sept 21 2007
La Bretagne de Colette
Nous revoici en Bretagne pour quelques jours, le temps d’un aller-retour en camionette et de déposer ici une partie de nos affaires.

Le temps aussi d’humer l’air et de retrouver une région qui est profondément dans nos coeurs. J’ai gardé pour ce moment, un texte que Marc et moi avons beaucoup apprécié et qui nous avait été transmis par l’une des lectrices de ce blog.


…L’hôtel, élevé au bord de la plage, porte un nom romantique. C’est le hasard qui nous a amené ici. Une petite route, puis un village égrené, puis un chemin sablonneux, puis… rien. Le bout du monde, la resplendissante “fin de terre”. Sur un sable fin et ferme, sonore, la mer commence à remonter, par longs rouleaux, et l’écume laisse transparaître leur couleur de glacier. Deux kilomètres de plage sans une souillure, sans un brin d’algue, sans autre écriture que l’empreinte du pied des oiseaux. Douce pente, et vierge, qui mène à la mer l’homme étonné de tant de facilité, environné d’une sorte de silence furieux, d’un bruit d’assaut si égal et si constant qu’il devient négligeable.
Le vallon évasé se prolonge en deux caps protecteurs. L’hôtel domine l’anse, règne en intrus sur des abords fleuris. Pour avoir goûté, par temps frais, le plaisir d’un bain rapide, de la lame assenée sur la nuque, nous essaierons d’obtenir une boisson chaude… A l’intérieur, le vaste refuge de brique rouge est une manière de couvent bien astiqué, sentant la cire d’abeille. Une petite Bretonne glissante et muette, cheveux tirés, rubans quimperlais volant derrière elle, surgit les sourcils hauts comme si nous l’avions éveillée d’un sommeil de cent ans. Mais le thé la suit de près, et le cidre mousseux, et des crêpes brûlantes, dorées, et le parfait beurre salé qui, sous le couteau, crache des perles de petit-lait… Un silence breton, au sein duquel bourdonnent le vent et la marée montante, nous entoure. Par delà les caps s’étendent d’autres plages blondes, des chardons bleus, des vagues savonneuses, et la solitude…
Colette












