oct 06 2007

Panne de courant

C’était hier soir, en plein téléphone, «pop!»: communication coupée sur Skype (téléphonie sur Internet), noir sombre dans le chalet, … La coupure d’électricité était complète. A deux ou trois reprises, on aurait dit que la civilisation allait revenir, mais non ! La panne de courant s’installait.

Sans électricité - bougie

Bon, il n’était que 19h et des poussières.

Et dire qu’il y avait pourtant plein de choses à faire pour finir la journée!

C’était l’heure de préparer le repas… Eh bien nous mangerions froid, cuisinière électrique oblige …

Que dire de mon étude de la philo pour l’examen du mois prochain? Lecture à la bougie, lecture à la lampe torche qui se recharge manuellement avec un petit tourniquet? Non merci, mes yeux n’en n’avaient pas envie.

Nous n’avions pas regardé les titres du journal télévisé à midi, nous ne les verrions pas le soir non plus; pas grave …

Et le blog… il me fallait écrire un petit article pourtant… Non ! Ce ne serait pas possible…

Après avoir été cherché une petite collation à la bougie dans le frigo et avoir pris le temps de déguster froid, toujours à la bougie… j’entendis Marc me dire: «Je vais méditer un brin!».

Ah bien! Voilà qui était une bonne idée… «Moi aussi!».

Le soir était beau, les grillons jouaient leur concert dans le jardin. Alors, je m’installai sur le balcon, dans l’obscurité pour une méditation inattendue, mais accueillie. Bienfaits du silence, le toucher de l’essentiel, le retour à l’être, l’harmonie de la nature environnante qui se repliait progressivement dans le calme …

Combien de temps cette méditation a duré? Je ne sais pas exactement.

D’un coup le réverbère a retrouvé sa lumière blafarde sur la route, juste derrière la haie; une lumière jaune et plus chaleureuse était revenue dans le salon derrière moi aussi. Alors voilà qui a suffi à m’arrêter.

Ce soir là, je n’ai pu que constater combien nous sommes happés par maintes activités, permises uniquement grâce au confort électrique de notre société. Mais ces activités ne sont pas forcément en accord avec l’heure de la nature. La nuit est faite pour le repos, le soir signale l’arrêt des activités, le retour au calme…

7 réponses à “ Panne de courant ”

  1. Christophe le 06 oct 2007 à 10:44

    Bonjour Michèle,
    Encore une fois, cette petite histoire illustre bien le concept du petit singe et du petit chat (ce concept m’a beaucoup marqué, j’y pense souvent). Si l’électricité n’avait pas été coupée, tu aurais été petit singe très occupée, tandis que là, grace à l’idée de Marc, tu es devenue petit chat en t’abandonnant à la méditation.
    Il faudrait de temps à autre, régulièrement, à titre d’exercice s’accorder des périodes de quelques heures où l’on vivrait sans modernisme. Ce serait, je pense très instructif de se rendre compte que tout compte fait, on peut, parfois se passer de téléphone, d’ordinateur, etc.
    La préparation de ton examen avance bien ?
    Amicalement,
    Christophe

  2. Michèle le 06 oct 2007 à 5:00

    Bonjour Christophe,

    Tu as raison, nous y revoilà … Sans aller jusqu’à espérer de nouvelles pannes de courant, l’important est certainement de prendre conscience de notre fonctionnement.

    La tendance hyperactive - que ce soit visible dans le faire concret, ou plus caché dans la pensée incessante et la surstimulation sensorielle - concerne la plupart de nos contemporains.

    Mon travail personnel et prioritaire est d’observer où j’en suis:
    - projection vers l’avenir et dans le faire, avec probablement des tensions;
    - ou présence à l’action du moment, vécu de cet instant, vraisemblablement dans la détente.

    Le deuxième n’est pas moins efficace que le premier, puisque l’attention est là. Au contraire: la détente mentale et physique permet de ménager notre monture et donc de moins nous fatiguer…

    C’est toujours dans les moments où il y a beaucoup à faire que ce genre de vérité nous saute à la figure!

    Pour ce qui est de mon examen, oui, ça avance, mais gentiment. Je ne vais pas viser la perfection de mes connaissances mais plus la manière de les intégrer … :o)

  3. Sylvie le 06 oct 2007 à 9:25

    Bonjour Michèle

    quelle belle histoire tu nous contes là! A moi aussi, cette image du bébé singe et du chaton me parle beaucoup. J’essaie d’être plutôt chat et de faire confiance, mais ma nature phobique et angoissée fait que je veux toujours tout maîtriser.
    Depuis que je vis à Amsterdam, ma vie a complètement changé et je m’essaie à faire confiance à la vie, et à mes capacités. J’ai choisi de travailler beaucoup moins, et de ce fait de gagner beaucoup moins d’argent, de consommer moins aussi.
    Le yoga m’aide à lâcher prise et à être consciente (de mon corps et de ma tête, de mes sensations, des autres, de ma place par rapport aux autres…).
    J’ai moins d’argent et beaucoup plus de temps, autant dire que je suis très riche ! je prends le temps d’observer ma chatte qui m’enseigne beaucoup, les oiseaux dehors qui ne me transmettent pas moins.
    Curieusement, le fait d’avoir des rentrées d’argent irrégulières et aléatoires, me fait savourer le temps présent plus intensément.
    J’essaie de faire une chose à la fois et de la savourer. Le bonheur des petites choses, des actions qui s’enfilent les unes après les autres et qui font le collier de la vie.
    J’aime l’idée de Christophe de se priver de modernisme de temps en temps. J’aurais un peu de mal à me passer de consulter mes mails ou de regarder ce blog chaque jour, car c’est un vrai bonheur de recevoir des signes de vie de gens avec qui on a des affinités.
    J’essaie de vivre avec le moins possible d’appareils modernes, pas de télé, pas de portable, pas de voiture, pas de machines à laver (c’est agréable de boire un thé à la cardamome avec l’Afgan qui tient le lavomatique). Mais je suis bien bavarde ce soir, il est 21h22, il serait temps d’éteindre ces lumières et de méditer un peu dans le calme de la nuit. Il fait très doux ce soir à Amsterdam.
    Merci Michèle pour ce beau texte et bon courage pour tes révisions.

    Sylvie

  4. Michèle le 07 oct 2007 à 11:05

    Bonjour Sylvie,

    Tout maîtriser… c’est vain mais tellement humain. Et je pense que tout le monde s’y reconnaît.

    Ton histoire, de par les faits, ressemble à un beau lâcher prise. Ton partage m’a vraiment touchée.

    Elle fait bien sûr écho à la mienne. J’avais 26 ans la première fois que j’ai voulu faire acte de foi, en vivant dans la plus stricte simplicité. J’ai vécu pas loin de 5 ans dans les centres de yoga Sivananda, comme bénévole. J’avais ma valise pour tous biens. Je vaquais à mes occupations, sachant que je pouvais être transférée d’une ville à l’autre du jour au lendemain, au gré des besoins. Ainsi j’ai connu Genève, Munich, Vienne, Paris et Londres. J’avais la chance de pouvoir vivre du yoga, et de pouvoir le pratiquer au moins 3 heures par jour. Mais à l’époque, le rythme soutenu ne m’avait pas convenu. J’avais besoin de plus de calme et de recul, sans quoi je stressais, ce qui est un comble, dans un centre de yoga, n’est-ce pas? La vie en communauté, ce n’est pas évident, même si c’est extrêmement riche et si les autres nous revoient incessamment à nous-même.

    Aujourd’hui notre projet me fait penser à ton histoire. Nous ne sommes qu’au début. Même si nous avons la chance matérielle de pouvoir vivre la pause que nous vivons en ce moment, ce ne sera qu’un temps. Nous avons des souhaits, des idées et beaucoup de confiance. Mais nous ne savons pas vraiment de quoi demain sera fait. Il y a 5 mois seulement, je travaillais encore dans une grande entreprise, comme responsable de projets, et cela durait depuis 12 ans déjà … La sécurité était là, mais le cœur n’y était pas vraiment. J’étais à côté de ma vocation intérieure profonde. Lorsque j’ai quitté cette entreprise où l’on m’appréciait, j’ai dû 100 fois raconter notre projet. Et chaque fois, je voyais le regard de mon interlocuteur s’illuminer…

    Autre retour en arrière, en février-mars 2006, nous étions en Inde. Invités par des connaissances, nous avons passé quelques temps dans un petit hôtel, qui était en fait une grande maison familiale, pouvant accueillir des gens qui ont une démarche intérieure. C’était très simple : coupure de courant fréquentes là-bas aussi, peu de vêtements de rechange, lessives faites accroupi devant le seau de la salle de bain, douche au seau d’eau, literie spartiate, repas simples (riz, dhal, légumes tous les jours), … mais que de bonheur, que de temps pour apprécier, et pour constater. La pauvreté était à chaque coin de rue. Pas évidente à gérer non plus. Je crois que c’est à Vrindavan, puis au bord du Gange que Marc et moi avons eu le déclic. Faire confiance à la vie, maintenant et pas lors d’un sempiternel demain.

    Le défi maintenant pour nous, et plus encore pour moi, sera de ne pas en faire trop. Notre but premier est de ralentir, de prendre le temps. Nous souhaitons aussi partager ce que nous estimons avoir eu la chance de recevoir.

    Pour ce qui est de la modernité. Oui, comme toi et Christophe, je trouve qu’il n’y a rien de tel que de s’en passer, régulièrement. En guise de rappel et de retour à l’essentiel. Nous avons la télévision (elle est toute petite!), que nous regardons très peu (je dirais 3 heures par semaine). L’idée pour moi, et pour Marc qui y tient peut-être un peu plus que moi, est de savoir gérer ces apports civilisés. Mais je ne suis pas dupe… tout cela prend tout de même de notre temps.

    Cette fois-ci il faut que je commence à réviser !

    Bon dimanche

  5. Christophe le 07 oct 2007 à 5:18

    Bonjour Michèle et Sylvie,
    J’ai été très touché par vos histoires personnelles à toutes 2. Pour ma part, je n’ai pas encore vraiment franchi le pas d’une vie plus simple. Je suis à un stade où comme le dit Michèle, j’ai la sécurité, mais le coeur n’y est pas. Je sais que mon avenir n’est pas dans la profession que j’exerce actuellement (je travaille dans la fonction publique), de passer tous les jours une heure trente dans les transports en commun. J’ai pris conscience que ce ne sera pas cela toute ma vie, mais je ne sais pas encore de quoi demain sera fait. J’ai beaucoup d’idées qui me viennent à l’esprit, il me faut maintenant les canaliser, les transformer en projets, puis en réalisations….
    Merci pour ses échanges qui m’apportent beaucoup !
    Bonnes révisions !
    Amicalement,
    Christophe

  6. Michèle le 07 oct 2007 à 8:56

    Bonsoir Christophe,

    Sentir les choses, trouver le bien-être même dans une situation inconfortable, comme si elle allait continuer ainsi des années sans bouger, prendre le temps, mais aussi laisser de l’espace pour les idées et un devenir plus en accord avec soi-même. Quand on n’est pas seul, en parler, comme d’un petit rien, sans y mettre le poids de ce qui est lourd en soi. Parler des possibles, de façon légère, comme on dit “Il fait beau aujourd’hui”.

    C’est ainsi que nous avons laissé notre projet maturer.

    Tout de bon à toi
    Amicalement
    Michèle

  7. Christophe le 08 oct 2007 à 11:22

    Merci beaucoup Michèle !

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