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mai 30 2009

Introduction au Tantrisme (2)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Pour continuer sur la thématique du Tantrisme (voir Particularités du Tantrisme (1)) et compléter le texte que j’ai publié il y a quelques jours, voici des extraits choisis simples et parlants…

Si le Hatha Yoga prépare le corps et l’esprit, en les purifiant et en les harmonisant, pour permettre d’amorcer le véritable travail spirituel, c’est parce que les maîtres tantriques se rendaient bien compte que peu de leurs élèves étaient capables d’appliquer le Râja Yoga, tel que décrit par Patanjali dans les Yoga Sutra. En effet, rares sont ceux qui peuvent, par une pratique méditative intense, atteindre l’Eveil. La plupart des gens ont besoin d’un travail sur plusieurs plans de leur êtres, pour petit à petit le calmer, le purifier, – donner profondément envie de méditer, … Les techniques tantriques du Hatha Yoga (oui, le Hatha Yoga est une voie tantrique…) facilitent l’accès au Râja Yoga, le yoga royal du contrôle du mental et de la méditation.

Je suis en train de lire un livre de Swami Satyasangananda intitulé Tattwa Shuddhi, éditions Satyanandashram, France. J’aime bien le résumé qu’elle fait sur le Tantra. Alors pour illustrer mon précédant article et rendre cet exposé plus vivant, voici quelques extraits de cet ouvrage.

Swami Satyasangananda apporte une nouvelle lumière sur l’étymologie du mot «Tantra»:

Tantra dérive de tanoti, expansion et trayati, libération. Ceci veut dire que le tantra est la méthode utilisée pour amener l’expansion du mental et la libération de l’énergie potentielle latente.

Elle explique ensuite que notre expérience de l’univers est très limitée, par les sens et les limites de notre compréhension. Elle continue en écrivant que le temps, l’espace et la notion d’objet existent uniquement dans notre conception mentale individuelle.

Sans un mental individuel, il n’y a pas ni temps, ni espace, ni objet; l’inverse est vrai aussi.

Aussi longtemps que nous fonctionnons dans ce monde par l’intermédiaire des sens et notre compréhension intellectuelle, nous sommes limités dans notre compréhension par le temps, l’espace et les objets. Nous expérimentons le monde matériel grâce à notre corps, grâce à nos sens. Il s’agit d’une expérimentation «objective» [par les objets].

L’auteur explique qu’il existe un champ d’expérience différent. On peut par exemple:

… «voir les yeux fermés, goûter en l’absence de nourriture, entendre une note de musique sans qu’aucun instrument de la produise. C’est une expérience purement subjective hors du champ des catégories du mental».

«La connaissance qui est le fruit d’une expérience subjective est bien plus exacte et précise que celle que l’on acquiert par une expérience objective, parce qu’elle est le produit d’un mental élargi.

Par expansion du mental, on entend le phénomène qui permet à l’individu d’avoir un ressenti par delà le domaine des sens, du temps, de l’espace et de la matière. [...]»

Cette expérience diffère de l’expérience sensorielle :

«Le mental qui opère par l’intermédiaire de la sensorialité et de l’ego classe toutes les expériences en raga et dwesha, c’est-à-dire en goûts [attractions] et dégoûts [répulsions]. Une telle emprise du mental crée une distorsion de la connaissance reçue de divers bords [...].

La connaissance que l’on acquiert grâce à l’expansion du mental évolue par degrés et culmine en dernier lieu en une connaissance intuitive, que la sagesse tient pour éternelle, vraie et absolue. Mais cette expansion du mental ne survient pas du jour au lendemain. On traverse une longue série d’expériences, tantôt douces, tantôt intenses, parfois agréables et parfois désagréables. On assiste à des étapes de croissance et celle-ci, à son apogée, aboutit à un savoir absolu dit brahma jnana.

Un enfant ne devient pas adulte d’un seul coup. La transformation s’opère graduellement. La ligne de démarcation entre l’enfant et l’adulte est si subtile qu’on ne peut préciser où l’un s’achève et où l’autre commence. De même, la conscience de l’homme évolue sans cesse. Le mental s’élargit et traverse de nouvelles bornes. La transformation s’effectue à un rythme progressif, générateur d’un changement subtil.»

Pour stimuler l’évolution du mental et orienter sa transformation l’auteur invite à se tourner vers la pratique du tantra et du yoga.

Comme j’aime la simplicité et la profondeur de l’écriture et des explications de Swami Satysangananda, je propose de vous résumer encore la suite de son texte, dans un prochain article.

Bon week-end prolongé à tous… et bon soleil pour ceux qui ont rendez-vous avec lui…

Namasté

Michèle

Source images: http://yoga76.blogspace.fr

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mai 27 2009

Les Cahiers du Yoga N° 2 (mai-août 2009): disponibles sur la boutique

Publié par Michèle sous Boutique Yogamrita

Le deuxième numéro des Cahiers du Yoga est disponible dès aujourd’hui sur la boutique. Cette revue trimestrielle de Yoga, éditée par l’école Yoga 7, est la revue francophone de Yoga Suisse (anciennement Fédération Suisse de Yoga).

Vous pouvez vous procurer ce numéro ou prendre un abonnement annuel. L’abonnement annuel comprend:

  • Le prix des 3 exemplaires (22€ au lieu de 24€), dont l’exemplaire le plus récent, au moment de votre abonnement
  • Les frais postaux et de traitement des 2e et 3e envois (mêmes frais pour: France, DOM, Union Européenne ou Suisse).

Votre abonnement démarre dès maintenant: vous recevrez de suite le dernier numéro paru. Puis, vous recevrez les deux prochains numéros, au cours des deux trimestres à venir.

Sommaire

Ont participé à ce numéro:

Nicole Eraers (rédactrice responsable)
Karine Bayard
Françoise Colombo
Malek Daouk
Gérard Duc
Michèle Grandclément Lefèvre
François Ledermann
R.D.S.
André Riehl
Anoula Sifonios
Willy Van Lysebeth
Helena Volet
Eveline Waas-Bidaux

Court extrait

Les chemins détournés

Les chemins détournés sont quelques fois réminiscences du passé ou prémonition de l’avenir. En fin de compte, ils balisent d’autres itinéraires auxquels nous ne nous attendions pas.

Par leur côté insolite, ils tissent des liens entre des époques ou des états de conscience. Ils favorisent ainsi le progrès intérieur par le fait qu’ils surprennent et touchent autrement.

Les chemins détournés nourrissent l’imaginaire et poussent à l’interrogation. Il faut parfois s’ouvrir à leur message enrobé d’étonnement.

Préférer les chemins détournés aux sentiers battus, donne toute la dimension créative au chercheur de vérité !

© Malek Daouk
23.12.2007

Bonne lecture !

2 réponses

mai 25 2009

Particularités du Tantrisme (1)

Publié par Michèle sous .Yoga, Philosophie

Le traité (ou Tantra) de la Hatha Yoga Pradîpikâ (~15e siècle), est considéré comme un texte clé du Hatha Yoga. Il reprend des enseignements antérieurs au 6e siècle et développe des aspects du Yoga de Patanjali, ainsi que des idées qui remontent jusqu’aux Upanishad. Ce texte est coloré des pensées Natha, shivaïte et tantrique. Son auteur, Svâtmârâma, dit que la Hatha Yoga Pradîpikâ est «une échelle pour arriver au Râja Yoga»…


Yantra, support de méditation tantrique

Hatha Yoga Pradîpikâ signifie «La petite lampe du Hatha Yoga». Le Hatha Yoga prépare le corps et l’esprit, en les purifiant et en les harmonisant, pour permettre d’amorcer le véritable travail spirituel. Les techniques qu’elle enseigne facilitent donc l’accès au Râja Yoga, sommet du Yoga.

L’état d’union entre l’âme individuelle et l’âme universelle selon Patanjali, nécessite un travail long et difficile qui passe par la discipline des sens, la maîtrise du corps et du mental. Cette voie est ascétique et sans concession. Le Tantrisme, plus tardif (très répandu entre le 8e et le 12e siècle), se veut plus accessible. Ses origines sont difficiles à cerner, car ses pratiques sont issues du Yoga traditionnel: il ne fait que rajouter ses propres apports, afin d’assurer le bien-être et conduire à la libération.

La spécificité du Tantrisme est l’acceptation totale de la nature humaine, dans toutes ses dimensions, y compris les désirs et les sentiments. Proche du corps et de la vie, il y est plus question de santé et de vigueur, que de renoncement et d’ascétisme, pour trouver la libération. Le Tantrisme construit un pont entre l’univers intérieur et le monde physique. Les Siddhi (pouvoirs), la magie, une sexualité épanouie, ont leur place dans le Tantrisme, qui développe une conception «énergétique» de l’Homme. Le Tantrisme est très éloigné du Bhakti; la Hatha Yoga Pradîpikâ rejette les rituels brahmanes et une vie sociale trop rigide. Le Yoga est inclus dans la société, bien qu’il vise la libération. La Hatha Yoga Pradîpikâ, par opposition aux Yoga Sûtra, ne contient pas de préceptes moraux, et ne mentionne pas la dimension spirituelle … tout du moins en apparence car, si le chemin est différent, le but est le même.

Le sens premier de Tantra signifie «trame de tissu étendu». Étymologiquement, il ne désigne donc pas une doctrine, mais plutôt une forme de textes didactiques, écrits sous une forme «étendue», ou un contenu qui présente une méthode qui permet l’expansion de la conscience et des facultés. La signification des Tantra est souvent mystérieuse; ces écrits fixent une transmission orale laconique, qui nécessite les explications d’un Guru («celui qui enlève les ténèbres», maître), qui connaît la voie, la tradition, le sens des mots et la technique…

(à suivre)

Source image: http://www.jeweledlotus.com/tantra_and_the_mandala.htm

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mai 20 2009

Conseils de maître pour la pratique du Pranayama

Demain matin débute le stage de Yoga et Pranayama, un thème qui m’inspire beaucoup. Le Pranayama s’approfondit au travers d’une pratique régulière. Il est difficile de pratiquer par intermittences car alors, on ne “rentre pas vraiment dedans”. En guise de rappel pour ceux qui savent déjà, ou en guise de marche à suivre pour ceux qui veulent s’y mettre, voici des conseils tirés de “Science du Pranayama” de Swami Sivananda. Je les ai sélectionnés, résumés et classés, pour en faciliter la lecture.


Bonnes conditions de la pratique du Pranayama

  1. Swami Sivananda recommande de pratiquer le matin, si cela est possible, après être allé à selle.
  2. Nettoyer les narines complètement (Jala Neti, Sutra Neti) avant la pratique.
  3. Se lever tôt. Méditer. Faire les Asana. Se reposer ¼ d’heure. Puis commencer le Pranayama de bonne heure. Car le mental est calme et reposé. Il est aussi possible de faire le Pranayama dès le lever, avant la méditation. Cela contribue à la qualité de la méditation… Mais l’emploi du temps dépend des possibilités et des goûts de chacun.
  4. Avant le Pranayama, boire de la tisane, un peu de jus de fruit ou de lait [de nos jours, le lait est souvent déconseillé, car il génère du mucus].
  5. Pratiquer dans une pièce bien aérée et éviter d’être dérangé. S’asseoir en regardant le nord.
  6. Prenez connaissances des recommandations traditionnelles en matière de Pranayama. Puis, découvrez par vous-même, selon votre santé et votre constitution, quel régime alimentaire vous convient le mieux et quel Pranayama particulier vous aidera plus qu’un autre.
  7. La régularité est importante. Mais le Swami conseille de s’arrêter de pratiquer, si l’on est malade. Ne pas s’arrêter au bout de 2 mois, persévérer…
  8. Évitez de prendre un bain immédiatement après le Pranayama. Reposez-vous ½ heure. Attendez au moins 10 minutes avant de manger.

Pratique

  1. Opter pour une assise stable. Développer l’immobilité du corps, pendant le Pranayama permet de concentrer le mental.
  2. Au commencement, compter les temps de l’IN (inspiration), RPP (rétention poumons pleins), EX (expiration) pendant plusieurs jours. Réciter OM en pratiquant ou compter les temps. Certains écoutent les battements de leur cÅ“ur. Puis, les proportions viennent d’elles-mêmes lorsque vous pratiquez l’IN, la RPP et l’EX aussi longtemps que vous le pouvez. Quand vous êtes plus avancé, il n’est plus besoin de compter, ou d’avoir en tête les unités de mesure. Vous vous installerez naturellement dans le bon rythme à force d’habitude. Les poumons vous indiqueront le moment où le temps s’achève.
  3. On peut pratiquer le Pranayama sous sa forme préparatoire dans n’importe quelle posture, assis ou même en marchant. On en retirera toujours des bénéfices.
  4. Comprenez les instructions clairement. Si vous avez le moindre doute, demandez à un étudiant plus avancé ou à un professeur de vous montrer l’exercice. Puis pratiquez-le. C’est la manière la plus sûre.
  5. Un néophyte devrait inspirer sans retenir le souffle. Ceci pendant quelques jours. Il expirera longuement. La proportion entre l’inspiration et l’expiration sera 1 : 2.
  6. Inspirez et expirez toujours très lentement, le plus silencieusement possible.
  7. Pratiquer Japa (répétition de mantras, du Om, p. ex) est favorable au Pranayama. On peut terminer le Pranayama par une courte méditation.
  8. La patience est reine. Pratiquer au moins 15 minutes par jour au début, régulièrement, pendant plusieurs jours consécutifs. Choisir un exercice pour votre pratique quotidienne et améliorez le au plus haut degré. Pratiquer régulièrement Bhastrika, Kapala Bhati et Anuloma Viloma.
  9. Si un exercice vous est désagréable, analysez les raisons des ennuis qu’il cause à votre corps. Consultez votre professeur et si nécessaire, pratiquez un autre Pranayama.
  10. Augmentez progressivement la durée de Kumbaka. Première semaine : 4 secondes. Deuxième semaine : 8 secondes. Troisième semaine : 12 secondes, … jusqu’à ce que vous soyez capable de retenir le souffle au maximum de vos capacités respiratoires.
  11. Décrisper le visage pendant les Kumbaka (rétentions): cela est signe de tensions mentales ou de dépassement de ses capacités.
  12. Arrangez-vous pour que l’IN, la RPP et l’EX soient toujours dans les limites de vos capacités. Ne ressentez jamais de suffocation ou de gêne, pendant tout le temps du Pranayama. Vous ne devriez jamais éprouver le besoin de reprendre quelques respirations normales entre deux cycles successifs. Ajustez convenablement la durée de l’IN, de la RPP, et de l’EX. Alors la pratique deviendra facile et portera ses fruits.
  13. Ne prolongez pas outre mesure le temps d’EX. Si vous le faites, l’IN suivante sera précipitée et son rythme perturbé. Vous devez donc maîtriser soigneusement les 3 phases : IN, RPP, EX – de façon à ce qu’elles soient confortables pendant la totalité des cycles (et non seulement pendant 1 seul cycle). L’expérience et la pratique vous guideront.
  14. Autre facteur importante : maîtrisez vos poumons à la fin de la rétention afin de pouvoir expirer doucement et dans la proportion de l’IN.
  15. A la fin de la rétention, retirez votre mental de tous les objets extérieurs. La pratique progressive vous enracinera dans le Raja Yoga.

Hygiène de vie

  1. Si vous voulez progresser sur la voie du Pranayama, éviter de trop manger et de trop dormir. Évitez les opposés aussi ! Éviter de veiller ou de trop jeûner.
  2. Au déjeuner, ajouter un peu de beurre clarifié au riz lubrifie les intestins et facilite la descente du Prana.
  3. Arrêtez le Pranayama quand vous êtes fatigué. Vous devriez vous sentir heureux, revigoré et reposé après la pratique. Ne vous imposez pas des règles trop sévères et trop nombreuses. Mais le célibat, pendant une pratique très intensive est recommandé (abstinence).
  4. L’irrégularité des rythmes de vie est un obstacle au yoga, de même qu’une nourriture malsaine et un travail mental excessif.
  5. Asana et Pranayama améliorent la santé, accélèrent la digestion, donnent un mental stable (suppriment Rajas), et éveillent la Kundalini.
  6. A chaque fois que l’on se sent mal à l’aise, déprimé ou découragé, pratiquer le Pranayama redonne vigueur, énergie et force.

Bien sûr ces conseils – très nombreux – d’une approche classique et indienne du yoga, peuvent surprendre. Néanmoins, il est intéressant d’en avoir connaissance, du moment qu’on les replace dans le contexte de la vie des Sadhu ou des ashramites à Rishikesh, sous la guidance d’un maître

Namasté et
Bon yoga!

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mai 18 2009

Sri K Pattabhi Jois 1915-2009

Publié par Michèle sous .Yoga, A propos du Yoga

Je viens de recevoir une triste nouvelle: Sri K Pattabhi Jois a quitté son corps aujourd’hui, après s’être battu pour recouvrer la santé pendant une année. Il a quitté ce monde cet après-midi, heure indienne. Il avait 94 ans.

Pattabhi Jois était connu dans le monde entier. C’était un des plus ancien disciples de Sri T Krishnamacharya, à Mysore. Il a été l’instrument de la diffusion d’une des méthodes de Yoga de Krishnamacharya, qui est maintenant connue sous le nom de Astanga Vinyasa Yoga. Pattabhi Jois a été l’un des professeurs de yoga les plus influents de notre temps et ceux qui ont pu bénéficier de son enseignement direct ont eu beaucoup de chance d’avoir un maître de son niveau…

Loka Samasta Sukhino Bhavantu*
*Puissent tous les êtres atteindre la paix et l’harmonie.

Source: Kausthub Desikachar, Krishnamacharya Healing & Yoga Foundation

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