Agni Sara, la purification par le Feu
4 septembre, 2008 dans Bandha, Mudra, Kriya par Michèle
Agni Sara est une pratique de nettoyage (Kriya). Il est aussi appelé Agnisara Kriya ou Vahnisara Dhauti.

Vahni et Agni signifient le Feu. Sar est « l’essence ». » L’essence du feu » se situe dans la région ombilicale. Sur le plan physique, la pratique vise à créer un mouvement soutenu des muscles et des organes abdominaux, qui sont alors brassés. Cet exercice génère une chaleur interne conséquente. Agni Sara, c’est le déplacement du feu qui est à l’intérieur du corps, son activation. On parle aussi de purification par le feu: Agni Sara est un Kriya. Les Kriya sont des actions purificatrices, des nettoyages internes.
Agni est le Dieu indien du Feu et de la Destruction. Dans cette pratique, il représente le feu intérieur qui est stocké à l’intérieur et qui aide à maintenir la chaleur du corps. C’est lui aussi qui stimule la digestion et détoxifie.
Technique
Agni Sara peut être exercé quotidiennement. Pratiquer le matin à jeun est particulièrement bénéfique. Mais il est encore possible de le faire pendant la journée, à bonne distance du repas afin de ne pas être gêné par la digestion.
Il est nécessaire de maîtriser au moins l’un des Bandha, Uddiyana Bandha, avant de pratiquer Agni Sara.
- Debout, légèrement penché en avant, prendre appui avec les mains sur les genoux. C’est la même posture de départ que pour Uddiyana Bandha.
- Inspirer profondément
- Expirer complètement, par le nez ou vigoureusement par la bouche (l’exercice se pratique généralement poumons vides)
- Rentrer le ventre en Uddiyana Bandha (le ventre est comme aspiré par effet de succion)
- Bouger le ventre vers l’avant en le relâchant puis en arrière, en le rentrant. On contracte depuis le plancher pelvien vers le haut jusqu’au diaphragme.
Agni Sara peut se faire lentement ou rapidement. Comme cela vous convient le mieux. Avec la pratique, le mouvement rapide devient plus facile. - Terminer en relâchant le ventre vers l’avant
- Puis inspirer.
La Gheranda Samhita recommande de pratiquer 100 mouvements de brassage d’affilée. C’est énorme si l’on pratique avec rétention poumons vides (Bhaya Kumbhaka). Le Swami préconise que 50 mouvements sont suffisants pour la plupart des gens. Au début, se contenter de moins encore…
Au début Agni Sara peut aussi se pratiquer dans la position à quatre pattes ou même allongé.

Quelque soit la position, rechercher l’allongement de la colonne vertébrale, qu’il ne faut pas arrondir.
Swami Satyananda indique qu’Agni Sara est une très bonne préparation à Kapalabhati et Bhastrika.
Variante respiratoire
Swami Satyananda propose aussi la variante qui consiste à respirer par la bouche pendant l’exercice. La bouche est alors ouverte, la langue bien tendue, en haletant comme un chien et en accordant les mouvements de l’abdomen sur le rythme du souffle. C’est intéressant, car respirer par la bouche rafraîchit, alors même qu’Agni Sara réchauffe énormément. J’aurais donc tendance à recommander cette respiration par la bouche pour les personnes de constitution Pitta qui souhaitent pratiquer – modérément, vu leur constitution chaude – .
Effets d’Agni Sara
Les bienfaits d’Agni Sara sont nombreux:
- Augmentation de la circulation sanguine dans les muscles abdominaux, les tissus et les organes, ainsi que les muscles pelviens.
- Amélioration de l’élimination et contribue à réduire la graisse autour de la région abdominale.
- Augmentation du feu de la digestion (Ayurvéda). Meilleure assimilation et normalisation de l’appétit. Agni Sara convient donc pour accompagner les régimes alimentaires ou les changements d’alimentation.
- Renouvellement de l’énergie du plexus solaire. Augmentation globale du niveau d’énergie et amélioration de l’humeur générale.
Contre-indications
Ne pas pratiquer Agni Sara dans les cas suivants:
- Maladies du cœur, du système nerveux, du système respiratoire
- Glaucome
- Hernie hiatale
- Ulcères de l’estomac ou de l’intestin
- Si vous êtes enceinte.
Démonstration de Uddiyana Bandha et Agni Sara
La vidéo est en allemand, mais l’exercice étant expliqué ici, rien ne vaut la démonstration visuelle…
Vidéo de Sukhadev, directeur de l’école Yoga Vidya à Bad Meinberg, en Allemagne.
Sources
Hatha Yoga Pradipika, Swami Satyananda Saraswati, Éditions Satyanandashram






Bonjour,
je me permet de vous écrire pour vous recommander notre vidéo et notre article sur nauli et agnisar:
la vidéo sur http://www.dailymotion.com:
http://www.dailymotion.com/video/xbcxug_nauli-ou-le-barattage-du-ventre-www_sport
et aussi notre article descriptif pour bien pratiquer nauli:
http://www.sankara.fr/pratiques/satkarmas/nauli.html
Cordialement, en vous souhaitant une bonne pratique yoguique ;o)
Raphaël
Bonjour, j’ai deux questions.
1. Le kriya yoga est-il différent des shat kriya que l’on pratique ?
2. Quelle est la différence entre le hatha et la natha yoga ?
Bonjour Hawawini,
Le Natha-yoga est du hatha yoga traditionnel et tantrique.
Voici un extrait du commentaire de Tara Michaël, dans sa traduction de la « Hatha yoga pradipika » :
« La Hatha yoga pradipika se présente comme le développement fidèle d’un enseignement plus ancien, celui qu’on attribue au personnage semi-légendaire de Goraksanâtha. Considéré comme l’un des principaux fondateurs de la secte hindoue des Natha-Yogins. Goraksanâtha passe pour avoir popularisé à travers tout le continent indien les principes et méthodes yogiques, et en particulier cette forme de yoga nommée « hatha-yoga », « yoga de la force », voie rapide et violente vers la libération, ou selon une autre étymologie traditionnelle « yoga de l’unification du Soleil (ha) et de la lune (tha). »
Voici également la traduction du 2è aphorisme (chap.I) :
« Ayant salué en son guru Natha lui-même, le yogin Svâtmârâma entreprend cet exposé de la science du Hatha, uniquement en vue du raja yoga. »
Tu peux aller voir aussi sur le « forum », le sujet sur le Natha-Yoga.
Dans l’ouvrage de la « Hatha Yoga pradipika », les sat Karmans (les 6 actions) sont présentés comme des kriyas c’est-à-dire des « moyens de purifier le réceptacle physique ». Ce sont : dhauti, basti, neti, trataka, nauli, kapalabhati.
Bien amicalement
Bonjour Hawani,
Je suis étonnée de ta première question car je reviens d’un week-end sur les shat kriya … quelles synchronicité!
« Kriya » signifie action et donc peut se rapporter à plusieurs choses effectivement. Shat signifie « six ». Il s’agit donc de 6 techniques essentielles de purification du corps physique. On dit aussi « shat karman », karma(n) est un synonyme de Kriyas.
-o-
A ne pas confondre avec l’école de yoga « Kriya-yoga », technique que Yogananda Paramahamsa a contribué à faire connaître, par son livre « Autobiographie d’un Yogi ».
-o-
La Geranda Samhita parle plus en détails des shat karman que la Hatha Yoga Pradipika. Voici la traduction de Jean Papin:
10 -11 Voici donc ces sept disciplines :
D’abord les six actes de purification (satkarman); puis les postures (âsana) qui permettent d’acquérir la stabilité, les gestes ou sceaux (mûdra) qui donnent la fermeté; le retournement des sens (pratyâhâra) qui apporte la quiétude; viennent ensuite le contrôle de l’énergie du souffle (prânâyâma) assurant la légèreté; puis la contemplation (dhyâna) permettant la perception directe de la conscience de Soi (âtman); enfin l’enstase (samâdhi) donnant accès à l’émancipation et qui est, sans aucun doute, l’ultime libération.
12. La purification
On doit pratiquer six techniques de purification : dhauti, les nettoyages; vasti, les lavements; neti, le lavage du nez; laulikî, le barrattage du ventre; trâtaka, la fixation du regard; kapâlabhâti, les expectorations.
13. I – Les nettoyages. Dhauti.
On emploie quatre procédés pour purifier le corps :
a) le nettoyage stomacal (antardhauti); b) le nettoyage de la cavité buccale (dantadhauti);
c) le nettoyage de la poitrine (hriddhauti); d) la purification du rectum (mulâshodana).
14 a) Le nettoyage stomacal
Le nettoyage stomacal ou antardhauti comprend lui-même quatre pratiques : vâtasâra, la purification par l’air; vârisâra, la purification par l’eau; vanhisâra, la purification par le feu du souffle vital (agni); bahiskrita, l’expulsion d’air par l’anus.
15. al) La purification par l’air – vâtasâra.
Contracter la bouche en imitant le bec du corbeau et avaler l’air très lentement pour remplir l’estomac. Faire mouvoir celui-ci de façon à expulser doucement l’air par le passage inférieur.
16. Cette technique de purification par l’air est excellente et très secrète. Elle purifie le corps, fait disparaître toutes les maladies et permet l’accroissement de l’élément feu.
17. a2) La purification par l’eau. Vârisâra.
Emplir la bouche jusqu’à la gorge avec de l’eau puis l’avaler doucement. Ensuite faire mouvoir l’estomac puis, en formant un creux, expulser l’eau par l’anus.
18. Ce procédé de purification par l’eau est aussi excellent et très secret. Pratiquer avec zèle, il permet d’obtenir véritablement le corps d’un dieu.
19. C’est le meilleur des nettoyages. Celui qui s’y applique transforme son corps impur en corps céleste.
20. a3) La purification par le feu du souffle vital. Agnisâra.
Rétracter cent fois de suite la région ombilicale vers l’arrière, tout contre l’axe vertébral ; c’est la technique de purification par le feu interne qui confère les pouvoirs occultes du
yoga;
21. elle guérit les maladies d’estomac et augmente le feu intestinal. Elle doit être tenue secrète et même les dieux la maitrisent avec difficulté. Au moyen de ce seul dhauti on peut obtenir définitivement un corps céleste.
22. a4) L’expulsion de l’air par l’anus. Bahiskrita.
Remplir l’estomac d’air en faisant le geste du bec de corbeau (kakimudrâ). Retenir une heure et demie. A la fin, expulser l’air par l’anus en poussant. Ce dhauti reste très secret et ne doit pas être divulgué.
23. Nettoyage complémentaire.
S’immerger dans l’eau jusqu’au nombril et laisser sortir le rectum (shaktinâdi). Avec la main laver le boyau jusqu’à ce qu’il ne reste plus de saletés, puis le faire rentrer à sa place dans l’abdomen.
24. Cette purification est secrète et les dieux eux-mêmes y parviennent difficilement. On peut obtenir un corps céleste immuable en utilisant ce seul moyen.
25. Dans cette pratique, celui qui n’a pas le pouvoir de retenir l’air dans l’estomac pendant une heure et demie est incapable de maîtriser ce grand dhauti appelé «l’expulsion par le bas».
26. b) Le nettoyage de la cavité buccale.
La purification de la cavité buccale ou dantadhauti comprend cinq procédés : dantamûla, le nettoyage de la base des dents ; jihvâmûla, la purification de la base de la langue; karnarandhra, le nettoyage des deux conduits auditifs ; et kapâlarandhra, le nettoyage de la cavité crânienne ou des sinus.
27. bl) Le nettoyage de la base des dents. Dantamûladhauti.
Jusqu’à ce que toute impureté soit ôtée, frotter la base des dents avec du bois d’acacia catechu dont le suc est très protecteur ou bien avec de l’argile purifiée.
28. Les yogin considèrent ce procédé comme un des plus importants dhauti dans la pratique du yoga. Il protège les dents et leur donne de l’éclat. II doit être quoudien. Tous les yogin le preconisent.
29. b2) La purification de la langue. Jihvâshodhana.
Je vais maintenant parler très clairement des moyens de purifier la langue. En l’étirant, on vainc la vieillesse, la mort et la maladie.
30. Voici donc cette technique :
A l’aide des trois doigts — index, majeur et annulaire— que l’on enfonce au milieu de la gorge, on tire la racine de la langue et on la gratte tres lentement. Cela permet de dissiper les troubles du phlegme.
31. Masser longuement la langue avec du beurre frais et du lait, puis évacuer petit à petit cette matière vers l’extrémité à l’aide d’un instrument métallique.
32. On doit faire cela chaque jour avec soin, au lever et au coucher du soleil. Ce travail quotidien permettra l’allongement de la langue.
33. b3) Le nettoyage des conduits auditifs. Karnadhauti.
Curer les deux conduits avec l’index et l’annulaire. En répetant cette opération chaque jour on entend le son intérieur (nada).
34. b4) Le nettoyage de la cavité crânienne. Kapâlarandhra.
Avec le pouce de la main droite masser la dépression sinusofrontale. Cet exercice répété préserve des troubles du phlegme ;
35. grâce à lui les nâdî sont purifiées et on obtient la clairvoyance. On doit le pratiquer chaque jour, au reveil, après les repas et le soir.
36. c) Le nettoyage de la poitrine.
Cette purification, ou hriddhauti comprend trois procédés : dandadhauti, le nettoyage avec une baguette ; vamanadhauti, le nettoyage par vomissement et vâsasdhauti, le nettoyage à l’aide d’un tissu.
37. cl) Le nettoyage avec une baguette. Dandadhauti.
Enfoncer, puis faire aller et venir dans l’oesophage une tige de bananier plantain, de curcuma ou de roseau. Ensuite la retirer lentement.
38. Ce genre de purification permet l’expulsion par la bouche du phlegme, de la bile et de l’humiditè en excès. Ainsi, toutes les maladies dc poitrine sont guéries.
39. c2) Le nettoyage par vomissement. Vamanadhauti.
L’homme avisé doit, deux heures après chaquc repas, boire suffisamment d’eau pour remplir l’estomac jusqu’à la gorge; ensuite, ayant dirigé un instant son regard vers le haut, qu’il vomisse toute cette eau. Cette pratique quotidienne enraye les désordres dus au phlegme et a la bile.
40. c3) Le nettoyage â l’aide d’un tissu. Vâsadhauti.
Avaler lentement une bande de tissu très fin, large de quatre doigts puis la retirer. Ceci est appelé le nettoyage interne (dhautikarman).
41. Cette technique guérit la splénite chronique, la fièvre, toutes les affections de la rate, la lèpre. Elle chasse les excès de phlegme et de bile. Celui qui la pratique voit de jour en jour s’améliorer sa santé, croître son énergie et son bien-être.
42. d) La purification du rectum. Mûlashodhana.
Tant que le rectum n’est pas purifié l’energie vitale descendante de l’excrétion (apana) ne circule pas de fagon satisfaisante. II est donc essentiel de purifier le rectum avec soin.
43. A l’aide d’une baguette ou du majeur, on doit sans cesse, et en secret, nettoyer le rectum avec de l’eau afin d’ôter la bile.
44. En pratiquant cette purification on évite la constipation et on combat dyspepsie et indigestion. La beauté et la vigueur augmentent et le système du feu digestif est embrasé.
45. II — Les lavements. Vasti ou Basti.
Il y a deux sortes de lavements appelés jalabasti, avec eau, et shuskabasti, à sec. Le lavement avec eau est pratiqué dans l’eau même et celui à sec toujours sur le sol.
46. a) Le lavement avec de l’eau. Jalabasti.
Accroupi dans la posture dite « furieuse » (utkatâsana) s’immerger dans l’eau jusqu’au nombril, puis contracter et dilater l’anus.
47. Ce jalabasti arrête les désordres urinaires, les troubles digestifs et les douleurs nées des désordres de l’élément air. Le corps devient transparent à l’égal de Kâma, le dieu de l’amour.
48. b) Le lavement à sec, sur le sol. Sthala. ou shuskabasti.
Ce lavement à sec se pratique dans la posture dite «montant vers l’Occident» ou pashcimottana. On fait mouvoir lentement le ventre vers le bas, puis on contracte et dilate l’anus au moyen d’ashvinimudrâ, le «geste de la jument».
49. Cette pratique permet d’éviter la constipation, d’augmenter le feu intestinal et de chasser les flatulences.
50. III — Le nettoyage du nez. Neti.
Introduire par une fosse nasale une fine cordelette d’une aune (9 pouces ou 22,5 cm), puis la faire ressortir par la bouche. On appelle cela netikarman ou «guidage du fil».
51. La pratique de cette discipline permet d’obtenir le pouvoir occulte appelé khecarî, le «mouvant dans l’espace »*. Elle guérit les désordres du phlegme et confère la vision divine.
* Le pouvoir en question consiste en invulnérabilité et vol magique : câri- qui se meut — kha — espace.
52. IV — Le barattage du ventre. Laulikî ou laukîkî.
Faire tournoyer les muscles du ventre en les poussant et en leur imprimant un mouvement rapide dans les deux sens. Cela détruit toutes les maladies et accroit l’élément feu dans le corps.
53. V — La furation du regard. Trâtaka.
Fixer un objet tres petit sans cligner des yeux ni ciller, jusqu’à ce que jaillissent les larmes. Les sages appellent cela trâtaka.
54. Grâce à cette technique on acquiert la maîtrise permanente du «geste de consécration à Shiva », la shambhavimudrâ. Les maladies des yeux sont guéries et on obtient la clairvovance.
55. VI — Les expectorations. Kapâlatbhâti.
Cette purification se pratique de trois manières appelées : vâmakrama, « manière à gauche ou plaisante » ; vyutkrama, «manière à l’envers» ; et shîtkrama., « manière fraîche ». Elle arrête les dérèglements du flegme.
56. a) Vâmakrama.
Inspirer par la narine gauche sur idânâdî, expirer par la narine droite sur pingalânâdî, la solaire. Ensuite inspirer à droite sur pingalâ, puis expirer à gauche sur la nâdî lunaire idâ.
57. L’inspir et l’expir doivent être faits sans brusquerie mais suffisamment poussés. Cet exercice combat les désordres du flegme.
58. b) Vyutkrama.
Aspirer de l’eau par le nez et la rejeter petit à petit par la bouche. C’est ce que l’on nomme vyutkrama qui guérit les déséquilibres du flegme.
59. c) Shîtkrama.
Aspirer de l’eau par la bouche en faisant le son «shît», puis la rejeter par les narines. Cette pratique yoguique rend semblable à Kâmadeva, le dieu de l’amour.
60. La vieillesse ne manifeste pas et jamais ne surgissent tourment et décrépitude. Le corps devient transparent, les troubles du flegme sont anéantis.
Tel est le premier enseignement que donna Gheranda à Candakâpâli concernant la discipline des six purifications.
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Voici aussi un site de référence sur l’école de Kriya-Yoga:
http://www.kriya-yoga.com/french/generalites.htm
………………mais tous les hatha-yogas ne sont pas du natha-yoga.
Je m’explique : le natha-yoga est du hatha-yoga qui se rattache à la tradition hindoue, telle qu’elle est diffusée dans les grands textes, comme « la hatha-yoga pradipika », la « shiva samhita », la « ghéranda samhita », « les yoga-sutras de Patanjali » etc…..mais avec son arrivée en Occident, le hatha-yoga a pris une forme plus édulcorée selon les enseignants, et dans certains cours, on ne retrouve pas les pratiques traditonnelles du hatha-yoga traditionnel hindou, telles que la méditation, les visualisations, les drishtis, les bandhas, les mudras, les mantras etc………..
Voici un autre commentaire de Tara Michael (grande spécialiste, il faut le préciser, du yoga traditonnel) qui se désole de cet « affadissement du yoga en Occident et le détournement de cet enseignement » (je reprends ses termes) ;commentaire qui est paru dans la revue « Linga » (revue de la fédération des yoga traditionnels » en août 1991 :
« Ce qu’ils enseignent n’est qu’un hatha-yoga se bornant à l’étape initiale, la pratique des postures et à un peu de pranayama, excluant les techniques plus avancées du hatha yoga et excluant aussi la pratique de la méditation, que ce soit dans sa présentation hatha yoguique (écoute du son intérieur, visualisation de la lumière intérieure, fixations du regard) ou dans sa présentation raja-yoguique (pratyâhâra, dhârana, dhyâna, samâdhi). »
Namasté
Merci Muriel pour ces explications très riches.
J’aimerais ajouter que les Natha Yogins excluent les deux premiers Anga (membres du yoga) de Patanjali: les Yamas (règles en société) et les Niyamas (règles personnelles).
Ils se veulent libérés des notions de bien et de mal et de tous les carcans établis par la société.
Ceci ne les empêche pas de suivre une éthique personnelle et pleinement ressentie. Un travail yogique sain n’est pas possible sans les étapes de purifications à tous niveaux.
Mais il arrive aux Natha d’enfreindre de temps à autre expressément certaines règles. Par exemple, pour enfreindre Ahimsa (la non-violence), ils vont manger un peu de viande. Ils le font sciemment et en pleine conscience. C’est un moyen pour eux d’éviter tout sectarisme, tout « raidissement mental », car dans ce monde, rien est absolu, ni le vrai, ni le faux…
Commentaire de Hawawini:
Bonjour Michèle et Muriel,
Je vous remercie de vos réponses, mais des précisions me sont nécessaires.
1. Me dire que le natha yoga est du hatha yoga tantrique est très bien, mais ajouter le mot tantrique ne m’avance pas plus sur ce que celui-là a de différent par rapport à celui-ci. Ma question n’est peut être pas importante ?
2. Les kriya cités par Michèle correspondent aux techniques décrites et connues. Toutefois, quand je lis des livres sur le kriya yoga de Babaji et de ses disciples, j’ai l’impression que c’est encore autre chose, avec des exercices respiratoires et autres, particuliers.
Qu’en pensez-vous ?
Bonjour Hawawini,
Je n’ai pas le temps de répondre longuement.
Le terme « tantrique » peut perturber car en soi, le Hatha Yoga est tantrique.
Le Yoga classique de Patanjali ne faisait pas la part belle au corps. Le yoga était essentiellement le contrôle du mental et son dépassement, pour atteindre l’état de Samadhi.
Devant la difficulté de la chose, à une époque ultérieure (Moyen Age indien), d’autres techniques plus « accessibles » ont été développées.
Les livres décrivant ces autres techniques s’appellent « Tantras » ou « Agamas ».
Le tantrisme fait la part belle au corps, à la santé, et n’est plus destiné aux seuls renonçants. Il s’adresse à tous: hommes, femmes, toutes castes confondues. Il affirme qu’en nous tous se retrouve l’énergie universelle, la Kundalini et que cette énergie peut être éveillée par des techniques.
Les techniques de Hatha Yoga postural, pranayama, mudras, bandhas, sont développées essentiellement dans les traités tantriques. Mais elles ont bien sûr précédé ces écrits de plusieurs siècles!
Voici des articles à propos du tantrisme:
http://www.yogamrita.com/blog/2009/05/25/particularites-du-tantrisme-1/
http://www.yogamrita.com/blog/2009/05/30/tantrisme/
http://www.yogamrita.com/blog/2009/06/04/introduction-au-tantrisme-3/
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Aujourd’hui, le yoga se limite souvent aux asanas, et parfois on y ajoute un peu de pranayama. Il a été largement simplifié et parfois même réduit à une pratique physique.
On a tendance à parler de yoga tantrique, lorsque le yoga inclut les mudras, bandhas, visualisations, mantras, etc.
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Le Kriya yoga se rapproche donc plus du yoga tantrique. Oui, il comprend des asanas et du pranayama. Il est issus d’une lignée qui a développé ses propres pratiques.
C’est le cas pour beaucoup d’écoles, car en Inde, on est très ouvert à la multiplicité.
Tu connais certainement mieux le Kriya Yoga que moi qui n’ai pas encore lu de livre entier sur le Kriya Yoga. Je sais qu’il y est aussi question parfois de visualisations sur les planètes, de visualisations archétypales, etc.
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Bon, tant pis si tout cela est incomplet. Je file en stage jusqu’à la fin de la semaine!
Namaste
Chère Michèle,
Je crois qu’il me faut un peu de temps pour comprendre comment fonctionne le forum car je trouve une partie des échanges quelque part et une autre partie ailleurs. Toutes les explications données dans ce forum concernant le hatha et le natha, puis les kriyas, sont tout à fait claires maintenant. Comme il est clair pour moi que le yoga contenait forcément tous ces aspects tantriques bien que je les appelais pas comme ça. Finalement nous sommes constamment ramenés sur les huit membres du yoga avec quelques variantes selon les écoles. Mais quand je lis tous ces termes balancés comme ça, sans explication, je me demande a priori s’il s’agit d’autre chose.
Nous aussi, on s’y perd un peu dans vos réponses données à droite et à gauche
)….et une petite précision qui peut peut-être vous aider : quand vous répondez à la fin d’un sujet donné par Michèle, vous êtes sur le Blog et non sur le forum.
Mais ne vous inquiétez pas au bout du compte on arrive à communiquer.
Par ailleurs, je tenais à vous faire part de mon étonnement face à votre réponse : « tous ces termes balancés comme ça sans explication ».
Je ne sais pas avec quelle intention vous le dîtes, mais il est vrai que votre phrase est assez désagréable surtout quand on essaye de vous aider dans votre questionnement, et de vous donner le maximum de détail.
De plus on peut supposer que faisant du yoga, certains termes vous sont connus. Mais tout ceci est dans le fond très subjectif , car vous-même ne « balancez-vous pas des termes comme ça, sans explication », avec des mots comme « kriya yoga » et « shat kriya », rien que dans un message de deux lignes. Car si vous demandez la différence entre les deux, c’est que vous en connaissez au moins un des deux…..l’avez-vous expliqué pour les autres internautes ?
Mais j’ai peut-être mal interprété votre intervention dans sa tonalité et dans son intention, car il est en effet toujours difficile d’exprimer par écrit ses sentiments.
Et comme vous le dîtes dans un autre message que vous avez mis en commentaire sur l’article de « yama-niyama » (et qui est la suite de vos messages), il est en effet très difficile de « communiquer ces dimensions-là avec des mots ».
C’est pourquoi, il peut être intéressant à un moment donné de sa pratique de se tourner vers les textes sacrés ou autres. Ceux-ci ne nous apparaissent plus alors comme conceptuel ou intellectuel, car nous avons déjà un vécu intérieur, et nous avons déjà ressenti ces dimensions là, ce qui nous permet de les comprendre intellectuellement.
Ce qui est du moins mon cas, je n’intègre pas et je ne comprends rien à une notion que je n’ai pas déjà pratiquée ou vécue.
Ainsi d’après mon expérience, mais elle n’est peut-être pas valable pour tout le monde, je préfère pratiquer avant d’entrer dans la théorie.
Mais la théorie est très importante car elle permet d’avoir un vocabulaire commun qui nous permet de nous exprimer sur notre ressenti, mais surtout de communiquer avec les autres et de nous comprendre « parlant alors de la même chose »………mais parler de la même chose, ne veut pas dire forcément être d’accord….il peut ainsi y avoir un échange de point de vue.
Bien amicalement
Quoiqu’il en soit, le forum à un groupe Natha Yoga. C’est celui dans lequel on s’exprime le moins d’ailleurs…
La légitime réaction de Muriel montre à quel point il est difficile parfois d’exprimer clairement notre ressenti sur internet, si ce n’est parce que nous ne répondons pas nécessairement avec la même intensité à tous les points évoqués dans une réponse. Par exemple, le terme « balancé » ne se référait pas nécessairement à nos échanges, je ne l’ai pas précisé mais vous ne pouviez pas le savoir. Le plus important pour moi était de clarifier le tantra et le kriya, et c’est fait. Je réitère donc ma première formulation de rentrée dans le forum/blogue affirmant que c’est le plus clair que j’ai trouvé.
A bientôt donc en vous remerciant toutes.
Bonjour Pascale,
Forum,blog,natha, tu evuex mettre des etiquettes et nous ranger dans des boites..
bon pour ton « »aide »" j’ecris a partir d’une cerise noire et je vois jamais si je susi sur le forum ou le blog..je reagis/reponds a des sujets ..pas encore le niveau pour en creer ..
c’est un plaisir de te lire
Namaste
keskidi ???
Bonsoir à tous,
Ouh!! Que de vie dans ces échanges!…
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Le yoga, c’est la diversité.
Heureusement que tous, vous semblez comprendre cela et donc l’essentiel:
Eh oui, chacun d’entre nous, en cheminement (yoguique ou autre), est porté, motivé, inspiré, par quelque chose de profond: nous savons que l’essentiel est UN.
Nous savons aussi que les voies sont multiples, car les tempéraments et les expériences sont uniques et propres à chacun.
Les manières de nous exprimer sont hautement colorées de tout cela…
Peut-être est-ce pour cela que l’Inde, qui s’est montrée accueillante depuis des millénaires à de multiples philosophies et écoles spirituelles, est si chatoyante??
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Parfois la multiplicité est source d’incompréhensions et de frottements. Mais, le « frottement » est le propre même de l’existence phénoménale…
Namasté et bon yoga à tous!