juin 17 2008
Symbolisme de l’Arc, Dhanurasana
Avant de regarde plus en détail la jolie – et exigeante – posture de l’Arc, j’aimerais vous partager le texte de Shri Mahesh, en autres.

«Dhanura asana se réfère mythologiquement à l’arc de Shiva et incarne les qualités de vérité et de vertu. Celui qui manque de vertu et vit dans le mensonge ou pour le plaisir au détriment des autres ne pourra jamais soulever cet arc. La vérité est quelque chose de lourd et de profond, c’est pourquoi on la représente souvent par un éléphant qui possède ces deux qualités. Dans la mythologie indienne, seul Rama fut capable de soulever l’arc de Shiva. En accomplissant cet acte glorieux, il mérita d’épouser la princesse Sita, éconduisant tous les envieux prétendants au royaume. Il fut donc accordé à Rama, prototype du courage, de la loyauté et de la vertu, de soulever et de bander l’arc divin.
Quand l’élève s’étire au maximum dans la phase finale de la posture, il fait travailler tout son corps qui prend la forme d’un arc tendu, les bras représentant la corde et la ligne courbe, tracée des épaules aux pieds, l’arc proprement dit.
Quand l’élève devient l’arc, la flèche de la concentration se dirige vers la cible. Il doit en toucher le centre qui se situe non pas à l’extérieur, mais au cœur de son être. En l’atteignant, il trouve la force, la connaissance, la paix et l’unité.»
Kyudo
Au Japon, le tir à l’arc est une démarche spirituelle, le Kyudo, un des arts du bouddhisme Zen. Il s’agit d’un entraînement à la concentration. Il convient d’établir des cibles qui sont à notre portée, à l’intérieur de nos limites. Tendre l’arc de façon juste, pour trouver l’action juste, dans toutes les situations.
Trouver un but et s’y tenir, comme la flèche qui touche sa cible grâce à la limpidité de l’archer, acquise par le discernement. Voilà qui symbolise la décision de poursuivre un but spirituel.
Masculin – féminin
Symboliquement, l’arc est à la fois masculin et féminin. Il réconcilie les contraires que sont la souplesse et tension, dans le lâcher prise.
Bhagavad Gita
Dans les Upanishads et la Bhagavad Gita, la syllabe mystique « Om » est l’Arc, la flèche est l’esprit et le soi ultime (notre véritable nature) la cible. Reconnaître le chemin à parcourir pour vivre cette expérience peut paraître écrasant et demande du courage. Ce sont nos croyances et notre vision du monde qu’il faut accepter de transformer. Enfin, il faut sortir de nos jugements et se situer autrement, malgré peurs et angoisses.
«Voyant ceux qui sont les miens, Ô Krishna, ainsi prêts à combattre, mes membres fléchissent et ma bouche se dessèche, mon corps tremble et mes cheveux se dressent. Gandiva (l’arc de Shiva) me glisse des mains et toute ma peau semble brûler ». Je ne puis même tenir debout et mes pensées semblent un tourbillon.»
Bhagavad Gita, I. 28-30
Avant la bataille, Arjuna doit confronter ses peurs, transformer sa vision des choses. Les amis et membres de sa famille qu’il doit combattre sont des aspects de sa personnalité devant être éliminés afin qu’il puisse continuer à progresser spirituellement. L’attachement, qui est souvent confondu avec l’amour, doit lui aussi être dépassé, afin d’accéder à la concentration nécessaire.
Comme Arjuna, pour suivre son propre Dharma, il faut apprendre à « ployer comme un arc », bien fait et bien équilibré. Un tel arc plie d’un bout à l’autre, au lieu de résister, aussi rigide qu’un poteau. Le chêne grand et fort de la fable casse sous la tempête, tandis que le roseau petit et souple, plie sous le vent sans se rompre. Dhanurasana développe les qualités du cœur par l’expansion de la cage thoracique. L’énergie monte depuis le ventre jusqu’au chakra du cœur, Anahata. Si le corps se trouve en parfait équilibre musculaire, il tend correctement la corde de l’arc. Soulever celui-ci demande force et courage. L’immobilité et la concentration touchent alors la cible, réalisant l’unité du soi (âme individuelle) avec le divin.
Source :
Yoga et symbolisme, Shri Mahesh, Editions du Rocher
Document dactylographié, A.K., daté de 2006.


