Sâmkhya

24 avril, 2009 dans .Yoga, Philosophie par Michèle

Swami Shraddananda Giri explique dans son livre Les Sâmkhya Kârika, comment fonctionnent le système médical traditionnel (Ayurvéda) et les systèmes philosophiques (Dharshana) de l’Inde ancienne.

Statuettes de figures sacrées

En médecine ayurvédique, on enseigne : 1. la maladie ; 2. la cause de la maladie ; 3. la guérison ; 4. les médicaments.

En philosophie indienne, on enseigne : 1. la vie (le Samsâra, cycle des morts et des renaissances) ; 2. la cause de la vie ; 3. la cessation de la souffrance dans la vie (cessation du Samsâra) ; 4. les moyens de la cessation de la souffrance.

La Sâmkhya est l’un des 6 Darshana, ou systèmes philosophiques de l’Inde. Sâmkhya signifie « ce qui repose sur le nombre » ou « dénombrement ». Ce système philosophique ancien, issu du sage Kapila, a été codifié pour la 1e fois entre le 2e et le 4e s. après J.-C. dans les Sâmkhya Kârikâ, par Ishvarakrishna. Le Yoga doit beaucoup au Sâmkhya, dont il représente la mise en pratique.

Le Samkhya vise la connaissance du monde, ainsi que la nature véritable de l’Homme et ses relations avec le monde. Il part de l’analyse de la vie sur terre pour connaître la constitution de l’être humain et comprendre la raison et le but de l’existence. Les Tattva, que l’on appelle « principes », ou « réalités principielles », sont des concepts décrits par le Sâmkhya, qui peuvent être observés.

L’observation et l’analyse du monde et de l’Homme développent l’intérêt pour la Vérité absolue et la concentration du mental. Le Sâmkhya aide tout particulièrement à l’analyse du psychisme et à comprendre la cause fondamentale du stress psychologique. La connaissance du Sâmkhya apporte une lumière sur la totalité de l’être, dans toutes ses dimensions. Les Sâmkhya Kârikâ ne font pas allusion à un dieu créateur: la connaissance des réalités principielles est jugée suffisante pour découvrir fondamentalement l’Homme et pour se libérer des souffrances engendrées par l’Ignorance fondamentale.

Le mental est l’indice de l’existence d’une entité non-matérielle, la Conscience. L’état de rêve permet à l’individu de se déplacer sans son corps grossier. Dans le sommeil profond, l’absence d’expérience, à la fois pour le corps physique et pour le mental, est perçue par une dimension de l’être. Au réveil, la mémoire de cette absence d’expérience en est la preuve…

Cet approfondissement conduit à découvrir derrière toutes les réalités empiriques l’existence de deux réalités fondamentales : la première est Prakriti, la Nature et sa manifestation en trois Guna, ou qualités, et l’autre, immuable, est Purusha, la Pure Conscience.
Voir ici quelques explication au sujet de Prakriti et Purusha.

Sources :
(1) Samkhya Karika, Swami Shraddananda Giri,
(2) Notes personnelles de divers cours à Yoga 7,
(3) http://stehly.chez-alice.fr/leyoga.htm. Ralph Stehly est Professeur d’histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg.



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