L’araignée tarentule

20 septembre, 2008 dans Sagesses du monde par Michèle

Vous arrive-t-il de vous emballer pour quelque chose? Je vous partage ce texte d’Henri Brunel, un zeste d’humour mais aussi un morceau de lucidité …

Tarentule

« Cesse de t’agiter en tous sens, disait maman. On te dirait piqué de la tarentule! »

« Henri a la tarentule, la tarentule… », répétait ma petite sœur.

Quand j’eus dix ans, et que j’entrai en classe de sixième, un gros dictionnaire, le premier que je rencontrai, m’enseigna tous les secrets de la tarentule. Dans la région des Pouilles, en Italie, s’épanouit au bord du golfe homonyme la belle ville de Tarente (230 000 habitants). C’est là que naît et prospère une grosse araignée venimeuse, dont la singularité est d’induire, en vous piquant, un état anormal d’excitation et de fébrilité.

Il y a longtemps que je n’ai plus dix ans. Le mot tarentule m’est resté. Il fait partie de ce patois d’enfance qui vous tient à la moelle des os, et dont on ne guérit jamais tout à fait. Il m’arrive parfois de m’interroger, quand je viens, je vais, en quête d’un travail, d’un Amour, d’un voyage, d’un objet, d’une idée:

« Aurais-je la tarentule? »

Hélas! nous souffrons tous de cette maladie étrange. Nous ne pouvons rester en place, en repos dans nos souliers.

Nous courons les uns, les autres, après la queue du diable, et le faisons dans notre tête, quand l’âge ou la maladie nous empêchent de le faire en vérité. Pourquoi, pourquoi? Mais pour oublier. Oublier l’angoisse d’être homme, cet animal posé entre deux abîmes, et qui le sait. Il y a dans nos vies, à part les courtes incandescences d’un ou deux jours du bel été, que Dieu et son amour pour nous guérir de la tarentule, et nos cœurs un peu apaiser.

Henri Brunel

Mudra de la compassion

En ce moment, nous courons beaucoup… normal, c’est la rentrée…

Normal? je ne sais pas. J’ai l’impression que la course perpétuelle devient le lot de la majorité.

Sommes-nous obligés de suivre ce rythme? Non, ou du moins pas totalement.

Nous faisons des choix chaque jour, qui nous propulsent dans l’hyperactivité ou nous offrent des plages de calme, même dans notre tourmente existentielle …

Heureusement, il y a cette part de libre arbitre, et je dirais même de responsabilité personnelle qui nous autorise à remettre en question notre rythme intérieur.

Le plus difficile, c’est de garder cette vigilance … Ne nous laissons pas emporter par la tarentule!

Bonne rentrée!
Michèle

Source: … j’avoue ne plus savoir duquel des livres d’Henri Brunel j’ai extrait ce petit texte …
Image
: www.tawara.com



Options

  • Imprimer
  • twitter
  • facebook
  • digg
  • myspace
  • stumbleupon
  • aim
  • blinklist
  • blogger
  • blogmarks
  • buzz
  • connotea
  • delicious
  • diigo
  • fark
  • friendfeed
  • furl
  • google
  • linkedin
  • live
  • livejournal
  • magnolia
  • mixx
  • netvibes
  • netvouz
  • newsvine
  • propeller
  • reddit
  • slashdot
  • technorati
  • yahoo