nov 17 2008
Histoire de la Reine Chudala (1)
L’histoire de la Reine Chudala (prononcer Tchoudala) est une des plus belles du Yoga Vasishta, texte ancien attribué traditionnellement au sage Valmiki. C’est un texte poétique qui a été très apprécié des yogi et des ermites dans leurs retraites himalayennes, mais aussi des rois et des hommes d’état.

Pour le retranscrire (cela prendra plusieurs articles), je prendrai de longs extraits de deux sources :
- Sept récits initiatiques tirés du Yoga-Vasistha, traduit par Michel Hulin, Collection L’autre Rive, Editions Berg International
- Le monde est dans l’âme (Yoga-Vasishtha) et Histoire de la Reine Chudala traduit par Hari Prasad Shastri, Editions Archè, 1977
Chapitre I
O Rama, il y a très longtemps, dans l’âge appelé Dvapara [équivalent de l’Âge de bronze, celui qui précède le Kali Yuga, l’Âge actuel], vivait un roi vertueux et bon qui s’efforçait de ne nuire à aucun être vivant. Il s’appelait Shikhidhwaja et son royaume s’étendait sur la région qui est aujourd’hui celle de Malwa, en Inde. Un jour de printemps, alors que les bois étaient dans toute leur beauté, il partit chasser. Dans ce magnifique entourage, la pensée d’une épouse traversa son âme.
Ses ministres arrangèrent un mariage avec la fille d’un autre roi. Instruite et vertueuse, c’était une grande yogini. Elle s’appelait Chudala. C’était une épouse parfaite et d’une extrême beauté.
Le roi et la reine vivaient aussi heureux que Vishnu et Lakshmi [Dieu de la Préservation de l’Univers et son épouse, déesse de la prospérité], partageant leur amour. De même que l’eau pénètre graduellement par un petit trou dans la coque d’un grand navire, le couple royal vieillit. La reine, en conséquence de sa grande charité et de sa consécration à Dieu, commença d’être consciente de l’irréalité [l’impermanence] du monde, et elle fit partager ses sentiments au roi.
Ils pensèrent : « Le monde est irréel et la soif des plaisirs ne peut jamais être étanchée de façon permanente. La jeunesse et le pouvoir sont passagers comme la lueur d’un éclair. Notre jeunesse s’est écoulée comme de l’eau de nos mains.
En ce monde, tous nos calculs et prévisions sont aussi creux que la tige du bananier et, bien vite, les déceptions nous assaillent comme le dessèchement s’empare d’un arbre.
La souffrance est la compagne inséparable de l’âme. La souffrance suit nos joies et nos plaisirs comme un chat court après un morceau de viande. La mort revendique le corps comme s’il était une mangue mûre tombant d’un arbre. Quoique nous pensions, nous ne saurions conserver toujours notre jeunesse et notre corps. Nous devons faire quelque chose pour mettre un terme à la maladie qu’est la dépendance du monde. Rien, hormis la connaissance de Brahman [Dieu, l’Absolu], ne saurait apporter de satisfaction permanente. »
A suivre…



[…] la suite de l’histoire de la reine Chudala commencée ici. Voyant le temps passé à vivre une jeunesse heureuse, la reine Chudala et son époux, le roi […]