août 29 2007
Ranahadduasana, la posture du Vautour
La posture du Vautour est une excellente préparation à Kurmasana, la posture de la Tortue, qui sera présentée prochainement.
Prendre la posture du Vautour

- Pour pratiquer Ranahadduasana, s’asseoir jambes largement écartées et genoux légèrement pliés.
Dès le départ, veiller à ce que le bassin soit penché vers l’avant (antéversion), et non vers l’arrière, auquel cas, toute flexion vers l’avant sera impossible. Si c’est difficile, mettre un coussin pour surélever le bassin et aider à la bascule vers l’avant.
- Inspirer en allongeant progressivement le dos de bas en haut.
- Puis expirer lentement en inclinant le buste en bas et en avant, les coudes écartés.
- Poser les coudes au sol. Les mains sont jointes en avant, dans la position du salut (Namasté). Les extrémités des doigts sont placées sous le menton.
Variation 1: Poser les mains sur les pieds. En expirant, baisser le front la tête, jusqu’à ce que le front touche le sol.

Variation 2: A partir de la variation 1, entrecroiser les doigts dans le dos, puis redresser les bras à la verticale, paumes des mains vers le bas.

Variation 3: A partir de la variation 1, placer les mains en Namasté, dans le dos.

Effets médicaux
- Ranahadduasana procure l’assouplissement du bassin, des hanches et des jambes (ischio-jambiers)
- Développe la musculature abdominale
- Accroît l’expansion de la cage thoracique et la ventilation pulmonaire
- Est favorable aux asthmatiques
- Aide à lutter contre les affections des voies respiratoires, lorsqu’il y a accumulation de mucosités
- Augmente la résistance physique et la force
- Équilibre les fonctions thyroïdiennes et parathyroïdiennes.
Ayurveda et effets subtils
- Réduit Vata et Pitta, augmente Kapha
- Favorise la circulation du Prana ou énergie vitale, du bassin vers le sommet du crâne
- Stimule le plexus solaire et soulage la dépression.
Contre-indications
A éviter en cas de sciatique ou de lombalgie.
Source : Le Yoga thérapeutique, Pierre Jacquemart et Saïda Elkefi, Editions Maloine



Jvais éssayer et jvous direz!!
Bonjour Michèle,
C’est une posture qui a l’air d’être intéressante, surtout que j’ai du mal avec la tortue. J’aimerais l’intégrer dans une petite série. De quelles autres postures puis-je l’accompagner ?
je ne sais pas si c’est possible, mais il pourrait être sympa d’accompagner les fiches relatives aux postures d’un petit topo sur leur symbolique. Ce genre d’info est je trouve trop rarement évoqué, que ce soit dans les livres ou sur le net.
Bien amicalement,
Christophe
Bonjour Christophe,
Je vais préparer une petite série “vautour / tortue” dans les jours qui viennent.
Pour ce qui est de la symbolique, c’est un sujet que j’aimerais plus développer. J’ai malheureusement perdu ma source principale à ce sujet, mais ceci n’empêche pas cela. Et tu as raison, les symboles amènent une autre dimension à une description de posture!
A bientôt
Michèle
Quelle était ta source ? On m’a conseillé “yoga et symbolisme” de Shri Mahesh qui malheureusement est épuisé.
A bientôt,
Christophe
“Hatha Yoga, Le langage caché”, de Swami Sivananda Radha, Editions Dangles, préfacé par B.K.S. lyengar.
C’est un livre qui est beau à tous points de vues. L’auteur avait fait elle-même les illustrations… mais il est épuisé lui aussi!
C’est hélas souvent le cas pour les bons livres !
En tout cas, merci beaucoup pour toute la gentillesse et la rapidité que tu mets toujours pour répondre aux diverses questions.
[…] Se référer à l’article dédié à cette posture (lien). […]
voici un extrait de Yoga et Symbolisme de Shri Mahesh, concernant Bhasasana, la posture du vautour:
“Oiseau du désert autant que des hautes altitudes, le vautour qui inspira cette posture la dota également d’un symbolisme aux facettes multiples dont nous vous présentons ici quelques aspects.
Le vautour, dans la tradition, est considéré comme “le guide du désert”. La tradition avance que l’homme qui pratique assidûment cette posture peut vaincre son désert intérieur par la maîtrise de ses sens.
Le vautour a la réputation de maintenir l’équilibre dans la nature. Ainsi le pratiquant doit-il chercher et trouver sa nature propre à travers son harmonie intérieure.
Le vautour est un oiseau de proie. Il peut résister durant de longues périodes à la soif, à la faim et au froid, arrivant ainsi à franchir les limites de la résistance. Il constitue un parfait exemple pour les sages qui, dans leur quête de la vertu et de la vérité, doivent dépasser leurs limites par des ascèses (tapas) prolongées.
Le vautour dans la religion parsie, est un oiseau sacré, appelé “dieu de la nature” ou “mangeur d’hommes”. En effet, les Parsis exposent leurs morts,
les abandonnent en pâture aux vautours afin qu’ils retournent à leur véritable nature, l’ informel, à l’éternel par la destruction de la beauté physique (rupa), “cause de l’orgueil, de la possession, de l’illusion” (maya).
…Shri Mahesh nous a quittés, le 21 août dernier…
Vous pouvez peut-être vous procurer ce livre auprès du Centre de Relations Culturelles Franco-Indien (C.R.C.F.I. 50 rue Vaneau 75007 Paris)
Il parlait de le rééditer prochainement, ainsi qu’un ouvrage sur le yoga pour le 3° age… à suivre
Merci Véronique, la symbolique du vautour est ainsi magnifiquement expliquée. Les ouvrages de Sri Mahesh sont des références précieuses.
C’est par vous que j’apprends qu’il vient de quitter le monde.
J’ai enfin réussi à me procurer le livre de Shri Mahesh ce week end sur la braderie de Lille. Je l’ai parcouru, il est magnifique, une grande référence.
De grands noms du yoga nous quittent actuellement, André Van Lysebeth, Shri Mahesh.
Je crois que lorsque j’en aurai l’occasion, je vais aussi faire les braderies.
André van Lysebeth et Sri Mahesh font partie d’une grande génération qui a beaucoup fait pour le yoga en Occident… leurs livres demeurent et ils sont de qualité.
Si tu as besoin d’infos sur le symbolisme de certaines postures, n’hésites pas à me le demander.
Sympa, si jamais tu as quelque chose sur la Grenouille (Bhekasana): je prépare un petit article.
Non, je n’ai pas Bhekasana. Parcontre, si tu veux la Tortue …
Volontiers, puisque dame tortue devrait suivre sous peu… Merci à toi.
Je pratique le yoga depusi quelques années, mais de vien aussi de lire “Funérailles Célestes” de Xinran, qui raconte l’histoire vraie d’une chinoise partie au Tibet à la recherche de son mari, elle est recueillie par des Tibétains et est surprise de leurs coutumes entre autre le fait de démembrer les défunts afin de les laisser dévorer par les vautours d’où le titre.
Merci Micheline pour ce complément intéressant sur la symbolique du vautour. Chez les tibétains aussi, c’est un retour à la terre, par l’intermédiaire du vautour…
Bonjour,
Pouvez vous me donner une seule raison pour que je puisse prendre la bonne décision de me remettre au Yoga ?
Depuis quelques années, je m’autodétruis en me mettant au service des autres et je n’arrive plus à me gérer personnellement et j’ai l’impression de glisser dans un gouffre glacé de douleur.
Je me suis totalement abandonnée et j’ai l’impression de n’appartenir à rien et d’avoir du mal à respirer car toujours la tête sous l’eau. Je le sais et je suis consciente que le Yoga et une clef pour que je puisse me retrouver mais…
Qui aura la force de persuasion de me remettre en selle ?
Amicalement
MC
Bonjour Marie-Christine,
Un peu de temps m’a été nécessaire pour mûrir cette réponse.
Vous donner une bonne raison de vous remettre au yoga… voilà qui est dit.
Je ne suis que professeur de yoga, mais voici ce que votre message vibrant m’inspire.
Se mettre au service d’autrui vous autodétruit, dites-vous. A vos quelques mots, j’ai l’impression que vous donnez, vous donnez tout pour les autres, et sans limite aucune, car vous n’avez plus de limites. Tournée vers l’extérieur, vers autrui, vous n’existez que par votre service à autrui.
Vous êtes sans limite ; il y a un flou entre vous et les autres, entre leurs besoins et vos besoins, entre leur bonheur et le vôtre.
Vous n’existez plus pour vous-même. Mais votre corps et votre être crient leur douleur et vous rappellent à la réalité de vos forces.
Je vais vous parler avec mes mots. Cela peut paraître un peu simpliste, ou peut-être, ce ne seront pas vos mots. Mais je pense, qu’au-delà de la note des mots, vous me comprendrez…
Qui n’a plus de limite ne connaît pas de sanctuaire pour s’y recueillir et s’y régénérer. Plus de lieu à soi pour se retrouver et se recharger (cela peut être une pièce, un lieu de nature, une salle de yoga, un lieu de prière, …). Plus de sanctuaire à l’intérieur de soi, pour s’apaiser, prendre du recul, se régénérer et se reposer. Plus de lieu d’amour inconditionnel, à l’extérieur, ni à l’intérieur.
Le grand bonheur du yoga, c’est qu’il vous rappelle à vous-même – mais pas seulement à votre mental conscient – il rappelle à toutes les cellules de votre corps, à leur mémoire, à l’âme, ce qu’ils sont.
Ressentir les bienfaits du yoga vous rappelle ce qu’est l’équilibre, le bien-être, la santé. Pratiquer le yoga vous relie à la terre, à votre corps, à votre cœur, à votre intelligence supérieure. Etre en yoga donne l’intuition de ce qui vous convient. Etre en yoga vous donne l’énergie de choisir ce qu’il vous faut.
Etre en yoga vous rappelle vos limites. Sans limites, on ne vit pas : on survit. Lorsque vous connaissez vos limites, vous connaissez votre « sanctuaire ». Avec des limites et un sanctuaire, vous avez la force de vouloir vivre et construire. Vous avez la force de faire vos choix, parce que cela vaut la peine pour vous…
Le sage, dans son amour infini, bénéficie de l’énergie de l’univers pour donner. Mais, si donner nous épuise et nous aliène, la sonnette d’alarme est tirée. Placer les autres avant soi à l’extrême, sous des apparences louables, devient auto-destruction.
Pour que le yoga puisse venir à vous – et la magie opérer – il est indispensable que vous veniez au yoga. Sans cela, rien ne peut se faire.
Le yoga est mon expérience. Il y a d’autres techniques aussi. Mais l’essentiel est dans l’équilibre : trouvez un professeur qui vous convienne… sinon, vous aurez tôt fait de laisser tomber. Puis surtout, soyez régulière… Accordez-vous la régularité de la pratique, le temps et l’espace pour goûter à nouveau à la vie…
Bon courage et plein succès !
Amicalement
Michèle