De la brièveté de la vie – Sénèque

31 août, 2010 dans Sagesses du monde par Michèle

Ainsi, le sentiment du temps qui passe trop vite n’est pas un mal de ce siècle: déjà au tout début de notre ère, Sénèque écrivait son traité « De la brièveté de la vie ». En voici un extrait plein d’actualité que je vous laisse découvrir…

1. La plupart des mortels, Paulinus, se plai­gnent amèrement de la malveillance de la Na­ture : nous venons au monde, disent-ils, pour une durée très limitée et ce temps qui nous a été donné s’enfuit si rapidement, si précipi­tamment que tous, excepté une infime mino­rité, sont abandonnés par la vie au moment précis où ils s’apprêtent à vivre. Et ce prétendu malheur universel ne fait pas seulement gémir le commun des mortels et la masse des igno­rants ; ce sentiment suscite aussi les doléances des hommes illustres.[...]

3. Ce n’est pas que nous disposions de très peu de temps, C’est plutôt que nous en perdons beaucoup. La vie est suffisamment longue et elle nous a été accordée avec une générosité qui nous permet d’accomplir de très grandes choses, à condition toutefois que nous en fassions toujours bon usage; mais lorsqu’elle s’égare dans le luxe et l’insouciance, lorsqu’elle n’obéit à aucune  valeur, il nous faut la contrainte de la nécessité suprême pour que nous nous apercevions qu’elle est passée alors que nous n’avions pas compris qu’elle était en train de s’écouler.

4. Ainsi en est-il: la vie qui nous échoit n’est pas brève, nous la rendons brève; elle ne nous, fait pas défaut, nous la gaspillons. Quand d’abondantes ressources princières tombent entre de mauvaises mains, elles fondent en un rien de temps mais, même modestes, quand elles sont confiées à un bon dépositaire, elle fructifient avec le temps : de même notre vie s’étend amplement pour qui sait en disposer.

2′000 ans après Sénèque, pour les êtres humains, c’est toujours aujourd’hui que commence le reste de la vie…

A nous de nous poser les questions essentielles: Quels sont mes objectifs  de vie?
Plus que le succès matériel ou social, la réalisation de l’être sur le plan de son « Svabhava » (lire à propos du Svabhava), sa réalisation personnelle – ce pour quoi il est né dans ce monde -, est essentielle.

La plupart des gens reconnaissent ce sentiment profond d’être dans la ligne de ce qui est essentiel pour eux, ou de ne pas y être, et de se sentir balloté par la vie, à côté de soi-même…

Est-ce que ma vie actuelle est en adéquation avec mes objectifs les plus profonds? Quels sont les moyens que je mets en œuvre pour les atteindre?

Ce n’est pas demain que commence le reste de ma vie: c’est aujourd’hui!

Que puis-je faire, ici et maintenant, d’accessible, pour me coucher ce soir avec le sentiment de plénitude d’avoir faire quelque chose pour mon être le plus intime, d’avoir fait quelque chose de rassérénant pour mon âme?

Ce sont peut-être des choses très simples… l’avenir m’appartient!

Namasté

Dharana, la Concentration

29 août, 2010 dans .Yoga, Philosophie par Michèle

Dharana est le sixième membre du Yoga, selon les Yoga Sutra de Patanjali. C’est l’art de la concentration.

Désha-bandhash chittasya dhâranâ
Dharana est l’art de la concentration parfaite sur un point.
(Yoga Sutra, III.1)

Le « point » dont il s’agit ici peut-être à la fois un objet, un lieu, un sujet donné. La traduction exacte du sutra parle de « lier le mental en un lieu ». Le sens de « lier » indique bien le mouvement nécessaire que le mental doit réaliser pour s’unir sur l’objet de la concentration. Dans le yoga, lorsqu’on désire illustrer cet état de parfaite concentration, on rappelle l’histoire du grand Archer de la Bhagavad Gîta qu’était Arjuna.

Voici son histoire :

« Drona, un Maître d’armes, enseignait l’art du tir à l’arc aux frères Pandavas, les célèbres héros du Mahabharata. Un jour, Drona avait installé un poisson en bois sur la branche la plus haute de l’arbre le plus haut du lieu d’entraînement. Les cinq Pandanvas se tenaient là, prêts à essayer, à la demande de Drona, d’atteindre avec leur flèche, le dit poisson.

Drona appela le premier des frères et lui demanda avant qu’il ne tire :
« Ami, que vois-tu ? »
« Je vois le bleu du ciel, l’arbre, le vent dans les branches, le poisson » répondit-il ».
« Bien, répondit Drona, alors pose ton arc et ne tire pas ».

Il appela le second et lui demanda avant que ce dernier ne tire :
« Ami, que vois-tu ? ».
« Je vois l’arbre, les branches, la branche sur laquelle est le poisson, le poisson » répondit ce dernier ».
« Bien, répondit Drona, alors pose ton arc et ne tire pas ».

Il appela le troisième et lui posa la même question :
« Ami, que vois-tu ? ».
« Je vois l’arbre, les branches, la branche, les feuilles, le poisson » répondit ce dernier ».
Et Drona ordonna la même chose. Ainsi de suite, aucun prince ne pût tirer sa flèche.

Drona appela enfin Arjurna et lui posa la même question ; Arjurna répondit :
« Je ne vois que l’œil du poisson et rien d’autre ».
Drona lui dit alors ; « Ajuste ton arc et tire ».

Seule l’intensité de la concentration permet d’unir l’observateur et l’objet d’observation.

En Dharana, la conscience de l’objet observé est maintenue. Dharana est la conscience du mental sur l’objet de concentration. La conscience que l’on est en train de se concentrer ne disparaît pas.

Si tel était le cas, nous plongerions alors dans les états avancés de Dhyana, de méditation profonde.

La concentration peut porter sur :

  • des objets extérieurs ;
  • elle peut également se faire sur des supports plus intérieurs comme les chakras du corps,
  • sur des zones physiques plus ou moins subtiles ;
  • elle peut se faire aussi sur des plans mentaux et plus éthériques.

La nature de son support, le lieu de son action, et l’intensité de sa pratique la positionne sur l’échelle des valeurs allant du simple retrait des sens, en passant par la concentration duale pour atteindre ensuite les plus niveaux profonds de la méditation.

Ce qui donc caractérise Dharana, c’est sa capacité à être interrompue. C’est l’étape INDISPENSABLE vers la méditation. Sans elle, pas de réelle méditation… mais un long monologue du mental:

Ce monologue, nous l’expérimentons au quotidien. Nous nous sentons libres dans nos pensées et maîtres de notre « moi » … mais en fait, nous en sommes prisonniers: nous sommes piégés par le mental… car il semble quasiment impossible de cesser le brouhaha des pensées.

Le « moi », c’est l’ego (ahamkara), la conscience individuelle, duelle. L’ego a besoin de la pensée pour survivre.  « Sans pensée, plus de sensation d’exister », pense le mental…

Le mental nourrit donc sa substance dans la pensée.

La pensée, elle,  se raccroche au passé, au souvenir, dans lequel l’ego trouve ses fondement: car « sans souvenir, comment m’identifier à l’ego? qui aurait mémoire de moi? »

… puis, pour prolonger son existence, l’ego se projette dans l’avenir, …

Ainsi, l’égo puise sa réalité dans le temps, qui lui donne pleinement le sentiment d’exister.

Les Yoga Sutra disent ensuite que, si la concentration est maintenue sur la durée, elle se transforme donc en Dhyana:

la conscience du méditant  ne fait plus qu’un avec son objet de méditation – le temps, l’espace et la causalité disparaissent – , c’est le début du grand voyage intérieur et de l’expansion de conscience.

Alors même que l’égo pensait que la non pensée serait la grande dissolution, le méditant est devenu bien plus présent et bien plus conscient:  il est né à une conscience beaucoup plus vaste, et différente: il est sorti des limites que l’égo lui imposait…

(à suivre)

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Exemple de pratique de Dharana: Tratak >>

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Biographie: http://www.centrejaya.org/spip.php?article167 et lectures personnelles

Chandra Namaskar, la Salutation à la Lune, en vidéo

28 août, 2010 dans .Yoga, Séances de Yoga par Michèle

Ca-y-est! J’ai fait un petit film ce matin… et un premier téléchargement de vidéo sur YouTube!

Bon… j’ai fait très simple: aucun traitement de la vidéo, pas d’explications, ni de titres/sous-titres… ce sera pour plus tard ;-)

Mais voilà qui devrait tout de même répondre aux besoins de ceux qui ne comprenaient pas bien les dessins de ma fiche, en dernière page de la séance de Yoga pour l’été >>.

Bon week-end!

Namasté

PS: Ahon miaule à la fin de la salutation…

La relation enseignant et élève en Yoga (2)/ Les relations en yoga

24 août, 2010 dans .Yoga, A propos du Yoga par Michèle

Suite à des emails reçus de la parts de lecteurs, stagiaires ou amis, j’ai envie de reprendre la «plume» pour parler de la relation professeur/élève, car je pense que des lecteurs ont pu interpréter mon premier texte différemment de ce que je voulais dire. En effet, des personnes très impliquées dans leur yoga ont vu, peu ou prou, un message personnel dans mon article, alors que j’étais à 100′000 lieues de penser à elles.

A propos de la « distance » entre professeur et élève

Tout d’abord, pour en revenir à la certaine distance que je peux mettre mes élèves et moi, elle est toute relative.

Car en effet, comme je l’expliquais, je suis d’un naturel très empathique. Je pense être une enseignante très abordable et sans prétention, par rapport à son yoga et à ses connaissances. Ainsi, dans les faits, mon côté très communiquant me rend proche de mes élèves.

Alors quelle est la distance que je dis mettre entre moi et mes élèves ?

Elle est essentiellement de l’ordre de distinguer la vie personnelle du cheminement yogique. La plupart des gens font parfaitement la part des choses, mais il arrive occasionnellement que certaines personnes mélangent les deux. D’ailleurs cela peut arriver à tout le monde, dans un moment ou l’autre particulièrement difficile ou douloureux de la vie.

Il m’est arriver de partager avec des personnes ayant des problématiques existentielles ou tout simplement de vie, qui dépassaient ce que je pouvais leur apporter :

Souhait de me voir impliquée dans une relation familiale ou conjugale passionnelle, partage de la prise de décision d’une séparation/d’un divorce, conseils en cas d’impasse professionnelle ou de problème avec un supérieur, burnout, prise de décision d’un changement professionnel, dépression très avancée, envies suicidaires, choix de suivre ou non un traitement médical prescrit, nécessité d’un suivi psychiatrique, etc.

Je peux bien sûr prendre du temps pour discuter avec ces personnes. D’ailleurs je le fais avec tout l’amour qu’il m’est possible. Simplement, je pense que ce n’est pas le rôle du professeur de yoga de prendre des décisions à la place de leurs élèves, ni de les influencer.

C’est donc un sujet très délicat que j’aborde. Et cela n’a rien à voir avec de l’indifférence.

Mon rôle est, me semble-t-il, avant tout de rappeler à ces personnes les valeurs de la vie, leur propre valeur, et la nécessité impérieuse d’un équilibre. Le professeur de yoga est là pour accompagner la personne en souffrance, dans sa prise de conscience, et dans son apprentissage du yoga. Je peux lui rappeler l’essentiel, sa vraie nature, la relativité des faits, l’importance de donner le meilleur de soi, d’être authentique, d’accepter l’aide d’autrui en cas de besoin. Je  peux aussi lui transmettre la philosophie du yoga, lui faire prendre conscience de la façon de fonctionner du mental, etc. et lui donner des outils simples pour l’accompagner dans une période difficile (postures, respirations, Mudras, Mantras, lectures, etc.).

Le yoga est une recherche permanente d’équilibre pour que l’individu puisse pleinement se trouver et s’épanouir. Les pratiques yogiques vont dans ce sens. Même si par moment, le yoga semble faire passer par des moments d’apprentissage douloureux.

Le Yoga est à ce point de vue, très semblable à l’Ayurveda. L’Ayurveda est une médecine essentiellement préventive : la personne apprend ce qui est bon pour elle, afin de maintenir la santé et de pouvoir pleinement s’épanouir et réaliser ses objectifs de vie, voire même réaliser l’objectif ultime du yoga, l’Harmonie, l’état d’Union.

Le Yoga donne tous les outils pour prévenir des maux de l’âme, et il donne aussi des moyens efficaces pour remonter la pente, lorsque l’âme est en souffrance.

Et c’est ce que peut apporter un professeur de yoga.

Une lectrice de mon article précédent a compris que je parlais d’un phénomène de « transfert » entre prof et élève. [Ce n'est d'ailleurs pas un mot que j'ai employé,  je viens de me rendre compte en me relisant]. Il peut se produire et n’est pas grave en soi. Ça arrive à tout le monde.

D’ailleurs, lorsque j’ai commencé sérieusement le yoga, il y a plus de 20 ans, une enseignante m’a ÉNORMÉMENT apporté. Je ne l’oublierai jamais. Ça a aussi été une de mes plus belles histoires d’amitié… Il y a certainement eu transfert. J’ai été inspirée et je suis moi-même devenue professeur de yoga, ce qui n’a pas été pas un mal, me semble-t-il…

C’est normal que l’on attende beaucoup du yoga,… et des professeurs aussi. Mais là, chacun fait ses expériences.

Dans les centres Sivananda: les professeurs qui font partie du staff fixe sont là pendant six mois, un an, deux ans, … puis disparaissent pour enseigner à l’autre bout du monde du jour au lendemain! C’est ce qui nous est arrivé à la professeur et amie dont je parlais: elle est partie travailler à Paris et moi, j’ai été envoyée à Munich, Vienne, etc. dans d’autres centres de yoga Sivananda. Du jour au lendemain, nous ne nous sommes plus revues.

J’aime beaucoup cette personne pour ce qu’elle est, pour ses connaissances immenses et ses cours m’ont fait naître au yoga. Mais cette séparation m’a appris aussi le plus important: le yoga, c’est essentiellement l’attitude intérieure que j’ai, face à la vie, et dans ma pratique.  Suis-je le jouet de mes émotions et de mes désirs? Ou ai-je de la lucidité et du détachement par rapport à mes attentes et aux fluctuations de la vie? Dans ce dernier cas, tout devient plus simple, et la voie du yoga s’élargit…

La distance élève/professeur dont je parlais s’arrête là.

Rencontres sur le chemin yogique

Ensuite, sur le chemin du yoga, il y a des découvertes, des opportunités d’apprentissage, des surprises: les accueillir, c’est cueillir les cadeaux de la vie.

Ces cadeaux, ce sont parfois aussi des gens, des rencontres. Le plus simple à vivre, est de recevoir ce qu’ils ont à nous apporter, d’échanger naturellement, sans calquer trop d’attentes sur les personnes. Ou sinon, le risque est d’être déçu… ou de vivre certaines choses par procuration: « mon yoga est bien, si je pratique avec tel professeur, dans telles conditions », etc.

Que l’on soit ou non sur un cheminement yogique, le cœur parle et les émotions surgissent. La seule différence est peut-être que le yogi en aura plus conscience et relativisera ses émotions :

Les émotions vont, elles viennent ; elles ne sont finalement que les vagues du mental et sont donc indéfiniment sujettes au changement. Ainsi, en avançant sur le chemin, une émotion l’affectera aujourd’hui peut être un peu moins que dans ses jeunes années de yoga.

Ceci dit, il est essentiel qu’un yogi, ou un enseignant, soit à l’écoute de lui-même et reconnaisse ses émotions et ses désirs, car sinon, comment pourrait-il savoir où il en est réellement? comment pourrait-il être vrai, authentique ? Comment pourrait-il être dans Satya (le second yama, règle de vie éthique) ?

Le yoga rend plus sensible au subtil et contribue à l’ouverture du cœur. Ainsi, les rencontres en yoga ont quelque chose d’extraordinaire. On fait de belles rencontres dans les cours de yoga, en ashram, ou lors de stage de yoga… et cela arrive à chaque fois, et je dirais même avec chaque personne rencontrée…

L’âge ne compte pas, ni le sexe, ni la culture, ni même la langue…

Il y a des personnes avec qui on a des échanges lumineux. Des échanges sur tout et sur rien. Mais aussi des échanges essentiels. Cela passe par le regard, les dits et les non-dits. Mais il existe tout simplement une fraternité d’âmes, une reconnaissance en l’autre.

On peut revoir ces mêmes personnes, cinq, dix, quinze ans plus tard… et la même complicité d’âme est au rendez-vous, inchangée : le temps ne compte pas, la fréquence des rencontres non plus. L’essentiel est là…

Pour en revenir à la relation professeur/élève, selon ma réflexion, ces échanges particuliers peuvent tout à fait exister… et ce sont selon moi les plus intimes, car ils relèvent de la fraternité d’âme.

A propos de la distance pendant le cours de yoga

Cette distance dont je parlais dans mon premier article tient de l’ordre de l’ego. Pendant un cours de yoga, je ne cherche pas à mettre en avant ma personnalité. Je ne suis qu’instrument de transmission et je dois laisser de la place pour que l’élève puisse développer son propre espace intérieur, à sa couleur et non à la mienne.

L’enseignement du yoga n’est pas quelque chose de personnel. Cela n’empêche que l’on peut bien rire pendant un cours de yoga. Mais ce n’est pas non plus le lieu pour que le professeur « fasse son show » et mette une empreinte personnelle trop forte. Dans ce dernier cas, je pense que je ne serais pas du tout à ma place en tant que professeur de yoga…

C’est à l’enseignant de montrer à l’élève que l’expérience du yoga lui appartient et ne dépend pas de son professeur… C’est aussi à l’enseignant de lui expliquer qu’il peut reproduire cette expérience du yoga par lui-même, dans sa propre pratique… et aussi avec d’autres enseignants: elle lui appartient pleinement…

Namasté et bon yoga à tous

Le premier article sur ce thème est ici >>

Padma Mudra, le Geste du Lotus

20 août, 2010 dans .Yoga, Bandha, Mudra, Kriya par Michèle

Ces deux dernières années, j’ai commencé à pratiquer plus régulièrement les Hasta Mudras, les Mudras des mains, qui sont souvent laissés de côté en Yoga. Ils ont une grande profondeur et leurs effets sont puissants. Je vais donc commencer à publier quelques articles sur certains d’entre eux.

Le Padma Mudra est l’un des plus beaux. C’est le « sceau du coeur »…

Ce mudra est lié à Anahata Chakra, le Chakra du cœur.
Sa pratique attire irrésistiblement le mental à l’instant présent…
Il rappelle à l’âme l’état de pureté originelle, l’amour inconditionnel.

Il développe la présence à la Conscience, avec un grand « C »…
Il instille en nous Paix et Amour.
Il relie l’individu au macrocosme et au Divin…

Le Lotus dans la tradition indienne

Dans la tradition hindouiste, la fleur de Lotus a toujours été un symbole divin. Il est souvent utilisé comme symbole de la beauté divine. Par exemple, Vishnu est souvent décrit comme «celui à l’œil de lotus».

Le déploiement des pétales du lotus suggère l’épanouissement de l’âme. L’émergence de sa pure beauté à partir de ses origines boueuses représente une promesse spirituelle bienveillante.

Quiconque dans l’action dédie ses œuvres à l’Esprit Suprême,
en écartant tout intérêt égoïste dans leur résultat,
n’est pas plus atteint par le péché
que la feuille de lotus n’est affectée par l’eau.

Bhagavad-Gîtâ verset 5.10

Padma Mudra et les 5 éléments

Chaque doigt représente un des 5 éléments en Ayurveda. Selon les ouvrages du Dr Vasant Lad:

  • le pouce représente l’Éther, et est relié au cerveau et
  • le petit doigt la Terre, et est relié au coeur physique.

Ce Mudra, représentation de la fleur du Lotus, ou « Roue du Lotus »,  crée une véritable circulation d’énergie entre les éléments, et plus particulièrement entre l’élément le plus terrestre (auriculaire – Terre) et l’élément le plus subtil (pouce – Éther). Voilà qui contribue à la force et à l’équilibre du Mudra:

L’ouverture du coeur, chez les yogis, a tendance à être très « aérienne ». Ici, elle se fait dans l’ancrage à la Terre Nourricière.

NB: Cette nomenclature change parfois selon les sources (p. ex. Gertrud Hirschi dans ses livres utilise une autre nomenclature). Le Dr Vasant Lad me semble être une excellente référence en Ayurveda, très proche de la tradition. Mais une autre nomenclature semble plus courante. Voici donc une seconde interprétation, selon cette autre nomenclature:

  • le pouce représente le Feu
  • le petit doigt l’Eau.

Ce Mudra, crée dans ce cas une circulation d’énergie entre les éléments, et plus particulièrement entre l’élément liquide et l’élément feu (solaire), qui tous deux sont les nourritures premières de la fleur de Lotus. Sur le plan psychologique, le feu représente les passions et l’eau les émotions de tous types. Toutes passent par le coeur. Il s’agit ici de les reconnaître et d’ouvrir le coeur, pour les purifier.

J’aurais aimé donner une seule explication… mais comme tout ce qui touche à l’univers du corps subtil et de l’énergie, il existe des différences selon les textes, y compris les textes antiques. A chacun donc d’approfondir sa pratique et son ressenti…

Technique de base

Joindre les mains à la hauteur de la poitrine, de sorte à ce que l’intérieur des poignets soit en contact, ainsi que le bord des mains et le bout des doigts.
Les poignets restent en contact tout du long.

Ceci représente le bouton de la fleur de Lotus.

Puis, ouvrir les mains : seuls les bouts des petits doigts et des pouces restent en contact, écarter les autres doigts autant que possible (mais sans générer de tension sur la durée, bien sûr!).

La fleur de Lotus s’est épanouie. Visualisez cette magnifique fleur…

Faire 4 respirations très profondes et très présentes. Sur une expiration, refermer le Lotus en bouton… Dès que vous le sentez, recommencez, plusieurs fois…

Le Mudra, afin de produire tous ces effets, doit être pratiqué pendant une quinzaine de minutes. Mais, il est déjà bénéfique en deçà.

Propositions de Dharana

Le Padma Mudra est complet en soi. Néanmoins, voici quelques Dharanas, ou éléments de concentration supplémentaires, que l’on peut ajouter au Mudra.

1. Bija du coeur

Le Bija Mantra (Mantra semence) de l’Anahata Chakra, le Chakra du Coeur, est « YAM ».

Sur chaque lente inspiration et sur chaque lente expiration, répéter une fois « YAM » mentalement, en ressentant la zone de l’Anahata, au centre de la poitrine.

Ne rien forcer: laisser agir le Mudra et le Bija. Vous êtes simplement témoin de l’épanouissement du lotus en vous… L’expansion de la zone de l’Anahata se fait naturellement, avec le développement de la qualité d’attention et la détente, le lâcher-prise.

2. Le Son non frappé

« Anahata » signifie littéralement le « son non frappé ». Il représente le Son intérieur inaudible. Ce son est la Shakti, le courant du Shabd, le OM originel, qui pulse dans toute la création. Cette vibration extrêmement subtile, devient audible à certains yogis et méditants.

Il est possible, tout en faisant le Mudra, de se connecter à cette vibration universelle, et de la ressentir intuitivement, voire parfois même de l’entendre, de façon plus ou moins subtile. Ceci dépend des jours et de chacun.

Ne rien rechercher de spécial ni de sensationnel. Juste être dans l’écoute la plus absolue, la plus parfaite.
Il s’agit donc simplement mettre le mental de côté, le temps de la pratique… Puis, se mettre profondément à l’écoute du Divin, qui vibre en nous, à chaque instant.

3. Padma Mudra en Vrikshasana


  • La posture de l’Arbre est une posture d’équilibre. Elle ancre (Muladhara Chakra), et ce d’autant plus si vous maintenez un léger Mula Bandha.
  • La gestion de l’équilibre concentre le mental, et donc Ajna Chakra.
  • Le Padma Mudra ajoute la dimension du coeur, de l’Anahata Chakra.

Une jolie combinaison à expérimenter…

Bon yoga!
Namasté


Source images:

http://www.freemages.fr/browse/show.860.html

Photos utilisées pour le montage: http://tudodeom.blogspot.com/2009/05/mudraspoder-de-cura.html et http://www.auxbulles.com/passion-bassin-lotus_sacre_nelumbo_nucifera.html

Bibliographie:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lotus_sacr%C3%A9

Ouvrages et DVD sur les Mudras:
C’est dommage mais il faut le dire: il existe peu de livres détaillés sur les Hasta Mudras en français:
Les Mudras, Le Yoga au bout des doigts, Gertrud Hirschi, Le Courrier du Livre et Mudras de bien-être, Gertrud Hirschi, Le courrier du Livre.
La boutique Yogamrita propose un DVD intéressant sur le sujet Yoga Mudras: gestes des mains, des pieds et des yeux, ici >>.