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déc 17 2007

La Sadhana (pratique) et les Margas (voies) du Yoga

Publié par Michèle sous Philosophie

Sadhana est ce mot sanskrit qui signifie «moyens d’accomplissement» ou «pratique du yoga». Après un premier article sur ce que cela signifie pour moi, voici une explication un peu plus large et classique, tirée en grande partie d’une réponse à Christophe que j’avais laissée en commentaire sur ce blog.

La Sadhana du Yoga et les quatre Marga ou voies du Yoga

Sadhana est la pratique régulière ou discipline du yoga. La Sadhana est un concept millénaire et toujours d’actualité. S’il nous vient de la culture indienne, il est cependant et indubitablement universel.

La Sadhana varie d’une personne à l’autre.

Dans la tradition du Gurukula, celle de l’enseignement oral de maître à disciple, telle que l’on peut se la représenter il y a plusieurs siècles ou encore aujourd’hui dans des endroits reculés des Himalaya par exemple, la Sadhana est dictée par le maître à son élève, qui est le Sadhak (celui qui pratique la Sadhana, celui qui est en cheminement).

Dans ce cas, le plus souvent, la Sadhana est fonction des prédispositions et des tendances naturelles de l’élève. La maître observe et adapte au fil du temps. Dans cette tradition, il est dit que l’élève accompli reste au service de son maître pendant 12 ans.

La Sadhana, cela peut être toute pratique mentionnée notamment dans les Yoga Sutra de Patanjali: les 8 membres ou piliers du yoga sont autant de facettes de la Sadhana. Perfectionner un Yama (tel Ahimsa dont il y été question récemment) ou un Niyama pendant une vie, peut aussi être une Sadhana complète.

La Sadhana varie aussi selon le «Marga», la voie choisie par le Sadhak. Il existe en effet différentes voies du yoga. Les Margas tiennent compte des aspects psychologiques et des prédispositions de la personne.

La Sadhana des différentes voies du Yoga

Voici quelques exemples de Sadhanas associées à quelques Margas:

Raja Yoga Marga et Hatha Yoga

Raja Yoga, la voie de la maîtrise du mental, est le yoga de Patanjali: Yama (restrictions), Niyama (observances), Asana (postures), Pranayama (respiration), retrait des sens, concentration et méditation sont les principales pratiques. A l’époque de Patanjali, l’essentiel de la pratique demeurait sans doute la méditation.

Le Hatha Yoga (le plus connu en occident) est un Yoga tantrique, inspiré du Raja Yoga. Il met plus l’accent sur la réalisation possible par un travail sur le corps. Les asanas, pranayama, mudras, bandhas ont alors une place privilégiée. Le Tantra Yogi peut pratiquer des heures durant ce type de sadhana.

Bhakti Yoga Marga

Le Bhakti Yoga, très répandu en Inde, est le yoga de la dévotion. Les Bhaktas chantent des chants sacrés, récitent des prières, des mantras, ils pratiquent des cérémonies rituelles comme les pujas et les yajna. Certains d’entre eux répètent leur mantra (formule sacrée) toute la journée, dans un esprit de dévotion … Le Bhakta prépare à manger, aide son prochain, fait son travail et s’occupe de sa famille comme s’il s’agissait de Dieu, en personne. La Sadhana devient in fine chaque instant de la vie. Le Bhakta s’en remet complètement au Divin, tel le petit du chat qui se laisse transporter par sa mère.

Jnana Yoga Marga

Le Jnana Yogi, j’en ai déjà parlé un peu sur le blog, est celui qui cherche à atteindre l’illumination par la connaissance suprême, au-delà des sens et du mental. Cette voie requiert le développement de la discrimination, du détachement et d’une volonté immense de sortir de la dimension limité de notre compréhension «normale».

Je crois que c’est à ce propos que j’ai introduit la notion du petit du singe qui s’agrippe à l’observation permanente du mental et de la vie, pour prendre conscience de ce qui dépasse l’intellect et les sens. Voici la sadhana du Jnani en quelques mots :

On peut dire que, globalement, il s’agit de techniques de raisonnement et de méditation. Le but est le dépassement du raisonnement lui-même.

Les analogies ou “Nyayas” en font partie. J’ai déjà parlé de la corde que l’on prend par erreur pour un serpent, trompés que nous sommes par nos sens.

La méthode du “Neti-Neti signifie “Pas ceci, pas cela”. Cette technique travaille par la négation: en découvrant ce que Brahman n’est pas, on peut arriver à comprendre ce qu’il est.

La méthode du “Sakshi Bhava” est la méthode du Témoin. Cette technique consiste à prendre du recul et à observer le jeu de la vie, comme si c’était un film, sans s’identifier à lui. Il y en a bien d’autres encore. Dès lors, la sadhana est une pratique de chaque instant, là aussi.

Karma Yoga Marga

Le Karma Yogi développe son yoga dans les actions qu’il mène dans sa vie. Il agit sans attendre de fruits en retour, dans un esprit désintéressé ce qui très difficile, dans l’état d’esprit de toute personne qui ne pratique pas le Karma Yoga … et même pour celles qui le pratiquent.

Le Karma Yoga peut se pratiquer en toute discrétion, sans rien changer apparemment à sa vie. Le Karma Yoga peut aussi devenir une voie de réalisation à travers le soutien aux personnes en difficultés ou l’aide humanitaire. La Sadhana du Karma Yogi est, là encore, une pratique de chaque moment présent.

Que cela peut-il bien vouloir dire pour nous?

J’aime à dire que la vie est une opportunité de Sadhana à chaque instant.

J’aime aussi penser que toutes les occasions, même les plus désagréables, ainsi que toutes les personnes que nous rencontrons, sont des maîtres pour avancer sur le cheminement du yoga.

Mais encore:

Concrètement, comment développer une Sadhana personnelle?

Suivre une école de yoga sérieuse, un professeur peuvent y participer. Celui qui veut véritablement donner à son yoga son sens initial de voie d’union fera certainement appel à un maître qualifié pour compléter cette sadhana. Le travail intérieur et la réflexion s’en trouvent affinés. C’est aussi un soutien que les indiens considèrent essentiel sur la voie.

Ici en Occident, on apprend volontiers les mathématiques avec un professeur, mais lorsqu’il s’agit d’apprendre sur le chemin spirituel, on appréhende cette notion de guide, maître ou professeur. Il est vrai que les écueils sont nombreux et que les tristes exemples ne manquent pas. Mais heureusement, il n’y a pas que ça…

La Sadhana, c’est aussi le temps consacré au yoga à la maison, les lectures, voire même l’écoute ponctuelle de conférences sur ce sujet. Cela peut être (à titre d’exemple totalement arbitraire):

10 minutes de pranayama 5x / semaine
20 minutes d’asana 5x / semaine + 1 cours
15 minutes de méditation par jour
45 minutes de lecture inspirante

L’ensemble prend une heure et demie et peut coïncider avec un emploi du temps «normal». Une sadhana peut être plus courte, plus longue. Ce qui compte, in fine, c’est l’authenticité de la démarche.

Un chrétien pratiquant peut considérer que ses temps de prière et d’office font partie de sa Sadhana, etc.

Reste à préciser que le yoga n’est pas une religion, mais un chemin, un mode de vie, des exercices pratiques, pour améliorer sa qualité de vie à tous niveaux et, en ce qui concerne le croyant, pour mieux vivre sa voie spirituelle.

Que pensez-vous de tout cela?

Que veut dire “Sadhana” pour vous?
Comment l’insérez-vous dans votre quotidien, certainement déjà bien occupé?!…

Sources des images: http://www.amritapuja.org; http://www.vivekananda.btinternet.co.uk;
http://oshobharathi.blogspot.com;
http://www.karmayogavacations.com.

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déc 16 2007

Prière du soir de deux grands amis

Publié par Michèle sous Clins d'oeil et Humour

Trouvé sur le Net, voici un clin d’oeil sous forme de prière du soir…

Prière du soir de deux grands amis

6 réponses

déc 15 2007

Ma Sadhana … et l’essentiel de ma Sadhana

Publié par Michèle sous A propos du Yoga

Sadhana est un mot sanskrit qui signifie «moyens d’accomplissement». En yoga, ce sont toutes les pratiques physiques, psychiques, spirituelles, voire ascétiques dans le but d’atteindre l’illumination.

Sadhana, l'essentiel de la Sadhana

Par élargissement, Sadhana est la discipline en yoga. Elle est le cheminement spirituel vers un but. Sadhana est ce qui est fait «en vue de».

Il existe un mot quasiment synonyme qu’on retrouve très souvent dans les écrits sur le yoga, c’est «Abhyasa». Abhyasa signifie exercice répété, pratique du yoga. Ce mot ne comporte pas la connotation de réussite, d’objectif, mais seulement la notion de pratique, de «faire».

Un autre article expliquera très prochainement ce que Sadhana représente pour les yogis. Concrètement, la Sadhana est ce fil conducteur qui vous permet de dire que vous faites du yoga régulièrement et que cela vous permet d’avancer sur différents plans.

Avant cela, en guise de témoignage, voici comment je perçois ma sadhana en yoga.

Ma Sadhana … et l’essentiel de ma Sadhana

Actuellement, ma pratique personnelle, c’est:

  • la méditation, les Asana et le Pranayama que je pratique quotidiennement. Le temps que j’y consacre globalement peut varier de 40 minutes à 2h30, selon mes contraintes horaires,
  • les lectures spirituelles et l’approfondissement de la philosophie,
  • un peu de chant spirituel, oriental et occidental ; la répétition mentale de mantras, tel que “om” par exemple.

Mais l’essentiel de la Sadhana, c’est surtout un travail yogique conscient, au quotidien. C’est vivre le Yoga au jour le jour, sur le tapis et en dehors du tapis de Yoga, même dans des conditions difficiles ou anodines: dans le trafic automobile, sous pression au travail, en attendant à la caisse du supermarché, lorsqu’une personne m’agresse verbalement. L’essentiel de ma Sadhana, c’est l’école de la vie: dans la rue, au bureau, en famille, en couple, … et c’est certainement le travail le moins évident, surtout lorsque tout va très vite et pas forcément dans le sens de la facilité.

Le Yoga quotidien, c’est un état intérieur conscient et bienveillant. Ce sont aussi des actes qui reflètent cet état intérieur. Je suis vigilante à ma manière de vivre les actes de tous les jours, d’appréhender les événements, les relations, … car c’est là que, personnellement, le travail yogique est le plus difficile.

Il m’est relativement facile de pratiquer régulièrement la méditation, les Asana, le Pranayama et de garder une certaine “exaltation” spirituelle. Mais il m’est plus difficile de garder le cap de la sérénité en permanence, d’être le vigile qui applique Viveka (la discrimination) à chaque instant qui passe…

Sadhana, l'essentiel de la Sadhana

Le Yoga a enrichi tous les plans de mon être: le corps, l’énergie, le psychique, le spirituel, l’amour et l’universel. Non pas que je pense avoir atteint un certain niveau, loin de là. Mais la transformation ne fait pas de doute: elle a influencé le cours de ma vie, mes rencontres, mes expériences, mon évolution personnelle, mon épanouissement et mon affirmation.

Le Yoga a donné une direction à ma vie depuis 18 ans. Il en a fait un champ d’expérience formidable, une école, le «Kurukshetra» (le champs de bataille de la Bhagavad Gita).

L’essentiel réside en ce que mon être le plus profond apprend et continue à vouloir apprendre. Je vis dans et avec le monde. Je ressens mon corps, mes émotions, mes fluctuations. Je vis mes faiblesses et mes forces, mes limites. Et je tâche de prendre un certain recul pour conserver sourire et détente…

J’ai de l’admiration pour le regard et le sourire épanouis de certains sages, mais aussi de certaines personnes, souvent relativement âgées, et sages à leur manière. Ils sont brillants, très présents, rayonnent l’amour, mais, en même temps, on ressent une distanciation saine du monde et de son effervescence. Le retour à l’essentiel…

Pas de réponse

déc 12 2007

Ahimsa et la communication non violente

Publié par Michèle sous Philosophie

Je suis en train de préparer un article sur Ahimsa et la relation aux autres. Mais aujourd’hui je manque de temps pour vous le publier. Alors, en attendant, voici ceci, qui touche au même thème.

Ahimsa dans la relation à l’autre, c’est aussi savoir désamorcer une agression. Marshall B. Rosenberg a écrit des livres intéressants à ce sujet. Ses travaux ont débouché sur de multiples applications.

Enfants tibétains réconciliés grâce à une femme adulte

Les convenances citadines, dans les situations professionnelles, administratives, les transports, etc. font que la violence est quasiment devenue invisible. Mais elle s’insinue subtilement sous des formes plus feutrées. Verbale, non verbale (langage du corps) ou même parfois silencieuse, la violence est bel et bien présente.

Une amie dans l’enseignement secondaire nous a transmis il y a longtemps, le document «Comment désamorcer une agression» (qui ne comporte pas de source et semble être un support de cours). Les conseils qu’il contient sont valables dans toutes les situations de la vie quotidienne, professionnelle ou même familiale.

Voici quelques techniques proposées en cas d’agression verbale, toutes emplies d’Ahimsa:

«La baudruche»

ECOUTER la personne jusqu’au bout, sans l’interrompre. Lui laisser «vider son sac».
L’autre se vide de son trop-plein d’énergie, se décharge, se calme. Cela nous donne du temps pour nous calmer et réfléchir.

«Les besoins de l’autre»

Demander à l’autre quels sont ses besoins ou ses attentes par rapport à nous, ou à la situation problématique.
Il est utile de savoir ce que l’autre attend de nous mais il peut être encore plus utile de détecter si l’agression de l’autre n’est pas l’expression maladroite d’un besoin déguisée sous forme d’attaque.
Ex : «Qu’attendez-vous de moi?» ou «De quoi avez-vous besoin?» ou «Que puis-je faire pour vous?»

«D’accord, mais en partie»

Donner raison à l’interlocuteur sur un ou deux points (même mineurs) et indiquer notre désaccord sur les autres points.
Calmera l’autre et le mettra dans de meilleures dispositions pour discuter des points litigieux.
Ex: «Sur tel point, vous avez raison. Pour les autres points, j’aimerais en discuter.»

«Le silence du désert»

Une fois que l’autre a fini, le regarder droit dans les yeux et faire silence.
Le silence induit chez l’autre un vide qu’il remplira le plus souvent en reformulant sa remarque mais moins violemment car il aura déjà déchargé son agressivité avant.

*****

Ce document propose encore de nombreuses autres techniques pour désamorcer les relations “violentes”. Si cela vous intéresse, je compléterai volontiers cette liste.

En guise de réflexion, voici pour terminer une phrase de Jack Kornfield:

«Tout pratique spirituelle est affaire de relation:
relation avec nous-même, relation avec les autres,
relation avec les situations de l’existence.»

Source de l’image: http://www.netissimal.com/images/tibetain.jpg

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déc 11 2007

Terrine ou truffes de chocolat aux écorces d’orange

Publié par Michèle sous Recettes de cuisine

Voilà une délicieuse terrine de chocolat, qui peut aussi être apprêtée sous forme de boules de chocolat, un peu comme des truffes (comme sur la photo), ou même de petits pavés. A l’approche de Noël, chaque année, nous en préparons pour nos amis et notre famille. C’est une recette de saison qui rencontre l’approbation enthousiaste des gourmands!

Terrine de chocolat aux écorces d'orange

Ces photos ne sont pas les nôtres, car, en cette période de changement de région nous sommes très occupés et n’avons pas encore fait notre terrine de chocolat. La terrine selon notre recette est un petit peu plus granuleuse que celle de la photo (à cause des orangeats et amandes). Les pavés sont fidèles à celui de la photo.

Pavé de chocolat aux écorces d'orange

Ingrédients pour 8 à 12 portions

400 g de chocolat noir riche en cacao
200 g d’écorces d’oranges confites
100 g de beurre doux
20 cl de crème fraîche liquide
40 g de sucre vanillé
125 g d’amandes en poudre

Préparation (30 minutes)

Dans un saladier casser le chocolat en morceaux. Le faire fondre au bain-marie. Incorporer le beurre en mélangeant doucement jusqu’à obtention d’une crème onctueuse. Laisser tiédir.

Fouetter la crème liquide en chantilly. Ajouter le sucre vanillé. L’incorporer délicatement à la pâte de chocolat. Ajouter les écorces d’oranges. Verser les amades en poudre dans la pâte.

Chemiser un moule avec du film étirable en le laissant largement dépasser sur les côtés. Y verser la préparation sans omettre de bien lisser la surface.

Rabattre le film étirable par-dessus. Placer le moule au réfrigérateur pour 12 h au moins. Au moment de servir, démouler la terrine de chocolat en tirant sur les rabats du film étirable.

Pour les boules, les former à la main, après une ou deux heures de réfrigération. Pour une jolie présentation, les passer au choix, soit dans:

  • du cacao,
  • ou de la noix de coco en poudre
  • ou du sucre glace.

Réfrigération

12 heures.

Pour présenter la terrine, la saupoudrer elle aussi avec:

  • du cacao,
  • ou de la noix de coco en poudre
  • ou du sucre glace.

Servir frais!

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