fév 14 2008
De Kyoto à l’Inde (6)

L’ashram de Ramana Maharishi
Après avoir découvert le yoga, la Bhagavad Gita et Ramana Maharishi, Neals, un jeune américain, décide de suivre son frère, Earl, pour un voyage en Asie. Ils restent tout d’abord quatre mois au Japon, où ils pratiquent la méditation zen. Puis ils décident de poursuivre leur voyage vers le Népal. Ils y retrouvent Barbara, qui avait été le professeur de yoga de Earl…
Barbara rentrait tout juste d’un voyage en Inde. Elle s’était rendue dans le Sud pour visiter l’ashram de Ramana Maharishi. Elle […] me dit que là-bas elle avait ressenti très nettement la présence de Ramana. Elle ajouta que la paix spirituelle y était tellement palpable qu’on pouvait presque la couper au couteau. Ce n’était pas la paix d’une sépulture mais bien la paix radieuse qui entoure un sage Réalisé. Arounachala, la colline sacrée, avait paru vivante à Barbara. […]
Elle me dit aussi qu’il y avait à l’asram un disciple de Ramana, du nom de Ratnamji, qui était la vie même de l’asram. En fait, elle était d’avis que, sans lui, l’ashram, tout havre de paix qu’il soit, serait dépourvu de vie. Ratnamji était venu à Ramana en 1942, à l’âge de vingt ans. Il était devenu l’assistant personnel de Ramana, jusqu’en 1950, quand Ramana avait quitté son corps.
Ratnamji avait alors parcouru l’Inde en tous sens, gardant un contact avec certains des plus grands sages du pays, et servant nombre d’entre eux. Il avait consacré trente ans à une intense vie spirituelle, faite d’austérités et d’étude. Il avait un véritable rayonnement, une vaste connaissance des Ecritures, et par-dessus tout, ses paroles avaient une force qui élevait l’auditeur à de sublimes hauteurs de compréhension et d’expérience. Elle me recommanda de ne pas manquer de le rencontrer. […]
Ces paroles n’avaient pas manqué de trouver écho à son oreille. Dès lors, Neals n’avait qu’une chose en tête: rejoindre au plus vite l’ashram de Ramana Maharishi et rencontrer Ratnamji…
Le lendemain me trouva à l’aéroport. Earl, Barbara, et son mari étaient venus me dire au revoir, après un séjour népalais de quelques jours seulement. Je n’étais pas très assuré. Voilà qu’à dix-neuf ans, je volais de mes propres ailes. J’étais à des milliers de kilomètres de chez moi, et sur le point de plonger dans une nouvelles culture dont j’ignorais tout. Je n’avais aucun projet d’avenir, à part me débrouiller pour rallier l’ashram de Ramana et atteindre la Réalisation du Soi. Pas moyen de tergiverser avec cet appel intérieur à quitter tous et tout. C’était aussi évident que le soleil en plein midi, mais l’incertitude de l’avenir m’effrayait un peu. […]
(à suivre)













