Ujjayi

15 août, 2007 dans Respiration - Pranayama par Michèle

Ujjayi, posture jambes croisées, sur un zafu

Ujjayi fait partie des Pranayama ou exercices de respirations. C’est d’ailleurs l’un des principaux. Il peut être pratiqué en tant que tel, lors d’une séance de Pranayama, mais encore, lors de la pratique des Asana ou postures.

Signification

La signification de Ujjayi est double :

  • Pour certains, Ujjayi se compose de «Ud» (s’élever) et de «Jaya» (forme ancienne de salut). Ujjayi signifierait donc «ce qui s’exprime à haute voix», ce qui signifie que ce Pranayama n’est pas silencieux.
  • Pour d’autres, Ud prend le sens de «prééminence» ou de «pouvoir » et Jaya son sens courant de «victoire», «succès». Ujjayi signifie alors «ce qui mène au succès» ou «victorieux» parce que lors de cet exercice, les poumons dilatés et le thorax bombé rappellent un puissant conquérant.

Technique

La spécificité d’Ujjayi réside dans le blocage partiel de la glotte, dans le but de freiner aussi bien l’entrée que la sortie de l’air.

Pour cela, contracter les muscles du cou au niveau de sa naissance, près de l’insertion des clavicules, puis inspirer. La friction de l’air ainsi freiné engendre un son sourd et continu, qui n’est produit ni par les cordes vocales ni par le frottement de l’air contre le voile du palais, comme dans le ronflement. La contraction de la gorge réduit volontairement les conduits d’entrée de l’air.

L’inspiration et l’expiration sont modérément bruyantes.

Lorsqu’ il est indiqué, «respirer en Ujjayi» dans la pratique des Asana, c’est ce blocage partiel de la glotte qui est demandé.

Pratique

Position

Ujjayi peut se pratiquer dans toutes les positions. Mais s’il est pratiqué sous forme de Pranayama, il est préférable de le pratiquer assis. Adopter la posture assise jambes croisée (surélever le bassin avec un coussin aide à maintenir le dos droit et la poitrine dégagée), Siddhasana ou Padmasana, si vous le pratiquez.

Si la posture jambes croisées est inconfortable, on peut faire l’exercice assis sur les talons ou même assis sur une chaise.

L’important est que la colonne vertébrale soit placée correctement, le bassin très légèrement basculé vers l’avant ; la région lombaire se creuse très légèrement : attention de ne pas exagérer. Ainsi, l’avant du corps est dégagé, les poumons et les organes internes ont l’espace nécessaire au mouvement respiratoire.

Allonger le sommet de la tête vers le haut, les épaules sont basses, le menton légèrement rentré.

Garder la partie du ventre qui est en dessous du nombril légèrement tonique pendant tout l’exercice : ne pas laisser le bas ventre se gonfler de trop pendant l’inspiration, en appliquant une légère contraction musculaire.

Inspiration (Puraka)

L’inspiration s’effectue avec la sangle abdominale contrôlée (voir ci-dessus). Elle est lente et principalement thoracique (médiane). Pendant toute l’inspiration, la glotte reste partiellement bloquée, l’air produit un son régulier. Dès que le diaphragme s’est un peu abaissé et rencontre la résistance croissante de la sangle abdominale contrôlée, l’inspiration continue encore, tant que confortable. Le haut du thorax se soulève.

En fin d’inspiration, arrêter le souffle en fermant tout à fait la glotte pendant deux secondes, pas plus, puis expirer.

Expiration (Rechaka)

Ouvrir légèrement la glotte puis contracter plus vigoureusement la sangle abdominale, ce qui déclenche l’expiration qui s’accompagnera du même son uniforme est régulier qu’à l’inspiration. Les côtes se rapprochent en fin d’expiration, les clavicules s’abaissent légèrement.

La colonne vertébrale demeure droite et immobile pendant tout l’exercice.

Intériorisation (Drishti)

Pendant l’exercice, l’attention se porte :

  • sur le passage de l’air dans le nez
  • sur le bruissement de l’air au niveau de la glotte.

Durée

Effectuer au moins 10 respirations, puis se reposer. Il est possible de répéter ce cycle de respirations, à raison de 4 à 5 cycles. La pratique peut être de 5 à 10 minutes.

Ensuite, se reposer quelques minutes en Shavâsana, position allongé sur le dos.

Contre-indications

Tous les Pranayama avec de longues rétentions d’air sont déconseillés aux cardiaques et aux personnes atteintes d’affections pulmonaires. Toutefois, si Ujjayi est pratiqué sans rétention, comme décrit ci-après, et en position couchée, avec les jambes surélevées, il devient bénéfique pour le cœur. Pour les personnes en bonne santé, Ujjayi est un merveilleux exercice pour le cœur.

Effets

La mécanique respiratoire fonctionne ainsi : l’air inspiré ne peut pénétrer dans les poumons que grâce à une légère dépression dans le thorax. De même, l’air s’échappe à l’expiration grâce à la relaxation des muscles intercostaux, éventuellement complétée par la contraction des abdominaux, ce qui crée une légère surpression dans les poumons. On peut en quelque sorte dire que la cage thoracique se comporte comme un soufflet de forge.

Pour revenir à Ujjayi, ses effets sont liés à l’occlusion partielle de la glotte.

Quand on pratique Ujjayi, c’est comme si l’ouverture du soufflet se trouve réduite. Pour inspirer la même quantité d’air dans le même laps de temps, il faut plus d’énergie (pour créer une dépression plus puissante), et, à l’expiration, il faut appuyer plus fort pour chasser l’air.

Le blocage partiel de la glotte a pour conséquence d’augmenter la dépression intrathoracique pendant l’inspiration, ce qui accroît considérablement l’effet de succion qu’exerce l’éponge pulmonaire sur la circulation veineuse. A l’expiration, la pression intrapulmonaire augmente, ce qui est excellent pour les poumons, dont l’élasticité est maintenue.

Les échanges gazeux et praniques (énergétiques) sont meilleurs en Ujjayi qu’en respiration ordinaire.

L’intériorisation du mental qui se produit en dirigeant l’attention sur le passage de l’air dans les narines ainsi que sur le bruit continu, a pour effet d’absorber complètement le mental et de réduire au minimum l’activité parasite de l’intellect.

Ujjayi pendant les Asana

Ujjayi peut se pratiquer pendant les Asana et la Salutation au Soleil (Surya Namaskar). La fermeture de la glotte et le bruit caractéristique d’Ujjayi sont maintenus pendant toute la séance. L’inspiration et l’expiration s’équilibrent, afin d’égaliser Prana et Apana (énergie vitale montante et descendante).

Source: Ce texte est largement inspiré et cite souvent André van Lysebeth, Pranayama, la dynamique du souffle.



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