Archives de ' mars, 2008 '

mar 31 2008

Patanjali aujourd’hui, une expérience vécue (2)

Publié par Michèle sous Philosophie

Cet article complète le partage du vécu du yoga du premier article.

Yoga Citta Vritti Nirodaha, le yoga est la suspension des vagues du mental

Deuxième pilier: les Niyama (restrictions)

Les restrictions, deuxième membre du yoga du yoga des huit piliers (Ashtanga Yoga), sont les éléments nécessaires au développement de l’attitude juste de l’aspirant dans sa démarche yogique. Ce sont eux qui me montrent la voie dans ma pratique du Yoga au quotidien. Certains d’entre eux constituent une partie de ma pratique personnelle (Sâdhanâ) à par entière:

Shausha, la pureté, se pratique à tous les niveaux: sur les plans corporel, de la pensée, du comportement, de l’environnement. La propreté, c’est aussi accueillir mes élèves dans un environnement propre et inspirant.

Santosha, le contentement est le plus important des Niyama, à mes yeux. Une partie de ma vie a été une fuite en avant, pour que tout aille mieux «demain». Santosha est être heureuse et satisfaite de mon aujourd’hui. Santosha, c’est aussi laisser de côté l’un de mes plus gros défauts, le perfectionnisme. Bien sûr, je peux faire toujours mieux, je peux donner toujours plus. Aujourd’hui j’accepte que «je» ne puisse pas tout faire, ni tout prévoir.

Tapas, la pratique, les austérités, sont les efforts nécessaires sur la voie. La pratique n’est pas un divertissement: pour être sérieuse, elle doit être régulière. Elle implique des sacrifices, dans le simple fait de venir régulièrement à un cours. Je rappelle à mes élèves cette nécessité, mais la majorité expérimente d’eux-mêmes cette réalité. Tapas, c’est aussi équilibrer la rigueur (Sthira) et la douceur (Sukha), en n’allant pas systématiquement au plus facile.

Svadhyâya, l’étude de Soi, se fait en chaque instant vécu en conscience, dans l’attitude du témoin. Qui suis-je? Qui parle? Qui fait? Cette pratique requiert la régularité, sinon le mental est assailli par les Klesha (tensions, souffrances, doutes, soucis, …) et toute distanciation devient impossible. Je complète cette étude de Soi «sur le terrain» par des lectures quotidiennes. Il m’arrive de lire un bref texte inspirant sur le Yoga en fin des cours pour mes élèves, dans le même objectif.

Ishvarapranidhâna, l’abandon au plus Haut, est la source du contentement (Santosha). C’est la pratique de la foi.

Troisième pilier: les Asana (postures)

Âsana constitue le 3e membre. Âsana ne se limite pas à la pratique des postures, lors d’un cours. Âsana, c’est aussi la posture de méditation, qui se doit d’être parfaite, afin de pratiquer longtemps ou de façon bénéfique. Âsana, c’est enfin la posture de chaque instant, le maintien. Bien que physique, elle traduit le psychique… C’est une observation constante: comment je me tiens en travaillant? Suis-je détendue lorsque je parle à autrui? Quelle est ma posture debout, assise, en cet instant? La relation entre l’état psychique et la posture physique est une observation de chaque instant à laquelle j’invite mes élèves.

Quatrième pilier: le Pranayama (respiration)

Prânâyâma, la pratique du souffle ou maîtrise de l’énergie universelle, se fait à travers la respiration et les exercices qui lui sont associés. La pratique douce de Prânâyâma demeure, à mon niveau de pratique, la voie royale vers la détente mentale et la méditation. Un exercice essentiel est l’observation régulière du souffle, pendant la journée. La respiration abdominale profonde procure un massage bienfaisant des organes internes et apporte la détente. La respiration complète aide à trouver de l’énergie. Prânâyâma, ainsi pratiqué au travail, dans la rue, me connecte à l’Etre, à l’essentiel. Lorsque je pratique les Âsana, j’installe Ujjâyi, que je propose d’ailleurs à mes élèves les plus expérimentés. Dans certaines écoles de Yoga, le Prânâyâma est abordé très tôt. Aujourd’hui, je préfère l’introduire en fin de 1ère année.

Les quatre dernières étapes feront prochainement l’objet d’un dernier article.

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mar 29 2008

Patanjali aujourd’hui, une expérience vécue (1)

Publié par Michèle sous Philosophie

Il a déjà souvent été question des fondements du yoga selon Patanjali, sur ce blog. Les huit piliers du yoga de Patanjali sont autant d’outils et d’étapes sur le chemin du yoga. Je les présente ici d’un point de vue purement pratique.

Vivre Patanjali aujourd'hui, un vécu partagé

Je vous partage intimement ce que j’en fais au quotidien, dans ma vie de tous les jours et dans mon enseignement du yoga. Rien de bien spectaculaire, vous verrez. Mettre en pratique Patanjali, selon mon expérience, c’est s’observer et remettre en question régulièrement ses façon de penser et d’agir, pour avancer sur la voie du yoga.

Premier pilier: les Yama (observances)

Les observances relient la pratique du Yoga à la société dans laquelle nous vivons, aux personnes que nous rencontrons, au jour le jour. Patanjali propose 5 Yama, pour garder la paix en soi et autour de soi. Ils sont des garde-fous, pour le chercheur spirituel, le Yogi, l’enseignant en Yoga, ainsi qu’un excellent moyen pour développer sa vigilance et sa concentration.

Ahimsâ, la non-violence se pratique avec son conjoint, sa famille, au volant, au bureau, dans l’alimentation et l’hygiène de vie, dans la pratique des Âsana et dans l’enseignement des postures. Ahimsâ consiste à ne pas nuire, en pensées, en paroles et en actes. C’est le respect de soi-même, comme des autres. C’est le respect du corps, le développement de l’écoute de soi et le renoncement à l’esprit de compétition dans la pratique des Âsana.

Satya et Asteya sont la pratique de la vérité et l’honnêteté, à chaque instant. Ils me permettent de me sentir en harmonie avec ce que j’enseigne, car en tant qu’enseignante de Yoga, je m’engage à respecter une éthique. Le mental et la conscience s’en trouvent allégés. Satya, c’est « se dire la vérité » ou « ne pas se mentir », en travaillant les Âsana dans la mesure des possibilités du jour, et non selon ses souhaits, un concept que je rappelle régulièrement à mes élèves. Je mets en pratique l’honnêteté et me surprends à constater qu’être pleinement honnête nécessite la vigilance. L’enseignement du yoga semble très éloigné du monde matériel, et pourtant. Vivre du yoga n’est pas aisé. Alors aujourd’hui, l’enseignant demande un juste prix pour ses cours. Cela fait aussi partie de la notion d’Asteya.

Brahmachârya, le contrôle des sens et de la sensualité, semble aller à l’encontre de notre société (la publicité en est la démonstration flagrante). Patanjali nous dit que les sens nous égarent. Nous le savons bien : si par exemple, je goûte trop au sucre, je ne le sens plus : j’en mets toujours plus pour jouir du goût sucré… C’est la même chose pour la sensualité et tous les plaisirs. Ils sont source de dispersion, non seulement du mental, mais aussi de l’énergie vitale. Le yoga appelle à une modération bien vécue des plaisirs. Un seul carré de chocolat, savouré de toutes les papilles et avec contentement, c’est meilleur!

Aparigraha, la non-possession des biens matériels est un autre Yama «à contre-courant». La société de consommation nous incite à accumuler pour apaiser nos tensions, nos frustrations et notre aspiration au bonheur. Or cette solution est impermanente et futile. Le Yoga nous apprend que nous ne possédons rien, si ce n’est le trésor qui est en nous, notre vraie nature. Aparigraha a pour pendant Vaïrâgya, le détachement. Le dépouillement est une pratique difficile de nos jours, alors même que tant de bonnes raisons nous poussent à accumuler… des livres sur le Yoga, du matériel d’enseignement par exemple. Autant d’investissements qui trouvent toujours une justification irréprochable intellectuellement. Enseigner le Yoga est un choix de vie. Comment gérer sa vocation d’enseignant et les réalités financières, tout en restant dans l’éthique du Yoga? Pour ma part, il y a là un travail sur Aparigraha.

En espérant que ce vécu fera écho au vôtre.
La suite demain…

Namasté

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mar 26 2008

Sanskrit pour le yoga: directions et positions (2)

Publié par Michèle sous A propos du Yoga

Plusieurs noms d’asana expliquent la position du corps ou le mouvement qu’il imprime:

Glossaire du yoga: les positions et les mouvements en sanskrit: purva, sthiti, supta, upavista

La suite et la fin des directions et positions en sanskrit suivra sous peu.

Bonne journée et bon yoga
Namasté

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mar 26 2008

L’eau vive

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

Ce quatrain nous souffle un peu de l’inspiration du poète soufi Rûmi:

Rumi, le grand poète soufi

Il est bon de franchir
chaque jour une nouvelle étape

Comme l’eau vive
qui ne stagne pas

Hier s’est enfui, l’histoire d’hier
elle aussi est passée

Il convient aujourd’hui de conter
une nouvelle histoire

Rumi

Source: Les quatrins de Rûmi, Editions Albin Michel

PS: Nous serons absents deux jours et sans Internet. De retour samedi dans la journée.

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mar 26 2008

Picasso et la spiritualité

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

Je ne sais pas si Picasso méditait ni ne connais sa vie spirituelle. Toujours est-il que j’ai trouvé ce joli texte sur le travail régulier que requiert une démarche méditative. L’auteur insiste en écrivant: “Cela demande beaucoup de coeur au ventre, de patience et de constance”. Une anecdote tirée de la vie du célèbre peintre Picasso illustre bien ce point.

Bouquet de Pablo Picasso

Un jour, tandis qu’elle regardait sa dernière exposition, une dame s’approcha de lui: “Maestro, vos peintures sont très belles”, dit-elle, “mais dites-moi, un enfant ne pourrait-il pas peindre exactement comme vous?” “Si, vous avez tout à fait raison, répondit Picasso, mais la seule différence, c’est qu’il m’a fallu 90 ans pour peindre comme un enfant.”

Il a fallu à Picasso beaucoup de temps, de dur travail, et de patience, pour redevenir comme un enfant. De même, il nous faudra travailler dur. Mais il est possible de ramener dans notre vie cette innocence, cette simplicité et cette pureté. Si nous prenons appui sur les piliers de la spiritualité, notre vision toute entière du monde sera différente, plus détendue, plus aimante et plus fructueuse.

Picasso a dû oublier tout ce qu’il avait appris pour redevenir simple. C’est cette approche de l’existence qu’il nous faut ici. Quand on est ancré dans la vie spirituelle, on vit ici et maintenant, et la question des résultats ne se pose pas. Nous pensons aux résultats lorsque nous ne sommes pas où nous voudrions être, et lorsque, sans effort, nous voulons aboutir au résultat, nous perdons là l’occasion de nous réjouir de l’effort lui-même. La méditation, c’est l’effort sans contrainte qui ramène dans notre vie la simplicité et la pureté.

Source: Introduction à la spiritualité, Radha Soami Satsang Beas, 1999

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