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août 31 2007

Exercices préparatoires pour Kurmasana (la Tortue)

Publié par Michèle sous Séances de Yoga

Suite à l’article de la posture du Vautour, voici différents exercices préparatoires pour Ranahadduasana (posture du Vautour) et Kurmasana (posture de la Tortue). Le travail s’effectue sur l’ouverture des hanches, sous différents angles.

Baddhakonasana en dynamique ou Posture du papillon qui tangue

J’ai distingué 3 niveaux de difficulté (1 = facile, 2 = moyen, 3 = difficile). Mais ceci dépend de chacun, de sa constitution, du travail réalisé sur son corps, etc. Donc, l’observation et l’écoute des réponses du corps sont essentielles: la Tortue est un posture relativement avancée.

Quant à votre professeur de Yoga sur les photos, elle aussi fait selon ses possibilités. Mon ouverture des hanches est assez moyenne dans certaines positions, mais pour l’instant, je n’ai pas d’autre modèle que moi et Marc parfois…

Avant de faire ces exercices, il est préférable de faire un petit échauffement global, quelques Salutations au Soleil, par exemple.

Niveau 1

Le Papillon

Posture du Papillon

Assis, plier les genoux et approcher les pieds du pubis; puis mettre les plantes des pieds l’une contre l’autre.

Veiller à bien s’asseoir sur toute la largeur du bassin, ne pas se laisser basculer en arrière, même légèrement. Si c’est le cas, éloigne un peu les pieds du pubis.

Redresser la colonne vertébrale. Mettre de l’espace entre le nombril et les clavicules, en respirant profondément et en dégageant la poitrine, qui s’ouvre vers l’avant.

Attraper les pieds, sans plier les bras. Puis effectuer de petits battements avec les jambes, comme un papillon qui battrait des ailes. Commencer tout doucement, puis progressivement, augmenter l’amplitude de battements.

Baddhakonasana en dynamique ou “Le Papillon qui tangue”

Baddhakonasana en dynamique ou Posture du Papillon

Garder la posture du Papillon pour cet autre exercice. Puis basculer le poids du corps sur un côté puis sur l’autre, de sorte à le mettre en mouvement, vers la droite, puis vers la gauche.

Commencer avec peu d’élan, et donc une faible amplitude de mouvement, puis augmenter.

Si vous êtes très à l’aise, vous pouvez même effectuer un tour complet sur vous même dans un sens, puis dans l’autre, en prenant un peu plus d’élan!

Flexion avant, jambes pliées et écartées, sur un coussin

Flexion avant, jambes écartées et pliées, avec l'aide d'un coussin (1)

S’asseoir sur le sommet des ischions, les jambes écartées et légèrement pliées. Sur une inspiration, redresser la colonne vertébrale en allongeant le dos.

Flexion avant, jambes écartées et pliées, avec l'aide d'un coussin (2)

Sur l’expiration, fléchir le tronc en avant partir du bassin. Veiller à ne pas arrondir le dos.

Quitter la posture en poussant sur les mains.

Posture de l’Huître

Posture de l'Huître

Cette posture est une variante plus accessible de Kurmasana, la posture de la Tortue. Elle est parfois nommée posture de l’Huître.

En position assise, plier les jambes et placer les plantes des pieds l’une contre l’autre. Les jambes forment ainsi un losange allongé. Dans cette position, les pieds sont très éloignés du corps (ce qui ne se voit pas très bien sur la photo).

Inspirer en redressant le dos. Expirer en fléchissant le bassin vers l’avant. Dans la posture complète, le front touche les pieds.

S’il est difficile de descendre, éloigner encore un peu plus les pieds de soi, tout en gardant les plants de pieds l’une contre l’autre.

Quitter la posture sur une inspiration, en s’aidant de la poussée des bras.

Posture du Vautour

Posture du Vautour

Se référer à l’article dédié à cette posture (lien).

Niveau 2

Baddhakonasana

Baddhakonasana, la Posture de l'Angle Lié

C’est exactement la même posture que celle que l’on prend pour faire le Papillon:

Assis, plier les genoux et approcher les pieds du pubis; puis mettre les plantes des pieds l’une contre l’autre.

Veiller à bien s’asseoir sur toute la largeur du bassin, ne pas se laisser basculer en arrière, même légèrement. Si c’est le cas, éloigne un peu les pieds du pubis.

Redresser la colonne vertébrale. Mettre de l’espace entre le nombril et les clavicules, en respirant profondément et en dégageant la poitrine, qui s’ouvre vers l’avant.

Descendre progressivement les genoux en direction du sol, et si possible, jusqu’au sol. Respirer plusieurs fois ainsi.

Attention de ne pas laisser les plantes des pieds s’écarter: c’est plus facile, mais l’ouverture des hanches n’est plus la même!

Baddhakonasana, en flexion avant

Puis, se pencher progressivement vers l’avant, en essayant de ne pas arrondir de trop le dos. Si votre souplesse le permet, venir déposer le front au sol, devant les pieds.

Les Indiens ont des hanches beaucoup plus souples que les nôtres. Ceci est dû à la posture accroupie, qui y est encore très usitée. Les os du bassin s’assouplissent pendant la petite enfance. En Occident, nous sommes habitués aux chaises, et donc peu enclins à l’ouverture des hanches.

Etirement de la hanche en torsion

Etiremet de la hanche, en torsion assise

Assis sur les talons, venir ensuite déposer les fessiers à gauche des jambes. Puis plier la jambe droite, diriger le genou vers le haut et poser le pied au sol, contre la cuisse.

Pour cet exercice, il faut rester tout le temps assis sur les deux fesses. Si l’une d’entre elles se lève, avancer le pied de la jambe supérieure plus en avant.

Une fois le bas du corps correctement placé, se redresser en allongeant le dos. Puis progressivement rapprocher la cuisse du tronc en vous aidant des bras.

Respirer plusieurs fois dans la posture. Puis pratiquer à l’identique de l’autre côté.

“Bercement de la jambe”

Bercement de la jambe

Assis, jambes croisées, soulever une jambe et la prendre dans ses bras, un peu comme un bébé. Sur la photo, ce n’est pas tout à fait ça: j’aurais dû prendre la jambe au niveau du genou avec le bras droit.

Ensuite, bercer la jambe en faisant des petits mouvements de rotation vers la gauche, puis vers la droite:

  • de gardant le dos bien droit (pour ne pas le voûter),
  • en gardant la jambe proche de soi,
  • en reculant en maximum le genou vers l’arrière.

Puis, changer de côté.

Pied devant la poitrine, puis devant le visage

Assis jambes croisées, attraper un pied puis, délicatement l’approcher de la poitrine, comme dans l’exercice ci-dessus, tout en gardant le dos droit et l’avant du corps dégagé.

Pied devant le visage

Puis monter le pied plus haut, jusqu’à la hauteur du visage, tout en gardant le dos droit et l’avant du corps dégagé.

Puis changer de côté.

Flexion avant, jambes pliées

Flexion avant, jambes écartées et pliées

C’est exactement le même exercice que celui décrit sous niveau 1, mais sans le coussin:

S’asseoir sur le sommet des ischions, les jambes écartées et légèrement pliées. Sur une inspiration, redresser la colonne vertébrale en allongeant le dos.

Sur l’expiration, fléchir le tronc en avant partir du bassin. Veiller à ne pas arrondir le dos.

Quitter la posture en poussant sur les mains.

Niveau 3

Gomukha Paschimottanasana - Etirement de la hanche en flexion avant

Gomukha Paschimottanasana - Etirement de la hanche en flexion avant

Voici une posture avec laquelle on ne peut pas tricher sur l’étirement arrière de la jambe, puisque la jambe pliée vient appuyer sur le genou de la jambe tendue…

Assis jambes tendues devant soi, plier la jambe droite et la poser sur la cuisse gauche, de sorte à ce que les orteils pointent sur le côté. Le genou droit est posé contre le sommet du genou gauche.

Inspirer en redressant le dos et en ouvrant l’avant du tronc.

Gomukha Paschimottanasana - Etirement de la hanche en flexion avant

Puis expirer en fléchissant le bassin vers l’avant. Respirer lentement, en rapprochant le ventre de la cuisse, tout en allongeant le tronc vers l’avant.

Puis remonter sur une inspiration. Changer de côté.

Gomukhasana en flexion avant

Gomukhasana (1)

Assis sur les talons, venir ensuite s’asseoir à gauche des jambes.

Passer la jambe droite par dessus la gauche, ramener le pieds vers l’arrière et descendre le genou droite juste au dessus du genou gauche.

Veiller à rester assis sur les deux fessiers. Garder le haut du corps bien droit. Respirer lentement 5 dans la posture.

Faire attention aux articulations des genoux et des hanches.

Gomukhasana, en flexion avant

Ensuite, fléchir le bassin en avant et poser les avants-bras au sol. Respirer lentement 5 fois dans la posture. Se redresser en poussant légèrement sur les mains. Puis changer de côté.

Passer la jambe derrière l’épaule

Passer la jambe derrière l'épaule

Assis, jambes croisées, pratiquer l’exercice du “pied devant la poitrine, puis devant le visage”.

Puis saisir la jambe et d’un mouvement lent venir la placer derrière l’épaule, sans voûter le dos.

Si l’exercice est abordable, tendre ensuite la jambe, derrière l’épaule.

Changer de côté.

Prasarita Padottanasana

rasarita Padottanasana

Debout, jambes écartées, pieds parallèles et orteils légèrement orientés vers l’intérieur. Bien appuyer la plante des pieds sur le sol. Les mains sur les hanches. Inspirer, allonger la colonne vertébrale, ouvrir l’avant du tronc, contracter les fessiers.

Expirer, fléchir le bassin en avant, en veillant à ne pas arrondir le dos. Déposer le sommet de la tête au sol. Déposer les mains à plats, dans l’alignement des pieds. Les bras sont pliés à angle droit.

Respirer plusieurs fois dans la posture. La quitter sur une inspiration, en veillant à ne pas courber le dos.

Pour accentuer l’étirement, monter les ischions vers le haut. Veiller à bien tendre les genoux.

Upavistakonasana, la posture de l’Angle Assis

Upavistakonasana

Cette posture étire particulièrement la face interne des cuisses, tonifie les jambes et ouvre les cuisses.

En position assise, écarter largement les jambes, tout en les maintenant tendues. Ne pas laisser les genoux et les orteils rouler vers l’extérieur. Etirer les talons, pour mieux étirer l’arrière des jambes. Redresser la colonne vertébrale, avancer la poitrine et laisser le bassin rouler vers l’avant, sans encore se pencher complètement en avant. Attraper les gros orteils avec les index et les majeurs. Garder les bras tendus.

Si cette version est plus abordable, placer les mains au sol. Faire une pose de quelques respirations. Maintenir le dos bien allongé, ne pas le laisser se voûter. Maintenir cette posture pendant quelques respirations.

Expirer en se penchant lentement en bas et en avant. Venir poser le front, ou si possible le menton et la poitrine, sur le plancher. Les orteils et les genoux pointent vers le haut. Respirer doucement et régulièrement. Contracter fortement les muscles antérieurs des cuisses. Maintenir la posture quelques respirations.

Pour quitter la posture, s’aider des mains qui poussent le sol pour remonter, puis rapprochent les jambes.

Akarnadhanurasana, la posture de l’Archer

Akarnadhanurasana, L'Archer

Assis, jambes tendues devant soi. Attraper le gros orteil gauche avec l’index et le majeur de la main gauche. Plier la jambe droite. Attraper le gros orteil droit avec l’index et le majeur de la main droite. Monter et reculer le genou droit autant que possible. Amener le pied droit à proximité de l’oreille droite.

Maintenir la posture 5 à 10 respirations. La quitter sur une expiration. Changer de côté.

Tittibhasana, la Posture de la Luciole

Tittibhasana ou Posture de la Luciole

Cette posture d’équilibre nécessite des articulations des poignets en bonne santé.

Debout, les pieds écartés d’environ 30 cm. Se pencher en avant, et passer un à un les bras entre les jambe, pou caler les épaules derrière les genoux. Placer les mains à plat au sol, les doigts dirigés vers l’avant.

Les jambes doivent être aussi remontées que possible sur les bras.

S’incliner peu à peu en arrière et transférer le poids du corps sur les mains. Reposer l’arrière des cuisses sur le haut des bras. Redresser les bras et s’équilibrer sur les mains.

Lever les pieds du plancher et tendre autant que possible les jambes. Etirer les orteils et regarder devant soi. Maintenir la posture 5 à 10 respirations.

Quitter la posture sur une expiration. Fléchir les coudes, plier les jambes, s’asseoir sur le sol.

Tittibhasana ou Posture de la Luciole

Pour rire: “C’est bien beau! Mais maintenant, comment je passe la marche arrière?”
Source pour la description de certaines postures: La Bible du yoga, Christina Brown, Guy Trédaniel Editeur.

7 réponses

août 30 2007

Kena Upanishad

Publié par Michèle sous Philosophie

Kena signifie “Par qui”. Elle est rattachée au Sama Veda, l’un des 4 Vedas. Comme l’Isha Upanishad, la Kena Upanishad porte le nom du premier mot qui la compose. Son texte très court, est divisé en 4 sections (ou Khanda). Elle est parfois aussi appelée la Talavakara Upanishad.

Son histoire est celle d’un maître qui enseigne à son disciple la nature de Brahman…

Rishi

Je rappelle que je ne fais qu’étudier les Upanishads et que je ne suis pas spécialiste en la matière. Je fais donc largement appel à des sources, que je rassemble, en mettant en évidence ce qui me semble essentiel. Mon effort vise, autant que faire se peut, à rendre ces textes d’une grande force, accessibles à un large public.

La trame de la Kena Upanishad

Les deux premiers Khanda, écrits en vers, racontent le dialogue entre un disciple et son maître. Ce dernier explique au premier la nature insondable du Brahman (le Principe Divin), qui se trouve derrière le monde des phénomènes.

Le maître démontre que le Divin ne peut être connu que par l’intuition, et non par la dialectique. Les nombreuses explications mènent toutes à Brahman, “par qui”… tout cela fut créé. Car Il est le Pouvoir Central qui illumine toute chose et tout être: Il est indivisible.

Les deux derniers Khanda, en prose, racontent une fable, dans laquelle les dieux manquent à reconnaître Brahman, parce qu’ils imaginent qu’ils sont eux-mêmes responsables d’une victoire. En fait, la victoire revient au Brahman…

Selon Swami Nikhilananda (auteur de “The Upanishads”, Volume I, 1990), les dieux de la fable représentent les forces psychiques qui contrôlent les organes des sens. Indra, le Roi des Dieux, est la Conscience de soi, le “je”, qui est leur chef. Les démons (qui ont été vaincus par Brahman dans la bataille) représentent les passions malignes de l’homme.

Parfois, les sens sont capables de dépasser une passion et d’obtenir soudainement un aperçu de l’Atman. Alors, ils sont fiers et pensent contrôler le Brahman tout entier…

Extraits de la Kena Upanishad

(Traduite et annotée par M. Buttex, d’après la version anglaise de Vidyavachaspati V. Panoli)

L’Upanishad commence par les questions du disciple :

I-1. Sous la direction et la volonté de qui l’esprit se dirige-t-il vers les objets? Sous la direction et la volonté de qui le Prana [1], cette énergie primordiale, se meut-il? Sous la direction et la volonté de qui les paroles sortent-elles de la bouche des humains? Qui est-Il, cet Être rayonnant qui unit l’œil et l’oreille aux objets qu’ils captent?

Suivent les explications du maître:

I-2. Il est l’oreille derrière l’oreille, l’esprit derrière l’esprit, le discours derrière le discours, la vitalité derrière la vitalité, et le regard derrière le regard. En vertu de cela, les sages, qui se sont affranchis de l’identité aux sens et qui ont renoncé au monde, parviennent à l’immortalité.

I-3. L’œil ne peut L’atteindre, ni la parole, ni le mental, et nous ne connaissons pas Sa nature. De ce fait, nous ne savons pas comment délivrer un enseignement à Son sujet. Car Cela est différent du connu, mais aussi de l’inconnu. Voici, en leurs propres termes, ce que les anciens nous ont enseigné à Son sujet.

I-6. Cela qui n’est pas visible pour l’œil, mais par quoi l’homme se rend compte de l’activité de sa vue, sache que Cela seul est Brahman, et que n’est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

I-7. Cela qui n’est pas audible pour l’oreille, mais par quoi l’homme se rend compte de l’activité de son ouïe, sache que Cela seul est Brahman, et que n’est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

I-8. Cela qui n’est pas inhalé avec le souffle, mais par quoi le souffle est inhalé, sache que Cela seul est Brahman, et que n’est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

Alors, le maître met son disciple en garde, car la compréhension véritable n’est pas si simple qu’il n’y paraît:

II-1. Si tu penses : “Je connais bien Brahman, maintenant”, c’est que tu n’as compris que bien peu de la vraie nature de Brahman. Ce que tu connais de Sa forme, de même que cette forme que tu te figures à propos des divinités, est également bien peu. Tu dois donc poursuivre ton enquête sur la nature de Brahman.

II-2. Je ne pense pas que je connais Brahman, je ne pense pas non plus qu’Il me soit inconnu. Je Le connais et ne Le connais pas, tout à la fois. Celui parmi nous qui connaît cette vérité paradoxale, connaît Brahman; mais pas celui qui pense bien Le connaître, ou ne pas du tout Le connaître.

II-3. Celui qui pense ne pas Le connaître, celui-ci Le connaît. Et celui qui pense Le connaître, celui-là ne Le connaît pas. Les vrais connaisseurs pensent qu’on ne peut jamais Le connaître parfaitement (en raison de son Infinitude), tandis que l’ignorant pense qu’il Le connaît bien.

Le maître raconte à son disciple la fable:

III-1. Voici une histoire bien connue: un jour, Brahman remporta une victoire en faveur des dieux. Ceux-ci en furent transportés de joie, au point d’en oublier que c’était Brahman, le victorieux.

III-2. Ils en furent vite convaincus: “C’est de nous seuls que provient la victoire, à nous seuls en revient la gloire”. Brahman reconnut là leur fierté, et il alla les trouver, mais ils ne Le reconnurent pas, car il leur apparut sous les traits d’un Yaksha (un génie) venu les honorer.

Un à un, Agni, le dieu du Feu, Vayu, le dieu de l’Air, vinrent au devant de cette apparition pour démontrer leurs pouvoirs. Mais le dieu du Feu ne réussit même pas à brûler la brindille que le génie-Brahman plaça devant lui. Le dieu de l’Air ne réussit même pas à faire s’envoler ce même brin d’herbe. Enfin, Indra, le roi des Dieux, s‘approcha du génie:

III-12. À l’endroit même où se tenait le Yaksha un instant auparavant, se trouvait une femme au charme remarquable, dont Indra s’approcha. À Uma au teint d’or, fille des Himalayas, il demanda: “Quel est donc ce grand mystère?”

IV-1. “C’était Brahman”, répondit-elle. “De la victoire qui était sienne, vous vous réjouissiez et en tiriez gloire!” Indra comprit sur-le-champ que le Yaksha était Brahman.

Le maître termine son enseignement:

IV-4. Les instructions sur la méditation sont similaires à cet enseignement que Brahman donna aux dieux en apparaissant puis disparaissant devant eux avec la soudaineté de l’éclair, avec la rapidité d’un cillement. Telle est – connaissable uniquement par analogie – la nature divine de Brahman.

IV-7. Le disciple demanda: “Révéré Maître, parle-moi encore de cette Upanishad.” “Je viens de te l’enseigner. C’est bien sur Brahman que porte l’enseignement de cette Upanishad.”

IV-8. Une pratique ardente (Tapas), le contrôle de soi au plan sensoriel et mental (Pratyahara : le retrait des sens, l’intériorisation), l’accomplissement des actes prescrits (Niyama: les pratiques nécessaires sur le chemin spirituel), sont tels des pieds qui mènent à la Connaissance, dont les Védas représentent les membres, et la Vérité, la demeure.

IV-9. Quiconque acquiert ainsi cette Connaissance, voit ses imperfections effacées et s’établit fermement dans l’infinité et la béatitude de Brahman le Suprême. Oui, il s’établit fermement en Brahman.

Note [1] Prana: c’est le souffle, la respiration, le vent, mais encore: le principe de vie, la vitalité, l’énergie, la force. L’Upanishad se réfère donc à l’énergie vitale sous-jacente à toute la manifestation cosmique, non seulement individuelle mais aussi collective.

Enseignements de la Kena Upanishad

La Kena Upanishad explique que, tant que nous pensons être nous-même les auteurs de nos actes, nous sommes incapables de reconnaître Brahman, car c’est Brahman qui est le véritable acteur. La connaissance véritable permet de comprendre que, derrière des apparences trompeuses, le petit “moi” n’existe pas. Le jeu des apparences nous induit en erreur. En réalité, c’est la dualité même qui n’existe pas: il n’y a que le Divin qui joue le jeu de la création. Tout est Brahman.

La notion de Karma, la loi de causalité et d’effet, présuppose que celui qui agit est dans l’ignorance de cette vérité: la réalité est l’Unité. Le sage ne fait aucune distinction : il n’a conscience que du Brahman, l’unique; et ses actions ne sont pas identifiées à son égo. C’est donc Brahman lui-même qui agit à travers lui, et il ne génère donc aucun Karma personnel.

La Connaissance de Brahman passe par une compréhension de nature paradoxale. C’est une Vérité différente, qui dépasse l’intellect et l’entendement. Brahman est un principe indescriptible, omniscient, omniprésent, absolu, qui est sans commencement et sans fin, qui est dans tout et qui est aussi la cause de tout. C’est un être incompréhensible à l’intellect ordinaire. C’est un être mystérieux, totalement hors de portée de toutes les activités sensorielles de tout effort de raisonnement.

La Kena Upanishad enseigne que la Vérité de Brahman est intimement liée avec la nature et l’Homme. Que ce soit le flash d’un éclair, un clignement de l’oeil ou la pensée du mental, le pouvoir qui se manifeste est toujours Brahman. La soudaine Réalité que perçoit l’Homme derrière toute chose, dans un moment d’intuition, doit se transformer en une Réalisation permanente.

Le Pouvoir Unique qui illumine tout et chacun est indivisible. Il est l’Oreille derrière les oreilles, le Mental derrière le mental, le Discours derrière le discours, l’Energie Vitale derrière la vie. Les oreilles ne peuvent pas l’entendre, Il est ce qui fait que les oreilles entendent. Les yeux ne peuvent pas le voir ; Il est ce qui fait que les yeux voient. Le mental ne peut pas l’imaginer; Il est ce qui fait que le mental pense. Il est différent de tout ce que nous connaissons, et tout ce que nous ne connaissons pas.

Ceux qui pensent le connaître, ne le connaissent pas. Ceux qui savent que tout ce que leurs sens perçoivent n’est pas Brahma, sont ceux qui Le connaissent le mieux. Le sage le reconnaît parfaitement, comme étant le témoin le plus secret à l’intérieur de toutes ses cognitions, qu’elles soient sensations, perceptions ou pensées. Alors, Il est véritablement connu. Celui qui connaît Cela, atteint l’immortalité.

Sources :
Les Upanishads majeures, Collection Sagesse et Spiritualité, Editions Sand ;
http://www.les-108-upanishads.ch/;
http://www.realization.org/page/namedoc0/kena/k_i.htm;
http://www.centrejaya.org;
http://www.yoga-age.com/upanishads/kena.html;
http://en.wikipedia.org/wiki/Kenopanishad.

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août 29 2007

Ranahadduasana, la posture du Vautour

Publié par Michèle sous Asana (postures)

La posture du Vautour est une excellente préparation à Kurmasana, la posture de la Tortue, qui sera présentée prochainement.

Prendre la posture du Vautour

Ranahadduasana, posture classique

  • Pour pratiquer Ranahadduasana, s’asseoir jambes largement écartées et genoux légèrement pliés.

Dès le départ, veiller à ce que le bassin soit penché vers l’avant (antéversion), et non vers l’arrière, auquel cas, toute flexion vers l’avant sera impossible. Si c’est difficile, mettre un coussin pour surélever le bassin et aider à la bascule vers l’avant.

  • Inspirer en allongeant progressivement le dos de bas en haut.
  • Puis expirer lentement en inclinant le buste en bas et en avant, les coudes écartés.
  • Poser les coudes au sol. Les mains sont jointes en avant, dans la position du salut (Namasté). Les extrémités des doigts sont placées sous le menton.

Variation 1: Poser les mains sur les pieds. En expirant, baisser le front la tête, jusqu’à ce que le front touche le sol.

Ranahadduasana, variation 1

Variation 2: A partir de la variation 1, entrecroiser les doigts dans le dos, puis redresser les bras à la verticale, paumes des mains vers le bas.

Ranahadduasana, variation 2

Variation 3: A partir de la variation 1, placer les mains en Namasté, dans le dos.

Ranahadduasana, variation 3

Effets médicaux

  • Ranahadduasana procure l’assouplissement du bassin, des hanches et des jambes (ischio-jambiers)
  • Développe la musculature abdominale
  • Accroît l’expansion de la cage thoracique et la ventilation pulmonaire
  • Est favorable aux asthmatiques
  • Aide à lutter contre les affections des voies respiratoires, lorsqu’il y a accumulation de mucosités
  • Augmente la résistance physique et la force
  • Équilibre les fonctions thyroïdiennes et parathyroïdiennes.

Ayurveda et effets subtils

  • Réduit Vata et Pitta, augmente Kapha
  • Favorise la circulation du Prana ou énergie vitale, du bassin vers le sommet du crâne
  • Stimule le plexus solaire et soulage la dépression.

Contre-indications

A éviter en cas de sciatique ou de lombalgie.

Source : Le Yoga thérapeutique, Pierre Jacquemart et Saïda Elkefi, Editions Maloine

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août 29 2007

Isha Upanishad

Publié par Michèle sous Philosophie

Paon

L’Isha Upanishad porte le nom du premier mot qui la compose et qui signifie “Par le Seigneur”. On l’appelle aussi parfois Ishavasya Upanishad. Chaque Upanishad se rattache à l’un des 4 Vedas ; l’Isha Upanishad est rattachée au Yajurveda, le deuxième Vedas, tout particulièrement destiné aux rites, et plus précisément au Yajurveda blanc (il existe aussi le Yajurveda noir).

L’Isha Upanishad est écrite en vers et est la plus courte des Upanishads: elle est formée de 18 vers seulement ; mais on lui reconnaît une grande valeur. C’est souvent par elle que commencent les recueils d’Upanishads, bien qu’elle soit relativement tardive. L’Isha Upanishad offre un résumé bref, mais complet, de la philosophie hindoue, d’une extrême densité. Elle a été commentée à maintes reprises, y compris par de grands sages.

L’Isha Upanishad qualifie l’Etre Suprême de façon paradoxale. Elle le écrit, par exemple, comme Celui qui meut et qui ne se meut pas (qui est immobile), Celui qui est près et celui qui est loin, faisant ainsi prendre conscience de la relativité de tous nos concepts. C’est une manière d’expliquer que Dieu n’est pas descriptible au moyen des caractéristiques et des qualités matérielles que nous connaissons. Il est d’un autre ordre. Cette compréhension permet alors de commencer à percevoir les vérités spirituelles dont traitent les Upanishads.

Le texte

Parce qu’elle est si courte, voici la traduction intégrale de l’Isha Upanishad

Source: http://www.yoga.hm.

Des notes explicatives suivent plus bas.

  1. Reconnais que tout ce qui existe dans ce monde en constante mutation est recouvert par le Seigneur. Apprécie tout ce qu’Il t’offre, ne convoite les biens de personne d’autre. [1]
  2. Agit ainsi et tu obtiendras la libération et l’immortalité [2]. Tu n’expérimenteras ni la mort ni l’attachement. Tu n’auras pas d’autre possibilité que d’expérimenter Dieu.
  3. Il est des mondes sans soleil recouverts d’aveugles ténèbres, s’y rendent après la mort ceux qui ont tué leur âme.
  4. Unique et sans mouvement, Cela est plus rapide que la pensée. Les sens ne peuvent jamais Le rattraper, Cela est toujours devant. Bien qu’immobile, Cela est plus rapide que ceux qui courent après Lui. Mâtarishvan [3], le Vent, qui sinon dessèche, Le remplit d’eau [4].
  5. Cela est immobile et cela se meut. Cela est loin et Cela est près.
    Cela est à l’intérieur de tout et Cela est à l’extérieur de tout.
  6. A celui qui reconnaît en chacun le Soi et le Soi en chacun, le Soi ne se cache plus.
  7. Quelle illusion et quels soucis pourraient-ils rester à qui reconnaît son Soi en chacun et qui ne perçoit que l’unité?
  8. Cela existe par soi, Cela est transcendant, omniscient, pur, impeccable, sans corps, sans muscles [5], Cela ne peut pas être blessé, ne peut pas être atteint par les péchés. Cela a de toute éternité ordonné les choses de votre Nature selon la Perfection.
  9. Qui fait confiance au Non-Savoir entre dans les ténèbres aveuglantes. Qui fait confiance au Savoir entre dans ténèbres plus épaisses encore.
  10. C’est que Cela est différent du Non-Savoir et du Savoir, ainsi que l’on dit les Sages dont nous suivons l’enseignement.
  11. Celui qui reconnaît le Non-Savoir et le Savoir simultanément passera la mort grâce au Savoir, et par le Non-Savoir gagnera l’immortalité. [6]
  12. Qui fait confiance au Non-Devenir entre dans la ténèbre aveugle, Qui fait confiance au Devenir entre dans ténèbre plus épaisse encore. [7]
  13. C’est que Cela est différent du Devenir et du Non-Devenir, ainsi que l’on dit les Sages dont nous suivons l’enseignement.
  14. Celui qui reconnaît le Non-Devenir et le Devenir simultanément passera la mort grâce au Devenir et par le Non-Devenir gagnera l’immortalité.
  15. D’un masque d’or est recouverte la face de la Vérité. O Soleil, enlève-le afin que je puisse connaître la Loi de la Vérité.
  16. O Toi, Nourrisseur, Unique Voyant, Régisseur, Soleil, Père de la Création, rayonne ici Ta Lumière pour moi afin que par Ta Grâce je puisse contempler ta Magnificence. [8]
    Cette personne que je contemple tout là-haut dans le Soleil, je suis Cela !
  17. Laisse mon souffle de vie regagner l’immortalité, laisse mon corps redevenir cendre. Om, O Volonté, souviens-Toi de ce qui fut fait ! O Volonté, souviens-Toi de ce qui fut fait ! [9]
  18. O Feu, Toi qui connais toute chose manifestée, conduis-nous sur le chemin vers la Félicité, débarrasse-nous de nos mauvais attachements aux péchés ! A Toi, nos plus beaux chants d’hommages !

Notes

[1] Ne convoite aucun bien, pas même les biens spirituels.
[2] Il s’agit de l’action désintéressée, sans motif égoïste aucun, ni même le désir d’accumuler du karma positif. Cette action est faite uniquement au nom et par amour du Soi, commun à tous les êtres. Il est question de cette attitude dans la très célèbre Bhagavad Gita.
[3] Matarishva est l’éther primordial. Il est “Celui qui se répand dans la Matrice”, à la fois espace et air.
[4] Ici, il est question du Prana, le principe de vie, la vitalité, l’énergie, la force qui remplit les êtres vivants.
[5] L’Un est sans parties, sans structures organiques.
[6] Cette phrase semble contenir un paradoxe. Notre logique veut que seule l’immortalité vainc la mort. Mais l’Isha Upanishad dit que la Connaissance (le Savoir) et l’Ignorance, (l’Illusion qu’est le monde impermanent) son indispensables. En fait, dans la logique philosophique indienne, elles ne sont pas totalement opposées: elles sont les deux pôles du Savoir. Le sage doit avoir pleinement compris et délimité l’Ignorance fondamentale à la lumière de la Connaissance. Ignorance et Connaissance sont les deux pôles, opposés mais nécessaires et complémentaires, du Savoir. Le sage, est à la fois celui qui est immergé dans la lumière du Soi, et celui qui connaît tous les tours de l’Illusion du monde impermanent qu’il observe autour de lui.
[7] “Non-Devenir” fait appel à la notion philosophique de “Prakriti”, qui représente ici la Nature non manifestée (à l’état indifférencié). La Nature, source primordiale du monde manifesté, est constituée des 3 Gunas (Sattva, Rajas et Tamas).
“Devenir” fait appel à la notion philosophique de “Hiranyagarbha”, “Celui qui est né de l’Œuf d’or”, l’un des noms de Brahma, le créateur. “Hiranyagarbha” représente la manifestation considérée sous son aspect subtil, et soumise, in fine, à la dissolution.
[8] Ici, le Soleil symbolise Vidya, la Connaissance et Vérité, dont l’éclat pur est insoutenable, et qui est habituellement voilée.
[9] Ce vers met en évidence la distinction entre le corps périssable, que l’on quitte pour en reprendre un nouveau dans la prochaine incarnation, et l’âme immortelle qui s’en retourne à la source de Vie, Prana.

Source: http://www.les-108-upanishads.ch.

Concepts véhiculés

L’Isha Upanishad met en exergue la notion de Karma. Elle prône une vie simple, le contentement de ce qui est donné et la non-convoitise des biens d’autrui.

Elle mentionne aussi les réactions karmiques négatives, liées au non respect des autres êtres vivants, en recommandant de reconnaître le Soi en chacun.

La vénération des Deva (demi-dieux: ici le “non-Devenir” et le “Devenir”) est condamnée, en faveur de celle du Dieu Suprême. La récompense de l’adoration de l’Être Suprême, est la Connaissance et la Félicité éternelle.

L’Isha Upanishad décrit la nature de la Personne Suprême, comme le contrôleur (Ish), qui est derrière l’Univers. Certains commentateurs traduisent “Ish” comme étant l’Atman (l’Être Suprême) ou l’atman (avec un petit “a”), l’âme individuelle, qui a fit l’expérience profonde de l’Atman (Réalisation).

Sources: Dictionnaire de la sagesse orientale, Robert Laffont; Wikipedia (anglais) ; http://www.les-108-upanishads.ch, http://www.stephen-knapp.com/sri_isha_upanishad.htm, http://www.yoga.hm.

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août 28 2007

Notions essentielles autour des Upanishads

Publié par Michèle sous Philosophie

Les quelques termes ci-dessous sont fréquemment rencontrés en philsophie indienne et ils sont particulièrement utiles pour comprendre les Upanishads, que je compte présenter ici prochainement.

Je ne suis pas une grande sanskritiste, non pas du tout! J’essaie de transmettre ce que j’ai reçu et qui m’a personnellement beaucoup apporté, de la façon la plus simple possible. Bonne lecture!

Les lanternes derrières les Koshas

Upanishad

Upanishad (du sanskrit “upa”, déplacement physique, “ni”, mouvement vers le bas et “shad”), signifie littéralement “venir s’asseoir au pied du maître pour écouter son enseignement”). Les Upanishads sont une classe de textes sacrés. Elles font partie de la Shruti, ce qui signifie, selon la tradition indienne, qu’elles sont d’origine divine et qu’elles ont été révélées à des sages. Les Upanishads se réfèrent aux Vedas, les textes sacrés “source”, à la base de l’Hindouisme; elles sont d’ailleurs situées à la fin de leurs différentes sections.

Atman

L’Atman, c’est l’âme immortelle, l’esprit, ou le «soi» dans la tradition hindouiste. Le soi est le spectateur du corps et de la pensée, car il se situe au-delà. On dit qu’il est conscience absolue, et en ce sens, il est identique à Brahman (l’Absolu, le Divin, ce qui au-delà des notions de temps, d’espace et de causalité). Par ailleurs, il arrive que le mot Atman soit aussi employé pour signifier Brahman.

La grande distinction entre le Bouddhisme et l’Hindouisme est que le Bouddhisme nie l’existence de l’Atman.

Karman

Karman signifie “action“. L’acte peut être physique ou pensé. Il est soumis à la loi de la causalité. Une cause particulière appelle un effet spécifique. L’effet peut être instantané ou différé. Je lâche un vase (c’est la cause) et le vase se brise (c’est l’effet immédiat). Pour les hindous et les bouddhistes, tous les actes intéressés, qu’ils soient positifs ou négatifs, déterminent non seulement l’avenir dans cette vie, mais aussi les futures incarnations de l’âme individuelle. Par extension, Karma désigne la Loi de cause à effet.

A noter que l’origine étymologique indoeuropéenne [kr] de Karma est la même que celle du mot “création”.

Samsara

Le Samsâra se traduit par “ce qui circule”; c’est la Roue des Morts et des Naissances, qui est empreinte de souffrance. Le Samsâra est le cycle des transmigrations de l’âme. Les réincarnations sont conditionnées par les Karma, qui lient l’âme individuelle, ou Jivatman, au monde. L’existence est alors empreinte de la souffrance, liée à l’impermanence de ce monde, et à l’ignorance de la véritable nature de l’Atman. L’individu s’accroche à ce qu’il désire (et qui est transitoire) et a oublié sa véritable nature, qui est divine.

Pour les hindous, le Jivatman transmigre, et passe de corps en corps, jusqu’à sa délivrance, lorsque l’âme individuelle aura atteint la sagesse. La félicité expérimentée alors enlèvera au sage tout désir pour ce monde, et toute renaissance deviendra caduque.

Moksha

Moksha signifie “libération finale” de l’âme individuelle (Jivatman), du cycle des morts et renaissances (Samsara).

Chaque réincarnation peut rapprocher ou éloigner l’âme individuelle de Moksha, selon son Karma.

Samnyasin (ou Sannyasin)

Samnyasin signifie “celui qui est hors (ou au-delà) des castes”. C’est ainsi que son désignés ceux qui ont renoncé aux tâches de ce monde et donc à la vie mondaine. Ce sont les moines qui ont choisi de se consacrer à la quête en vue de la libération finale.

Vedanta

Ce mot est composé de “Veda” (le “Savoir”, les 4 grands ensembles de textes sacrés sur lesquelles s’appuie l’Hindouisme) et “Anta” qui signifie “la fin”. Le Vedanta, c’est “la fin des Veda“, ou plus exactement, ce sont les considérations finales, contenues notamment dans les Upanishads.

Il s’agit d’un des 6 grands systèmes philosophies de l’Inde (ou Dharshana), comportant lui-même deux catégories:

Le Vedanta dualiste (le Dvaita Vedanta) qui distingue la créature de son Créateur. La conscience ordinaire est toujours soumise à la dualité entre le sujet et l’objet. Seul les grands mystiques dépassent cette limitation.

Le Vedanta non-dualiste (l’Advaita Vedanta) qui dit que “tout est Brahman”. Tout est le Divin: il n’existe que l’Un sans second. Il y a donc unité entre l’âme individuelle et l’âme universelle.

Toutes ces écoles du Vedanta reconnaissent le Samsara (la transmigration), la Libération (Moksha) qui est le moyen d’y échapper, l’autorité des Vedas, Brahman qui est la cause de l’Univers, ainsi que la Loi du Karma.

Aum – Om

“Om”, “Aum” ou ” ॐ ” est la syllabe sacrée, constituée des trois lettres AUM. Ce son est un Mantra, une syllabe mystique que les hindous considèrent comme chargée d’énergie. La plupart des Mantras commencent par “Om”.

Dans les Upanishads, Om représente l’univers entier et sa partie, le présent et le futur, tout comme Paramatma, le Soi universel. “Aum” est le son primordial, la graine de tous les autres sons. Il représente la vibration indifférenciée originelle, de laquelle la manifestation entière est issue, au moment initial du Big Bang.

Kosha

Selon le Vedânta, à l’origine était la pure Conscience, l’Absolu, Brahman. Puis Mâyâ (la Manifestation) a émané de Brahman, sans lequel elle n’a pas d’existence propre. Elle est la cause initiale, l’énergie créatrice et de transformation, l’origine de l’Univers. Puisqu’elle n’a pas d’existence propre, elle est la grande illusion. L’univers matériel est le résultat d’une projection tout d’abord extrêmement subtile, puis progressivement densifiée, jusqu’à la matière. Ses limitations sensorielles et mentales ne permettent pas à l’Homme de percevoir l’Âtman, la véritable nature de l’Univers.

Kosha signifie en sanskrit enveloppe, revêtement, gaine ou voile. La projection de la création et sa densification a induit les Kosha. En voici une première explication: une pièce est dans le noir le plus total. L’observateur ne peut y voir que l’obscurité. Dans cette pièce, il y a pourtant une lanterne; mais elle est recouverte par de nombreux voiles, qui ne laissent pas passer la lumière. L’Homme est ainsi pareil à la lanterne. Il est recouvert de cinq voiles - ou Kosha - superposés. En son centre le plus secret, brille la lumière de l’Âtman, l’âme individuelle, pure et identique à l’Âtman universel. Mais ses sens physiques ne lui permettent pas de voir sa véritable nature. Au contraire: ses sens le poussent à se projeter dans le monde extérieur matériel. A l’image de la lanterne ci-dessus, pourtant allumée, il ne peut voir ni être conscient de sa propre lumière…

Les Kosha cachent à l’humain sa véritable nature. Le Yogi entame un retour à la source, en perçant un à un les voiles, par sa conscience. Il sait que plus il se concentre sur la matière, plus la source, l’Âtman, est masqué ; plus il retourne à l’intérieur et se connecte à sa nature véritable, au-delà des Kosha, plus il s’en rapproche. En fin de course, le Yogi fait l’expérience de la source lumineuse à l’intérieur. Le Jivatman (âme individuelle), qui aspire à la libération, fait le chemin inverse à celui de la projection lors de la création de l’Univers. Il remonte, à contre-courant, dans les Kosha, du plus grossier au plus subtil, et finalement les dépasse. Cette tâche est extrêmement difficile. Au lieu de se projeter dans le monde extérieur, dans le “faire” et l’ “avoir”, le Yogi rentre à l’intérieur de lui-même, apprend à se connaître et à “être”, jusqu’à retrouver en lui l’Unité dans l’Âtman.

Annamaya Kosha

Annamaya Kosha est le plus dense des cinq Kosha, l’enveloppe faite de “nourriture”: le corps physique.

Pranamaya Kosha

Pranamaya Kosha est le deuxième Kosha, l’enveloppe vitale, dans laquelle circule l’énergie indispensable à la vie.

Manomaya Kosha

Manomaya Kosha, la troisième Kosha, est l’enveloppe mentale.

Vijnanamaya Kosha

Vijnanamaya Kosha, la quatrième enveloppe est celle d’intelligence, des facultés de discrimination (du réel et de l’irréel) et de volition.

Anandamaya Kosha

Anandamaya Kosha est la cinquième enveloppe et la plus subtile. Elle est le corps causal, ou enveloppe de félicité. Ce corps est le plus proche du Divin mais reste un voile, une illusion, qui sépare le sage de la réalisation ultime qui implique le renoncement le plus total, même à l’enveloppe de félicité…

Sources: Dictionnaire de la sagesse orientale, Robert Laffont; Le Yoga et la tradition hindoue, J. Varenne; Wikipedia.

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