mar 01 2008
Yoga et alimentation: éléments de cuisine ayurvédique
Généralement, la pratique du yoga nous rend plus réceptifs.

Ceci est vrai aussi pour l’alimentation. Lorsque l’on est régulier en yoga, on se rend vite compte que selon ce que l’on mange, on expérimente plus ou moins de souplesse physique pendant les asana, plus ou moins de souffle pendant le pranayama, plus ou moins de concentration pendant la méditation. L’état intérieur se modifie selon les aliments que nous mangeons, selon la quantité et la qualité de ce que nous absorbons. Conscients de cela, les yogi – Patanjali le savait déjà-, se sont donnés des règles d’hygiène alimentaire.
La médecine ayurvédique en est la plus proche et accorde une haute importance àl’alimentation. Voici quelques rudiments (non exhaustifs). A l’avenir, je compléterai avec d’autres articles sur ce thème.
Régime végétarien
Le plus souvent, les yogi optent pour un régime végétarien. Ce ne n’est pas le thème de cet article; néanmoins, voici trois explications:
- Ahimsa (la non-violence), prône de respecter la vie de tous.
- Le yogi cherche àaugmenter le niveau de prana (l’énergie vitale). Or la viande est un produit mort.
- La viande comporte des toxines qui s’accumulent au fil des années. Elle favorise les raideurs et les pathologies articulaires.
Composition habituelle d’un menu végétarien ayurvédique
Le régime végétarien complet du yogi se compose de céréales, de légumineuses, de légumes, d’un peu de salade et de pain non levé. Un petit dessert peut venir agrémenter l’ensemble.
La palette des six saveurs
Les six saveurs sont une des règles de base importantes de l’Ayurvéda. Chacune de ces six saveurs devrait figurer dans un repas:
Acide:
Citron, yaourt (dans les légumes, la sauce àsalade par exemple)Amer:
Nécessaire en petite quantité. Plusieurs légumes sont de nature légèrement amère.Epicé (fort):
Les épices sont favorables lorsqu’ils sont utilisés sans excès: fines herbes, piment rouge, gingembre frais, poivre.Âpre (astringent):
Haricots et lentilles, certains légumes, comme les épinards, le chou, le brocoli, les asperges, le chou frisé, le fenugrec.Salé:
Le sel ou naturellement, dans les fines herbes et les légumes.Sucré:
Le riz est un aliment naturellement doux, les patates douces, le pain non levé, les céréales, les pâtes et les desserts.
Trois petites coupelles
Comment parvenir àfaire figurer tous ces goûts dans un petit repas tout simple? vous direz-vous peut-être… En cuisine ayurvédique, on utilise volontiers 3 toutes petites coupelles, pour mettre sur la table trois ingrédients, utilisés autant pour leurs propriétés, que pour leurs goûts:
- une coupelle de jus de citron
- une coupelle de gingembre frais hâché
- une coupelle de cilantro (coriandre frais) hâché
Chacun des convives peu ainsi se servir selon ses besoins… et ces saveurs sont délicieuses.
Un prochain article vous présentera les 3 guna (qualités ou propriétés) et relation avec les aliments.




[...] les premiers éléments sur la cuisine ayurvédique, voici maintenant les 3 guna en relation avec [...]
[...] Le repas sattvique, frais et plein de qualités, est constitué d’aliments de culture biologique, sans additifs, mûris naturellement. Elle comprend la palette des six saveurs (voir article àce sujet). [...]
[...] la palette des six saveurs (voir article) doit figurer au menu au moins une fois par [...]
ma question.quelle dose de rajas par jour faut il dans l’alimentation car ce sont des aliments reconnus exellent pour la santé (thé poisson etc).surpris par le lait et le beurre car ils contester pour leurs bienfaits.merci pour votre article trés interressant
Bonsoir,
Les aliments rajasiques ne sont pas mauvais en soi. C’est plus une question de qualité énergétique.
Une alimentation équilibrée se rapproche de l’équilibre. Or l’équilibre est dans une alimentation sattvique, et c’est encore plus vrai si l’on pratique le yoga.
La dose de rajas nécessaire va dépendre de la constitution de base de la personne, de son âge, de la saison, de son état intérieur.
Par exemple, une personne àtendance sanguine, passionnée, et qui plus est très stressée et énervée, devrait éviter le plus possible les aliments majoritairement rajasiques.
Une personne très stable, équilibrée, àtendance très sattvique, tant physiquement que psychiquement, pourra se permettre un peu plus de rajas qu’une autre personne.
Mais si cette personne est un moine qui médite assidument, … il sentira vite que les piments, les oignons, l’ail, le café etc. ne sont absolument pas favorables àsa pratique.
Tout est question de mesure et d’observation personnelle des choses. Un médecin ayurvédique ou un thérapeute peuvent vous guider. Mais in fine, c’est àvous-même de développer votre perception et de sentir comment agit la nourriture sur vous, àla lumière de cette grille de lecture proposée par l’Ayurvéda.
Enfin, tamas, rajas et tamas sont présents dans tous les éléments de la nature. Même le plat le plus sattvique contient un peu de tamas et de rajas…
Comme vous l’avez lu dans mes articles, il existe des différences de classement. Rien n’est complètement rigide.
Pour le lait et les produits laitiers, il y a une vraie controverse. En Inde, ce sont des produits traditionnellement associés àla santé, àla vie, àla terre-mère… il faut dire aussi que la nourriture de l’indien moyen a été jusqu’ici beaucoup plus pauvre que la nôtre. Le lait n’est forcément pas consommé en très grande quantité.
Mais àentendre certains naturopathes, le lait n’a pas bonne presse du tout. Peut-être l’Ayurvéda considère le plan énergétique sattvique du lait … ou peut-être encore est-ce une erreur liée àla civilisation et àses habitudes? je ne sais pas. Tout dépend aussi de comment il a été produit…