Archives de ' novembre, 2007 '

nov 20 2007

Le Nidra Yoga - Entretien avec André Riehl (suite et fin)

Publié par Michèle sous Relaxation - Nidra

Voici la suite de l’article sur Andé Riehl, pour vous partager cette rencontre avec un homme et son approche du Nidra Yoga, une expérience très profonde et unifiante de la détente.

André Riehl

Cet interview d’André Riehl avait été publié l’année dernière dans la revue de la Fédération Suisse de Yoga. Pour ceux qui n’auraient pas lu le début, voir ici.

Quelle est votre vision de l’enseignement du Yoga en Europe?

En Occident, les écoles sont essentiellement des formations pour devenir enseignant. Mais ce qui intéresse la tradition est de former des Yogi et non pas des professeurs. Lorsqu’on a un instructeur dans une lignée, c’est une relation avec l’énergie de cette lignée, c’est comme une rampe pour amener vers la lumière. J’essaie d’être un témoin entre Orient et Occident pour rappeler que les lignées traditionnelles existent toujours, qu’elles ne sont pas en décalage avec le monde. Elles sont ouvertes. Y accéder demande du temps et un grand investissement, mais c’est possible.

En Occident, le sens profond du mot Yoga est souvent oublié. Il signifie à la fois un but, l’Etat d’Union, et les moyens pour s’en approcher. Dans les formations d’enseignant l’accent est surtout mis sur les outils. La vraie question n’est pas de demander à quoi sert le Yoga, mais plutôt de se demander si l’on prêt à se mettre au service du Yoga, de l’Etat d’Union? Former des professeurs de Yoga en quête de reconnaissance sociale est une chose. Mais il existe aussi des personnes faisant une démarche de Yoga dans le but d’être ravis par l’Etat d’Union. Les Yogi existent ici aussi, mais les fédérations et les enseignements n’y prêtent que très peu d’attention.

Quel est l’apport spécifique du NIDRA Yoga pour les enseignant-e-s et pratiquant-e-s de Yoga ?

Le NIDRA Yoga est à distinguer du Yoga Nidra, pratiqué par beaucoup d’enseignants en fin de cours sous forme de petite relaxation de 5 à 10 minutes. Le NIDRA Yoga est une démarche vaste et riche qui donne des enseignements dans deux grands domaines : d’une part, le lâcher-prise, l’apprentissage par une méthode pour se crisper de moins en moins. Apprendre à lâcher les tensions sur les plans physique, organique, osseux, dans l’énergie de la perception, le mental (la mémoire, la projection, la pensée, les idées…) la détente de l’intuition et finalement la détente du silence. Eh oui, il y une état crispé du silence…

C’est tout le processus d’orientation du mental – CITTA NIRODHA – dont parle Patanjali. Aboutir à une relaxation dans la pensée.

L’autre grand domaine du NIDRA Yoga est la concentration, ou contemplation. Il existe des degrés pour mobiliser l’énergie sur un objet particulier. Ces objets sont l’éducation, les croyances, la mémoire, l’oubli, ou encore le silence qui ont la plupart du temps développé des états intérieurs d’agitation stable. Ainsi il est possible de se concentrer sur l’énergie de l’oubli.L’oubli est une des dimensions du sacré. Il nous faut beaucoup nous oublier nous-même pour aller vers SAMADHI. On peut aussi contempler le manque, l’énergie du manque ; elle est une «saveur de Dieu» pouvant nous rapprocher de cette relation avec Lui.

Pour finir, on associe les deux, lâcher-prise et contemplation, ce qui favorise un état de pleine conscience dans l’état de veille, dans le rêve et dans le sommeil profond. Visiter l’état de NIDRA, le sommeil, se réfère au sommeil mythologique de SHIVA, cet état de détente consciente et de concentration qui maintient, détruit et crée l’univers selon les descriptions traditionnelles !

[…] Le NIDRA Yoga s’adresse à tous les publics, il peut nourrir leur pratique, leur travail, leur santé, leurs relations… Il participe à la recherche de la dimension sacrée de la vie quotidienne.

Quelles sont les perspectives du NIDRA Yoga en Europe ?

Mon maître me pousse à mieux faire connaître le NIDRA Yoga en Europe parce qu’il permet d’apporter du soulagement aux souffrances des gens et qu’il ouvre la porte à la dimension sacré de la vie.

Actuellement, nous sommes en train de créer un cycle de formation européen qui s’adressera plus particulièrement aux enseignants de Yoga déjà formés, mais aussi à tout autre personne en démarche (pour plus détails veuillez consulter http://www.yoga.lu/nidra.htm).

Texte quasi intégral de la deuxième partie d’un interview d’Eveline Waas Bidaux

2 réponses

nov 19 2007

Le Nidra Yoga - Entretien avec André Riehl

Publié par Michèle sous Relaxation - Nidra

En juin 2006, Marc et moi avons participé à un stage d’un week-end sur le Nidra Yoga avec André Riehl. Ceci a été pour nous deux une très belle expérience de détente profonde, d’unification en même temps que d’exploration intérieure, dans la pure tradition du Nord de l’Inde.

Coucher de soleil sur la mer, un beau moment de détente

Cet interview d’André Riehl a été publié l’année dernière dans la revue de la Fédération Suisse de Yoga. La première partie publiée aujourd’hui, présente le parcours en Yoga de cet homme.

Qu’est-ce qui vous a amené au Yoga ?

Ce qui m’a amené au Yoga est un rêve lors que j’avais environ 11 ans, un visage qui revenait tout le temps. Petit à petit j’ai remarqué un apaisement le lendemain de ces rêves à l’école.

Ensuite, par hasard, j’ai retrouvé ce visage dans un article de journal. Je l’ai découpé, décoré avec une boîte. Cela représentait l’Univers. Quand je rentrais de l’école, je me mettais devant et j’avais envie de bouger, parfois de rester immobile, j’imaginais des formes, des couleurs, des images…

Cela a duré 8 - 9 ans, jusqu’à ce qu’un jour, je lise l’article qui accompagnait cette image ! C’est à ce moment seulement que j’ai identifié qu’il s’agissait de Ramakrishna, un sage, mort depuis longtemps.

En même temps j’ai découvert que ce que je faisais depuis longtemps s’appelait le Yoga. Je suis allé voir des enseignants.

Quel est votre parcours par la suite ?

Vers l’âge de 20 ans, j’ai décidé d’aller à pied en Inde. C’était une démarche intense. Je suis resté dans un monastère dans l’Himalaya pendant quelque temps, ensuite dans une grotte. Puis, j’ai mené une vie d’errance en mendiant.

J’ai cueilli des bribes d’enseignements par ci par là jusqu’à ce que je rencontre des ascètes de la lignée shivaïte du Shaïvasiddhanta. Ils m’ont enseigné dans plusieurs domaines: 19 pratiques, vastes et complètes dont le NIDRA Yoga.

Il y a eu ensuite la rencontre avec Ma Ananda Mayee, d’abord en rêve, J’ai reçu ses enseignements autour de l’Amour et sur toutes les facettes de la relation, ils ont pris une profondeur qui m’était alors inimaginable. Cette rencontre-relation a duré jusqu’à sa mort en 1982; elle s’est maintenue sous une autre forme ensuite.

Il y a eu aussi la relation avec Krishnamurti qui m’a apprise un autre aspect de la démarche se rapportant à la précision, la structuration, la concision, l’intégrité intellectuelle, la non confusion mentale…

J’ai finalement rencontré mon maître Chandra Swami, de l’ancienne lignée brahmanique des Udasins. Il n’enseigne pas de manière formelle, c’est une relation intérieure qui dure depuis 30 ans.

Et puis, j’ai aussi un itinéraire en Europe: j’ai fait une formation de Yoga complète, avec un diplôme de la FNEY. J’ai suivi plusieurs filières d’enseignement et de formation en parallèle: Roger Clerc, le yoga de l’énergie, Nil Hahoutoff, Desikachar et Swami Shivananda.

J’ai commencé à enseigner moi-même. Ce qu’il me reste surtout de ces diverses formations est d’avoir appris l’importance de ne pas nuire. A l’époque, on insistait beaucoup sur la prévention, ne pas blesser…

Interview rédigé par Eveline Waas Bidaux

A suivre…
La suite de cet interview sera publiée dans le prochain article.

8 réponses

nov 18 2007

Jalandhara Bandha

Publié par Michèle sous Bandha, Mudra, Kriya

Jalandhara Bandha signifie “filet qui retient le courant” (filet qui retient le courant pranique dans le cou).

Jalandhara Bandha

Jalandhara Bandha est un Bandha. Vous pouvez consulter à ce sujet d’autres articles:

A propos des Bandhas (1/3)
A propos des Bandhas (2/3)
Pourquoi les Bandhas et les exercices yoguiques visent-ils à concentrer l’énergie?

Technique

Avant d’apprendre le Bandha par lui-même, le mieux est de prendre conscience de son action «automatique». En effet se Bandha se prend partiellement dans certaines positions du corps.

(1) En position allongée, assise ou debout: allonger la colonne vertébrale et allonger la nuque. Pour cela, rentrer le menton et diriger le sommet de la tête vers le haut. Ainsi, vous mettez de l’espace entre vos vertèbres, vous libérez les nerfs qui passent entre elles.
Cette position de la nuque et de la tête induit intériorisation, détente et concentration. Observez votre ressenti, votre présence à vous-même, ce calme profond…

(2) Dans un deuxième temps, prenez conscience du Jalandhara Bandha automatique dans les Asanas de Sarvangasana (la Chandelle) et Halasana (la Charrue).

(3) Apprentissage de Jalandhara Bandha

Inspirez : déglutissez tout d’abord, …

Prise de Jalandhara Bandha: d'abord déglutir...

puis penchez la tête en avant, pressez le menton contre la fourchette sternale,

Jalandhara Bandha: puis presser le menton contre la fourchette sternale

et reculez la nuque

Jalandhara Bandha: reculer la nuque

Relâcher d’abord le menton avant d’expirer.

(4) Le Bandha classique complet, selon les textes tantriques, se prend en montant les épaules:

Jalandhara Bandha, épaules remontées

Inspirez: déglutissez tout d’abord, puis penchez la tête en avant, pressez le menton contre la fourchette sternale, et reculez la nuque. Puis montez les épaules en tendant les bras.
NB: Le fait de monter les épaules a tendance à créer un léger Uddiyana Bandha automatique.

Attention: Toujours relâcher d’abord le menton avant d’expirer !

Quand pratiquer

Voici quelques exemples:

Asanas: Pratiquer Jalandhara Bandha pendant Maha Mudra ou Pascimottasana (Etirement vers l’Ouest ou posture de la Pince), ou selon conseils de votre professeur de Yoga.

Pranayama: Pratiquer Jalandhara Bandha pendant Anuloma Viloma (la respiration alternée), pendant la rétention poumons pleins (Antara Kumbakha)
Pratiquer Jalandhara Bandha pendant la rétention d’air poumons pleins (Antara Kumbakha), après un cycle de Kapala Bhathi.

Effets (rappel)

Jalandhara Bandha stimule deux zones de glandes:

  • L’étirement de la nuque et de la moelle épinière procure des effets subtils sur l’hypophyse et l’épiphyse (glande pinéale).
  • La fermeture du menton a une action directe sur la thyroïde et les parathyroïdes (qui gèrent d’importantes fonctions au niveau des muscles, des nerfs et des os).

Jalandhara Bandha calme le système nerveux végétatif. Son action stimule le système nerveux parasympathique. Jalandhara Bandha contribue à la régulation du cœur, ainsi qu’à celle de la circulation et de la tension. Par conséquence, ce Bandha procure une détente générale.

Il est le Bandha du repos du cœur et du rafraîchissement mental.

Contre-indications et mise en garde

Hyperthyroïdie, hypertension, troubles cardiaques.

Il est recommandé d’être suivi par un professeur de Yoga dans l’apprentissage des Bandhas.

Pas de réponse

nov 17 2007

Point d’équinoxe

Publié par Michèle sous Sagesses du monde

Voici un très joli texte d’Henri Brunel, pour aujourd’hui.

Ce matin, nous partons pour quelques jours. Peut-être, et peut-être seulement, y aura-t-il une brève pause sur Yogamrita, car nous ne sommes pas sûrs d’avoir l’ADSL jusqu’à mardi. D’ici là, belle journée à vous lecteurs!

Mésange

Cet après-midi d’octobre, il fait si doux, si bleu, que je vais chercher la chaise longue, au rancart d’automne, au fond du garage où je l’avais jetée, et m’installe en mon jardin.

Je m’allonge et m’assoupis à demi, je rêve. Face à moi, un bouleau fin et droit, au dos argenté, monte jusqu’au ciel ses feuilles de lune.

En quelle saison sommes-nous?

- Suis-je au printemps, suis-je en automne?

Une famille d’oiseaux gazouille dans la haie; sur une branche haute, une mésange s’est posée.

Ai-je vingt ans, ou soixante… les saisons tournoient sous mes yeux fatigués.

Il fait beau, il fait chaud.

Le temps hésite, ondoie: il est prêt à tout recommencer.

Mon Dieu, mon Amour, mon “beau souci”, qu’ai-je fait en quarante années?

Henri Brunel
Petit Traité du Bonheur
La Table Ronde, 2000

Source images:
http://www.oiseaux.net/photos/carol.edwards/mesange.a.tete.noire.1.html

PS: http://www.oiseaux.net est un superbe site pour tous les amoureux des oiseaux!

2 réponses

nov 16 2007

What are you Do In? (2)

Publié par Marc sous Massages

Suite du réveil matinal…

Comment avez-vous vécu ces petits réveils matinaux? Si vous ne l’avez déjà constaté, vous verrez que de se coucher légèrement plus tôt pour se lever plus tôt, est un cadeau qu’il est bon de s’offrir 5 ou 6 jours par semaine.

«Goûte à l’éveil de ton corps et ta journée sera plus belle encore»

Energie montante du matin

Pour info, chaque étape de ma séance de réveil Do In, me prend une trentaine de secondes environ. Ce sera certainement un peu plus pour vous au début. Selon mon degré d’engourdissement mais aussi mon âge et mes pathologies articulaires, j’ai adapté la force des pressions et leur durée. Commencer avec douceur, écouter le besoin du moment. Faire peu et … calmement au début. Respirer profondément. Privilégiez le ressenti, surtout entre les exercices.

Ma séance du matin

Vous adapterez et vous trouverez votre séance, celle qui vous fait du bien, en y mettant les exercices que vous apprenez au cours de votre longue vie.

Je me donne environ 5 mn pour ce réveil matinal.

Mes mains

Réveil des mains

Elles me seront utiles pour les exercices suivants, je commence donc par en prendre soin. Je frotte mes paumes avec les phalanges du poing fermé de l’autre main ou avec le pouce de la main opposée.

Mes doigts

Je masse les doigts parfois dans le lit, parfois assis sur le bord du lit. Je tourne chaque doigt à droite et à gauche en le tenant par son extrémité comme un bouton de réglage. Après quelques «réglages» gauche droite, je saisis le doigt à pleine main jusqu’à sa racine, l’étire et «l’essore» jusqu’à son extrémité avec un mouvement qui me convient. J’aime aussi (photo en bas à droite), mettre en extension chaque doigt en faisant glisser le pouce de l’autre main le long du doigt. Ce sont 2 exercices parmi d’autres en Do In.

Massage doux des doigts

Mon bassin

Pendant le massage des mains, je suis sur le dos et je me mets en position du hamac. Pour cela, je plie mes genoux et je rapproche un peu mes talons des fesses. Je soulève alors légèrement le bassin du lit tout en relâchant mon ventre. Je dépose et relève mon bassin et le mobilise aussi latéralement.

Position du hamac - Ventre relâché

La mobilisation des mains et celle du bassin peuvent se faire séparément au début, pour que vous sentiez les mouvements qui vous délassent et vous mènent en respiration.

Mes pieds

Mes mains sont en regard avec mes pieds…qui vont me permettre tout à l’heure de sortir du lit. Je vais donc d’abord les bouger pour les réveiller.

Orteils en griffes puis grand ouverts - Flexion et extension douce des chevilles, qui provoque un léger étirement du mollet.
Puis, je vais frotter mes pieds ensemble.

Les pieds qui tricottent!

Il m’arrive alors, de m’allonger sur le côté et de frotter un pied avec l’autre. Le but étant de mobiliser et stimuler les zones du pied, en tricotant avec vos pieds dans toutes les positions qui vous sont confortables. Si cela vous plaît et que vous êtes assez souples au réveil pour masser et mobiliser vos pieds avec vos mains, tout en restant sous la couette… pourquoi pas! Cependant, il ne faut pas que votre lit devienne le lieu de votre séance de Do In.

Dans quelques jours nous verrons la suite et fin de ce réveil en caresses!

Un conseil: Mieux vaut faire régulièrement quelques exercices, que beaucoup d’une manière irrégulière.
Garder la notion de bien-être et de plaisir dans cette discipline qu’est le Do In, c’est aussi votre AMI > Auto Massage Intuitif

Bonne pratique!

Autre article à ce sujet:
What are you Do In ? (1)

3 réponses

« Précédents - Suivants »

Yogamrita boutique du yoga et du bien-être
Yogamrita stages de yoga et cours de yoga en Bretagne