déc 02 2008
Bhagavad-Gîta: Se connaître soi-même
Dans le précédent article sur la Gîtâ, il était expliqué que chacun est animé par un devoir dans le monde social, que l’on peut appeler “Dharma”. Chacun ressent aussi une aspiration profonde, pour se réaliser et trouver la plénitude, c’est le Svadharma.

Le combat ou le retrait?
Arjuna est un Kshattriya, un guerrier et Krishna lui dit:
II.32 Quant une telle bataille lui vient d’elle-même comme la porte ouverte des cieux, heureux sont alors les kshatriyas.
Le devoir des kshattriya est de défendre une cause noble pour maintenir l’ordre.
II.33. Mais si tu ne livres pas pour le droit cette bataille, alors tu as trahi ton devoir et ta vertu et la gloire, et le péché t’échoit en partage.
II.37 Tué, tu gagneras les cieux, victorieux, tu jouiras de la terre. Lève-toi donc, ô fils de Kunti, résolu à te battre.
Dans des moments de détresse personnelle, dans des moments de remise en question profondes, comme en vit ici Arjuna, nous sommes nombreux à être tentés à nous “retirer de la bataille”.
C’est vrai dans la vie, quand ça devient trop complexe, trop difficile, lorsque nous sommes en permanence remis en question, nous préférons parfois nous retirer, laisser tomber, aller au calme, en optant pour un changement radical de situation …
Cela n’est pas souvent la bonne solution, si notre âme n’a pas résolu ses conflits intérieurs. Ces mêmes conflits se représenteront à nous sous d’autres formes, jusqu’à ce que nous ayons appris ce que nous avions à apprendre…
Dans le même ordre d’idée, vouloir se retirer dans un ermitage au début d’une démarche spirituelle intense peut n’être qu’un piège. C’est un choix qui, s’il n’est pas le fruit de la sagesse supérieure, peut nous amener à nous leurrer. Il est facile d’être “calme et lisse” dans un petit ashram isolé ou dans une solitude choisie… mais qu’en est-il de nos démons intérieurs? Même réflexion par rapport à la pratique du yoga: celle-ci ne risque-t-elle pas dans certaines situations, de devenir le refuge de l’égo ou d’ambitions déçues? …
La vie en société pour mieux se connaître
L’avantage de la vie en société préconisée par la Bhagavad-Gîtâ, est de se donner l’opportunité de prendre conscience, au contact de l’autre, des blocages, ainsi que des mauvaises habitudes; puis de se donner l’opportunité de les éradiquer.
La vie devient un champ d’expérience (ou de bataille…) où l’on peut effectuer une purification intérieure progressive, parfois visible, parfois subtile.
Voici un exemple personnel:
Je trouve le contact des participants à mes cours et à mes stages de Yoga enrichissant.
Dans mes discussions avec eux, je me dois d’être au plus juste de ce que je pense, je dis et je fais.
S’il y a un décalage, même très léger, ma conscience me renvoie instantanément à ce que je suis réellement.
J’ai pris le parti d’être très naturelle avec tous. Je m’efforce d’être profondément sincère dans ma pratique du Yoga, car je ne veux pas jouer un jeu, ni faire croire ce que je ne suis pas. Ainsi, un rapport de confiance réciproque s’inscrit et je transmets en même temps, que j’expérimente et que j’apprends.
L’observation honnête, sans complaisance, de mon attitude intérieure est donc le fil conducteur qui me permet d’avancer sur certains plans de mon être, dans les situations quotidiennes. C’est mon précieux outil …
La vie de tous les jours, pour chacun, que ce soit en famille, en couple, au travail, etc. peut devenir la merveilleuse occasion d’un travail intense sur soi-même, pour autant qu’on s’en donne la chance. Voilà un joli programme, … qui appartient au domaine du possible, si l’on reste vigilant.
Krishna termine ainsi:
Fais que l’affliction et le bonheur, la perte et le gain, la victoire et la défaite soient égaux pour ton âme, puis jette-toi dans la bataille; ainsi tu ne pêcheras pas.
A sa juste place et dans son juste destin, empli de la volonté de faire au mieux, quelque soient les évènements, le yogi reste serein et paisible. Il est dans le monde, mais n’est pas affecté par lui.
Namasté
Michèle
Sources: Image: http://yoga76.blogspace.fr/
Traduction de la Bhagavad-Gîtâ: La Bhagavad-Gîtâ, Shrî Aurobindo, Spiritualités Vivantes, Albin Michel



Chère Michèle,
Tes articles sur la Bhagavad-Gîta, me son très précieux pour découvrir la richesse de ce livre. Plus j’avance sur le chemin du yoga et plus je m’aperçois que le yoga ce n’est pas que des postures dans un corps sain mais également aller à la découverte de sa vrai nature, notre vrai moi. Accepter d’être vrai avec soi-même et devant les autre. Un travail sur soi dans la vie de tous les jours. Découvrir que cela est accessible à tous semble le plus beau message d’espoir pour tous ceux qui ressente le besoin de mieux se connaître.
Et merci aussi tous tes articles. Quelle plaisir à chaque fois d’aller se balader sur ton blog.
Monique
Bonjour Monique et merci pour tes quelques lignes.
Oui… nous n’avons jamais fini d’apprendre, notre présence sur cette terre est un école de chaque instant…
Belle journée
Michèle