce (Sukha), puisque c’est dans le lâcher-prise que la posture trouve sa pleine dimension: elle ouvre à des expériences très profondes et subtiles.

Pranamaya Kosha – « L’enveloppe d’énergie » ou corps énergétique
Pranamaya Kosha est le deuxième Kosha, l’enveloppe vitale, dans laquelle circule l’énergie indispensable à la vie.
La respiration constitue le lien entre le monde intérieur et le monde extérieur. Elle est aussi le liant fondamental entre le corps grossier et les corps subtils.
Prâna apporte vie et santé;
Et l’éveil de Kundalini est la voie de la Réalisation spirituelle du Hatha Yogi.
Le yogi va à l’essentiel: il veille à l’entretien de Prâna et évite les déperditions énergétiques:
Le souffle (Prânâyâma), les ligatures (Bandha) et les gestes (Mudrâ) canalisent Prâna et Manas (le mental) sur leur objectif: le retour à la Source, la Conscience. La pratique devient plus subtile encore.
Les Âsana agissent eux aussi sur le plan de l’énergie:
- notamment par l’association à la respiration: le souffle conscientise la posture et met Prâna en mouvement.
- et grâce à l’étirement prolongé et conscient: l’étirement du corps contribue à la purification des Nâdis: les « noeuds » se défont…
Manomaya Kosha – « L’enveloppe mentale »
Manomaya Kosha, le troisième Kosha, est l’enveloppe mentale, l’univers de la pensée, des sentiments et des émotions. C’est le domaine de l’affect, de l’identification à l’égo.
Le mental est le gardien de la mémoire émotionnelle des expériences passées. Ce sont ses imprégnations qui se transforment en Karma. Dans le corps physique, la mémoire émotionnelle se densifie sous la forme d’innombrables tensions, qu’il s’agit de relâcher progressivement…
La pratique contribue à clarifier les fonctions mentales:
Le yogi n’est plus en proie à des sautes d’humeurs. Ses émotions se font légères, elles sont comme lavées d’une grande partie de leur substance. Elles deviennent sublimes: par exemple, l’amour intéressé se mue en amour pur et universel. Ce processus est naturel et en aucun cas forcé. Sinon, il ne s’agirait que d’un jeu de rôle, sans intérêt …
La pensée, l’intellect, se clarifient. Le yogi saisit pleinement la teneur des textes et l’enseignement. Sa pensée se concentre plus aisément sur l’essentiel. Sa mémoire et sa concentration sont renforcées. L’instrument du mental est devenu un fidèle serviteur, capable de mener le yogi vers les plans les plus subtils de son être…
Car il est dit que si le niveau de Prâna augmente, Manas, le mental, perd sa suprématie:
Quand la vibration énergétique du yogi devient puissante, pure et subtile,
le mental capitule naturellement devant cette force supérieure,
qui lui inspire plus de délectations encore
que la simple jouissance des sens ne lui en a apporté jusque là…
Le retrait des sens se fait progressivement: la porte s’ouvre progressivement mais û vers l’espace intérieur…
A suivre…
Source image: http://www.himalayanacademy.com
Texte: inspiré de mon travail de mémoire auprès de la Fédération Suisse de Yoga (Yoga Suisse).
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