mai 30 2008
“Dieu” - Petite philosophie du quotidien, d’Henri Brunel

Fontaine de Saint Maudez, à deux pas de chez nous. Un lieu très inspirant…
Ça-y-est: j’ai reçu mes livres!
Outre un livre de yoga, un autre sur l’aromathérapie en lien avec l’ayurvéda, je m’étais promis de m’offrir trois livres d’Henri Brunel, un auteur que j’ai connu et apprécié à travers son Petit traité du bonheur, il y a un an. Depuis, Henri a découvert ce blog et nous fait le plaisir de laisser ici et là quelques sourires, comme son écriture en est remplie…
Le nez encore plongé dans la “Petite philosophie du quotidien”, à la lettre “D”, comme “Dieu”, je vous partage cet extrait:
“Comme le soleil couchant,
Dieu visite toutes les maisons.”
(Proverbe malgache)
“Dieu est le principe d’explication de l’existence du monde. Au-delà, toutes les formes et les mille noms qu’on lui donne, Dieu est Dieu et il n’y a pas d’autre dieu que lui. Mais qui est-il? Comment peut-on le qualifier? Bon, sage, véridique, ou bien éternel, immuable, impassible. Tout-puissant? Il est cela mais aussi différent. Dans la tradition chrétienne, par exemple, il est cet enfant innocent sur la paille de la crèche. Pour clore tout débat, peut-on affirmer simplement: “Dieu est Amour”? C’est chose vraie et belle et, dans la même branle, ce ne l’est pas car Dieu, en vérité, échappe à tous les prédicats. “Je suis celui qui suis”, dit Yaweh à Moïse dans le buisson ardent. Ce qui ne nous éclaire pas. Au-delà de toutes nos catégories de pensée, Dieu est l’Infini, l’Absolu, l’Inconcevable, le Tout-Autre.
Pour Gainsbourg, Dieu est un fumeur de havanes; pour les sceptiques, les athées, une aimable illusion. Pour moi, Dieu est mon espérance et ma secrète chanson. C’est la plaine et la rivière, mon père et ma mère et ma maison, le blé et la moisson. Je ne me souviens pas de saison où je fus privé de Dieu. Pas de jour où je ne me tourne vers lui. Pour le prier? Est-ce que je le prie? Pas toujours. Je sais qu’il est là, comme une étoile matutine, la route de midi et l’oasis quand tombe la nuit. A treize ans, au pied de mon lit, il se révéla à moi comme une incandescence à laquelle je ne pus résister. J’entrai au séminaire. Je le servis de toutes mes jeunes forces. Mes maîtres qui me parlaient de lui m’ont façonné et même si, à vingt ans j’ai repris ma liberté, il était trop tard pour penser, pour vivre autrement. Malgré les oublis, les reniements, mon âme est restée pendue au crochet de Dieu.
Aujourd’hui, nettoyé de beaucoup de mythes, symboles et fariboles par l’étincelante rigueur - l’épée nue du zen -, je crois à un Dieu différent. Mais, au fond, c’est toujours la même chanson. Dieu est mon père et ma mère, et la plaine et la rivière, et ma maison, et le blé et la moisson. Quand je contemple le ciel comme le moine zen Ryokan ou les moines blancs en leur Chartreuse, j’aperçois la lumière de Dieu. Et mon cœur avide de tendresse, et mon âme faite pour l’Absolu savent que je suis à ma place, debout sur le limon de la terre, un homme que rien ne comblera jamais sinon l’Amour infini, l’au-delà de l’au-delà du par-delà, la présence de Dieu.”
Henri Brunel

Astromers, fleurs généreuses, au soleil
Source:
Petite philosophie du quotidien, Henri Brunel, Presses du Châtelet, 2008











