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juil 23 2007

Qu’est-ce que l’hindouisme ? (2/2)

Publié par Michèle sous Philosophie

Danse dans une cour de maison indienne

Le Yoga n’est pas une religion. C’est une pratique de vie et une philosophie.

Néanmoins, le Yoga est né dans un contexte socioculturel et religieux qui aide à mieux comprendre son essence. Cet article est la suite et la fin du précédent, consacré à l’hindouisme. Tous deux résument une conférence de Jean Herbert, intitulée “Qu’est-ce que l’hindouisme ?”, donnée le 8 février 1978 au Centre Universitaire Méditerranéen (Nice).

L’hindouisme est à la fois une religion polythéiste et une religion monothéiste, qui reconnaît uniformément l’existence d’un Dieu unique. Mais l’hindou Le juge trop vague et trop lointain pour être abordé. Aussi préfère-t-il Le concevoir sous l’un ou l’autre de ses nombreux aspects. Le Dieu unique est envisagé sous les trois aspects, indissociables à toute action, de:

Créateur (Brahmâ),
Conservateur (Vishnu) et
Destructeur (Shiva).

Deux éléments importants viennent complexifier le panthéon hindou : la Puissance de manifestation des Dieux ou Shakti, représentée comme une Déesse et les avatars, descente occasionnelle de dieux sur terre, dans un corps humain soumis à la vie et à la mort.

Chaque hindou choisit un dieu qui devient sa «divinité d’élection» qu’il placera sur l’autel familial sans oublier qu’il est l’une des images de l’Absolu.

Au niveau du microcosme de l’être humain, chaque homme a un «absolu», l’ âtman dont l’être vivant n’est qu’une manifestation transitoire. L’âtman correspond en nous à ce qui reste permanent (donc vrai), alors que nous avons tendance à nous identifier à ce qui ne dure pas (manifestations transitoires et illusoires telles la matière et la pensées).

L’âtman, éternel, est soumis à des existences corporelles successives pour effectuer son évolution. La loi du karma, ou loi de causalité, connaît pour l’hindou des prolongements des vies précédentes aux vies ultérieures pour autant que les conséquences bonnes ou mauvaises des actes d’une vie ne sont pas épuisées au terme de celle-ci.

La loi du karma, loin du simple fatalisme, crée chez l’individu un sens beaucoup plus aigu de la responsabilité personnelle, à laquelle il est impossible de se dérober. La théorie du karma permet d’accueillir avec plus de sérénité les mésaventures et l’attitude envers la mort est différente: elle est le préalable à une nouvelle vie.

Cette succession de vie trouve fin dans des plans de conscience que nous ne pourrions connaître que si nous y étions. On peut décrire l’état où l’on n’aura plus besoin de renaître comme une union avec le Divin ou le plan de conscience de l’Absolu. Pour s’acheminer aussi rapidement que possible à cet état désirable, l’hindouisme propose les «yogas», pratiques, sous-tendues par des bases morales, de discipline suivie, avec pour but principal l’évolution spirituelle.

Un vaste éventail de yogas, aux techniques minutieusement détaillées et dont une expérience multiséculaire a confirmé l’efficacité, s’offre au pratiquant qui peut les choisir selon son tempérament. Ces yogas éveillent des forces qui peuvent présenter de sérieux dangers si on les pousse trop loin sans être guidé par un maître expérimenté et moralement sûr.

Fin du discours de Jean Herbert

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Voici encore un complément au texte de Jean Herbert, pour permettre d’en savoir en peu plus et aussi de visualiser la trinité (trimurti) hindoue.

BRAHMA

Brahma et sa parèdre, Saraswati

Bien que peu de temples lui soient consacrés, Brahma, est le créateur de l’univers, il représente l’espace temps, la tendance rajas (action). Il est le grand architecte.

Brahmâ a 4 têtes. Sa couleur est rouge ou rose. Il a quatre bras. On le représente généralement sous la forme d’un homme dans la force de l’âge portant la barbe. Il est souvent vêtu d’une peau d’animal. Sa monture est le cygne blanc, symbole du savoir.

Sarasvati, déesse de la connaissance, de la poésie et de la musique, est sa Shakti, ou compagne.

VISHNU

Vishnu et sa parèdre Lakshmi

Dans la Trimurti, Vishnu est l’Immanent, il représente la préservation, la force de cohésion, “sattva “. Tout ce qui dans l’univers tend vers un centre, vers la concentration, la cohésion, tout ce qui tend à créer la lumière, la vérité, est représenté par Vishnu. Il représente le principe de la continuation, symbole de la vie perpétuelle.

“Dans mes quatre mains je tiens une conque, un disque, une massue et un arc ou un lotus. Mes bras sont ornés de bracelets. Je porte une guirlande, un diadème et des boucles d’oreilles en forme de monstres marins.”

Vishnu est souvent représenté avec un visage noir ou bleu. Il a 4 bras et est vêtu d’un voile jaune.
Il porte une haute couronne sur la tête, une massue (protection), un disque (symbole du cycle de la vie et de la mort), une conque (dont le son est l’image du son primordial, le point de départ de la création), un lotus (symbole de beauté, de bonheur et de renouvellement perpétuel; c’est l’image de l’univers), un arc (aspect destructeur de la notion d’existence individuelle).

La monture de Vishnu est Garuda, l’homme oiseau. Il est le roi des oiseaux, symbole du vent et du soleil. Il se déplace d’un monde à l’autre à la vitesse du vent ou de la lumière.

L’épouse ou Shakti de Vishnu est Lakshmî, la déesse de la fortune et du bonheur. Elle est aussi associée à la beauté et est en relation avec l’agriculture.

SHIVA

Shiva et sa parèdre, Parvati

Dans la Trimurti, Shiva est le principe destructeur, il représente la tendance centrifuge “Tamas”. Tout ce qui dans l’univers tend vers la dispersion, l’annihilation, la destruction, vers l’obscurité, la non-existence, est représenté par Shiva. Mais Shiva est en même temps le symbole de la fertilité. Shiva est à la fois un dieu d’amour et de destruction. Shiva est la force qui garde en mouvement le cycle des destruction création.

L’image la plus connue de Shiva le montre beau, de couleur blanche, à trois yeux, un croissant de lune au front. De la couronne que forment ses cheveux en broussaille coule le Gange, blanc comme le lait, symbole de pureté. Ses bras sont vigoureux, enduits de cendres et cerclés des bracelets scintillants. Un collier de perle et des serpents entourent son cou. Il porte une peau de tigre. Deux de ses mains tiennent un trident et une hache. Ses deux autres mains font les gestes d’éloigner la crainte et de donner.

Les trois yeux de Shiva représentent le soleil, la lune, le feu. Avec ses trois yeux Shiva peut voir le passé, le présent et l’avenir. L’Å“il frontal est celui de la perception transcendante.
Le croissant de lune, placé près du troisième œil, montre le pouvoir de procréation proche de celui de la destruction.
La peau de tigre est le symbole du pouvoir de la nature, montre que Shiva est le maître de la nature.
Le serpent, symbole de mort, montre que Shiva au-delà de la mort et est entouré par la mort.
Le serpent représente aussi la kundalini (énergie latente).
Le Gange coule de ses cheveux. Le Gange purifie toutes choses. Il est l’élément essentiel de la pureté rituelle.

Il y a deux aspects de Shiva, l’un effrayant et l’autre avenant, agréable. C’est de la destruction que naît la vie. En tant que fin de toutes choses, Shiva est le dieu de la mort; en tant qu’origine de toute création, il est la source de la vie.

Pârvatî est la Shakti, la forme féminine de Shiva. Elle est presque toujours représentée avec lui. Ensemble, ils symbolisent le double caractère de l’UN, de l’Absolu.

Source du texte sur Brahma, Vishnu, Shiva, et pour en savoir plus:
http://www.chez.com/syldefline/dieux/indexdieux.htm
Source des photo des déités hindoue: tirée d’Internet, mais non connues…

2 réponses

juil 21 2007

Le Yoga de B.K.S. Iyengar – vidéo

Publié par Michèle sous .Yoga, A propos du Yoga

Pour continuer le tour des différentes écoles et types de Yoga, voici deux vidéos sur le Yoga Iyengar.

La première montre le maître lui-même, dans sa jeunesse. Difficile me direz-vous, de se faire une idée de ce Yoga, au vu des variations les plus avancées qui y sont démontrées.

La deuxième vidéo montre un cours de Yoga Iyengar, au Brésil. On y voit que des accessoires, tels que les sangles ou autres accesoires muraux y sont utilisés pour perfectionner les postures et travailler la souplesse.

Iyengar recherche l’exactitude de l’asana, qui doit être réalisée dans toute sa pureté. Pas de compensations fausses qui permettent de tricher! Chaque détail est analysé…

Briques de bois, couvertures, chaises, sangles… permettent dans un cas d’améliorer une posture ou de l’approcher, dans d’autres cas de la tenir fermement, et donc de se détendre. Lorsque le corps progresse dans son alignement, moins d’effort musculaire est requis et la relaxation s’améliore naturellement.

L’accent est également mis sur l’endurance, le renforcement de la vigueur physique.

B.K.S.Iyengar est né en 1918. Il pratique et enseigne depuis plus de 60 ans le Hatha Yoga. Il a fondé son école, le Ramamani Iyengar Memorial Yoga Institute (R.I.M.Y.I.) à Pune, dans le sud de l’Inde où il vit.

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juil 20 2007

Morlaix, côté port

Publié par Michèle sous Bretagne

Venue d’une trentaine de bateaux du patrimoine

Bateau traditionnel à  Morlaix

Il y a quelques jours, à l’occasion du 14 juillet, une trentaine de bateaux traditionnels ont remontés la baie de Morlaix, jusqu’au port. Ces bateaux sont magnifiquement entretenus…

Bateaux à  Morlaix

Nous avons profité de cette occasion, pour nous changer les idées, et prendre l’air marin.

Marché celtique

Après le passage des bateaux, nous nous sommes arrêtés au port de Morlaix, où avait lieu un marché celtique. Ce marché regroupait des artisans de plusieurs régions celtes d’Europe, en passant par la Bretagne, les Cornouailles Anglaises, la Galice, le Pays Basque, et d’autres encore.

Bateaux traditionnels à  Morlaix

L’ambiance était agréable, les stands originaux … et gourmands…
Pour terminer, nous avons écouté de la musique traditionnelle, devant les bateaux. Jeunes, enfants, et plus vieux, étaient assis à même le sol pour apprécier les mélodies bretonnes. Nous sommes rentrés dépaysés, heureux d’avoir profité de la journée, … et d’avoir relâché les travaux pendant un jour !

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juil 19 2007

Qu’est-ce que l’hindouisme ? (1/2)

Publié par Michèle sous Philosophie

Hindouisme - Lampe d'autel

Le Yoga n’est pas une religion. C’est une pratique de vie et une philosophie.

Néanmoins, le Yoga est né dans un contexte socioculturel et religieux qui aide à mieux comprendre son essence. C’est pourquoi, les deux prochains articles sont consacrés à l’hindouisme. Ils résument une conférence de Jean Herbert, intitulée “Qu’est-ce que l’hindouisme ?”, donnée le 8 février 1978 au Centre Universitaire Méditerranéen (Nice).

L’hindouisme, appelé Sanatana Dharma, ou « Loi éternelle » par les hindous, est une religion qui ne possède pas de fondateur, et donc ni dogme, ni hérésie possible. Par conséquent, les hindous respectent ce que croit autrui et font preuve d’une immense tolérance.

La base de l’hindouisme est constituée par une énorme masse d’écritures sacrées sur laquelle les Veda, considérés comme antérieures à la création du monde, jouissent d’une autorité absolue. Ses hymnes sont l’expression par des sages de lois qu’ils ont vues dans des visions mystiques et ces lois ne sont autres que celles d’après lesquelles le monde a été créé.

Tout au long des siècles, les hindous se sont attachés à découvrir les sens cachés des Veda. Ainsi sont nées des écoles de recherche philosophique qui offrent des « points de vue » (Dharshana) complémentaires d’étude de la même vérité, trop vaste pour être saisie lors qu’on l’aborde sous un seul de ses aspects.

D’autre part, des sages, sur la base de leur expérience mystique personnelle, ont découvert de plus en plus de significations cachées qui enrichissent et ne peuvent contredire les précédentes.

L’hindouisme, ne suit pas la logique binaire de l’occident ou logique des incompatibilités, mais celle des complémentarités. Par exemple, au lieu d’opposer chaud et froid, haut et bas, les hindous y voient deux aspects complémentaires et indissociables de la température et de l’espace.

L’hindouisme explique plusieurs cosmogonies qui paraissent contradictoires. Mais, comme la Vérité ou Dieu échappe à la compréhension du mental humain, qui ne peut s’en représenter qu’un aspect partiel, les vues des grands sages n’en sont pas moins «vraies».

Toutes ces cosmogonies visent à représenter le passage progressif de l’Unité à la Multiplicité. Cette opposition/complémentarité fondamentale entre Brahman (l’Absolu) et Mâyâ (la Manifestation) se retrouve dans pratiquement toutes les sectes et écoles.

De l’Absolu émane cycliquement le monde lors de la création et c’est en lui que se résorbe le monde lors de sa dissolution.

Brahman, Vérité ultime, se situe au-dessus de Mâyâ et ne peut admettre aucune dualité entre Créateur et création.

Les écoles philosophiques ne se différencient que par le degré de réalité qu’elles reconnaissent à la Manifestation. C’est dans ce monde de la Manifestation qu’existent les dieux personnels.

L’hindouisme est à la fois une religion polythéiste et une religion monothéiste, qui reconnaît uniformément l’existence d’un Dieu unique. Mais l’hindou Le juge trop vague et trop lointain pour être abordé. Aussi préfère-t-il Le concevoir sous l’un ou l’autre de ses nombreux aspects.

Le Dieu unique est envisagé sous les trois aspects, indissociables à toute action, de:

Créateur (Brahmâ),
Conservateur (Vishnu) et
Destructeur (Shiva).

à suivre…

Un sannyasin, moine renonçant hindou, à  Varanasi (Bénares)

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juil 18 2007

Mouna, le silence

Promenade du petit bois d'Onex

Mouna, c’est la pratique du silence. Mouna c’est rester en silence pendant quelques instants, pendant une matinée, ou le temps d’une promenade, par exemple.

Le silence permet une plus grande présence à soi-même. Il met en présence des autres et de l’environnement. Le silence, c’est donc l’écoute, la disponibilité.

Mouna, c’est aussi la concentration sur le silence intérieur, … ou yoga du son ; car l’écoute du silence, la concentration, est le début d’un véritable voyage de l’extérieur vers l’intérieur.

Lorsque l’on choisit de rester en silence, commence l’observation. Mouna développe ce que l’on appelle la « conscience du témoin », quelque chose de supérieur en nous qui observe le silence intérieur. Mais s’agit-il vraiment de silence ? Non, en général, les pensées sont là, le mental continue son jeu , comme un singe qui bondit d’une branche sur une autre, les pensées s’appellent les unes les autres … L’observation des pensées, sans les nourrir, peut conduire au silence total, au repos du mental, au « non mental », à ce que le yoga nomme « Dharana », l’état de concentration.

Pratiquer Mouna est très simple. Par exemple, si vous faites une ballade seul, vous pouvez vous concentrer sur votre respiration, en restant présent à votre respiration, à votre état intérieur, à la nature extérieure, comme le témoin de vous-même.
Si vous êtes à deux, ou plus, et que cette expérience peut être partagée, convenez de faire une partie de la promenade, l’aller par exemple, en silence; puis le retour, en discutant.

Par une pratique régulière, Mouna permet de devenir conscient de son mode de pensées et de ses réactions émotionnelles. L’arrêt du dialogue intérieur permanent est le but du Yoga. L’observation du silence est une pratique efficace, simple et puissante…

Voici encore quelques citations sympathiques trouvées sur Internet, sur psycho-ressources.com :

« L’idéal du calme est dans un chat assis. Le calme est l’allié de la sérénité. Il est le propre de ceux qui vivent en accord avec eux-mêmes. Nul n’est besoin d’évoluer dans le bruit et le fracas pour se sentir exister. Il faut être seul pour s’apaiser et se retrouver dans le calme de la solitude. »
Jules Renard

« L’affaire n’est pas de trouver mes mélodies mais plutôt de ne pas les piétiner le matin en sautant hors du lit. »
Jean-Sébastien Bach

« Vois-tu, Gilles, dans le bois, hé ben… quand on parle tout le temps, on voit rien ! »
Gilles Vigneault

Les pensées sont comme des nuages; elles nous cachent le ciel bleu et limpide. Elles sont, en outre, un empêchement au silence. Sans doute le silence primordial contient-il un son, ou un mouvement, mais ceux-ci sont partie intégrante du silence. Quand on est silencieux, il n’y a ni entité, ni dissipation, ni agents perturbateurs. Il n’y a qu’intégration parfaite de l’être de plénitude. »
V.-R. Dhiravamsa

« Rappelez-vous que le silence est parfois la meilleure des réponses. »
XIVe Dalaï Lama

Chemin boisée, pour une promenade en Mouna...

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