oct 18 2008
Pourquoi les Mala ont-ils 108 perles ?
Ceux qui connaissent la tradition indienne du Japa (la répétition de mantra) savent que les hindous aiment répéter 108 fois les mantras, cela fait un Mala. Pourquoi 108? m’a-t-on demandé récemment.

Mala traditionnel de 108 perles
Le Mala
Le mala est le chapelet ou rosaire des indiens et des bouddhistes. Il sert à compter les mantras, qui eux-mêmes sont des formules sacrées et des noms du Divin.
Chaque perle représente une répétition du mantra. Le Meru est la perle en bout du mala. Elle est différente des autres, parfois plus grosse, souvent un Rudraksha (Oeil de Rudra, c’est le nom de la graine de l’Eleocarpus ganitrus, l’arbre sacré de Shiva). Le Meru permet de guider et de constater que le tour de mala (les 108 répétitions) sont achevées. Le Meru* ne fait pas partie des 108 perles.
* Le Mont Meru, montagne mythique et sacré, serait le sommet de l’Univers.
Les subdivisions
S’il n’est pas répété 108 fois, le mantra le sera une fraction de ce nombre. Par exemple: une moitié, un tiers, un quart, un douzième. Ainsi certains malas ont 54, 36, 27, or 9 perles.

Ce Mala à porter en bracelet compte 27 perles
100 et 8 perles
On dit aussi qu’en répétant 100 fois le mantras, le compte y est. Le reste permettrait de couvrir les erreurs et les omissions. Il est dit aussi que ces 8 dernières répétitions sont offertes à Dieu ou au Maître (Guru).
Un peu de mathématique
En Inde, les Anciens étaient d’excellents mathématiciens. Ainsi, 108 pourrait être le fruit d’ opérations mathématiques:
9 fois 12 = 108
ou encore
1 (1 puissance 1) = 1
2 x 2 (2 puissance 2) = 4
3 x 3 x 3 (3 puissance 3) = 27
1 x 4 x 27 = 108
Cette opération pouvait avoir une signification numérologique particulière.
108 est un nombre Harshad, c’est-à-dire un nombre entier divisible par la somme de ses chiffres. Harshad veut dire “grande joie” en Sanskrit.
Pourquoi 108 répétitions de mantra ?
Dans les Upanishads il est dit qu’une personne respire 21’600 fois par jour. Ce nombre est divisé en deux parties, le jour et la nuit. Ainsi, pendant le jour, on respire 10’800 fois et la nuit 10’800 fois aussi.
La répétition de Mantra, idéalement, devrait se pratiquer mentalement à chaque respiration, Mais il n’est pratiquement pas possible de chanter le nom de Dieu durant chaque respiration. C’est pourquoi il faudrait le chanter au moins 108 fois.
Il est dit que chaque fois que l’on chante un mantra, ses fruits sont multipliés par 100. Ainsi, répéter le mantra 108 fois est en réalité égal à 10′800 fois…
1, 0 et 8
Certains disent que :
1 représente Dieu ou l’Unité,
0 représente le vide, ou l’accomplissement de la pratique spirituelle
Et 8 représente l’infini ou l’éternité.
Si un mala sert à compter les mantras … l’essentiel demeure dans la sincérité de celui qui prie, sa dévotion, son implication émotionnelle et sa qualité d’attention, cela va de soi …
Bon week-end à tous
Sources
http://www.swamij.com/108.htm
http://www.sikhism.us/sikh-sikhi-sikhism/1771-108-mala-beads.html
http://www.hknet.org.nz/108meaning.html



1 x 4 x 9 = 108 ??
Oups:
1 (puissance 1) x 2×2 (2 puissance 2) x 3×3x3 (3 puissance 3) = 108
Voilà qui va mieux…
Merci
Bonjour Michèle et bonjour à tous,
Je me suis toujours refusé à pratiquer la technique du Japa, ne la connaissant pas et ayant des à priori. Des fois j’aime à vocaliser : a e i o u ou é. C’est marrant ces vibrations dans le corps ! Mais bon, ce n’est pas vraiment pareil. J’ai pris l’habitude de méditer sans objet (autre que l’attention à la posture et à la respiration), pratiquant le zen. Puis, ce matin pendant savasana, je me suis surpris à répéter mentalement Om tout en portant l’attention sur Ajna et y visualisant un cercle (comme le cercle de l’éveil cher au zen) se transformant et/ou se mélangeant en un petit point lumineux blanc. C’était bien agréable.
Dans le zen, on s’assoit et c’est tout ! Parfois c’est très dur, alors l’esprit doit se focaliser sur quelque chose comme la respiration, parfois une trace sur le mur du dojo… et pourquoi pas Om pour recentrer ses pensées, pour débuter une méditation ?
Plusieurs questions :
. La récitation de mantra se pratique dans « toutes » les situations ou est-ce limité à un temps de méditation assise ? Quand utiliser un mala ?
. Pour réciter mentalement, vaut-il mieux se caler sur le rythme respiratoire ? Comment faire avec Om ? Naturellement je copie comme en le vocalisant, sur l’expiration. Mais assez régulièrement cela varie, parfois débute sur l’inspir et fini sur l’expir. Du coup cela ressemble plus à Soham (so : inspir, ham : expir).
. Pendant la répétition est-ce « bon » de se concentrer sur des parties du corps, un chakra ? Avoir une visualisation ?
Bref, quelques petites questions techniques !
Comment pratiquez-vous ?
Merci de vos conseils et remarques.
Bon dimanche
OM !
Antoine
Bonsoir Antoine,
Ayant commencé le yoga avec une approche très traditionnelle, j’ai baigné quelques années dans une atmosphère très indienne. J’ai donc pratiqué le chant de bhajans / kirtans (chant sacrés), le japa à haute voix et le japa intérieur. Chanter des mantra avait été pour moi une révélation. Je n’étais pas à l’aise avec le chant auparavant. Là j’ai senti que je pouvais chanter et que cela m’apportait beaucoup sur le plan vibratoire (les vibrations positives sont palpables), et sur le plan de l’ouverture du cœur. Il se dégage une vibration très forte, qui fait appel à la dimension émotionnelle de l’être humain, émotion qui se transmue dans un élan spirituel.
C’est l’approche du Bhakti Yoga, l’aspect le plus dévotionnel du yoga, souvent moins bien compris par nous occidentaux.
Le Raja Yoga, yoga du dépassement du mental et de la méditation, utilise aussi le Japa, tout comme le Tantrisme qui suggère la répétition de Bija Mantra (Mantra racines) pour accompagner la concentration sur les chakras notamment.
Que de belles et bonnes questions sur ce blog… je ne sais plus comment répondre. Voilà qui, à nouveau, nécessite de véritables développements.
Je propose d’écrire de vrais articles sur le thème du Japa et de la méditation. Voilà un moment que j’ai envie d’écrire sur la méditation…
Ce que j’aimerais dire ici, c’est que les chemins sont multiples, mais que tous mènent en haut d’une montagne dont nous sommes incapables de percevoir le sommet, du moins pour l’instant… Plus les pratiquants des différentes méthodes - zazen, vipassana, Dhyana, etc. - avancent, plus les pratiques se ressemblent.
Certains commencent par le différencié, le duel, le purement représentatif. Prenons, par exemple, le dévot de Krishna qui se représente Dieu presque “naïvement” sous la forme d’images. Il le vénère, le médite et le chante à longueur de journées et de nuits. Il y a le moine zen Soto, qui aspire à la vacuité absolue en zazen… L’un et l’autre se retrouveront dans leurs pratiques de l’autre côté des nuages qui entourent la cime de la montagne de la spiritualité. Dans l’état de méditation profonde, l’état de béatitude, plus de mental, plus de pensée, plus de forme, plus de dualité… L’un et l’autre font Un avec l’expérience…
Personnellement, j’essaie de ne pas rechercher l’expérience spirituelle agréable ou spectaculaire. Même si cela fait toujours plaisir et “booste” la pratique. Ce ne sont que des expériences sur un plan mental. Le mental aime mettre des étiquettes sur tout et va vers ce qu’il aime. Donne lui un peu de spectaculaire… et il en voudra toujours plus… avec le risque de t’éloigner définitivement du vrai but de la méditation.
Le mantra est un support pour aider à focuser l’esprit. Il est là pour donner un support au mental et lui éviter de virevolter, comme il le fait à son habitude. Le mental a toujours besoin de quelque chose à “se mettre sous la dent”… et il s’arrange pour y parvenir même pendant la méditation.
Le mantra, c’est comme la respiration. Soham se cale exactement sur la respiration.
Le Japa n’est en définitive qu’une technique de concentration, voire de méditation. Il arrive un moment où le Japa répété mentalement disparaît et devient subtil.
Le Japa peut se pratiquer en toutes circonstances : en se déplaçant, en travaillant, etc.
Personnellement, j’ai utilisé un mala dans le passé chaque fois que ma méditation se faisait impossible parce que je ne parvenais pas à trouver la disposition nécessaire à une pratique (concentration). En cas de peine à dormir, je prends mon mala parfois pour 108 répétitions de mantras. Plus rarement encore, en cas de malaise émotionnel, je prends mon mala pour ramener mon esprit dans un état plus apaisé ; cela fonctionne pour moi.
Lorsque l’on répète un mantra dans un esprit détendu et concentré, la répétition se cale automatiquement sur la respiration.
La répétition peut être rapide … ou très lente. Si je voulais utiliser « Om » sur un mala, je le ferais très lentement… sinon, je risquerais de me trouver agacée par le mouvement rapide des doigts sur les perles…
Inspir tourner la perle, expir, répéter intérieurement om, comme si on le vocalise. Cela crée une vibration intérieure subtile.
Pour les techniques de méditation, explorer permet de trouver la voie qui correspond le mieux à soi. Puis, il est bon de suivre une école et de s’y tenir. C’est vrai que passer d’une technique à l’autre peut être perturbant. D’un autre côté, il n’est pas impossible d’en changer, si l’on sent que c’est indispensable pour soi.
Il existe d’innombrables techniques de méditation. Je pourrais en citer quelques unes ici. Mais le mieux est toujours de commencer à pratiquer avec un enseignant, un maître de méditation.
Dans la méditation avec mantra, on m’a conseillé de méditer en se concentrant sur les chakras supérieurs uniquement:
- soit sur Anahata Chakra (cœur), si l’on est plus dévotionnel, sensible,
- ou Ajna Chakra (point entre les sourcils) si l’on est plus intellectuel, mental.
Une fois ce point choisi, « s’y tenir pour la vie ».
La pratique de la méditation est quelque chose de personnel…
Om Om Om
Merci beaucoup Michèle pour cette belle réponse, belle dans tous les sens du terme !
Om
Bonjour Michèle,
Des articles sur le Japa et la méditation, quelle excellente idée ! Des sujets que j’ai eu l’occasion de découvrir lors de ton excellent week end consacré à Patanjali et que j’ai depuis intégré à ma saddhana quotidienne et dont je ressens les effets au quotidien (calme, plus grande conscience, recul par rapport à certaines situations …).
Om Shanti
Merci Christophe, voilà qui fait plaisir :-)
Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, voici le premier article d’introduction à la méditation que j’avais écrit l’année dernière:
http://www.yogamrita.com/blog/2007/08/22/a-propos-de-la-meditation/
Amicalement
Michèle